Lyon BD Festival : là où les dessins s'animent

Bande Dessinée | Officiellement, la 16e édition du Lyon BD Festival se tient les 12 et 13 juin. Mais chacun sait que, dans les faits, le rendez-vous de la bande dessinée a commencé depuis une septaine déjà. Rien à voir avec quelque éviction prophylactique : entre le off et le in, c’est tout le mois de juin qui est contaminé par le 9e art. Et aussi, surtout, l’ensemble de la vi(ll)e de Lyon…

Vincent Raymond | Vendredi 11 juin 2021

Photo : © Alfred


Les éditeurs feront sans doute un peu grise mine cette année du fait de l'absence de barnum place des Terreaux accueillant les stands à leurs couleurs — et leurs auteurs. Mais le pragmatisme l'emportant toujours sur la déception, ils se consoleront vite en considérant le verre rempli à ras-bord : la tenue en présentiel d'un des plus grands festival de bande dessinée de France, avec un programme conforme en ambition, en diversité et propositions, avec ceux déployés lors des éditions précédentes — on imagine les trésors d'inventivité qu'il aura fallu mettre en œuvre ! Fidèle à sa philosophie, Lyon BD poursuit en effet cette politique du “décloisonnement“ qui a fait son succès en révélant l'infini extraordinaire des interactions potentielles entre, d'une part, un art séquentiel lui-même multiple dans ses modes d'expression, et de l'autre toutes les disciplines culturelles et/ou les lieux les abritant dans la cité. En gagnant de nouveaux à sa cause chaque année, telle la Biennale de la Danse pour cette édition.

Ça repart en live !

Au-delà des dédicaces (lesquelles ont toujours cours, que les amateurs d'ex libris autographes se rassurent, à travers un Parcours Librairies d'autant plus judicieux qu'il “distribue“ les autrices et auteurs présents à travers l'enviable réseau de librairies lyonnaise du jeudi 10 au samedi 12) ; des tonnes de rencontres-conférences ouvrant sur les arcanes de la création et les résonances entre les arts (voire les sciences comme l'immanquable dialogue entre Frank Pé et le paléontologue Jean-Sébastien Steyer autour de l'anatomie du Marsupilami, le tout au Musée des Confluences mercredi 9) ; des expositions-dossiers en prise directes avec des problématiques contemporaines (Éruptions, évoquant les contestations populaires et politiques à travers le globe vues par la BD ; Les Scènes BD africaines visant à révéler la vitalité d'un continent artistique méconnu), LyonBD s'est fait une spécialité de donner vie aux ouvrages. Adaptations scéniques, lectures filmées, concerts ou battle dessinées… autant de formules permettant de combiner les talents et, pour le public, d'interagir différemment avec l'œuvre comme avec l'artiste.

Déjà à la manœuvre pour l'un des rares événements ensoleillés de la rentrée dernière, la LyonBD Party de la Saison d'automne, l'illustratrice libanaise Raphaëlle Macaron (dont on avait également apprécié l'intervention souterraine dans le Parc LPA Fosse aux Ours lors de l'édition 2018), renoue avec Acid Arab pour un nouveau concert illustré dans l'enceinte cette fois du Théâtre des Célestins. Programmé mercredi 9 et baptisé Climats, c'est à coup sûr l'un des musts de la semaine. Avec la création de TMLP le spectacle d'après Gilles Rochier, bien sûr…

Toutes premières fois

Des Célestins passons à l'Opéra qui recevra un nouveau-venu au festival, Riad Sattouf. Car aussi étonnant que cela paraisse, le prolifique auteur de L'Arabe du futur ou des Carnets d'Esther n'a jamais visité Lyon BD. Pas plus que la star des cours d'écoles, Zep, père de Titeuf (arbre cachant une vaste forêt) qui, quant à lui, proposera une déambulation nature au Parc de la Tête d'Or. Injustice et frustration de ne citer que ces noms alors qu'il y aura des dizaines de talents présents ! Mais plaisir incommensurable de savoir qu'on croisera tout ce beau monde…

Lyon BD Festival
En différents lieux de Lyon les samedi 12 et dimanche 13 juin
Tout le mois de juin pour le off
Réservation et billetterie ici

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Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Mercato | À la tête du festival Lyon BD depuis sa création en 2006, Mathieu Diez annonce son départ pour de nouveaux horizons… Il laisse une enviable place vacante pour une institution culturelle riche de projets, solidement amarrée dans le paysage lyonnais, contribuant à son rayonnement international et produisant un festival réputé, à l’édition 2021 prometteuse…

Vincent Raymond | Mardi 13 avril 2021

Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Nous sommes à trois mois de la prochaine édition du Lyon BD Festival. Alors que les annulations de manifestations pleuvent, le festival est-il bien maintenu ? Mathieu Diez : Il est maintenu et confirmé aux 11-12-13 juin pour le cœur de la manifestation. Tous les partenaires du festival sont à nos côtés parce qu'on pense qu’il y a un espace raisonnable et de bonnes chances. Bien sûr, cela tient à la réouverture des lieux culturels à la mi-juin (et donc de l’Hôtel de Ville, qui n'est pas vraiment un lieu culturel mais il faut qu'il puisse nous accueillir, de concert avec les institutions culturelles), ce qui est assez crédible. Et si elle s’accompagnait de contraintes fortes, on a montré qu'on savait faire lors de la Saison d’automne l’an dernier — notamment le concert Acid Arab. On saura faire, autant pour pour le week-end que durant tout le mois de juin. Parce que ce ne sera pas un “mini“ Lyon BD : on a quand même un programme important. Même si on doit supprimer les stands éditeurs, intenables pour des raisons sanitaires, le festival se tiendra sur 60 lieux dans la ville, ave

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Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Bande Dessinée | Parmi les futurs locataires du Collège Truffaut réhabilité figure Lyon BD Organisation, l’association à la tête du festival homonyme depuis quinze ans et à la manœuvre d’une foultitude d’événements en lien avec les univers graphiques tout au long de l’année. Son projet ? Le Collège Graphique.

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Un (presque) retour aux sources géographiques pour Lyon BD Organisation. À l’origine créée sur le plateau de la Croix-Rousse, où s’étaient tenues les premières édition du festival, l’association avait dévalé la colline pour trouver refuge sur les quais du Rhône. La manifestation initiale a depuis pris l’ampleur que l’on sait, travaillé avec tous les lieux culturels de la Métropole ou presque, coproduit des spectacles, des expositions ; édité des ouvrages, tendu des passerelles entre Lyon et le monde, en tissant des liens entre auteurs, autrices, lecteurs, lectrices… Actrice incontournable du paysage — de l’écosystème — BD lyonnais, Lyon BD Organisation se positionne également comme un partenaire économique de nombreux artistes et membres de la filière BD locale (scénaristes, coloristes, illustrateurs, éditeurs…), tout particulièrement auprès des talents émergents. L’équipe ne pouvait être qu’intéressée par le cahier des charges du Collège Truffaut.

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Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

Urbanisme | Presqu’une décennie après sa désaffection, le Collège Truffaut (Lyon 1er) attaque la seconde grande phase des travaux qui lui permettra d’enfin rouvrir ses portes. Et d'élargir le spectre de ses visiteurs en changeant d’affectation : en 2022, le vénérable bâtiment accueillira notamment une crèche, des logements étudiants, un hostel et un prometteur pôle piloté par Lyon BD Organisation, le Collège graphique…

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

C’est la fin d’une histoire, ou plutôt d’une parenthèse, et le début d’une autre qui se profilent au Collège Truffaut. D’abord école de filles et de garçons à son ouverture en 1887, puis collège jusqu’à sa désaffection en novembre 2013, l’imposant édifice aura ensuite occupé bien des conversations et des esprits : la question de sa reconversion cristallisant les différences de visions politiques, urbanistiques et sociales entre les élus de la mairie du 1er arrondissement, de la mairie centrale et de la Métropole — propriétaire du site. Occupé, le Collège l'aura d’ailleurs été durant cette longue phase, de façon temporaire à plusieurs reprises : dès décembre 2013 par un collectif citoyen pour reloger des familles à la rue (l’affaire avait valu à la maire du 1er d’alors, Nathalie Perrin-Gilbert qui avait participé au mouvement, d’être placée en garde à vue) ; puis en mai 2016 par des opposants à la Loi Travail ayant laissé de leur passage force slogans tagués.

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Nova Lyon : les précisions de l'ex-directeur, Alfredo Da Silva

Médias | Suite à l'article paru sur notre site jeudi 14 janvier, révélant l'annonce de son licenciement début janvier par la direction parisienne de LNEI (le groupe possédant Radio Nova), Alfredo Da Silva — ex-directeur de Nova Lyon et toujours propriétaire de 49% des parts, les 51% restant appartenant à la SAS de Matthieu Pigasse — a souhaité publier un droit de réponse avec ses précisions.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 janvier 2021

Nova Lyon : les précisions de l'ex-directeur, Alfredo Da Silva

« M. Da Silva souhaite démentir les propos avancés dans l'article du Petit Bulletin du 14/01/2021 au sujet de son travail, notamment la gestion dite "légère", les locaux sur la péniche, les résultats d'audience, et préciser : - La gestion budgétaire stricte en respectant le budget établi - La mise en place d'une équipe de professionnels pour l'éditorial avec l'augmentation de l'audience régulière depuis le début (cf. Médiamétrie) - Les nombreux soutiens culturels obtenus localement au moment de l'obtention de la fréquence - L'installation sur une péniche, visitée par la direction du groupe, lieu exceptionnel et emblématique pour une radio, bénéficiant d'un loyer très inférieur au prix du marché dans le quartier de la Confluence - Plus récemment, le travail sur le dossier déposé auprès de la Ville de Lyon ayant permis une aide de 25 000€ au titre du Fonds d'urgence pour la Culture, dans le cadre de la pandémie. »

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Le directeur de Nova Lyon, Alfredo Da Silva, licencié

Médias | Une nouvelle ère s'ouvre pour Nova Lyon, qui souhaite se relancer avec le licenciement de celui qui en était le directeur et avait opéré en 2017 la fusion avec l'ancienne radio associative RTU, Alfredo Da Silva.

