Oriol, faire l'aventure

Bande Dessinée | Le dessinateur espagnol Oriol vient dédicacer le premier tome de sa palpitante nouvelle série L'Or du temps chez Expérience.

Sébastien Broquet | Jeudi 21 octobre 2021

Photo : © Dargaud


La librairie Expérience du côté de Bellecour, comme La Bande Dessinée perchée haut sur le plateau, ont relancé toutes deux à grande vitesse leurs séances de dédicaces et on ne les arrête plus en cet automne : si du côté de la Croix-Rousse, on conseille le samedi 23 octobre d'aller jeter un œil attentif à la séance en compagnie de la merveilleuse Raphaëlle Macaron (dessinatrice libanaise vue ces derniers mois sur la route avec Acid Arab pour des concerts dessinés façon haute couture) qui signera son récent Les Terrestres œuvré en compagnie du politique Noël Mamère (réservations obligatoires au 04 78 39 45 04), arrêtons-nous aussi un instant sur ce qu'il va se passer le jeudi 28 octobre du côté d'Expérience.

Oriol sera ce jour-là présent pour dédicacer le tome 1 de sa nouvelle série, L'Or du temps (éditions Daniel Maghen). Qualifié de solide espoir de la scène espagnole — il est né à Barcelone en 1983 —, le dessinateur s'est fait remarquer en France en 2012 avec La Peau de l'Ours, paru chez Dargaud. Cette nouvelle série lancée avec le scénariste Rodolphe fait la part belle à l'aventure et comblera les amateurs d'archéologie et d'Histoire, naviguant des mystères du Louvre à la sorcellerie au fil de pages éclatantes.

Oriol
À la librairie Expérience le jeudi 28 octobre de 15h à 18h
Réservations obligatoires au 04 72 41 84 14

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Belin et La Féline à la carte à l'Opéra de Lyon

Carte Blanche | En plein mois de novembre, Bertrand Belin et Agnès Gayraud aka La Féline prennent d'assaut l'Opéra Underground pour une carte blanche musicale dont la diversité le dispute à l'exigence, au point de transformer la chose en semaine de la découverte.

Stéphane Duchêne | Jeudi 4 novembre 2021

Belin et La Féline à la carte à l'Opéra de Lyon

Comme l'a souligné Richard Robert lors de la présentation de l'événement, on n'a pas souvent l'occasion de demander « tu fais quoi mi-novembre ? » ou, à cette question, de répondre quelque chose d'intéressant. C'est désormais le cas avec la Carte blanche offerte à (et offerte par) Bertrand Belin et Agnès Gayraud (que les amateurs de pop connaissent sous le nom de La Féline) du 13 au 21 novembre. Laquelle constitue sans doute l'événement, par sa qualité et sa durée, d'une saison de l'Opéra Underground déjà fort savoureuse. Le chanteur et romancier et la chanteuse et philosophe débarquent donc avec une malle au trésor dans laquelle le grand public ne reconnaîtra peut-être pas grand monde mais pourra satisfaire des monceaux de curiosité. Histoire de commencer en grande pompe et d'introduire comme il se doit les intéressés, Belin et La Féline vont essuyer les magnifiques plâtres de l'Opéra (comprendre : de sa grande salle), le samedi 13 novembre à 20h. Belin en so

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De Jujurieux à la Croix-Rousse, un monde en soie

Ain / Rhône | Entre Jujurieux et Lyon se dessine une histoire autant industrielle que sociale autour de la soie. Balade en deux temps.

Nadja Pobel | Jeudi 23 septembre 2021

De Jujurieux à la Croix-Rousse, un monde en soie

Soieries Bonnet - Jujurieux C’est une extension de ce qui se trame à Lyon, qui se trouve et se visite toujours à Jujurieux dans l’Ain (à 70 km de Lyon) sur les terres de l’écrivain et prix Goncourt de la poésie, Charles Juliet. En 1835, l’entrepreneur Claude-Joseph Bonnet (1786-1867) installe dans son village de naissance un véritable pensionnat-école, le premier du genre en France. Lui-même a appris le métier de tisseur à Lyon avant de devenir fabricant dans le quartier des Terreaux à 24 ans. Dans l’Ain, il va faire travailler jusqu’à 2000 personnes en même temps pour la filature, le moulinage et le tissage. À la fin du XIXe siècle, ce sont 800 ouvriers qui œuvrent de chez eux pour le dévidage des cocons et 1200 sur place — dont 800 jeunes filles dès 12-13 ans, venues l’Ain, de Savoie voire l’Italie du Nord, placées par leur famille ou recueillies à l’orphelinat de l’hôpital lyonnais de la Charité (l'actuelle place Antonin Poncet : il n’en reste que le clocher). Bon

