Festivals littéraires : le retour des classiques

Littérature | S'il faut être prudent avec la recrudescence des cas de Covid, il est prévu que cette année, les grands raouts littéraires se tiennent de manière classique – comme on les aime. Avec, pour certains, des pré-programmations croustillantes.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 janvier 2022

Parilly est ouvert

Retour à l'Hippodrome de Parilly pour la Fête du Livre de Bron qui va renouer avec les tables rondes et les rencontres en présentiel, selon l'expression consacrée par le management. Avec cette année, un nouveau thème fort qui prend appui sur l'actualité et les enjeux du moment – l'écologie, le féminisme, la violence sociale, la liberté, l'utopie, l'identité – où la menace et le principe de précaution sont rois : courir le risque. Avec l'idée que la littérature est peut-être l'un des derniers bastions du risque assumé. Comme chaque année, on y retrouvera le meilleur des auteurs des rentrées de septembre et janvier, essentiellement nationales, mais toujours avec une petite pointe d'international, entre écrivains confirmés et voix émergentes, auteurs et illustrateurs jeunesse et une large part laissée aux sciences sociales. La programmation n'est pas connue mais on peut prendre rendez-vous pour l'ouverture du 11 mars, le festival commençant traditionnellement par la remise du Prix Summer décerné par les lecteurs des bibliothèques et médiathèques de la région. Un lauréat à désigner parmi les cinq auteurs présélectionnés : Wilfried N'Sondé, Mathieu Palain, Maria Pourchet, Marie Vingtras et Abel Quentin. Un prix qui se double du Prix Summer des collégiens avec en lice Sylvain Pattieu, Yann Fastier et Marie Sellier. Pour la programmation, rendez-vous fin janvier.

Fête du Livre de Bron
À l'Hippodrome de Parilly ​du 8 au 13 mars


Printemps noir

En 2022, Quais du Polar reverra le printemps après son édition estivale exceptionnelle de l'an dernier. Et se redéploiera avec bonheur dans la ville, au sens propre du terme, comme il a l'habitude de le faire avec des rencontres et événements – la Grande enquête, incontournable – dans de nombreux lieux emblématiques, mais aussi, au sens large, en se livrant à une cartographie des villes du polar dans le monde. Une manière de retrouver sa dimension internationale. L'autre thème fort de l'édition sera l'adaptation sous toutes ses formes (BD, séries, films, podcasts...) mais le festival ne fera pas l'impasse sur la question politique en cette année présidentielle. À l'heure où nous parlons, si la liste n'est pas complète, de nombreux écrivains sont déjà annoncés : John Grisham, David Peace, Deon Meyer, Craig Johnson, Olivier Norek, Tanguy Viel, Hugues Pagan, Boris Quercia, Guillaume Musso, Michel Bussi, Marie Vingtras ou encore Ragnar Jónasson, venus de tous les horizons noirs.

Quais du Polar
En divers lieux de Lyon du 1er au 3 avril


La littérature à l'international

Après deux éditions perturbées par le Covid et qui ont nécessité de s'adapter (avec la parenthèse en ligne du Littérature Live Festival), les Assises du Roman opèrent leur véritable mue cette année, celle induite par l'arrivée en 2020 d'une nouvelle directrice en la personne de Lucie Campos. Voici donc le Festival International de Littérature de Lyon. Ici l'on s'attachera à sortir du simple point de vue romanesque pour ausculter la société et ses enjeux, pour étendre la réflexion aux sciences humaines mais aussi aux autres formes de fiction littéraire. Quelques-unes des grandes questions contemporaines seront abordées, de la compréhension de l'Histoire aux questions sur la jeunesse, les femmes, notre rapport au récit. Un impressionnant aréopage d'auteurs et d'autrices confirmés ou à découvrir sera amicalement convoqué parmi lesquels on peut d'ores et déjà citer David Diop, Antoine Wauters, Estelle Zhong Mengual, Marc-Alexandre Oho Bambé, Jan Carson, Milton Hatoum, Claudia Durastanti, Gabriela Cabezón Cámara, Mariana Enriquez et Luba Jurgenson. En attendant une programmation complète dévoilée fin février.

Festival international de Littérature de Lyon
À la Villa Gillet et aux Subs du 16 au 22 mai

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Quais du Polar : un festival de littératures noires

Polar | Né en bord de Saône, Quais du Polar s’offre une résurrection post-Covid de luxe en bord de Rhône et à l’air libre. Coups d’éclats, de soleil et lunettes noires à prévoir.

Vincent Raymond | Lundi 28 juin 2021

Quais du Polar : un festival de littératures noires

À quelque chose, malheur est bon : forcée de se décaler à l’aube de l’été pour éviter la parenthèse covidienne, cette 17e édition de Quais du Polar s’est adaptée, démultipliant les interactions avec la ville et l’air libre. Point de Grande Librairie dans le Palais de la Bourse cette année, mais une farandole d’étals s’étirant quai Sarrail en face, le long du Rhône, à la manière des bouquinistes — c’est ici que les autrices et auteurs viendront dédicacer. Pas d’espace jeunesse en intérieur non plus : à l’instar de Lyon BD, le Parc de la Tête d’Or est réquisitionné pour accueillir les auteurs et leur public sur la pelouse des Ébats. Mais ce n’est pas tout : le festival a aussi créé de nouveaux formats, en théorie éphémères (2022 verra en effet le retour du festival à son calendrier normal) de “reconquête” de l’espace public. En plus de la traditionnelle Grande Enquête signée Christelle Ravey, saluons notamment l’hommage

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Quais du Polar : Cantaloube Island

Série Noire | Héritier de la veine politique et sociale qui a marqué le polar français moderne, Thomas Cantaloube, désormais entièrement tourné vers la fiction, publie une seconde Série Noire scotchante, Frakas.

Sébastien Broquet | Vendredi 2 juillet 2021

Quais du Polar : Cantaloube Island

Deux romans seulement. Mais c'est une nouvelle voix qui compte dans le polar français, tendance politico-sociale, héritage Pouy-Daeninckx, où l'on explore les tréfonds de la politique et creuse du côté des officines style SAC, tout en scrutant l'arrière-cour des grands faits historiques du pays — comme dans Meurtres pour mémoire du suscité Didier Daeninckx, car ici aussi, Maurice Papon traîne dans le paysage de Requiem pour une république. Et c'est Jacques Foccard, le monsieur Afrique du général De Gaulle, qui prend la lumière sur ce second volet, suite habile baptisée Frakas, tableau forcément sombre d'une Françafrique tordue, manipulatrice, meurtrière, alors naissante dans la foulée des indépendances qui se succédent sur le grand continent. Cette voix, c'est celle de Thomas Cantaloube. Ancien grand reporter ayant œuvré pour les Cahiers du Cinéma comme pour L'Humanité, dont il fût longtemps le correspondant aux États-Unis avant d'aller enquêter un peu partout sur la planète, il quitta le journal communiste en 2001, participa à la

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Lucie Campos : « trouver les formes d'un retour à une interaction plus forte avec le public »

Littérature Live Festival | Au début du mois mai, la Villa Gillet annonçait le remplacement des Assises Internationales du Roman par le Littérature Live Festival. Un nom et une formule qui, si tout va bien, devraient laisser place au Festival International de Littérature de Lyon en 2022. Lucie Campos, directrice de la Villa Gillet et instigatrice de ces changements, nous explique pourquoi et comment.

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mai 2021

Lucie Campos : « trouver les formes d'un retour à une interaction plus forte avec le public »

Après une édition numérique des Assises Internationales du Roman, la Villa Gillet présente cette année le Littérature Live Festival. Pourquoi ce changement d'identité, jamais anodin pour un festival ? Lucie Campos : je suis arrivée l'an dernier en tant que nouvelle directrice de la Villa Gillet avec un projet qui impliquait à la fois de consolider les acquis d'une maison qui a une très grande légitimité à l'international et de changer des choses. La Villa Gillet porte depuis 14 ans un festival de littérature qui s'est appelé depuis 2007 les Assises Internationales du Roman. Elle continuera bien évidemment de porter un festival qui sera pour l'avenir le Festival International de Littérature de Lyon, avec pour domaine d'action et d'interrogation la littérature dans son sens le plus large. C'est là le principal changement : quitter la forme unique du roman qui fais

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Quais du Polar : noir comme le soleil

Festival | Après une semi-éclipse et une version numérique l’an passé, Quais du Polar confirme la tenue de sa 17e édition du 2 au 4 juillet prochains. En décalage par rapport à ses dates habituelles ; avec aussi une translation dans l’espace…

Vincent Raymond | Samedi 24 avril 2021

Quais du Polar : noir comme le soleil

« Sous le soleil exactement », promet l’équipe de Quais du Polar. Pas à côté, mais pas n’importe où non plus : contraintes sanitaires obligent, les lieux habituels doivent en effet s’adapter, quitte à accueillir moins de visiteurs simultanément pour répartir les flux. Impossible en effet pour un événement drainant ordinairement 100 000 festivaliers de concentrer l’essentiel de son public sur ses sites principaux — Palais de la Bourse, Hôtel de Ville, Chapelle de la Trinité. La Grande Librairie va donc migrer en plein air sur les berges du Rhône — à la façon des bouquinistes des quais de Saône ? — et nombre de rendez-vous ou rencontres investiront parcs (dont la Tête d’Or), terrasses et espaces de plein air, matérialisant le cas échant des partenariats inédits — parmi lesquels les Nuits de Fourvière (dans l’Odéon), ou encore Les Bateaux Lyonnais (pour des promenades en péniches). Plus de cent (auteurs) à la Une Une semaine après les élections régionales, le week-end sera à nouveau éminemment politique avec notamment l’Europe, la justice, l’environnement par

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Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Littérature | Après nous avoir expliqué en quoi consisterait son édition 2021, en ligne, la Fête du Livre de Bron livre les détails de sa programmation, adulte et jeunesse, et donne rendez-vous du 10 au 28 mars, du mercredi au dimanche, sur son site Internet.