Sébastien Broquet | Jeudi 14 janvier 2021

Le directeur de Nova Lyon, Alfredo Da Silva, licencié

La réorganisation de Radio Nova se poursuit : après l'arrivée à la direction générale du groupe LNEI (la SAS de Matthieu Pigasse possédant la station) de Emmanuel Hoog en mai 2019, puis la nomination de Mélanie Mallet — une historique de la radio fondée par Jean-François Bizot — comme directrice déléguée de Nova, après aussi le départ de Bernard Zekri en janvier 2020, c'est désormais l'antenne locale lyonnaise qui change de tête : le directeur de la station, Alfredo Da Silva, a été licencié en ce début d'année 2021. En cause, une gestion jugée trop légère et l'achat à titre personnel de la péniche amarrée quai Rambaud, où sont situés les locaux loués à la radio depuis quelques mois, sans prévenir la direction parisienne — laquelle n'a pas souhaité répondre à nos sollicitations. Pour l'instant, aucun remplaçant n'a été nommé à la direct

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Dans un fauteuil : la saison de l'Auditorium

Classique | La saison de l'Auditorium, un lieu où l'on peut s'assoir et garder ses distances, vient tout juste de reprendre. Au menu, un nouveau chef, des cheffes, des classiques, une taupe, Tintin, Et de la musique en veux tu, en voilà. Panorama.

Stéphane Duchêne | Jeudi 24 septembre 2020

Dans un fauteuil : la saison de l'Auditorium

On avait bien compris que, cet automne, la saison musicale ne serait pas comme les autres et qu'il allait falloir avancer masqué en restant assis (un peu de souplesse ne nuit pas) ou bien rester chez soi à regarder Culturebox ou de vieux concerts de Herbert Von Karajan tentant de faire atterrir des avions à la Philharmonie de Berlin. Mais à l'Auditorium si la saison s'annonce particulière, ce n'est pas à cause d'un vulgaire (et néanmoins grossier) virus. Car voici la saison du changement, le mercato des grands orchestres ayant fait atterrir à la direction de l'ONL le jeune chef israëlo-danois Nikolaj Szeps-Znaider, qui a mené à la baguette certaines des formations les plus prestigieuses. Le chef aura débuté la saison du côté des Subs pour les Journées du Patrimoine mais on pourra le retrouver le 25 septembre pour un Expresso du chef, ces concerts en 55 minutes chrono pour gens pressés et dès le lendemain où il délaissera la baguette pour le violon (pas d'Ingres, car son

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Lyon BD Festival 2020 : finalement, si !

Bande Dessinée | Par un ironique coup du destin, 2020 estampillée “Année nationale de la BD” par le Ministère de la Culture rend tristement compte d’une vérité profonde du (...)

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Lyon BD Festival 2020 : finalement, si !

Par un ironique coup du destin, 2020 estampillée “Année nationale de la BD” par le Ministère de la Culture rend tristement compte d’une vérité profonde du secteur : sa souffrance — ce n’est pourtant pas faute de la hurler aux oreilles des tutelles ou du législateur ! Après la remise du rapport Racine en début d’année (et la “réception” du chef de l’État à Angoulême), le coronavirus n’a pas amélioré la précarité des autrices et auteurs, annulant toutes les manifestations publiques. Toutes ? Il en est une, entre Rhône et Saône qui, résiste encore et toujours : le Lyon BD Festival. Il organise même du 12 au 14 juin un « joyeux non-festival » en ligne, mise en bouche de la célébration de ses quinze ans, histoire de patienter jusqu’à l’automne. Au programme, des jeux et des expositions ! L’une consacrée à l’auteur de l’affiche 2020, le protéiforme Mathieu Sapin (aussi à l’aise dans l’univers jeune public que l’heroic fantasy ou la chronique politique) ; l’autre aux mouvements de contestations à l’échelle du globe vus par l

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L'Afrique et le reportage à l'honneur

Lyon BD Festival | Le Ministère de la Culture l'a décidé : 2020 sera l'année de la bande dessinée. C'est aussi l'année de l'Afrique, côté culture. Et donc, une année chargée pour le Lyon (...)

Sébastien Broquet | Mardi 7 janvier 2020

L'Afrique et le reportage à l'honneur

Le Ministère de la Culture l'a décidé : 2020 sera l'année de la bande dessinée. C'est aussi l'année de l'Afrique, côté culture. Et donc, une année chargée pour le Lyon BD Festival emmené par Mathieu Diez, qui fait feu en tous lieux, des Subsistances accueillant Cy à l'Auditorium lançant des concerts dessinés. Mais le gros morceau reste les 15 ans du festival, les 13 et 14 juin prochain. Parmi la dizaine d'auteurs africains conviés, notons Elyon's, Barly Baruti, Didier Kassaï et Marguerite Abouet. Baruti va aussi participer à un projet croisé avec la Biennale de la Danse, croquant le défilé en compagnie de Benjamin Flao. Autre focus : la BD reportage. Et pour les premiers noms que l'on peut dévoiler, voici les confirmés : Trondheim, Pénélope Bagieu, Mathieu Sapin, Emmanuel Guibert, Bezian, Anne Goscinny, Julie Rocheleau, Lisa Mandel, Guy Delisle ou encore Judith Vanistandel. Lyon BD Festival En divers lieux les 13 et 14 juin

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L'Afrique à l'honneur du prochain Lyon BD Festival

Bande Dessinée | Et donc, la bande dessinée s'empare même des théâtres ! Et autres news du neuvième art, pour vous préparer à une année 2020 où il sera partout, partout, partout, partout (et souvent sous le patronnage du Lyon BD Festival).

Sébastien Broquet | Mardi 1 octobre 2019

L'Afrique à l'honneur du prochain Lyon BD Festival

L'année sera dessinée ou ne sera pas. Depuis la prise de pouvoir du Lyon BD Festival, qui a tissé sa toile tel un Spiderman dans toute la ville, attirant nombre de dessinateurs venus s'installer par ici, poussant les musées à se pencher sur cet art — la formidable exposition Corto Maltese au Musée des Confluences — ou encore à l'exportation avec une virée à la Foire du Livre de Francfort, la cause est désormais entendue. Ainsi, le Théâtre des Célestins à son tour cède aux sirènes de la ligne claire et confie une carte blanche au festival du 18 au 29 décembre prochain avec le spectacle Zaï Zaï Zaï Zaï adapté de Fabcaro et mis en scène par Paul Moulin pour huit comédiens et comédiennes (également au Théâtre de Vénissieux le mardi 15 octobre), l'exposition Badass — Les Nouvelles Héroïnes avec en point d'orgue une journée (le lundi 23 décembre) dédiée au genre a

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Tant de temps forts

La Programmation | « Il faut que tout change pour que rien ne change » disait le prince de Lampedusa. Certes, les travaux de la place des Terreaux contraignent (...)

Vincent Raymond | Samedi 8 juin 2019

Tant de temps forts

« Il faut que tout change pour que rien ne change » disait le prince de Lampedusa. Certes, les travaux de la place des Terreaux contraignent le festival à ranger son chapiteau et à réintégrer le Palais de la Bourse pour sa librairie et une partie des rencontres, mais les autres lieux (Hôtel de Ville, Comédie Odéon, Opéra, Musées, etc.) demeurent dans le dispositif. Nouveauté majeure : une ouverture accessible au public vendredi 7 juin à 20h sous forme de concert dessiné au Transbordeur (en présence de tous les invités et du duo Charlie Adlard/Julien Limonne). Pour le reste, deux jours de spectacles, expositions, rencontres, dédicaces avec plus 150 autrices et auteurs internationaux dont : Pénélope Bagieu, Cy., Baudoin, Bill Morrison, Aurélie Neyret, Guillaume Long, Boulet, Tronchet, Bastien Vivès, Davodeau, Deloupy, B-Gnet, Marion Cluzel, Aurélien Maury, Alexandre Kha, Jibé, Alexis Nesme, Fabien Toulmé… De substantiels changements sont en revanche à attendre quand Lyon BD intégrera son nouveau site des Pentes l’an prochain, en 2020 qui se trouvera être l’année nationale

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Marc-Antoine Mathieu : « sans convention, pas de transgression »

Lyon BD Festival | En invitant Marc-Antoine Mathieu à créer une exposition dans le parking de la Fosse aux Ours, Lyon BD Festival accueille pour la première fois un auteur fascinant dont l’œuvre entre Kafka, Borges et les Monty Python ne cesse d’ouvrir de nouvelles voies narratives, ludiques et théoriques. Attention, événement !

