À l'arrache : nous avons lu le livre de Sébastien Escande

Stéphane Duchêne | Mardi 14 décembre 2021

Photo : © DR


« Don't hate the media, become the media ». La phrase est de Jello Biafra, ex-chanteur des Dead Kennedys, et s'affiche au détour d'une phrase du livre édité par Sébastien Escande dit "Barbapop". Une sorte de mantra du do it yourself qui depuis les origines irrigue la scène underground lyonnaise et cette manière d'organiser des concerts avec des bouts de ficelles dans des lieux qui tiennent parfois à peine debout ou n'ont pas vu une étiquette "norme européenne" depuis des lustres et avec chevillé au corps des principes indéboulonnables (prix libre, pas d'agent de sécurité, ce genre...).

La chose est née du punk et Sébastien Escande qui a œuvré un moment avec Barbapop dans l'organisation de concerts pop obscurs (et néanmoins lumineux), souhaitait en raconter l'histoire lyonnaise, riche de personnages hauts en couleurs, d'assos (Silly Hornets, Sonotone), de groupes (Haine Brigade) et de lieux (le Pez-Ner, le Wolnitza, le Kafé Myzik) entrés dans la légende. Une histoire kaléidoscopique et racontée comme telle en une succession d'entretiens fleuves et de récits personnels. Tout en ruptures de ton, le livre adopte logiquement l'esthétique fanzine chère à cette scène et à l'éditeur, dans sa mise en page comme dans le choix scrupuleux des documents présentés (affiches de concerts, photos d'époque, tracts de squats).

De 1980 et Carte de Séjour – auquel Sébastien Escande souhaitait rendre hommage à travers une interview de son guitariste Mokhtar Amini – à notre époque obsédée par le silence et l'hygiène, c'est 40 années d'activisme qui se dévoilent par petites touches reliées par le fil d'une certaine idée du vivre et du faire ensemble.

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