Stéphane Duchêne | Lundi 1 mars 2021

Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Une cinquantaine d'invités, un événement on line (et non on hippodrome, comme d'usage) étalé sur trois semaines, telle est la formule choisie de l'édition 2021 de La Fête du livre de Bron placée sous le signe de L'invincible été camusien qui ferait ici, davantage que de thème, office de devise de résistance, de vaccin contre la fatalité. Et si rien ne remplacera dans les cœurs des lecteurs une version "en présentiel", selon la formule désormais consacrée, on pourra quand même se contenter d'une jolie programmation tout à la fois resserrée (le nombre d'auteurs : réduit) et rallongée (dans la durée : trois semaines au lieu de cinq jours). Programmation qui, il faut le préciser, s'inspire plus que largement de celle imaginée pour l'édition en bugne à bugne envisagée dans un premier temps. Au programme donc, et comme nous l'expliquait il y a peu Yann Nicol, directeur de l'événement : des rendez-vous récurrents chaque week-end (entendre « s

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Yann Nicol : « se contenter d'attendre le retour à la normale n'est pas raisonnable »

Fête du Livre de Bron | Passé entre les gouttes l'an dernier en se tenant un mois plus tôt que d'habitude, la Fête du Livre de Bron a attendu 2021 pour être rattrapée, comme tout le monde, par le Covid. Et à dû renoncer à se tenir autrement que virtuellement. L'occasion pour le festival brondillant de se repenser pour le présent et pour l'avenir et d'être au final plus... présent. Son directeur Yann Nicol nous explique comment.

Stéphane Duchêne | Mercredi 17 février 2021

Yann Nicol : « se contenter d'attendre le retour à la normale n'est pas raisonnable »

Le 2 février, la Fête du Livre a annoncé qu'elle se tiendrait en numérique. Une annonce qui a mis par terre plusieurs mois de préparation d'une édition qui se voulait adaptée à la situation sanitaire. Yann Nicol : Nous avons poussé jusqu'au bout pour essayer de tenir les choses mais au bout d'un moment la persévérance devient de l'entêtement. On a essayé de se mettre en situation de pouvoir répondre, d'être prêt avec une formule "en présentiel", comme on dit, plus adaptable. On avait notamment décidé de ne pas organiser le festival à l'hippodrome de Parilly parce que c'était un lieu très vulnérable à la fermeture, qui nous coûte cher, comme les locations de chapiteaux. Je ne voulais pas mettre de l'argent dans un lieu qui aurait trois chances sur quatre d'être fermé, ça me semblait complêtement déraisonnable. Et ouvrir l'hippodrome avec une jauge de 500 personnes, ça promettait d'être absolument sinistre. M

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La Fête du Livre de Bron jette l'éponge et se réfugie à son tour dans le virtuel

Littérature | La traditionnel rendez-vous de mars fidélisant les amateurs de littérature n'aura pas lieu cette année — et se contentera d'une édition virtuelle, comme plusieurs autres événements (Assises Internationales du Roman, Quais du Polar...) l'ont fait l'année dernière.

Sébastien Broquet | Mardi 2 février 2021

La Fête du Livre de Bron jette l'éponge et se réfugie à son tour dans le virtuel

En 2020, ayant avancé ses dates pour ne pas se superposer aux élections municipales, la Fête du Livre de Bron avait réussi à se tenir tout à fait normalement et à ne pas intégrer la longue liste des événements annulés, toujours en cours d'élaboration — et ce sans doute jusqu'à l'automne prochain. Mais pour cette 35e édition de 2021, c'est rapé : « après avoir tenté, avec enthousiasme et persévérance, de proposer un festival en présence des auteurs et du public, l'association s'est résolue à transformer la 35e édition de la Fête du Livre de Bron en un événement 100% digital. Une formule inédite et attractive, entièrement en ligne, qui se déploiera sur les réseaux sociaux et le tout nouveau site de la Fête du Livre de Bron, appelé dans l'avenir à constituer un véritable média numérique autour de la littérature, des sciences humaines et de la littérature jeunesse. Dans le contexte actuel, l’équipe de la Fête du Livre de Bron est plus que jamais convaincue de la nécessité de donner la parole aux écrivains, aux intellectuels et aux artistes pour comprendre le temps présent et en

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Quais du Polar cible l’été 2021

Lyon | Conséquence de la crise sanitaire, Quais du Polar déplace son édition 2021 à de nouvelles dates : du 2 au 4 juillet 2021.

Vincent Raymond | Mardi 17 novembre 2020

Quais du Polar cible l’été 2021

On n’est jamais trop prévoyant. Après avoir dû annuler son édition 2020 prévue début avril pour cause de premier confinement, été contrainte de renoncer au dernier moment (et la mort dans l’âme) à sa fameuse Grande Enquête le week-end des 16-17-18 octobre dernier à cause du second confinement, l’association organisatrice du festival Quais du Polar a pris les devant en décalant ce qui sera sa 16e édition : elle se tiendra du 2 au 4 juillet 2021, au lieu du traditionnel mois d’avril — une ambiance plus moite, qui s’accorde toutefois avec le genre. Le choix a naturellement été dicté par les circonstances sanitaires toujours préoccupantes, aggravées par la fermeture des libraires — partenaires historiques de cette manifestation qui a réussi depuis sa création à devenir un incontournable poumon pour les littératures noires et policières en France. S’il est trop tôt pour avancer un embryon de programme, il semble acquis que la crise de la Covid-19 aura une incidence sur la future org

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La Fête du Livre de Bron revient en mars 2021

Littérature | Après avoir avancé son édition 2020 en février pour des raisons de calendrier — ce en quoi les organisateurs ont été involontairement bien inspirés — la (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 juin 2020

La Fête du Livre de Bron revient en mars 2021

Après avoir avancé son édition 2020 en février pour des raisons de calendrier — ce en quoi les organisateurs ont été involontairement bien inspirés — la Fête du Livre de Bron réintégrera l'an prochain ses quartiers du mois de mars. Pour sa 35e édition, le festival brondillant se tiendra du 3 au 7 mars 2021. En attendant, podcasts (des rencontres des éditions passées notamment mais aussi du Bookmakers mensuel proposé par Richard Gaitet sur Arte radio — et conseils de lecture sont à retrouver sur le site de la Fête du Livre. Et en septembre, on connaîtra les livres sélectionnés pour le Prix Summer, remporté cette année par Anne Pauly avec Avant que j'oublie, et dont le vainqueur est désigné par un panel de lecteurs régionaux.

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Camille de Toledo : « un temps autre s’est ouvert »

Podcast | Camille de Toledo, écrivain et chercheur, repense sa résidence croisée initiée à Lyon en un rendez-vous de conversations à distance, chaque mardi. Toujours sous l'égide de l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab. Il nous explique.

Sébastien Broquet | Mardi 9 juin 2020

Camille de Toledo : « un temps autre s’est ouvert »

Vous remodelez votre cycle de résidence et de rencontres à Lyon en une forme nouvelle, des conversations nocturnes chaque dimanche soir : pouvez-vous nous présenter ce concept et comment il va se dérouler ? Camille de Toledo : Je crois ardemment aux vertus d’une conversation croisée entre les arts et les sciences humaines, entre une poétique et une politique, entre thérapeutique et savoir. C’est à cette intersection que nous avons lancé avec l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab, en janvier dernier, le cycle "Enquêter, enquêter, mais pour élucider quel crime ?". Nous vivons aujourd’hui à l’heure d’une très vaste révélation d'un "crime terrestre", ce qu’on nomme également en droit un écocide, même si la notion n’est pas encore, hélas, reconnue pénalement. Quand nos affaires humaines, à l’échelle planétaire, ont été interrompues par cet

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Santiago Amigorena, l'enfant du silence

Littérature | Avec Le Ghetto intérieur, Santiago H. Amigorena livre le roman qui planait sur toute son œuvre. Où l'auteur franco-argentin brise le silence hérité d'un grand-père juif accablé par la peine d'avoir survécu, parce qu'exilé, à l'Holocauste qui emporta sa mère.