Vincent Raymond | Samedi 8 juin 2019

Marc-Antoine Mathieu : « sans convention, pas de transgression »

Jeu de contraintes, mises en abyme, réflexivité, modification de la structure de l’objet-livre… D’où vous vient ce besoin de “défaire“ la bande dessinée pour, paradoxalement “faire de la bande dessinée“ — et ce depuis L’Origine, si l’on ose ce jeu de mots ? Marc-Antoine Mathieu : La catastrophe, l’incongru, le “disruptif” (pour employer un mot à la mode) me viennent toujours à l’esprit à un moment ou à un autre, au cours des rêveries qui précèdent l’écriture d’une histoire. Ces rêveries forment un terrain singulier, où l’on ne contrôle pas tout et d’où émergent nos penchants, nos inclinations ; chez moi, ils s’appellent décalage, cassure, brisure de symétrie, différences d’échelles... Parfois quelque chose survient, qui nous étonne nous-mêmes : alors le travail commence. Est-ce sa “potentialité” qui vous a séduit dans le gris, couleur plurielle et universelle ? Sa potentialité et sa contrainte — mais ce sont peut-être une seule et même chose... Quand j’utilise le noir et blanc de manière radicale, j’aborde la lumière comme signe, comme concept, au même titre

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L’or dur de Naples : "Piranhas"

Drame | de Claudio Giovannesi (It, int.-12ans, 1h52) avec Francesco Di Napoli, Ar Tem, Alfredo Turitto…

Vincent Raymond | Mardi 4 juin 2019

L’or dur de Naples :

Naples, années 2010. La quinzaine conquérante, Nicola trépigne d’envie devant les gangs, leur argent facile et la crainte qu’ils inspirent, autant qu’il abhorre leur manière de rançonner les gens. En se liguant avec une famille sur le carreau, il va prendre le contrôle de son quartier… Adapté d’un roman de Roberto Saviano (qui en a co-écrit le scénario), Piranhas poursuit son examen des milieux mafieux entrepris avec Gomorra, l’enquête (suivie par le film de Matteo Garrone) qui avait mis en lumière le fonctionnement de la Camorra… et lui vaut la constante protection de la police. Mais à la différence de ce précédent opus, pratiquant le patchwork, la juxtaposition de lambeaux d’événements, pour restituer l’emprise tentaculaire de l’organisation criminelle et privilégiant une forme “documentarisante”, Piranhas ne craint pas d’adopter la structure plus conventionnelle d’un récit fictionnel.

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Viens dans mon comics trip

Lyon BD Festival | Lyon accueillera les 8 et 9 juin la 14e édition du Lyon BD Festival. Dévoilée lundi matin, la programmation réunit une cinquantaine de grands noms internationaux parmi lesquels Pénélope Bagieu, Étienne Davodeau, ou encore Charlie Adlard…

Nina Roussel | Mardi 30 avril 2019

Viens dans mon comics trip

Cette année, le grand rendez-vous BD du mois de juin retourne au Palais de la Bourse, travaux sur la place des Terreaux obligent. Aux côtés dudit Palais et de l’Hôtel de Ville, qui formeront le “centre névralgique de l’événement”, le festival et ses quelques 200 artistes s’inviteront dans une dizaine de lieux de la Presqu’île lyonnaise. Étienne Davodeau, auteur de Lulu femme nue, Catherine Meurisse (Les Grands Espaces), Bill Morrisson, l’illustrateur des Simpsons ou encore le Britannique Charlie Adlard, dessinateur de la fameuse série The Walking Dead figurent au rang des invités. Une exposition sera consacrée à ce dernier au Musée d’Art Contemporain. Marc-Antoine Mathieu, qui a cette année “carte blanche”, Aurélie Neyret (Les Carnets de Cerise) et Pénélope Bagieu, à qui une exposition était consacrée lors de la dernière édition, seront également au rendez-vous. La soirée d’ouverture aura lieu au Transbordeur le 7 juin. Grande première : elle sera désormais ouverte au public. Cette “Lyon BD Festival Party” en partenariat avec Media

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Charlie Adlard, dessinateur de Walking Dead, invité au Lyon BD Festival

Bande Dessinée | Ce festival n'en finit plus de grandir et d'attirer les grands noms : ainsi, sont déjà confirmés des pointures comme le forcément très attendu Charlie Adlard (...)

Sébastien Broquet | Mardi 8 janvier 2019

Charlie Adlard, dessinateur de Walking Dead, invité au Lyon BD Festival

Ce festival n'en finit plus de grandir et d'attirer les grands noms : ainsi, sont déjà confirmés des pointures comme le forcément très attendu Charlie Adlard (Walking Dead) et Catherine Meurisse (ex-Charlie Hebdo), mais aussi Marc-Antoine Mathieu, Chloé Cruchaudet, Reinhard Kleist, Alfred, Aude Picault et Cyril Pedrosa... Autant d'auteurs et autrices qui dédicaceront au Palais de la Bourse (le retour !) et à l'Hôtel de Ville, mais comme l'ADN de Lyon BD, c'est aussi de ne pas se focaliser sur les signatures, des recontres et spectacles auront lieu à la Comédie Odéon et à l'Opéra. On note en terme de « production maison » dixit Mathieu Diez, le directeur : « une grande exposition qui parcourera le renouveau de la BD franco-belge, désormais emblématique d’une Europe francophone de la bande dessinée moderne et rayonnant sur le monde avec une centaine d’auteurs exposés, construite en co-production avec la Suisse et la Belgique. Côté spectacle vivant, on retrouvera Charlie Adlard, le dessinateur de Walking Dead à l’Opéra de Lyon, une création autour du travail d’Edmond Baudoin, un spectacle m

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Hitchcock à l'honneur à l'Institut Lumière

Rétrospective Hitchcock | C’est par une œillade furtive que l’on commencera à se pencher sur la rétrospective Hitchcock que propose l’Institut Lumière ; comme un regard indiscret (...)

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Hitchcock à l'honneur à l'Institut Lumière

C’est par une œillade furtive que l’on commencera à se pencher sur la rétrospective Hitchcock que propose l’Institut Lumière ; comme un regard indiscret épousant celui du protagoniste de Fenêtre sur Cour (1954), Jefferies, un photographe à la bougeotte contrariée par un accident. Plâtré et cloué dans son fauteuil roulant, il en est réduit à épier ses voisins, imaginant leurs existences et suspectant l’un d’entre eux d’avoir assassiné son épouse… Mais comment enquêter quand on ne dispose que de soupçons, d’un téléobjectif et d’une charmante fiancée tête brûlée ? Adapté d’une nouvelle de Cornell Woolrish alias William Irish (auteur de La Mariée était en noir et de La Sirène du Mississippi), cet éloge du voyeurisme est un manifeste hitchcockien autant qu’un concentré de ses marottes ; à savoir créer une narration palpitante en répondant de façon à la fois élégante et audacieuse aux contraintes techniques qu’elle implique, sans priver le récit de son charme badin ou anxiogène. La quadrature du cercle, en somme, résolue dans u

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Credo lumineux au Couvent de la Tourette

Art Religieux | Au Couvent de la Tourette conçu par Le Corbusier, une très belle exposition est consacrée au vitrail contemporain. Avec une trentaine d'artistes d'obédiences esthétiques diverses, n'ayant qu'une foi commune : la lumière et la couleur.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 octobre 2018

Credo lumineux au Couvent de la Tourette

Dans les églises, le vitrail, comme bien d'autres surfaces peintes, a pour fonction habituelle de représenter et de raconter des épisodes bibliques. L'art et la beauté sont intimement liés au récit... Après la fin de la Seconde Guerre mondiale (et ce n'est peut-être pas un hasard, tant celle-ci a fait vaciller nos croyances), l'art religieux se risque au modernisme, et l'on invite en particulier des artistes comme Matisse, Fernand Léger ou Alfred Manessier à créer des vitraux. Manessier, à l’Église des Bréseux, réalise notamment les premiers vitraux non figuratifs. Depuis, les commandes publiques se sont multipliées et les ouvertures de lumière des édifices religieux ont été peintes à toutes les sauces : géométrique, figurative, minimaliste, monochrome, pop... Et signées par les plus grands noms de l'histoire de l'art récente : Vieira Da Silva, Ubac, Olivier Debré, Robert Morris, Pierre Soulages, Gérard Garouste

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Réfugiés : la migration en BD

Bande dessinée | Avec la série Réfugiés d’Arte Reportage et à travers les témoignages d’une quarantaine d’auteurs et autrices de bande dessinée sur les grandes crises migratoires, l’exposition explore la manière dont le 9e art se fait porte-voix et miroir d’une époque.