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Planche de salut : "La Source"

Comédie | Désœuvré, vivant comme une malédiction la nécessité de reprendre l’entreprise de plomberie familiale de son père défunt, Samir s’imagine un autre avenir loin de la cité, en devenant surfeur pro. Même s’il n’a jamais mis les pieds sur une planche de sa vie. Et qu’il ne sait pas nager…

Vincent Raymond | Jeudi 25 juillet 2019

Planche de salut :

Du parcours “éclaboussant“ de Karim Braire, le réalisateur (et surfeur) Rodolphe Lauga a ôté toute l’écume sulfureuse et le ressac saumâtre : Samir en constitue une version à la fois épurée et fictionnalisée dans le bon sens du terme, puisque seul compte le récit initiatique d’un ado refusant le déterminisme socio-familial pour s’accomplir dans une inexplicable passion, en suivant son instinct. On objectera que le schéma est classique, mais le film l’est moins, qui déroge à tous les clichés du cinéma de banlieue ou du cinéma de glisse : l’une et l’autre sont en effet considérés ici comme des éléments contextuels, non comme des prétextes à images chocs ou spectaculaires. Par ailleurs scénariste (notamment des deux derniers Canet), Lauga déploie une écriture plus resserrée, disséminant çà et là quantité de petites trouvailles dynamisant sa mise en scène. À mettre à son crédit également, le choix du débutant Amine “Sneazzy” Khemissa issu du groupe 1995 (dont le premier EP se nommait ju

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Réparer les vivants

SCENES | Aux Célestins, "Platonov" nous plonge, 3h30 durant et en (très) bonne compagnie du collectif Les Possédés et d’Emmanuelle Devos, dans une Russie qui ne subodore pas encore les révolutions du XXe siècle. Un beau voyage. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 18 novembre 2014

Réparer les vivants

«Qu’est-ce qu’il y a ? – Rien, on s’ennuie». Pas de doute, dès la première réplique de la pièce, nous sommes chez Tchekhov. À la campagne bien sûr, loin de la fureur urbaine de Moscou ou Saint-Petersbourg. Loin de la vie. Quoique. Car si les personnages du maître russe perdent leurs repères et leur richesse en même temps que leurs amours s’écroulent – tandis que d’autres, gravitant autour d’eux, cherchent à récupérer quelque cœur ou argent – de toute évidence, tous vivent, leur ennui devenant le terreau de leurs désirs balbutiants. Anna Petrovna, jeune veuve criblée de dettes, reçoit dans sa maison, comme chaque été. Parmi les convives, l’orgueilleux Mikhaïl Vassilievitch Platonov, instituteur marié, frustré de ne pas être un grand écrivain au bras d’une femme plus désirable que la sienne, au point qu'il va se mettre en tête de séduire celles des autres. Pour restituer tous ces liens avec fluidité, il fallait un collectif fort. Celui des Possédés s’est formé il y a dix ans et la plupart de ses membres sont issus du cours Florent. Emmenés par Rodolphe Dana, metteur en scène et acteur (Platonov himself), ils ont un sens du rythme et de l’espace qui, c’est

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Rêve et silence

ECRANS | Avec ce beau film intime et douloureux, Jaime Rosales réussit à conserver la radicalité formelle de son cinéma tout en y faisant entrer une émotion pudique, donnant sa définition très personnelle du mélodrame. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 septembre 2012