Stéphane Duchêne | Mercredi 12 février 2020

Santiago Amigorena, l'enfant du silence

[Edit-Fête du Livre] D'où vient que les écrivains mettent parfois la moitié d'une vie - cinq, dix livres - pour écrire le livre que porte depuis la première ligne leur geste littéraire, s'affronter yeux dans les yeux au sujet pour lequel ils s'installent chaque jour à l'écritoire et qui supporte, subliminal, l'œuvre jusque-là délivrée ? Eux-mêmes ont rarement la réponse, probablement à chercher du côté d'une maturation psycho-généalogique qui soudain bourgeonne à découvert, nue comme un ver et qu'on ne peut plus ignorer. La question est particulièrement sensible s'agissant de Santiago Amigorena qui depuis 21 ans écrit pour dire qu'il ne peut pas dire, aveu formalisé en préambule de ce Ghetto Intérieur à l'évocation d'une œuvre autobiographique qui porte un abyssal non-dit. Soit l'histoire du grand-père Vicente Rosenberg, juif polonais devenu argentin - qui ne se sent aucun des trois - à qui parviennent dès 1940 des nouvelles de plus en plus funestes de Pologne où les Juifs, son frère, sa mère, restés à Varsovie, sont parqués dans un ghetto dont il peine à mesurer les contours, à comprendre ce qui vraiment

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Laurent Binet : « une autre mondialisation était possible »

Fête du Livre de Bron | Et si, au lieu du contraire, les Incas avaient "découvert" et asservi l'Europe ? C'est ce renversement qu'opère Laurent Binet, invité de la Fête du Livre, dans son fascinant Civilizations (Grasset), Grand Prix de l'Académie Française. Un roman picaresque où l'érudition historique sert justement à tordre la vérité de l'Histoire pour accoucher d'un autre monde.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2020

Laurent Binet : « une autre mondialisation était possible »

Qu'est-ce qui a présidé à la démarche de ce livre et pourquoi cette histoire-là ? Laurent Binet : C'est une invitation au salon du livre de Lima qui m'a fait m'intéresser à la conquête de l'Amérique, aux pré-Colombiens. Un livre de Jared Diamond, aussi, De l'inégalité parmi les sociétés, dans lequel il pose la question : « Pourquoi est-ce Pizarro qui est venu capturer Atahualpa au Pérou et pas Atahualpa qui est venu capturer Charles Quint en Europe ? » Là, je me suis dit que j'allais raconter cette histoire alternative. Vous semblez avoir conçu Civilizations comme un scénario de jeu vidéo, dont le lecteur serait le héros... Le "z" du titre est effectivement une référence au jeu vidéo. Et j'ai conçu l'histoire de ce livre comme un jeu de stratégie. Comment on fait pour conquérir u

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Polar partout...

Quais du Polar | Si on ne sait pas ce que nous réserve la météo du printemps, on est sûr d'une chose : comme chaque année Lyon sera le temps d'un week-end ensevelie sous un (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 janvier 2020

Polar partout...

Si on ne sait pas ce que nous réserve la météo du printemps, on est sûr d'une chose : comme chaque année Lyon sera le temps d'un week-end ensevelie sous un raz-de-marée policier. Non pas que BAC et CRS déferleront dans les rues LBD en main (encore qu'on n'est pas à l'abri) mais parce que se tiendra l'événement littéraire le plus couru de la métropole : le gigantesque Quais du Polar, ses dizaines d'auteurs stars, ses multiples animations (grande enquête, dictée...), son ouverture à toutes les formes d'expression (cinéma, musique, séries, théâtre, gastronomie). Des noms ? Grisham, Pelecanos, Winslow, Khouri, Lisa Gardner, Craig Johnson, Leonardo Padura, Boris Quercia, Martín Caparrós, Valerio Varesi, Petra Hammesfhar, Michel Bussi, Fra

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Fête du Livre de Bron : un idéal, des idées hautes

Fête du Livre de Bron | Après "La vie sauvage" l'an dernier qui illustrait autant un désir de retour à la nature que la sauvagerie du libéralisme triomphant, La Fête du Livre de Bron a (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 janvier 2020

Fête du Livre de Bron : un idéal, des idées hautes

Après "La vie sauvage" l'an dernier qui illustrait autant un désir de retour à la nature que la sauvagerie du libéralisme triomphant, La Fête du Livre de Bron a dégainé pour cette édition 2020 anticipée un thème toujours fort à propos qui clame "Une soif d'idéal" dans ce monde où la moindre utopie, inspiration révolutionnaire toute entière contenue dans le "rouge idéal" baudelairien étouffe sous le poids d'un pragmatisme au cynisme rampant. La formule, elle, ne change pas qui alterne grands entretiens, tables rondes et lectures concepts (François Atlas et ses Fleurs du mal musicales, Charly Delwart et sa Databiographie). Et bien sûr grands noms (Jean-Paul Dubois, Leonora Miano, Jonathan Coe, Luc Lang, Laurent Binet) et semi-découvertes prises en flagrant délit de confirmation (Emma

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Le Goncourt Jean-Paul Dubois à la Fête du Livre de Bron

Littérature | C'est avec un peu d'avance sur les temps de passage habituels que la Fête du Livre de Bron a dévoilé les premiers noms d'auteurs et autrices invités à partager (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 25 novembre 2019

Le Goncourt Jean-Paul Dubois à la Fête du Livre de Bron

C'est avec un peu d'avance sur les temps de passage habituels que la Fête du Livre de Bron a dévoilé les premiers noms d'auteurs et autrices invités à partager leur « soif d'idéal » – thème de la cuvée 2020. Il faut dire que l'événement se déroulera un peu plus tôt que précédemment puisque cette édition investira l'hippodrome de Parilly du 12 au 16 février. Avant le dévoilement complet du programme le 9 janvier prochain, voici déjà les quelques noms avancés : notre bien aimée Emmanuelle Pireyre, comme éminente régionale de l'étape que l'on verrait bien dialoguer en sa chimère européenne avec le brexité Jonathan Coe, également de la partie ; Lionel Duroy ; Mathilde Forget et une brassée d'écrivains nouvellement décorés : Laurent Binet (Grand Prix de l'Académie française), Luc Lang (Prix Médicis), Cécile Coulon (Prix littéraire du Monde), Manuel Vilas (Prix Femina étrange

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Prix Summer 2020 : la sélection

Littérature | Chaque année, La Fête du Livre de Bron remet son prix littéraire au moment du Festival qui aura lieu cette année du 12 au 16 février. Le prix Summer, c'est son (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 8 septembre 2019

Prix Summer 2020 : la sélection

Chaque année, La Fête du Livre de Bron remet son prix littéraire au moment du Festival qui aura lieu cette année du 12 au 16 février. Le prix Summer, c'est son nom, est décerné par un collège de lecteurs issus de 42 médiathèques de la métropole. Il avait l'an dernier récompensé Tiffany Tavernier pour Roissy (Sabine Wespieser). Comme de saison, la Fête du livre vient de dévoiler la liste des cinq romanciers en lice pour l'édition 2020 : Julia Deck pour Propriété privée (Minuit), Hélène Gaudy pour Un Monde sans rivages (Actes Sud), Vincent Message pour Cora dans la spirale (Seuil), Anne Pauly pour Avant que j'oublie (Verdier) et Sylvain Prudhomme pour Par les Routes (L'arbalète/Gallimard).

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Quais du Polar (re)part en livre

Polar en Vacances | C'est dans le cadre de Partir en Livre, fête estivale du livre jeunesse à l'initiative du Centre National du Livre (CNL) que Quais du Polar propose deux jours durant et pour la quatrième année consécutive, le programme Polar en vacances.

Stéphane Duchêne | Mardi 9 juillet 2019

Quais du Polar (re)part en livre

L'occasion pour tous les 6-14 ans de se sensibiliser à la lecture et à ses à-côtés de manière ludique (ça reste les vacances, il ne faudrait pas l'oublier). Pour ce faire, Polar en Vacances proposent ateliers-rencontres et dédicaces, sur le stand de la librairie À Titre d'Aile avec des auteurs et illustrateurs jeunesse tels que Claire Gratias (L'été où j'ai vu le tueur), Églantine Ceulemans (Kidnapping à la confiture) et Emmanuel Trédez (Le Macaron est sur les dents). Ainsi qu'un espace de lecture via une sélection de polars réalisée par la Bibliothèque Municipale de Vaise. En marge de la lecture, l'événement invite également à une animation autour du graffiti à l'aérosol, un parcours enquête, un stand de jeux de sociétés et pour les plus de douze ans un escape game en plein air. Le tout est gratuit sur inscription avec, à la clé, comme d'usage pour Partir en livre, des Chèques Lire offerts par le CNL. Rendez-vous les 17 et 18 juillet dans le cloître et les jardins du CNSMD dans le 9e arrondissement.

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La Littérature nordique à Quais du Polar

Quais du Polar | Aux cucarachas et mariachis, Quais du Polar préfère l’ambiance banquise-soleil de minuit pour célébrer sa Quinceañera. Le festival craindrait-il qu’on manque de frissons et de sueurs froides ?