Lisa Dumoulin | Mardi 5 juin 2018

Réfugiés : la migration en BD

2016 : la série multimédia d’Arte Reportage s’achève à Calais et Grande-Synthe. Le projet : envoyer des groupes d’artistes (cinéaste, photographe, écrivain et illustrateur) raconter les camps de réfugiés et ramener leur vision, différente de celle d’un journaliste, forcément décalée par rapport au prisme ordinaire de l’information. Cinq terres d’exil ont été abordées : Beldangi au Népal, Kawergosk en Irak, Burj el-Barajneh au Liban, Breidjing au Tchad ainsi que Calais et Grande-Synthe en France. Résultat : cinq documentaires, un livre, et un site Internet qui regroupe et présente tous les travaux. 2018 : la “jungle” de Calais est démantelée, un nouveau chapitre s’écrit, le Lyon BD Festival s’associe à Arte et envoie une nouvelle équipe. Dont la dessinatrice Lucie Castel qui réalise la bande-dessinée Nurah. La première partie de l’exposition présente en détail le projet d’Arte Reportage, tandis que la deu

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Wonder Women

Lyon BD Festival | 250 autrices et auteurs invités pour plus de 170 évènements à travers 50 lieux. Par son histoire et son écosystème, Lyon s’impose comme l’une des capitales européennes de la bande-dessinée. Et sans doute comme la plus féministe.

Lisa Dumoulin | Mardi 5 juin 2018

Wonder Women

« Cette année, plus de la moitié des projets sont réalisés par des autrices » indique Mathieu Diez, directeur du Lyon BD Festival. Une parité que l’on peut applaudir, d’autant plus qu’elle existe depuis le début, sans que l’organisation ne s’astreigne à des considérations genrées. Le festival est depuis toujours axé sur la jeune création, et la jeune génération compte beaucoup de femmes. Sandrine Deloffre, coordinatrice générale explique : « C’est une problématique à laquelle on fait attention, par exemple nous avons travaillé avec HF Rhône-Alpes sur la place des autrices dans la BD, nous avons aussi créé l’exposition Héro(ïne)s il y quatre ans avec JC Deveney, qui questionne la place de la femme dans les personnages de bande-dessinée en inversant les genres. » Les héros deviennent des héroïnes, les rôles et les situations s’inversent. Tintin devient Tintine, Gaston devient Gastonne, aux côtés de Supermeuf, la femme d’acier, Lucky Lucy qui se coltine un fiancé colla

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Mathieu Diez : « œuvrer pour décloisonner la bande dessinée »

Lyon BD Festival | Déjà douze ans d'existence, et une influence sans cesse grandissante : le Lyon BD Festival initié par Mathieu Diez n'en finit plus d'aimanter le meilleur de la bande dessinée sous toutes ses formes, surtout celles qui innovent, vers notre ville. On en parle avec le directeur.

Sébastien Broquet | Mardi 6 juin 2017

Mathieu Diez : « œuvrer pour décloisonner la bande dessinée »

#Topo L'idée de ce nouveau prix réunissant Lyon BD, Le Monde et Sofia, c'était de remettre à plat notre système : il n'avait pas évolué, ne correspondait plus au festival. On voulait un prix qui nous ressemble, ouvert aux nouveaux modes d'expression, aux nouveaux terrains explorés. On s'est associé au Monde, qui a beaucoup d'initiatives allant dans le même sens que nous, comme récemment le blog de Lisa Mandel. C'est un prix pour un projet protéïforme, qui vient œuvrer pour décloisonner la bande dessinée : il va être remis cette année à la revue Topo. Les nommés sont à ce titre tout aussi intéressants que le primé. C'était dur de trancher, mais Topo, c'est un gros coup de cœur et ça répond à un enjeu important pour la BD : les enfants en lisent, les ados aussi, les adultes peuvent l'assumer, mais au lycée ça reste un peu caché, ce n'est pas encore admis, et Topo répond à ce public-là. #Allemagne Ça découle de l'invitation qui m'a été faite d'œuvrer à la représentation de la bande dessinée française lors de la prochaine Foire du Livre de Francfort : c'est une opportunit

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"Noma au Japon" : comment réinventer le meilleur restaurant du monde

ECRANS | de Maurice Dekkers (P-B, 1h33) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Couronné plusieurs années consécutives meilleure table du globe, le Noma de Copenhague se voit confier une carte blanche durant six semaines par le Mandarin Oriental de Tokyo. Pour l’équipe menée par le chef René Redzepi, le défi est de taille : il s’agit en effet de composer une carte nouvelle respectant l’esprit Noma tout en se nourrissant des particularités du terroir japonais. Une course contre la montre et pour les papilles s’engage… On ne saurait mieux expliquer le processus créatif de la haute cuisine, naissant d’une fusion de talents individuels et d’une symbiose d’inspirations sous la houlette d’un chef d’orchestre aux intuitions audacieuses. Capable de tirer le meilleur de chacun, de fuir les évidences gastronomiques et de se remettre en question sans concession, Redzepi apparaît comme un catalyseur et un liant. Sa curiosité et son perfectionnisme contagieux, respectueux de la nouveauté, des cultures, des saveurs ou de l’esthétique, rappellent la démarche de Benjamin Millepied dans l’excellent documentaire

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Riad Sattouf : « Le patriarcat me semble être à la base de tout ce qui bloque »

Bande Dessinée | Alors que le deuxième tome de ses Cahiers d’Esther vient de sortir, Riad Sattouf, passionnant auteur de BD (son Arabe du futur est un véritable succès) et réalisateur de deux bijoux cinématographique (dont un, malheureusement, incompris), sera mercredi à Lyon.

Aurélien Martinez | Mardi 28 février 2017

Riad Sattouf : « Le patriarcat me semble être à la base de tout ce qui bloque »

Vous êtes une figure très populaire de la BD française actuelle. Quasiment une star ! Et vous continuez les rencontres dans les librairies... Riad Sattouf : Je fais des bandes dessinées "professionnellement" depuis quinze ans, mais c'est une grande passion qui me suit depuis l'enfance. Au début, je n’avais pas énormément de lecteurs mais j’étais déjà heureux de vivre de ma passion. Alors maintenant que j’en ai beaucoup, je suis encore plus heureux et j’ai du coup envie de tous les rencontrer, de tous les connaître… Je suis même devenu un peu drogué à ces rencontres dans lesquelles j’apprends plein de choses ! Et en plus, j’adore les librairies. J’aurais adoré être libraire. Les libraires font partie, pour moi, des gens les plus précieux de notre société. Surtout dans les petites villes où l’on parle tout le temps de désertification : ils sont porteurs de lien social, ils créent des communautés autour d’eux. Je rêve de monter une librairie un jour. D’ailleurs, si on me demande si je me sens plutôt Syrien ou Français, je dirais que je me sens plutôt lecteur et amateur de livres ! Vous présentez le deuxième tome des Cahiers d'

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Mat Gallet : « On a la brigade éphémère la plus dingue et la plus brillante qui soit »

Grand Cuisine Cinéma Club | Ce dimanche a lieu la seconde édition du Grand Cuisine Cinéma Club, un festival de films culinaires, durant lequel on n’oublie pas de manger. Interview avec Mat Gallet, l’un des organisateurs de l’événement.

Adrien Simon | Dimanche 18 décembre 2016

Mat Gallet : « On a la brigade éphémère la plus dingue et la plus brillante qui soit »

Un mot sur l’année dernière : en plus des dix films présentés (six documentaires, deux films d’animation, un long-métrage de fiction et un court-métrage) on pouvait manger des petites assiettes en rapport direct avec les projections : du houmous préparé par Simon Huet pour suivre le film Make hummus not war, des ramens de Yomogi avec Tampopo, une salade thai de Têtedoie en accompagnement de Farang. Le dispositif va changer ? Mat Gallet : Au Grand Cuisine Cinéma Club, on essaye d’imaginer un format d’événement propre à chaque thématique. La première édition tournait autour des foodmaniacs. On l’avait donc construite comme une expérience quasi boulimique : douze heures non stop, une orgie de films et de tapas un peu sexy. Là, avec l’édition #disruption, on se devait de tester un nouveau modèle. Vu les films programmés, il nous semblait important que les cuisiniers puissent vraiment donner leur interprétation des films. On a donc pris le contrepied de tous les conseils qu’on nous donnait. Et plutôt que de faire un événement plus gros, on a choisi de proposer un événement plus concent

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À mater & à manger

Grand Cuisine Cinéma Club | Le Grand Cuisine Cinéma Club retend la toile et remet le couvert pour un second festival de mets et de films, dont une avant-première goûtue : à savourer sans modération.

Adrien Simon | Mardi 13 décembre 2016

À mater & à manger

C’était en septembre de l’année dernière : un festival de cinéma (le premier du genre) offrant autant à voir qu’à manger. Pour la première édition du Grand Cuisine Cinéma Club, les spectateurs-dîneurs enchaînaient douze heures de films (documentaires, animation, fiction et courts-métrages) sur la cuisine, et de tapas apparus à l'écran (du houmous pour accompagner Hummus not war, des ramens pour suivre Tampopo...). Mat Gallet (Nuits sonores, Le Sucre) et sa bande recommencent ce week-end dans une formule moins boulimique, avec un nombre restreint de convives et une sélection filmique plus resserrée. En parallèle, quelques-uns des jeunes chefs lyonnais les plus en vue du moment « cuisineront en live, pendant les séances, dans la salle » pour (en plus de nombreuses surprises) servir un vrai repas, à table.