Rêve et silence

Une figure de style recoupe les plus beaux films de la rentrée, comme un inconscient collectif qui réunirait les cinéastes ayant encore de l’ambition pour leur art. De Quelques heures de printemps à Reality en passant par ce Rêve et silence et en attendant Au-delà des collines et Amour, le plan-séquence fait un retour en force sur les écrans, comme une réaction au surdécoupage qui standardise le cinéma mainstream et réduit la mise en scène à une pure et simple réalisation du scénario. Jaime Rosales est sans doute celui qui va le plus loin dans cette logique : Rêve et silence n’est fait que de longs plans-séquences, issus de prises uniques où les acteurs improvisent leur texte et qui parfois s’achèvent en pleine action lorsque le magasin est vide — car Rosales a tourné son film "à l’ancienne", avec une pellicule 35 mm à gros grain. Dans La Soledad et plus encore avec

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Rodolphe Burger

MUSIQUES | Depuis Kat Onoma, et plus particulièrement depuis la fin de Kat Onoma, l'Alsacien Rodolphe Burger multiplie les projets discographiques et scéniques aux (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 octobre 2011

Rodolphe Burger

Depuis Kat Onoma, et plus particulièrement depuis la fin de Kat Onoma, l'Alsacien Rodolphe Burger multiplie les projets discographiques et scéniques aux frontières de la musique, des nouvelles technologies, des disciplines artistiques et du travail sur les langues (ses collaborations avec Olivier Cadiot, son disque consacré au patois Welche...). Amateur de concept, toujours infiniment poreux à l'œuvre d'autrui dès lors qu'elle est en mesure de nourrir son travail, Burger se présente cette fois au Théâtre de Vénissieux le 21 octobre avec un merveilleux entrelacs : la mise en résonance, forcément hautement symbolique, du Cantique des Cantiques, chantée par l'Israélienne Ruth Rosenthal, et de l'œuvre du poète palestinien Mahmoud Darwich, auteur de S'envolent les colombes. SD

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Cavaliers seuls

ECRANS | De Delphine Gleize et Jean Rochefort (Fr, 1h27) avec Marc Bertran De Balanda, Edmond Joncquères D’Oriola…

Christophe Chabert | Vendredi 30 avril 2010

Cavaliers seuls

Drôle d’attelage pour un drôle de film : d’un côté, Delphine Gleize, cinéaste célébrée pour ses courts mais qui peine à confirmer dans le long ; de l’autre Jean Rochefort, acteur génial et amateur déclaré d’équitation. Ce docu-fiction relatant la relation entre Marc, ancien champion de saut d’obstacles devenu paraplégique, et Edmond, jeune cavalier que Marc considère comme son héritier équestre, est bien le fruit de ces deux regards pas toujours synchrones. L’humanisme humble de Rochefort est contredit par le voyeurisme de Gleize vis-à-vis du handicap. Le portrait des derniers jours d’un homme condamné à vivre sa passion par procuration se dédouble aussi d’une mise en scène très maîtrisée — le film est structuré comme une fiction — quoiqu’un peu visible dans ses manipulations narratives. Ces réserves faites, Cavaliers seuls est un film parfois très fort et souvent émouvant. CC

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Ne change rien

ECRANS | De Pedro Costa (Fr-Por, 1h40) documentaire avec Jeanne Balibar, Rodolphe Burger, Hervé Loos…

Dorotée Aznar | Jeudi 21 janvier 2010

Ne change rien

Version longue d’un court métrage tourné en 2005, "Ne change rien" ressemble a priori à un documentaire sur Jeanne Balibar chanteuse. Mais venant de Pedro Costa, cinéaste radical qu’on sait très proche des Straub, il est évidemment plus que ça. C’est d’abord un portrait, au noir et blanc halluciné, de Balibar en muse. Un film sur son visage, émergeant d’une obscurité où la lumière perce avec la fragilité d’un songe, et surtout sa voix, dont le velours lascif imprègne la texture sonore. Plus encore, Costa enregistre et travaille la matière musicale. On a rarement montré avec autant de finesse et de partis pris stylistiques le processus créatif d’un groupe : puisque si le film est dédié à Balibar, il s’intéresse aussi à ses musiciens. Parfois répétitif (mais c’est l’idée), "Ne change rien" fascine par sa capacité à faire éclore une mélodie des ténèbres. JD

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