Vincent Raymond | Mardi 26 mars 2019

La Littérature nordique à Quais du Polar

L’année 2005 est doublement importante pour le polar. Elle a en effet vu apparaître Mikaël Blomkvist, le héros de la saga Millénium faisant naître un engouement inédit pour les littératures noires suédoise, scandinave et plus largement nordiques. La disparition prématurée de Stieg Larsson — en 2004, avant même la publication des romans — ne fit qu’aiguiser cette appétence. La nature ayant heureusement horreur du vide, le goût pour l’hémoglobine frappée et les paysages givrés que les lecteurs du monde entier s’étaient découvert fut vite assouvi : Henning Mankell, Camilla Läckberg, Arnaldur Indriðason, Jo Nesbø, la paire Lars Kepler, David Lagerkrantz (entre autres) avaient profité de la brèche dans l’igloo pour faire entendre leur voix. Toutes ces autrices et ces auteurs ont en outre bénéficié de l’incomparable caisse de résonance constituée par Quais du Polar, également né en 2005 mais à 45° du Pôle Nord : à Lyon. Lyon. Ces quinze années de compagnon

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Brian de Palma à Quais du Polar

Quais du Polar | [Moment vieux con] Aux jeunes publics qui pensent que Freddie Mercury et Queen ont tout inventé avec Bohemian Rhapsody, on recommande chaudement d’aller (...)

Vincent Raymond | Mardi 26 mars 2019

Brian de Palma à Quais du Polar

[Moment vieux con] Aux jeunes publics qui pensent que Freddie Mercury et Queen ont tout inventé avec Bohemian Rhapsody, on recommande chaudement d’aller faire un tour à l’Institut Lumière pour découvrir en grand Phantom of the Paradise (1974) pour tant de raisons que cette page n’y suffirait pas. Essayons tout de même. Il s’agit d’abord d’une relecture-réactualisation du classique Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux — déjà porté à l’écran avec Lon Chaney —, mâtinée de références au Faust de Gœthe comme à l’indispensable figure matricielle du cinéma de Brian De Palma, Alfred Hitchcock. S’il reçoit un très mérité Grand Prix au festival d’Avoriaz en 1975, c’est en tant que comédie musicale rock innovante qu’il marque autant les yeux et les oreilles, s’inscrivant automatiquement comme un marqueur de son temps et un classique du 7e art. Paul Williams, qui compose en sus le méphistophélique Swan, signe une bande-originale magistrale, enchaînement de tubes pop-rock, du dia

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Roberto Saviano et Brian de Palma invités à Quais du Polar

Polar | Double annonce choc pour Quais du Polar, qui annonce la venue de deux stars au pedigree long comme un épisode de Derrick : Roberto Saviano et Brian de (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 6 février 2019

Roberto Saviano et Brian de Palma invités à Quais du Polar

Double annonce choc pour Quais du Polar, qui annonce la venue de deux stars au pedigree long comme un épisode de Derrick : Roberto Saviano et Brian de Palma. Le premier est un journaliste Italien rendu immensément célèbre par la parution en 2006 (en France, 2007) de Gomorra, mettant crûment à jour l'ampleur de la main-mise de la camorra, la mafia napolitaine, sur la ville et au-delà. Une enquête minutieuse qui lui vaudra d'être publié dans 42 pays, mais aussi des menaces de mort de la part de la camorra. Roberto Saviano vit toujours, depuis, sous protection policière. Mais ne s'est pas calmé : il est aujourd'hui l'un des plus farouches opposants à l'extrémiste Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur. Saviano a depuis publié d'autres ouvrages, dont le tout aussi intéressant Extra pure : Voyage dans l'économie de la cocaïne en 2014. La rencontre "Une heure avec…" Roberto Saviano est programmée le samedi 30 mars à 11h, au Théâtre des Célestins. Brian de Palma également convié Brian de Palma, cinéaste, vient lui présenter son premier roman écrit

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Le monde des livres

Littérature | Avant la saison des festivals d'été, il y a celle des festivals littéraires, nourrie des centaines de livres parues en quelques mois et des milliers d'idées qui les composent. Tour d'horizon des événements littéraires majeurs du printemps.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 janvier 2019

Le monde des livres

Fête du Livre de Bron Retour à une thématique cette année, et même à une thématique forte pour la Fête du Livre de Bron qui explorera les recoins littéraires de "La Vie sauvage" : animalité de l'humain, violence du monde, libéralisme sauvage, question environnementale mais aussi subversion et insoumission. Où l'on retrouvera notamment le prix Goncourt Nicolas Mathieu pour Leurs enfants après eux (pour une collaboration qui s'annonce savoureuse avec le musicien Florent Marchet), mais aussi de nombreux autres comme Serge Joncour, David Diop, Charif Majdalani, Marielle Macé, Pascal Blanchard. Florence Aubenas, Andreï Kourkov, Domonique A, François More, FabCaro ou Jérôme Ferrari. Plus de détails sur cet alléchant programme le 23 janvier. À l'Hippodrome de Parilly du 6 au 10 mars Quais du Polar En dépit du réchauffement climatique, ils seront un peu glacés, cette année, les Quais du Polar. Le festival ayant choisi de rendre hommage au polar nordique et à ses joyeuses spécificités littéraires, culturelles et politiques. En invitant pas moins de 25 auteurs

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Le Goncourt à la Médiathèque de Bron

Littérature | Cette année, le Prix des lecteurs de la Fête du Livre de Bron a adopté le nom de Prix Summer, en référence au roman lauréat de 2018, signé Monica Sabolo. Pour (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 décembre 2018

Le Goncourt à la Médiathèque de Bron

Cette année, le Prix des lecteurs de la Fête du Livre de Bron a adopté le nom de Prix Summer, en référence au roman lauréat de 2018, signé Monica Sabolo. Pour l'attribution du prix, les organisateurs proposent toujours aux lecteurs de 37 médiathèques et bibliothèques de l'agglomération de choisir parmi cinq ouvrages et cinq auteurs à découvrir, lors de dix rencontres en bibliothèques, le roman de la rentrée littéraire de l'automne. Le prix étant remis lors de la Fête du Livre le vendredi 8 mars. Parmi les auteurs sélectionnés, l'on trouve notamment le lauréat du Prix Goncourt 2018 Nicolas Mathieu avec son roman Leurs enfants après eux (Actes Sud). Lequel répondra, en public, aux questions du groupe de lecteurs de la Médiathèque Jean Prévost de Bron le 12 décembre prochain à 19h. Une rencontre suivie d'une dédicace qui constituera un bel avant-goût de la Fête du Livre dont Nicolas Mathieu sera l'un des invités marquants.

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Patricia Tourancheau : « les bons faits divers font les bons polars » 

Quais du Polar | Dans son nouveau cold case titré "Grégory, la machination familiale", la journaliste Patricia Tourancheau retrace l’enquête du fait divers le plus énigmatique du siècle dernier. Rencontre dans les travées de Quais du Polar.

Margaux Rinaldi | Lundi 9 avril 2018

Patricia Tourancheau : « les bons faits divers font les bons polars » 

Pourquoi l’affaire Grégory ? Patricia Tourancheau : Pour moi, c’est le fait divers le plus emblématique du XXe siècle. Celui dont on parle le plus, dont on se souvient le plus. Il recèle vraiment tous les éléments pour une bonne histoire. Déjà, cela se passe dans un petit village des Vosges, donc dans un territoire restreint. Et puis on parle tout de même d’un enfant qui a été jeté vivant et ligoté dans la Vologne ! L'histoire, ensuite, est pleine de rebondissements. Le corbeau, qui harcèle la famille depuis deux ans, va carrément revendiquer le meurtre ; la mère sera accusée à tort pendant huit ans… C’est vraiment le scénario incontournable, un scénario que l’on ne pourrait même pas inventer. Et c’est un fait qui n’est pas élucidé : son côté cold case, énigme, fait qu’aujourd'hui encore, on ne sait pas formellement qui était ce corbeau à deux têtes. On sait seulement qu’il s’agit d’un homme à la voix rauque et d’une femme, devenant de plus en plus sadique et cruel (particulièrement envers Christine et Jean-Marie Villemin), jusqu’au meurtre du petit Grégory. Les avez-vous renc

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14e Quais du Polar : La ligne noire des Alpes

Quais du Polar | Vert, blanc, rouge et noir. Telles sont les couleurs de la 14e édition de Quais du Polar.