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Les Amant de Caracas : l'ennui

ECRANS | de Lorenzo Vigas Castes (Ven/Mex, 1h33) avec Alfredo Castro, Luis Silva, Alí Rondon…

Vincent Raymond | Mercredi 4 mai 2016

Les Amant de Caracas : l'ennui

Le schéma du quinqua bourgeois allant chasser sa chair fraîche du côté des petites frappes zonardes n’ayant pas grand chose d’ébouriffant ; celui du loubard-tendron n’acceptant d’assumer son homosexualité qu’après avoir rossé d’importance son protecteur guère davantage, que reste-t-il à ce film ? Un (tout petit) peu de contexte politique, d’ambiance et pas mal d’incertitudes sur les relations ambiguës existant entre Armando (le prothésiste dentaire quinquagénaire) et son vieux père, dont la réapparition semble raviver de vieilles cicatrices et turlupiner le giton. Bref, on s’ennuie à cent sous de l’heure. Ce qui ne fait pas cher la passe.

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Anina

ECRANS | De Alfredo Soderguit (Uru/Col, 1h20) animation

Vincent Raymond | Mardi 29 septembre 2015

Anina

Moquée par ses camarades parce que son nom contient un triple palindrome (le genre de bizutage qu’on subit lorsque l’on fréquente des intellectuels…), la petite Anina Yatay Salas est envoyée chez la directrice après une bagarre avec son ennemie, Gisèle alias l’Éléphante. La punition que les deux fillettes recevront aura la forme d’une enveloppe scellée, à conserver pendant une semaine… Conte moral dépaysant – nous sommes dans l’hémisphère sud au mois de septembre, donc c’est le printemps –, ce film d’animation mêlant jeux de lettres et psychologie enfantine condense l’ensemble des terreurs pouvant affecter un écolier moyen : abandon, autorité, rejet… Graphiquement séduisant car original, Anina pâtit cependant d’une fin aux explications un peu alambiquées qui risquent de passer au-dessus des trop petites têtes…

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De mèche avec Zep

CONNAITRE | Il y a quelques jours, Zep déplorait sur son excellent blog dessiné (http://zepworld.blog.lemonde.fr) l’obstination des cadreurs de télévision à filmer sa (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 septembre 2015

De mèche avec Zep

Il y a quelques jours, Zep déplorait sur son excellent blog dessiné (http://zepworld.blog.lemonde.fr) l’obstination des cadreurs de télévision à filmer sa calvitie naissante. Quelle puissante empathie — flaubertienne — avec Titeuf, dont il a (provisoirement) sabré l’emblématique crinière ! Mais que le coquet illustrateur se rassure : en fait, les cameramen cherchaient à percer les mystères de son prolifique cerveau. Auteur complet d’une série dont le succès ne s’est jamais démenti depuis une vingtaine d’années, Zep est devenu un habile vulgarisateur des choses de l’adolescence (Le Guide du zizi sexuel avec Hélène Bruller). Esprit malicieux et débridé, il touche à l’humour pour adultes dans Happy Sex et Happy Parents, et devient scénariste potache pour l’excellent Captain Biceps de Tébo, tournant en dérision l’univers des super-héros. Loin d’être enchaîné à son personnage, le Genevois mainstream sait aussi se faire Helvète underground dans des one shots personnels — Une histoire d’hommes (2013), surprenante remise en cause stylistique. La masterclass

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Manessier ressuscité

ARTS | Après la Seconde Guerre mondiale, aux côtés de ses comparses de la nouvelle École de Paris (Jean Le Moal, Jean Bazaine...), Alfred Manessier (1911-1993) (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 juin 2015

Manessier ressuscité

Après la Seconde Guerre mondiale, aux côtés de ses comparses de la nouvelle École de Paris (Jean Le Moal, Jean Bazaine...), Alfred Manessier (1911-1993) connut un succès important. Succès qui incita les plus grandes institutions muséales françaises à acquérir ses œuvres : le Centre Georges Pompidou et beaucoup d'autres musées français, dont celui des Beaux-arts de Lyon (deux grandes toiles sont actuellement présentées dans les salles du XXe siècle)... D'abord marqué par l’œuvre de Rembrandt, l'artiste se convertit quasi simultanément à l'abstraction et au catholicisme après avoir découvert la beauté des chants grégoriens dans un monastère. Il tente alors de dépoussiérer l'art sacré et de le relier aux révolutions picturales du XXe siècle. Ses toiles s'inspirent successivement du cubisme, du surréalisme, de l'abstraction lyrique ou expressionniste... Le Musée de Fourvière, dans un accrochage un peu approximatif, présente une quinzaine de toiles représentatives de son parcours. Mais le cœur de l'exposition est constitué par la présentation de deux séries de très belles lithographies sur le thème de Pâques, réalisées à presque trente ans d'

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La bulle est dans votre camp

CONNAITRE | Du côté de Sainte-Foy-lès-Lyon, se poursuit la toute première édition de Sainte-Foy-lès-Bulles, qui s'intéresse aux liens de plus en plus noueux qui unissent la BD (...)

Benjamin Mialot | Mardi 17 mars 2015

La bulle est dans votre camp

Du côté de Sainte-Foy-lès-Lyon, se poursuit la toute première édition de Sainte-Foy-lès-Bulles, qui s'intéresse aux liens de plus en plus noueux qui unissent la BD et le cinéma. Au programme notamment : une expo consacrée à Johnny Jungle, l'impayable biographie – à mi-chemin du Livre de la jungle et d'Aviator – de Johnny Weissmuller par Jean-Christophe Deveney et le couple Jouvray, et une ciné-conférence à l'Institut Lumière autour des Petits ruisseaux de Rabaté – émouvante échappée belle du troisième âge qu'il a lui-même adaptée. Puisqu'on parle d'échappée belle, un mot sur la quatrième Échappée Bulle de Rilleux, où échangeront sur le thème du voyage, entre autres, Damien Vidal (Lip, un combat ordinaire), Jonathan Muñoz (Un léger bruit dans le moteur) et Didier Tronchet – qui a compilé l'été dernier ses Vertiges de Quito, de cocasses et néanmoins passionnantes chroniques d'un séjour en Amérique du Sud initialement publiées dans la revue XXI. Enfin, on vous rappelle que du 12 au 14 juin le Lyon BD Festival fêtera son dixième anniversaire. Même s'il s'en chargera très bien lui-mêm

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Riad Sattouf, petit blond avec un crayon noir

CONNAITRE | Riad Sattouf est sans doute l'auteur de BD le plus observateur de sa génération. "L'Arabe du futur", le recueil de souvenirs d'enfance qu'il dédicacera cette semaine, confirme qu'il est aussi le plus lucide. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

Riad Sattouf, petit blond avec un crayon noir

«Dans trente ou quarante ans, les sociologues, s'ils existent encore, se pencheront sur La Vie secrète des jeunes». La compliment a beau être de Philippe Druillet, le démiurge graphique qui fit passer la bande dessinée à l'âge adulte (cf. notre n°751), il est réducteur. Avec ce recueil de scènes d'idioties urbaines comme avec Les Pauvres Aventures de Jérémie, portrait mordant d'un développeur de jeu vidéo auquel la déveine colle à la peau, Riad Sattouf s'est certes imposé, au début des années 2000, comme un dessinateur d'observation de premier plan, saisissant mieux que quiconque les fulgurances bébêtes et les aspirations confuses des adolescents et jeunes actifs du XXIe siècle. Mais cet art de la vignette moqueuse (et néanmoins amicale), par ailleurs transposé avec succès au cinéma avec Les Beaux Gosses, est le plus souvent l'expression d'une forte conscience politique et sociale.

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Hitchcock et le nez de Lincoln

ECRANS | Lorsqu’il met en chantier La Mort aux trousses, Alfred Hitchcock sort du semi-échec de Vertigo qui, par une de ces ironies cruelles de l’histoire du (...)

Christophe Chabert | Mardi 9 septembre 2014

Hitchcock et le nez de Lincoln

Lorsqu’il met en chantier La Mort aux trousses, Alfred Hitchcock sort du semi-échec de Vertigo qui, par une de ces ironies cruelles de l’histoire du cinéma, deviendra avec les années son film le plus vénéré. Mais cela fait longtemps que le projet est en préparation, avec comme titre L’Homme sur le nez de Lincoln, en référence à son climax sur le Mont Rushmore. L’idée d’Hitchcock est d’arriver à un parfait film d’espionnage à suspense où la figure du "faux coupable" est prise dans des péripéties qui l’amènent à traverser les États-Unis avec, à défaut de la mort, tout un tas d’agents secrets à ses trousses. Cary Grant y est cet innocent que l’on prend pour un autre appelé George Kaplan, personnification parfaite du MacGuffin hitchcockien — tout le monde le cherche, mais il n’est qu’un leurre, une ombre, et ce sont bien ceux qui le cherchent, leur duplicité et leurs traîtrises, qui forment le vrai nœud de l’intrigue. La Mort aux trousses traduit donc ce goût du "tourisme" à l’œuvre chez Hitchcock, où l’on passe de New York à Chicago puis à Rapid City, de la ville à un champ de maïs et aux fameuses statues représentant les Présidents améri

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Le Crime est toujours parfait

ECRANS | Cinéaste avide d’innovations en général et de nouveautés techniques en particulier, Alfred Hitchcock fut tout naturellement titillé par l’arrivée dans les années (...)