Vincent Raymond | Mardi 3 avril 2018

14e Quais du Polar : La ligne noire des Alpes

En quête de proximité, Quais du Polar ? À vrai dire, les liens sont déjà anciens entre l’Italie et le festival-roi du genre. Celui-ci n’a pas attendu la ligne ferroviaire Lyon-Turin pour être convié au Salon piémontais du livre — c’était en 2006 — et il participera en juin prochain au palermitain Una Marina di libri. L’invitation faite cette année au grand voisin transalpin dépasse l’échange de politesses : elle rend justice à une profusion d’auteurs d’envergure à travers quinze plumes remarquables. Gros calibres ou nouveaux venus, pratiquant le polar en puriste ou par contrebande, ces représentants bousculent volontiers les codes dans leur style ou leur souffle. Nero è vero Tel Luca di Fulvio, dont le “gros roman“ Le Gang des rêves (Slatkine & Cie) se place parmi ce qu’on a pu lire de plus prenant et de plus enthousiasmant ces dernières années — la virtuosité de la traduction d’Elsa Damien n’y est sans doute pas étrangère. Prenant naissance en Calabre, cette fres

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Annulation de la soirée d'ouverture avec Éric Vuillard

Fête du Livre de Bron | Ainsi qu'annoncé ce mardi par la Fête du Livre de Bron, la rencontre du mercredi 7 mars à l'Espace Albert Camus avec Éric Vuillard a dû être annulée. Une (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 mars 2018

Annulation de la soirée d'ouverture avec Éric Vuillard

Ainsi qu'annoncé ce mardi par la Fête du Livre de Bron, la rencontre du mercredi 7 mars à l'Espace Albert Camus avec Éric Vuillard a dû être annulée. Une nouvelle qui a pour conséquence de repousser la soirée d'ouverture du festival au lendemain, jeudi 8 mars, avec la rencontre avec Pierre Jourde à la Ferme du Vinatier et le récital musical de Marc Alexandre Oho Bambe au Jack Jack.

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Grégoire Bouillier : « Écrire c'est vivre »

Fête du Livre de Bron | Avec "Le Dossier M", enquête sur une histoire d'amour impossible comme clé de l'élucidation du suicide d'un ami, Grégoire Bouillier a livré un livre monstre absolument jouissif de plus de 1700 pages paru en deux volumes. Et continue de se poser en défenseur de la réalité contre les chantres de cette autofiction à laquelle on l'a souvent assigné. Interview fleuve pour une œuvre hors norme.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 mars 2018

Grégoire Bouillier : « Écrire c'est vivre »

Les premiers commentaires sur Le Dossier M se rapportaient surtout à son format hors-norme... Pensiez-vous qu'il soit encore possible de publier une œuvre d'une telle ampleur en 2018, sans faire reculer éditeurs, libraires, journalistes, lecteurs ? Grégoire Bouillier : C'est une question qui s'est posée seulement le livre fini. Pour ma part, j'avais une histoire à raconter et je ne suis pas du tout parti avec l'idée de faire un gros livre, d'autant plus que les précédents étaient brefs. C'est l'histoire que j'avais à raconter qui a décidé du format que ç'a donné à la fin. Ce n'était pas du tout prémédité. Comme le dit la phrase d'exergue, de John Coltrane, « je suis parti d'un point pour aller jusqu'au bout » et ce point, c'était le suicide de Julien. À partir de là, il fallait que je raconte toute l'histoire – toute l'histoire de M – comme une sorte d'enquête conduisant à élucider pourquoi Julien s'était suicidé. J'avais un certain nombre de scènes en tête qui formaient un che

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Quais du Polar à l’italienne

Festival | Festival éclectique du genre noir, Quais du Polar revient pour sa 14e édition avec une forte connotation italienne. Le succès de la précédente avait confirmé sa popularité au-delà des frontières de Lyon : près de 80 000 visiteurs étaient venus y frissonner de plaisir.

Aliénor Vinçotte | Mercredi 28 février 2018

Quais du Polar à l’italienne

Parmi les 122 auteurs invités cette année figure un important contingent transalpin : plus de quinze plumes représentent en effet l'Italie, pays à l'honneur, aux côtés d'éditeurs et de professionnels du cinéma. La mafia sera largement évoquée : sur les écrans du Comœdia, trois écrivains présenteront ainsi chacun un long-métrage emblématique autour de ce thème (Détenu en attente de jugement de Nanni Loy, Les Cent pas de Marco Tullio Giordana et Suburra de Stefano Sollima). Du côté du Pathé Bellecour, Francesco Munzi, présentera sa réalisation Les Âmes noires en compagnie de l'auteur du roman éponyme, Gioacchino Criaco. Outre les Italiens, on note la présence de la française Karine Giebel (multiprimée pour ses thrillers psychologiques), du prolifique auteur américain, Harlan Coben et enfin de Camilla Läckberg, reine du polar suédois. Du Noir au vert Le Centenaire de la Paix,

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La voix de Lemaître

Littérature | Donnant au départ dans le polar, l'écrivain et scénariste Pierre Lemaître connut la consécration en 2013 avec le roman Au revoir là-haut, sa première incursion hors (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 23 janvier 2018

La voix de Lemaître

Donnant au départ dans le polar, l'écrivain et scénariste Pierre Lemaître connut la consécration en 2013 avec le roman Au revoir là-haut, sa première incursion hors du genre policier, qui retrace la trajectoire de deux anciens poilus qui tentant de trouver une place dans la société d'après Grande guerre mettent au point une arnaque aux monuments aux morts. Prix Goncourt 2013, Au revoir là-haut fut adapté en BD en 2015 par l'auteur lui-même avant de connaître un second succès suite à sa transposition cinématographique réussie par Albert Dupontel sortie en octobre de l'année dernière. Soit quelques semaines avant la suite d'Au revoir..., second volet très attendu de la trilogie dite "Péricourt". Couleurs de l'incendie, paru en cette rentrée de janvier, met en scène Madeleine Péricourt – la sœur ruinée de la gueule cassée d'Au Revoir là-haut, Édouard – dans la fureur cruelle des années 30. Un roma

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Livres : la saison des auteurs

Panorama Littérature | Après les deux rentrées littéraires de l'année, riches de plus d'un millier d'œuvres, et avec le printemps, revient la saison des salons et autres manifestations littéraires d'envergure dans l'agglomération. Avant-programme à l'usage du lecteur compulsif.

Stéphane Duchêne | Mardi 9 janvier 2018

Livres : la saison des auteurs

Fête du livre de Bron La thématique, c'est fini. Désormais, la Fête du Livre de Bron, richesse littéraire oblige, s'articulera sous formes de cycles thématiques à même de lui rendre justice : l'enfance comme pays natal, la vie des autres, le roman familial, le rapport à l'Histoire, le roman social, la littérature de voyage seront autant de points d'ancrage avec les auteurs conviés à cette 32e édition de l'incontournable festival littéraire brondillant. Parmi eux, on retrouvera, comme d'usage, quelques unes des grandes plumes de la rentrée de septembre : Delphine Coulin, Pierre Ducrozet, François-Henri Désérable, Yannick Haenel, prix Médicis pour Tiens ferme ta couronne, Christophe Honoré, Lola Lafon, Monica Sabolo, Marie Richeux, mais aussi des "auteurs de janvier" comme Pierre Lemaître qui honorera dès le 24 janvier une rencontre à la Médiathèque de Bron au

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Polars en vacances

Quai du Polar | Vendredi 21 et samedi 22 juillet, Quais du Polar va donner un sens nouveau au fameux oxymore “soleil noir”… tout en vous permettant de prendre des couleurs.

Vincent Raymond | Vendredi 21 juillet 2017

Polars en vacances

À l’occasion de la manifestation nationale Partir en Livre, l’association lyonnaise organise deux après-midi de festivités littéraires en plein air dans le parc de l’Institut Lumière. Au programme, des rencontres avec l’autrice Camille Brissot (photo), des ateliers BD, maquillages ciné et jeux de société avec les illustratrices Evemarie et Sandrine Goalec mais également des jeux de piste ainsi que l’incontournable visite du Musée du Cinéma ! Si vous préférez le farniente et arrivez les mains dans les poches, un espace détente et une librairie vous attendent. Ah, inutile d’essayer de les voler : vous pourrez même en gagner sur place… Inscriptions sur www.quaisdupolar.com

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Patricia Tourancheau, la rafleuse de tuyaux

Du fait divers à la littérature | La littérature s'abreuve depuis la nuit des temps de faits divers. Mais le fait divers lui-même, dès la lecture des pages du quotidien matinal, peut être (...)

Sébastien Broquet | Mardi 28 mars 2017

Patricia Tourancheau, la rafleuse de tuyaux

La littérature s'abreuve depuis la nuit des temps de faits divers. Mais le fait divers lui-même, dès la lecture des pages du quotidien matinal, peut être littérature à part entière, dès lors qu'une plume alerte s'en empare. Patricia Tourancheau est de celles-ci. Longtemps, elle a noirci les feuilles de Libération de ses enquêtes, souvent au long cours, nourries de détails que les autres ne relevaient pas, d'informations qu'elle seule dénichait. Elle en a fait des livres, aussi, ces dernières années : sur la traque du tueur en série Guy Georges (adapté au cinéma sous le titre L'Affaire SK1), sur le fameux gang des Postiches, qui vaut tous les romans noirs. Et ce mois-ci, sur le légendaire 36 quai des Orfèvres, dont les dernières heures sur l'île de la Cité se seront vues rythmées par un procès pour vol de cocaïne en son sein-même... Dans quelques mois, le 36 sera transféré dans le 17e arrondissement de Paris. Et rien ne sera plus pareil. Pour Patricia Tourancheau non plus, qui a arpenté ses couloirs des années durant, depuis 1990, pour le compte de Libé qu'elle a comme beaucoup quitté, rej

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Michel Pastoureau : « Je n'aime pas beaucoup "Le Rouge et le Noir" »

CONNAITRE | Amateur de roman policier, l'historien des couleurs, Michel Pastoureau vient commenter "Le Rouge et le Noir" de Claude Autant-Lara et le tableau "Les Otages" de Jean-Paul Laurens. En avant-première, cet amoureux des films... en noir et blanc, nous entretient ici du choix – parfois pragmatique et paradoxal – de ces œuvres, nous livre ses considérations sur la prégnance du noir et du rouge dans l'imaginaire du roman policier.