Christophe Chabert | Mardi 13 mai 2014

Le Crime est toujours parfait

Cinéaste avide d’innovations en général et de nouveautés techniques en particulier, Alfred Hitchcock fut tout naturellement titillé par l’arrivée dans les années 50 de la 3D. Car, rappelons-le à nos lecteurs les plus jeunes, la 3D ne date pas des expérimentations de Robert Zemeckis et d’Avatar, mais a connu plusieurs vagues qui se sont toutes fracassées sur les contraintes de projection et sur le désintérêt du public. Grâce au numérique, ces films longtemps vus "à plat" peuvent donc renaître dans leur relief originel ; c’est le cas du Crime était presque parfait, tourné par Hitch en 1954 alors que le procédé est déjà à bout de souffle. Tiré d’une pièce de théâtre, le film est du pur Hitchcock période américaine, où un tennisman monte un plan diabolique pour faire assassiner sa femme et éviter que celle-ci le quitte avec leurs économies. Sauf que c’est elle qui finit par tuer celui qui devait la faire passer de vie à trépas… Grace Kelly — aussi à l’honneur cette semaine sous les traits de Nicole Kidman dans la bio d’Olivier Dahan — joue l’épouse et Ray Millan

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Jacky au royaume des filles

ECRANS | Après "Les Beaux gosses", Riad Sattouf élève d’un cran son ambition de cinéaste avec cette comédie sophistiquée, aussi hilarante que gonflée, où il invente une dictature militaire féminine qu’il rend crédible par des moments de mise en scène très inspirés… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 24 janvier 2014

Jacky au royaume des filles

Il était une fois la République Démocratique de Bubune, où les femmes ont le pouvoir qu’elles exercent par la force, où les hommes sont réduits à porter une proto-Burka (la «voilerie»), où les pauvres mangent une bouillie immonde plutôt que des «plantins»… L’autarcie de cette dictature militaire et féminine est aussi un principe de mise en scène pour Riad Sattouf : pas de contrechamp sur l’extérieur (simplement appelé «l’étranger»), mais une immersion dans ce monde créé de toutes pièces, où l’on s’amusera à pister les éléments prélevés dans des pays existants. Il y a donc un peu de Corée du Nord, d’Iran façon Ahmadinejad et de Russie poutinienne, ou encore d’Inde à travers les castes et les vaches sacrées ici transformées en «chevallins». L’environnement de cette comédie hallucinante et hallucinée est tenue d’un bout à l’autre avec sa calligraphie, son Histoire, son langage, et il n’y a qu’à y propulser un héros sans qualité, Jacky (Vincent Lacoste, le Bernard Menez des années 2000), qui se masturbe en pensant à la Colonel promise à prendre le pouvoir (Charlotte Gainsbourg, aussi géniale et troublante ici que chez von Trier), et dont e

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"Blackmail" en ciné-concert au festival Lumière

ECRANS | Comme chaque année, le festival Lumière investira l'Auditorium pour un ciné-concert où l'Orchestre National de Lyon, sous la direction de Lenoard Slatkin, (...)

Christophe Chabert | Jeudi 5 septembre 2013

Comme chaque année, le festival Lumière investira l'Auditorium pour un ciné-concert où l'Orchestre National de Lyon, sous la direction de Lenoard Slatkin, mettra en musique un chef-d'œuvre du muet. Pour l'édition 2013, ce sera donc Blackmail d'Alfred Hitchcock, fraîchement restauré par le British Film Institute grâce à son programme "Rescue the Hitchcock 9" — neuf films muets du cinéaste dont les copies étaient menacées de disparition — dans la partition composée en 2008 par Neil Brand et orchestrée par Timothy Brock. Le ciné-concert se déroulera le mercredi 16 octobre à 20h15, et Lumière programmera durant le festival le remake parlant de Blackmail, tourné quelques années plus tard par Hitchcock lui-même.

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L’Autre Oncle Sam

ECRANS | Qui, du nihilisme de son auteur ou de son ressentiment vis-à-vis d’une industrie hollywoodienne n'ayant cessé de le rudoyer, a entraîné le cinéma de Sam Peckinpah sur une pente d’amertume qui fait aujourd’hui encore toute sa modernité ? Réponse grâce à la rétrospective que lui consacre l’Institut Lumière… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 2 mai 2013

L’Autre Oncle Sam

Au cœur d’un des plus beaux films de Sam Peckinpah, Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia, on trouve une séquence qui étonne à chaque nouvelle vision. Tout commence par une fusillade entre l’anti-héros Benny (Warren Oates, acteur fétiche et alter ego parfait du cinéaste) et deux tueurs poursuivant le même but que lui : retrouver Alfredo Garcia, séducteur mexicain qui a eu le malheur de mettre enceinte la fille d’un riche propriétaire terrien, affront que celui-ci ne digère pas et qui le pousse à mettre sa tête à prix. S’ensuit un pur moment de mise en scène à la Peckinpah où la violence est déconstruite par des ralentis qui créent deux temporalités désynchronisées — il y a ceux qui meurent et celui qui survit. Mais le cinéaste place un addendum inattendu à la scène : un des deux tueurs se rapproche de l’autre à l’agonie et murmure son nom avec des sanglots dans la voix. Au-delà de la révélation de leur homosexualité, c’est ce moment de tendresse désespérée qui saisit le spectateur. Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia (1974) pousse le nihilisme de Peckinpah jusqu’au point où la

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Dietrich, sans alibi

ECRANS | Redécouvrir Le Grand alibi (Stage fright) cette semaine à l’Institut Lumière, c’est comme ramasser plusieurs actualités cinématographiques dans une même reprise ! (...)

Christophe Chabert | Mardi 5 février 2013

Dietrich, sans alibi

Redécouvrir Le Grand alibi (Stage fright) cette semaine à l’Institut Lumière, c’est comme ramasser plusieurs actualités cinématographiques dans une même reprise ! D’abord, la rétrospective consacrée à Marlene Dietrich par ledit Institut, dont le cœur réside bien entendu dans la longue et fructueuse collaboration entre l’actrice et Joseph Von Sternberg, mais où l’on pourra constater qu’elle a aussi travaillé avec tout ce que son temps comptait de réalisateurs géniaux (Walsh, Wilder, Welles, Lubitsch, Lang…). Et donc Hitchcock, dont Sacha Gervasi vient de livrer un portrait amusant dans le biopic du même nom, et qui revient hanter cette semaine le cinéma de son plus grand émule Brian De Palma. Ceci étant dit, Le Grand alibi, puisque c’est de ça qu’on cause, est resté comme un des films les plus retors du maître Alfred. Il repose sur un twist final qui non seulement vient révéler la vérité aux yeux du spectateur, mais surtout vient trahir les mensonges volontaires du metteur en scène. C’est une des premières fois au cinéma où l’image ment sciemment, où

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La Taupe

ECRANS | De Tomas Alfredson (Ang, 2h) avec Gary Oldman, John Hurt, Colin Firth…

Dorotée Aznar | Vendredi 3 février 2012

La Taupe

La Taupe fait partie de cette catégorie de films pas aimables, ou plutôt, qu’on ne cesse d’avoir envie d’aimer (et pas seulement parce que son cinéaste Tomas Alfredson, avait réalisé le génial Morse) même s’ils ne font rien pour l’être. Le scénario, tiré de John Le Carré, est d’une complexité hallucinante, et la mise en scène, qui perd sans arrêt ses personnages dans des décors étouffants, procure autant de fascination — jamais l’atmosphère du complot paranoïaque de la guerre froide n’avait été aussi magistralement retranscrite à l’écran — que d’ennui. Cette traque à l’agent double par des espions anglais rigides et vieillissants, dont un Gary Oldman impressionnant, ne dit en fin de compte rien de neuf sur la politique de l’époque, et la résolution, décevante, achève de donner le sentiment que la sortie du labyrinthe était en fait la porte d’à côté. Pourtant, il y a une piste passionnante qui sauve in extremis le film de l’exercice de style fétichiste : cet univers masculi

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Une vie de cinéma

ECRANS | Alfred Hitchcock, une vie d’ombres et de lumière, l’ouvrage massif (plus de mille pages) de Patrick McGilligan traduit en français et co-édité par Actes Sud (...)

Christophe Chabert | Dimanche 9 janvier 2011

Une vie de cinéma

Alfred Hitchcock, une vie d’ombres et de lumière, l’ouvrage massif (plus de mille pages) de Patrick McGilligan traduit en français et co-édité par Actes Sud et l’Institut Lumière, n’est pas la première biographie consacrée à Hitchcock. Mais, à n’en pas douter, elle est la plus complète. La somme monumentale de documents, entretiens, anecdotes et notes internes qu’utilise l’auteur a de quoi laisser pantois, ses analyses sur les participants à chaque film aussi, tout comme son habileté à passer sans arrêt de la vie à l’œuvre, des films à leurs conditions parfois acrobatiques de production. Allant jusqu’à croiser des sources parfois contradictoires (et souvent sciemment rendues confuses par les déclarations d’Hitchcock, qui réécrivait sa propre légende au gré des interviews) pour essayer d’en tirer des certitudes, McGilligan lève quelques lièvres jusqu’ici tenus secrets (l’impuissance du cinéaste et ses conséquences : la révélation la plus spectaculaire du livre). Mais là n’est pas l’essentiel, même si cela contribue au plaisir de la lecture ; McGilligan tord le cou à de nombreuses idées reçues sur la manière dont Hitchcock travaillait, notamment dans la phase de préparati

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Les enfants d’Hitchcock

ECRANS | Influence / La descendance cinématographique d’Hitchcock est innombrable, mais trois cinéastes sont emblématiques de cet héritage hitchockien. CC

Christophe Chabert | Vendredi 7 janvier 2011

Les enfants d’Hitchcock

De Palma : l’art du palimpseste Aucun cinéaste n’aura autant cité Hitchcock que Brian De Palma. Une grande partie de son œuvre n’est d’ailleurs qu’une relecture des classiques hitchcockiens dont il lève les sous-entendus et intensifie la violence, quand il ne cherche pas à rivaliser avec son maître en mouvements de caméra virtuoses. "Obsession" est son "Vertigo", "Pulsions" son "Psychose" ; mais c’est "Body double" qui s’avère la variation la plus insensée autour d’Hitchcock, puisqu’il croise le voyeurisme de "Fenêtre sur cour" avec le fantôme féminin et le trauma de "Vertigo". Il tentera un exercice du même ordre, mais moins réussi, avec "L’Esprit de Cain", où "Psychose" est dupliqué en un infini jeu de miroirs. Lynch : le double amoureux Il suffit de revoir le pilote de "Twin Peaks" pour constater à quel point la mise en scène de David Lynch retient les leçons de Hitchcock (ainsi que son humour très noir). Mais avec "Lost highway", Lynch cite ouvertement (mais à sa manière) "Vertigo", en l’inversant : la femme brune meurt et réapparaît en blonde, et avec elle l’amour fou d’un homme perdu dans les m

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L’ombre d’Hitchcock

ECRANS | Cinéma / La rétrospective Hitchcock à l’Institut Lumière et la sortie d’une imposante biographie signée Patrick McGilligan remettent le «maître du suspense» au cœur de l’actualité cinématographique ce trimestre. Ça tombe bien : son cinéma est toujours aussi actuel. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 7 janvier 2011

L’ombre d’Hitchcock

Lors du dernier festival Lumière, les projections de "Psychose" dans une version restaurée en numérique avec un son «spatialisé» ont affiché systématiquement complet. Il était pourtant certain que ce film, tourné il y a cinquante ans, était un des plus connus de la programmation. Mais voilà : quand on n’a pas vu "Psychose", quelque chose en nous nous intime l’ordre d’aller le voir ; et quand on l’a déjà vu, on a toujours envie de le revoir. Voilà la magie, le secret du cinéma d’Alfred Hitchcock : à la fois classique et totalement moderne, sinon avant-gardiste, commercial et furieusement personnel, il incarne un idéal fédérateur que peu de cinéastes ont réussi à atteindre. Control freak Hitchcock, tout d’abord, est un formidable manipulateur d’émotions. Son cinéma cherche avant tout l’efficacité, et son besoin de contrôle n’est pas gratuit ou totalitaire, mais vise clairement à ne rien laisser au hasard, à commencer par les réactions des spectateurs. Au fil d’une carrière sinueuse, commencée en Angleterre au temps du muet, ayant connu la révolution du parlant puis l’âge d’or des studios américains avant de terminer dans un très

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Hitch, expert en cinéma

ECRANS | Une grande rétrospective Hitchcock et la sortie d’une imposante biographie consacrée au maître constitueront la base de l’actualité cinéphile lyonnaise, complétée par une foule de festivals passionnants. CC

Christophe Chabert | Mercredi 22 décembre 2010

Hitch, expert en cinéma

Au dernier festival Lumière, les projections de "Psychose" dans une copie numérique HD au son restauré fut un événement qui a attiré le public en masse. Comme quoi… Il y a encore des chanceux qui découvrent aujourd’hui l’œuvre impérissable d’Alfred Hitchcock, et des cinéphiles qui vont s’y replonger pour se laver les yeux d’un cinéma contemporain qui a oublié la rigueur et la précision des mises en scène du maître. C’est ce que proposera pendant tout le trimestre l’Institut Lumière : une grande rétrospective consacrée à Hitchcock, accompagnée d’un livre signé Patrick McGilligan, biographie qui fait déjà référence concernant la vie et l’œuvre du réalisateur. Au programme, des films muets, les grands classiques de la période anglaise ("Jeune et innocent", "Les 39 marches", "Une femme disparaît"), les curiosités de la période américaine (notamment "Mr and Mrs Smith", la seule comédie réalisée par Hitchcock) et les chefs-d’œuvre qui ont assis sa légende (la liste est longue : "La Corde", "Fenêtre sur cour", "Les Enchaînés", "Vertigo", "La Mort aux trousses", "Psychose", "Les Oiseaux", etc.). Enfin, la rétrospective sera complétée par des épisodes de la série "Alfred Hitchcock présen

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Millenium 3 – la reine dans le palais des courants d’air

ECRANS | De Daniel Alfredson (Suède, 2h27) avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace…

Dorotée Aznar | Jeudi 8 juillet 2010

Millenium 3 – la reine dans le palais des courants d’air

Terrassé par un second volet dont l’origine télévisuelle n’excusait en rien le rythme amorphe, on se lance dans l’ultime film de la saga avec expectative. De fait, pendant toute la première partie où Lisbeth Salander se retrouve coincée à l’hôpital, on a bien affaire au même succédané suédois de "Derrick", avec de fulgurantes scènes de violence - placées de façon quasi sadique dans le récit, pour réveiller l’infortuné spectateur qui rejoignait enfin les bras de Morphée. Une fois que le règlement de compte judiciaire final s’enclenche, l’intérêt – ce lâche - revient forcément au galop. On serait presque pris d’enthousiasme si à la réflexion, on évitait de se dire que les sept heures de projection (huit pour la série télé) aurait bien mieux servies à la lecture des romans originaux… FC

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Millénium 2 - La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

ECRANS | De Daniel Alfredson (Suè, 2h09) avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace…

Dorotée Aznar | Vendredi 25 juin 2010

Millénium 2 - La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

La première adaptation cinématographique de la trilogie de Stieg Larsson avait séduit les fans des romans par son ambiance putride, soulignant les déliquescences d’une société suédoise montrée sous son jour le plus corrompu et misogyne. Malgré ses défauts de rythme manifestes, le long-métrage de Niels Arden Oplev s’en tirait avec les honneurs, bien aidé par son binôme d’acteurs principaux. Pour la suite de la saga, un nouveau réalisateur prend le relais, et tout de suite, c’est une autre paire de manche. Daniel Alfredson se repose entièrement sur le cahier des charges esthétiques du premier volet, s’efface au point de rendre sa mise en scène totalement transparente. Et l’intrigue de dévider ses maigres soubresauts avec un manque d’efficacité tout à fait remarquable, encore un peu plus entamé par une poignée de scènes complètement à côté de la plaque (dont un combat de boxe valant son pesant). D’héroïne emblématique, Lisbeth Salander est reléguée au rang de justicière de série Z, et Mikael Blomkvist tire la tronche. Le dernier volet sort dans un mois, on l’attend avec une infinie patience. FC

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Riad Sattouf

CONNAITRE | La Vie secrète des jeunes – Tome 2 L'Association

Dorotée Aznar | Jeudi 22 avril 2010

Riad Sattouf

C'est un euphémisme de dire que les productions de Riad Sattouf ont le chic pour plaire. À la critique, qui n'a de cesse de se gondoler et s'émouvoir du regard qu'il porte sur la jeunesse (Manuel du puceau, Retour au collège). Au public, comme en témoignent les 900 000 entrées de son premier long-métrage, Les Beaux Gosses, dont il était à la fois scénariste et réalisateur. À ses pairs enfin, la dernière édition du Festival Angoulême ayant consacré le troisième volet de Pascal Brutal, désopilante série d'anticipation dont le héros se veut modèle de virilité, gourmette à l'appui. La Vie secrète des jeunes est d'un toute autre genre, Sattouf y rapportant des scènes dont il a été le témoin dans le métro, à la terrasse de quelque café parisien ou au commissariat. Présenté ainsi, ça n'a l'air de rien, il s'agit pourtant de son travail le plus fort, au sens où celui-ci se paye le luxe d'être à la fois hilarant, inquiétant et en prise avec son époque. Parents givrés, lycéennes hystériques, loulous philosophes, kids lubriques, la faune croquée chaque semaine par Sattouf dans les pages de Charlie Hebdo (et parquée dans ce deuxième volume tout frais) l'est en outre avec une expressivité délir

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Une éducation

ECRANS | Réalisée par Lone Scherfig et scénarisée par le génial Nick Hornby, cette comédie d’apprentissage sur une jeune Anglaise qui découvre l’amour et son amertume dans le Londres coincé du début des années 60 est une petite merveille. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 février 2010