Stéphane Duchêne | Lundi 3 avril 2017

Michel Pastoureau : « Je n'aime pas beaucoup

L'amoureux des couleurs que vous êtes nourrit ce paradoxe de préférer de préférer les films en noir et blanc... Michel Pastoureau : C'est mon goût personnel, sans doute lié à mon enfance, j'avais une grand mère qui aimait énormément le cinéma et m'y emmenait fréquemment. Dans les années 50, le cinéma en couleur existait déjà mais la majorité des films étaient quand même en noir et blanc donc je me suis forgé une sensibilité, un imaginaire du cinéma en noir et blanc. Et je reconnais que le cinéma en couleur ce n'est pas tout à fait le cinéma pour moi, c'est un peu autre chose. À Quais du Polar vous venez justement présenter un film en noir et blanc, que l'on ne peut bien sûr détacher de vos travaux sur la couleur puisqu'il s'agit du Rouge et Le Noir adaptation du roman de Stendhal par Claude Autant-Lara (1954). Pourquoi ce choix ? Pour Quais du Polar, on m'a demandé de choisir un film qui ait un rapport avec la notion de polar, j'ai donc choisi quelque chose qu'il me serait assez facile de commenter, n'étant pas un spécialiste du cinéma (rires). A la fois parce que Le Rouge et le Noir c'e

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Michel Pastoureau : Haut en couleurs

Portrait | Médiéviste reconnu et spécialiste émérite de l'histoire des couleurs, Michel Pastoureau est l'invité de Quais du Polar pour une triple intervention : des commentaires d'œuvres autour du Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara et du tableau Les Otages de Jean-Paul Laurens, ainsi qu'une conférence baptisée La vie en couleurs, qui pourrait être le résumé de la sienne, tout entière dévolue à une dévorante passion chromatique.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 mars 2017

Michel Pastoureau : Haut en couleurs

Partons du principe, comme le chantait Johnny, que « Noir c'est noir » et que cela vaut pour toutes les couleurs. Elles sont partout, sont comme elles sont, et il n'y aurait rien à en dire. De Johnny on pourrait, une fois n'est pas coutume, convoquer le philosophe logicien Ludwig Wittgenstein et ses Remarques sur les couleurs : « Si l'on nous demande : que signifient les mots rouge, bleu, noir, blanc ? Nous pouvons bien entendu montrer immédiatement des choses qui ont de telles couleurs. Mais notre capacité à expliquer la signification de ces mots ne va pas plus loin. » Mais ça, c'était avant Michel Pastoureau, qui a consacré une grande partie de sa vie et de ses recherches à l'étude des couleurs, de leur histoire, de leur symbolique. Ainsi a-t-il livré, depuis 2002 et avec une passion communicative, d'imposantes monographies publiées au Seuil, sur le Bleu, le Noir, le Vert et dernièrement le Rouge (il s'attaque désormais au Jaune), aussi enthousiasmantes qu'instructives. Une démarche qui ne doit rien au hasard, la passion de

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David Vann : « Les lois n'ont souvent pas de sens »

Quais du Polar | Révélé par le magistral et outre-sombre Sukkwan Island (Prix Médicis étranger 2010), David Vann revient avec Aquarium, roman apaisé d’une déchirure familiale recousue. Avant de faire escale à Quais du Polar dont il est un des invités de marque, rencontre avec ce géant de la littérature contemporaine.

Vincent Raymond | Mardi 28 mars 2017

David Vann : « Les lois n'ont souvent pas de sens »

Vous venez pour le seconde fois à Quais du Polar. Vous considérez-vous comme un auteur de roman noir ? David Vann : Je suis très heureux de revenir : c’est un grand festival. Bien que je ne considère pas que mes romans s'intègrent dans la “fiction criminelle” aux États-Unis ou au Royaume-Uni, je pense qu'il est possible qu'ils s'inscrivent dans une plus large conception française du roman noir. De la même manière, mes romans ne correspondent pas au nature writing aux États-Unis, alors qu’ils s'inscrivent dans la conception plus large qu’en a Gallmeister, mon éditeur français. Mes romans se concentrent sur le paysage reflétant la vie intérieure des personnages — et cette réflexion est généralement sombre. Je me suis inspiré de cinq suicides et d’un meurtre dans ma famille (ou ma famille élargie), mais aussi de la tragédie Medée. J'écris sur des personnages qui s'aiment, mais se détruisent ; des personnages qui agissent inconsciemment, hors de contrôle, qui brisent des tabous, souvent violemment. Comme je m’intéresse à ces moments où les

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Tanguy Viel : « Obtenir réparation par le récit »

Fête du Livre de Bron | Un homme, Martial Kermeur, jette dans la rade de Brest un agent immobilier qui quelques années auparavant l'a escroqué comme il a escroqué toute une ville avec un projet de « station balnéaire » jamais édifiée. Puis s'en explique longuement auprès d'un juge. C'est la trame, irrésistible, du roman de Tanguy Viel, Article 353 du Code pénal, écrit sous la forme d'une confession réparatrice. Avec l'idée que la parole et par là, la littérature, peuvent sauver de tout, même du pire. Entretien avec l'auteur, invité de la Fête du livre de Bron. Où il est question de la fin de l'idéal socialiste, de filiation impossible, de l'homme, cette plante verte, de bonne conscience et d'injustice, des Mille et Une Nuits, de Darwinisme et de méta-fiction.

Stéphane Duchêne | Mardi 7 mars 2017

Tanguy Viel : « Obtenir réparation par le récit »

Qu'est-ce qui a présidé – l'idée, l'image, la situation – à l'écriture d'Article 353 du Code pénal ? Cette scène de meurtre qui ouvre le livre, comme pour s'en débarrasser ? Tanguy Viel : Pour qu'il y ait vraiment roman, il fallait qu'il y ait un acte dramatique fort. Donc la première scène, la scène du meurtre [le narrateur jette à la mer l'agent immobilier qui l'a arnaqué, NDLR], est une des premières que j'ai écrite, même si je savais qu'elle était pratiquement de l'ordre du dénouement. Mais je ne dirais pas que c'est forcément la première idée qui m'a inspiré le livre. D'abord il y a cette histoire toute bête d'imaginer un type qui allait installer une station balnéaire dans la rade de Brest. Le caractère presque absurde du projet était en fait une sorte d'idée romanesque dont je ne voyais pas trop ce que j'allais faire. Et presque parallèlement à ça, ce qui est né, c'est la figure du narrateur, Martial Kermeur. Ce qui m'

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Marie Modianesque

Littérature | Comédienne, ayant étudié l'art dramatique à la Royal Académie de Londres, poète, chanteuse et écrivain, on connaît Marie Modiano pour un recueil de poésie, Espérance (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 mars 2017

Marie Modianesque

Comédienne, ayant étudié l'art dramatique à la Royal Académie de Londres, poète, chanteuse et écrivain, on connaît Marie Modiano pour un recueil de poésie, Espérance mathématique, pour ses albums dont l'un est la mise en musique du recueil précité, par son compagnon Peter Von Poehl, et pour un étrange roman baptisé Upsilon Scorpii. On la connaît évidemment aussi pour être la fille d'un Prix Nobel de Littérature, Patrick Modiano. Une filiation difficile à passer sous silence. En revanche, on la connaît un peu moins pour une histoire toute personnelle, intime, qui est aussi un petit bout d'Histoire de la littérature et qu'elle raconte dans Lointain son deuxième roman. Une histoire comme on ne les invente pas, insatiablement romanesque : celle de sa rencontre, adolescente, avec un jeune américain en 1994 sur le Pont des Arts. Un type un peu errant, musicien, poète, écrivain, qu'elle ramènera à la maison et dont elle finira par découvrir qu'il est l'auteur d'un gigantesque manuscrit écrit en pattes de mouches sur lequel il est urgent de se penche

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Quais du Polar lance son appel à Jury

CONNAITRE | Comme chaque année, le festival Quais du Polar lance un appel à candidatures pour former son jury officiel du Prix des lecteurs. Il s'agira de désigner le (...)

Lisa Dumoulin | Mercredi 9 novembre 2016

Quais du Polar lance son appel à Jury

Comme chaque année, le festival Quais du Polar lance un appel à candidatures pour former son jury officiel du Prix des lecteurs. Il s'agira de désigner le meilleur polar francophone de l'année 2016, parmi une sélection de six romans. La délibération avec les 10 jurés aura lieu le 11 mars et la remise du prix pendant le festival, le samedi 1er avril 2017. Modalités sur le site www.quaisdupolar.com - vous avez jusqu'au 1er décembre pour postuler !

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Julie Rocheleau en dédicace à Expérience

Bande Dessinée | Actuellement en tournée française pour la promo de La Petite Patrie (La Pastèque), la Québécoise Julie Rochereau passe par la librairie Expérience. L’occasion (...)

Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

Julie Rocheleau en dédicace à Expérience

Actuellement en tournée française pour la promo de La Petite Patrie (La Pastèque), la Québécoise Julie Rochereau passe par la librairie Expérience. L’occasion pour elle de recevoir son Prix Quais du Polar-Expérience-Le Petit Bulletin, diablement mérité, pour La Colère de Fantômas. Ce triptyque qu’elle a co-signé avec Olivier Boquet revendique respectueusement les racines du roman-feuilleton de Souvestre & Allain, et s’insère avec grande intelligence dans le contexte de l’époque. Trait dynamique, dessin élancé, couleurs éclatantes et ambiances macabres composent l’ordinaire de cette relecture d’un mythe extraordinaire, si loin des adaptations aseptisées les plus connues. À la librairie Expérience le jeudi 2 juin à 15h

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Romans noirs sur carrés verts

Quais du polar | Au cœur d'un festival qui s'ouvre au football se trouve David Peace, prince du roman noir anglais réaliste, auteur chez Rivages qui fête ses 30 ans de "The Damned United" et "Red or Dead", respectivement consacrés à Brian Clough et Bill Shankly, immenses figures dirigeantes du football britannique entrées dans la pop culture. Où se dessine le mythe de l'entraîneur démiurge, passeur d'idées et d'imagination, à la fois témoin et architecte, à l'image de l'écrivain.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 mars 2016

Romans noirs sur carrés verts

« Je ne dirais pas que je suis le meilleur entraîneur. Mais je suis dans le Top 1 ». Cette citation pourrait sortir de la bouche de José Mourinho. Mais le Special One n'était encore ni spécial, ni unique quand Brian Clough a prononcé ces mots, s'affichant sans doute comme le premier manager de football moderne, conscient que poser le décor et impulser la dramaturgie, réussir son entrée, sa sortie et si possible ce qu'il y a entre les deux est primordial. À n'en pas douter, demandez à n'importe quel spécialiste du football anglais, Clough figure dans le Fab Five des grands entraîneurs britanniques aux côtés de Matt Busby et Alex Ferguson — les hommes qui ont fait et refait Manchester United — Bill Shankly du Liverpool FC et son successeur à l'effarant palmarès Bob Paisley, dont Clough dira qu'il a « fait briller le château de Shankly », bâti entre 1959 et 1974. L'Histoire d'un Saint 1974, c'est justement la date clé. Celle de la retraite de Shankly mais aussi l'année où Peace entre en football dans un contexte très particulier : il est au stade de Leeds lorsque l'équipe locale fraîchement reprise par l'ennemi intime de l'ancien en

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Quais du Polar : De la suite dans les idées

CONNAITRE | Les diamants ne sont pas seuls à être éternels. Non contentes de survivre à leurs créateurs, les grandes figures du roman policier ou d’espionnage s’offrent même des prolongations en se faisant adopter par de nouveaux parents : de quoi reconsidérer les liens du sang.

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Quais du Polar : De la suite dans les idées

Le sort est injuste pour les auteurs de polars : ils suent sang et whisky pour inventer des personnages originaux, s’esquintent la santé à créer des structures narratives innovantes, des formes stylistiques inédites et/ou des intrigues insensées… Tout ça pour qu’après leur trépas des godelureaux qu’ils ne connaissent en général ni des lèvres, ni des dents, reprennent la boutique d’un clavier enfariné ! Si la pratique semble hérétique dans l’édition francophone, à moins de travailler en famille (l’épouse et les enfants de Jean Bruce lui ont succédé aux commandes de OSS 117 et Patrice Dard a pris la relève de son paternel Frédéric pour la série San-Antonio), elle semble naturelle chez les voisins anglo-saxons, où de Sherlock Holmes à Hercule Poirot récemment (sous la plume de Sophie Hannah), la plupart des détectives de papier bénéficient d’un bonus en librairie. Les lecteurs sont loin de s’en offusquer : d’abord, parce que le cinéma a ouvert la brèche en multipliant adaptations et avatars des héros populaires ; ensuite parce que le culte de l’auteur se révèle moins exacerbé qu’on ne le croit. Cette année, Quais du Polar donn

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William Marx : « La Haine vaut mieux que l'indifférence »

CONNAITRE | Invité à réfléchir au(x) "Devenir(s) de la littérature", William Marx est l'auteur du savoureux La Haine de la Littérature où, de Platon le chasseur de poètes à Sarkozy l'allergique à La Princesse de Clèves, cet historien des Lettres recense, explique, réfute et moque 2500 ans d'attaques répétées.

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

William Marx : « La Haine vaut mieux que l'indifférence »

Pourquoi vous être intéressé à La Haine de la Littérature ? William Marx : Il faut comprendre ce livre comme une déclaration d'amour à la littérature, mais une déclaration à l'envers. Cette discipline est en but depuis la plus haute antiquité à une hostilité très forte, et c'est peut-être ce qui l'a construit. Il me semblait important de la resituer dans ce contexte, d'énumérer l'ensemble des arguments qui lui ont été objectés et surtout d'y répondre. Ce livre se présente comme un éloge paradoxal de la littérature : à chaque attaque, parfois ridicule, j'oppose un antidote. On est surpris d'apprendre que les premiers pourfendeurs de la littérature furent les plus grands philosophes. L'ensemble des arguments énoncés depuis 2500 ans contre la littérature se trouvent quasiment tous chez Platon. La philosophie, historiquement, est née contre la poésie et ce discours que nous appelons aujourd'hui littérature. À l'époque, Platon rêve d'un État autoritaire totalement idéologique qui serait dirigé par les philosophes. Il va donc essayer de contester un certain nombre d'autres autorités, comme celle du poète – qui a alors

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Quais du Polar 2016 : les premiers noms

CONNAITRE | Richard Price, Jo Nesbo, David Peace, Tim Dorsey et Arnaldur Indridason (photo) : voici quelques-uns des auteurs, disons les (...)

Benjamin Mialot | Lundi 30 novembre 2015

Quais du Polar 2016 : les premiers noms

Richard Price, Jo Nesbo, David Peace, Tim Dorsey et Arnaldur Indridason (photo) : voici quelques-uns des auteurs, disons les plus bankable, qui seront présents à la douzième édition de Quais du Polar, les 1er, 2 et 3 avril prochains. Également au programme pour l'heure : un panorama francophone (Jean Van Hamme, Jacques Côté, Joseph Incardona, Janis Otsiemi, Kangni Alem...), une dictée noire sous la houlette d'Amélie Nothomb et une autre, réservée aux scolaires, sous celle de François Morel.

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Série(s) noire(s) pour Quais du polar

ECRANS | Artillerie lourde cette année en matière de cinéma pour Quais du Polar : de plus en plus de lieux — Comœdia, Institut Lumière, Pathé Cordeliers, Toboggan, (...)

Christophe Chabert | Mardi 24 mars 2015

Série(s) noire(s) pour Quais du polar

Artillerie lourde cette année en matière de cinéma pour Quais du Polar : de plus en plus de lieux — Comœdia, Institut Lumière, Pathé Cordeliers, Toboggan, UGC Ciné Cité Confluence — de plus en plus de films, de plus en plus d’auteurs pour les présenter. La quantité y est, mais la qualité aussi. Immanquable, par exemple, la soirée Serial Killer autour de Maxime Chattam et Stéphane Bourgoin le samedi 28 mars à 19h15, avec l’extraordinaire et traumatisant Henry portrait of a Serial Killer de John MacNaughton et le tout aussi puissant Black Coal de Diao Yinan, Ours d’or mérité de la Berlinale 2014. Niveau grands classiques, l’Institut Lumière proposera une sélection idéale qui va du Chinatown de Polanski à The Big Lebowski des frères Coen — un enchaînement logique pour ses deux relectures, l’une révérencieuse, l’autre iconoclaste, de la figure du privé chandlerien — en passant par La Soif du mal de Welles et Mystic River de Ea

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Étoiles noires sur Quais du Polar

CONNAITRE | Un an après la venue exceptionnelle et fort réussie de l'immense James Ellroy, Quais du Polar revient avec une édition 2015 non moins riche en figures importantes et en questionnements de fond sur l'état de l'art noir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Étoiles noires sur Quais du Polar

Le public n'est semble-t-il plus le seul à se bousculer pour assister au festival Quais du polar – et participer à sa désormais célèbre enquête grandeur nature dans la ville. Même les auteurs, y compris les plus prestigieux, feraient des pieds et des mains pour s'y montrer. Ceci explique sans doute pourquoi Quais du Polar est chaque année aussi bien fréquenté – même s'il faut bien admettre que l'édition 2014 a placé la barre à une hauteur quasi inatteignable. Aucun Michael Connelly ou John Grisham, pour parler des principales têtes d'affiches, ne s'est ainsi fait prier pour rejoindre la toujours impressionnante cohorte d'auteurs de cette édition 2015 – les deux rois du procedural sont d'ailleurs conviés à régaler les fans autour d'une rencontre front contre front. Nord/Sud On imagine qu'il n'a guère été plus difficile de convaincre Luis Sepùlveda, Paco Ignacio Taïbo II (Mexique), Santiago Gamboa (Colombie) ou Leonardo Padura (Cuba) – l'accent étant mis cette année, on l'aura compris, sur l'Amérique latine, notamment lors d'une alléchante rencontre "Nord/Sud", ainsi que d'incontournables évocations de cartels et de dictatures qui ont au mo

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Résultat du concours Fête du livre de Bron

CONNAITRE | A l'occasion de sa 29e édition, la Fête du livre de Bron s'est associée au Petit Bulletin pour vous faire gagner une sélection d'ouvrages d'auteurs (...)