Une éducation

"Une éducation" se présente comme une démonstration paisible de ce que le cinéma anglais sait faire de mieux : une étude de caractères magistralement scénarisée, filmée et interprétée. Rien que ça. Mais ce n’est pas rien d’arriver à un résultat si gracieux, si fluide dans sa narration, qu’on en oublierait presque être devant un film. Le premier responsable de cette réussite s’appelle Nick Hornby. L’auteur de "High Fidelity" s’est intéressé ici aux mémoires de Lynn Barber, journaliste qui vivait ses 18 ans à Londres au tout début des années 60. Dans le film, elle s’appelle Jenny, elle est intelligente, jolie, amoureuse de la France, de ses romanciers (Camus) et de ses chanteuses (Gréco). Elle est incarnée par la fantastique Carey Mulligan, qu’on n’avait même pas remarquée dans "Brothers", et qui irradie ici l’écran de son sourire mutin, poussant le culot jusqu’à imiter avec talent la silhouette d’Audrey Hepburn lors d’une mémorable escapade parisienne. Jenny développe un romantisme naïf mais craquant en opposition au pragmatisme prolo de son paternel (Alfred Molina, hilarant), mais aussi aux mœurs encore rétrogrades de son pays. Sa rencontre avec David (Peter Sarsgaard, là encore

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Une petite zone de turbulences

ECRANS | D’Alfred Lot (Fr, 1h48) avec Michel Blanc, Miou-Miou, Mélanie Doutey…

Christophe Chabert | Samedi 9 janvier 2010

Une petite zone de turbulences

Alfred Lot nous avait bien amusé avec sa "Chambre des morts" (pour les distraits, un "Silence des agneaux" revu par Julie Lescaut !) ; il semble qu’ici, il se soit mis au service de Michel Blanc, qui signe l’adaptation d’un livre de Mark Haddon et se donne le rôle principal, un retraité hypocondriaque et acariâtre qui ne se résout pas au mariage de sa fille. Le résultat est, au choix, anodin ou irritant. Anodin car on peut regarder tout cela comme un téléfilm gonflé, mou du genou et ultra-prévisible — inutile, donc. Ce qui irrite, si on y regarde de près, c’est d’abord l’absence d’ironie face à des personnages égoïstes, qui n’ont d’autres problèmes qu’existentiels — pas de questions d’argent entre nous ! Ensuite, l’hypocrisie avec laquelle le film se refuse à affronter ses recoins les plus sombres : l’exemple parfait reste cette scène où Blanc se mutile avec des ciseaux en pensant s’arracher une tumeur. La scène est brutale, sanglante, et pourtant Lot y ajoute une musique guillerette en complet décalage avec ce qui se passe à l’écran. Ce n’est pas une posture esthétique ; juste une manière de rassurer à peu de frais le spectateur. Ou de le prendre pour un idiot…

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Timide et décomplexé

ECRANS | On a découvert Riad Sattouf sur le tard, via son personnage culte Pascal Brutal. Soit la description en bande dessinée, dans une France futuriste dirigée (...)

Dorotée Aznar | Lundi 22 juin 2009

Timide et décomplexé

On a découvert Riad Sattouf sur le tard, via son personnage culte Pascal Brutal. Soit la description en bande dessinée, dans une France futuriste dirigée par Alain Madelin, du quotidien d’un parangon de virilité doutant en permanence de sa sexualité – un travail de caricaturiste averti, qui tranche cependant avec le reste de l’œuvre de son auteur. Dans le ton, déjà, beaucoup plus loufoque que dans ses travaux précédents, et dans la méthode : Sattouf se laisse systématiquement guider par son héros, improvisant le scénario de case en case. Alors que dans ses albums “générationnels“ (Retour au collège, La Vie secrète des jeunes, Manuel du puceau…), il se fonde sur ses observations, ses ressentis personnels, son propre vécu pour retranscrire de la façon la plus juste qui soit l’état d’esprit des jeunes qu’il dépeint. Ce regard acéré, tendre et empathique jusque dans l’observation des pires crasses dont sont capables les victimes de l’âge ingrat, fait toute la valeur et l’unicité des Beaux Gosses. FC

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Les Beaux Gosses

ECRANS | Une comédie sur des ados moyens, dans un espace-temps insituable, se jouant des codes du réalisme avec un humour franchement incorrect : le premier film de Riad Sattouf est un pur bonheur. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 juin 2009

Les Beaux Gosses

Pour donner le ton de cette teen comédie à la française écrite et réalisée par l’auteur de l’immortelle BD Pascal Brutal, il est bon d’en livrer un petit extrait. Hervé, ado complexé et maladroit, est avec son père en voiture (le reste du film, il vit seul dans une HLM triste à pleurer avec sa mère, une harpie obsédée par la vie sexuelle de son fils, notamment son penchant masturbatoire). Il l’interroge sur son prénom : «— C’est toi ou maman qui m’avez appelé Hervé ? — C’est moi. — Pourquoi ? C’est pourri comme prénom… — Ouais, mais c’est à cause de ta grand-mère, elle est morte juste avant ta naissance, et comme elle était fan d’Hervé Villard… Sinon, on t’aurait appelé Yannick, comme Yannick Noah…». Voilà le genre de dialogues qui parsèment Les Beaux Gosses ; il en dit long sur le talent de Sattouf pour imprégner son histoire de notations arrachées à même la viande de la culture populaire française puis transformer en humour sophistiqué et ravageur. Bienvenue dans l’âge ingrat Les Beaux Gosses s’intéresse donc à une poignée d’ados ingrats, stéréotypés et immédiatement attachants : le geek zozotant, l’arabe fan de hea

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Tony Manero

ECRANS | De Pablo Larraín (Chili/-Brésil, 1h38) avec Alfredo Castro, Amparo Noguera…

Christophe Chabert | Lundi 9 février 2009

Tony Manero

Oh le beau projet casse-gueule que voilà : démontrer l’horrible absurdité du régime de terreur instauré par Pinochet dans les heures les plus sombres de son régime, via le prisme forcément déviant d’un fan de Tony Manero (le personnage interprété par John Travolta dans La Fièvre du Samedi Soir), dont le parcours chaotique résonne symboliquement avec les exactions du gouvernement chilien. Autant vous dire que le film de Pablo Larrain exige de son spectateur une suspension d’incrédulité à toute épreuve ! Théoriquement, le film est de fait passionnant dans l’exploitation de son postulat narratif carrément improbable, sur sa volonté kamikaze de s’attacher à la froide description d’une névrose qui finira par dévorer son protagoniste déconnecté des réalités l’entourant. Formellement, Pablo Larraín abuse un peu trop d’une complaisance misérabiliste surlignant ses intentions au lieu de leur donner l’ampleur voulue, en particulier dans sa description crue du marasme sexuel de son personnage principal. Le réalisateur nous plonge la tête dans le sordide et le pathétique sans oser s’en relever, et s’enferme volontairement dans le cinéma à thèse pour festivalier en goguette. Dommage

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«Avec subtilité et discrétion»

ECRANS | Tomas Alfredson, réalisateur de Morse, sublime film de vampires suédois, angoissant et émouvant, contemplatif et envoûtant. Propos recueillis et traduits par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 6 février 2009

«Avec subtilité et discrétion»

Petit Bulletin : Dans combien de pays "Morse" est-il sorti ? Tomas Alfredson : À ce que j’en sais, il a été vendu dans 50 pays environ. Et il est sorti dans quatre pays scandinaves, aux États-Unis, au Canada, en Italie — une grosse sortie en Italie ! Et bientôt il va sortir au Benelux, en Espagne, en Corée et en Australie. Il voyage beaucoup ! Êtes-vous surpris par l’enthousiasme qu’il provoque ? Oui, bien sûr. Vous ne pensez jamais à ça en cours de production. Les films suédois ne voyagent pas beaucoup à cause de la langue, mais aussi parce que la qualité n’a pas été au rendez-vous ces dernières années. En tout cas, cela me fait drôle ! C’est un film très suédois, dans ses décors, ses atmosphères, sa lenteur. Ce n’est pas exactement le prototype d’un film exportable… Oui, cela démontre cette étrange équation : plus vous êtes local, plus vous êtes universel. L’histoire en elle-même est universelle, elle pourrait se dérouler dans n’importe quel pays, à n’importe quelle époque. Seule l’imagerie est typiquement suédoise. Quand vous avez commencé à travailler s

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Morse

ECRANS | Les atermoiements geignards et pseudo-gothiques de "Twilight" vous ont pesé ? Allez donc vous réconcilier avec vos amis les vampires en découvrant cette petite perle horrifique toute en nuance. François Cau

Christophe Chabert | Vendredi 30 janvier 2009

Morse

Bambin blondinet et blafard, Oskar est la tête de turc de ses camarades de classe. Un garçon introverti, n’aimant rien tant que se réfugier dans son monde, où il prendrait enfin le dessus sur son morne quotidien. Sa rencontre avec Eli, sa mystérieuse nouvelle voisine noctambule, va précipiter sa catharsis, lui donner de l’assurance et réveiller des sentiments qu’il ne pensait jamais connaître. Seule ombre au tableau, l’arrivée d’Eli coïncide avec une vague de meurtres excessivement violents, où les victimes sont retrouvées vidées de leur sang… De prime abord, ce qui frappe dans le film de Tomas Alfredson (dont le titre original, Let the right one in, hommage à la chanson de Morrissey et clin d’œil à un aspect de la mythologie vampirique finement décliné dans le film, est tout de même plus marquant), c’est son air glacial. Tant au niveau de la mise en scène, constituée essentiellement de plans fixes assortis de discrets mouvements de caméra, que de la composition des cadres, écrins d’une noirceur abyssale pour les éclats de violence amenés à y exploser. Aux frontières de l’aube Mais là où le réalisateur s’éloigne de cette distance caracté

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