Benjamin Mialot | Samedi 7 mars 2015

Résultat du concours Fête du livre de Bron

A l'occasion de sa 29e édition, la Fête du livre de Bron s'est associée au Petit Bulletin pour vous faire gagner une sélection d'ouvrages d'auteurs invités. Pour cela, il vous fallait vous fendre d'un texte répondant à la question posée cette année par la Fête : "qu'est-ce qu'on a en commun ?". Vous avez été nombreux à participer (et nous vous en remercions) mais, comme dans Highlander, il ne pouvait en rester qu'un. Il se nomme Daniel Ostfeld et voici sa production : Quelques poils sur le bord de mon oreille. En désordre. Ils me dérangent. J'ai vu les mêmes chez mon voisin et cela m'agace. Quand je regarde mon visage de très près dans la glace, des tempes jusqu'au menton, j'aperçois les pores qui constellent la surface de ma peau, et de toutes petites lignes qui les relient les uns aux autres. Ici et là, quelques poils égarés. Tout cela compose une toile d'une relative harmonie. Ces petites lignes, qui ne sont pas encore des rides mais pourraient le devenir, je les ai vues aussi sur le poignet de mon bébé, ça m'a ému. Comme si elles étaient la preuve qu'il était membre de plein droit de la communauté des hommes. Des

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Belle de nuit

CONNAITRE | Après avoir remporté le prix interallié en 2012 avec "Oh...", le prolixe Philippe Djian revient en forme avec un roman rocambolesque que lui seul pouvait orchestrer : "Chéri-chéri", dont il est invité à débattre à la Fête du livre de Bron. Valentine Martin

Valentine Martin | Vendredi 6 mars 2015

Belle de nuit

Il le dit souvent, c'est la première phrase qu'il écrit qui lui indique quelle suite prendre. Philippe Djian est un auteur qui travaille sans plan et, jusqu'à présent, cela lui a plutôt réussi. Pour décrypter son nouveau roman, Chéri-chéri (Gallimard), il importe donc de se pencher sur sa première phrase, et même sur son premier paragraphe : «Le jour on m'appelait Denis. J'étais un écrivain qui connaissait un certain succès et qui avait la dent dure, comme critique. Certains soirs on m'appelait Denise. Bon, je dansais dans un cabaret.» Tout est dit. Écrivain le jour, travesti la nuit, Denis est plutôt bien dans sa vie. Il a une femme, Hanna, poupée blonde aux gros seins, qui ne voit pas le problème d'avoir un mari portant des bas résilles. Elle le surnomme même chéri-chéri. Bref, tout serait parfait sans Paul. Ce dernier est le père d'Hanna, et il ne supporte pas la double vie de son gendre. L'ennui, c'est qu'il est aussi mafieux sur les bords et décide de mener la vie dure à Denis en le forçant à travailler pour lui. Au moins avec Véronica, la mère d'Hanna, il n'y a pas de problème, elle aime bien Denise. Peut-être même un peu trop finalement...

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Un jour en France

CONNAITRE | En général, lorsqu'un journaliste se déplace dans un village, c'est parce qu'il s'y est produit une catastrophe. Florence Aubenas y est allée pour rencontrer des français normaux, sans histoire. Ou peut-être que si justement : des histoires à hauteur d'homme, qu'elle a compilée dans son nouvel ouvrage, "En France", dont elle discutera à la Fête du livre de Bron. Valentine Martin

Valentine Martin | Vendredi 6 mars 2015

Un jour en France

De l'Irak à la Syrie, elle a sillonné tous les points chauds du globe. Mais depuis quelques années, elle a enfin posé ses valises en France pour de bon. Grand reporter, Florence Aubenas s'est du coup vu proposer par le journal Le Monde (où elle travaille depuis 2012) une nouvelle expérience : tenir une chronique sur le quotidien des Français. Après avoir couvert les grands procès de France et s'être fait passer pour une demandeuse d'emploi dans Le Quai de Ouistreham, elle n'a pas hésité une seconde. Entre 2012 et 2014, Florence Aubenas a régulièrement pris sa voiture (ou le train de 5h du matin) direction la province, à la découverte ce que tout le monde croit connaître déjà. En France est un recueil de des chroniques qu'elle a tirées de ces déplacements, une fine mosaïque de portraits qui retrace des bouts de vies, des moments de tous les jours. Florence Aubenas ne voulait pas cibler une population particulière, alors elle les a toutes rencontrées : paysan, chauffagiste, syndicaliste, jeune dealer, maman au foyer... Pourtant une classe sociale se dessine : celle dite moyenne, voire moyenne moins, celle qui se lève tôt et qui ne p

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Votez pour le prix BD Expérience / Le Petit Bulletin / Quais du Polar

CONNAITRE | Comme l'an passé, Le Petit Bulletin et la librairie Expérience s'associent pour la remise d'un prix BD lors de la prochaine édition de Quais du Polar. Voici les albums sélectionnés :

Benjamin Mialot | Mardi 3 mars 2015

Votez pour le prix BD Expérience / Le Petit Bulletin / Quais du Polar

Balles perdues de Matz, Watler Hill et Jef (Rue de Sèvres) Blast de Manu Larcenet (Dargaud) Bonbons atomiques d'Anthony Pastor (Actes Sud) Choc d'Éric Maltaite et Stéphane Colman (Dupuis) Fatale de Max Cabanes et Jean-Patrick Manchette (Dupuis) La Main de Dieu de Marc Védrines (Glénat) Little Tulip de François Boucq et Jérôme Charyn (Le Lombard) Moi, assassin d'Antonio Altarriba et Keko (Denoël) Paci de Vincent Perriot (Dargaud) Et une fois de plus, votre avis comptera dans la délibération. Vous avez à cet effet jusqu'au lundi 16 mars pour élire votre titre préféré à l'adresse suivante : lexperience@free.fr

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Dans la tête des Inconfiants

ARTS | L'écrivain Tatiana Arfel et l'artiste Julien Cordier publient Les "Inconfiants", fruit d'une résidence à l'hôpital psychiatrique du Vinatier. La Ferme éponyme leur consacre une rencontre et une exposition. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 mars 2015

Dans la tête des Inconfiants

Invités en résidence par la Fête du livre de Bron à l'hôpital psychiatrique du Vinatier (de mars à septembre 2014), Tatiana Arfel et Julien Cordier y ont d'abord animé des ateliers afin de rencontrer patients, soignants et autres personnels de l'hôpital. Un hôpital en l'occurrence en mutation, qui regroupait alors ses services de psychiatrie adulte pavillonnaire en un seul et grand bâtiment. Plus généralement, les deux comparses mettaient les pieds dans «un monde de fous» (pour reprendre le titre de l'ouvrage du journaliste Patrick Coupechoux publié en 2006) où la psychiatrie affronte les affres des normes gestionnaires et les impératifs d'efficacité à court terme. «Le vieux pavillon s’est disparu, pfuiiiiit. Il ne respire plus, le bâti passé où je vins de par mes années vertes – celles où les infir-mères et les mets-deux-saints priaient encore en moi, paumes jointes, Vierge et Esprit, où ils pensaient que oui, j’irons bien un jour» fait dire à l'un de ses "personnages" Tatiana Arfel, dans sa langue toujours vive et truculente. Chaque chapitre du livre donne ainsi la voix à un individu différent (patien

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Désordre littéraire

CONNAITRE | Ça n'est peut-être qu'un événement pour ses thuriféraires, mais c'en est surtout un pour la littérature tout court et pour la Fête du Livre. Car Eugène Savitzkaya (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Désordre littéraire

Ça n'est peut-être qu'un événement pour ses thuriféraires, mais c'en est surtout un pour la littérature tout court et pour la Fête du Livre. Car Eugène Savitzkaya se fait au moins aussi rare que son œuvre, s'étalant sur 43 ans, mérite une mise en lumière bien plus importante – même si cet archétype de "l'écrivain Minuit" a obtenu en 1994, le prix triennal du roman pour Marin de mon cœur et si, surtout, il fut célébré en son temps comme un auteur remarquablement précoce. Chose réparée donc par la programmation de Bron pour le poète (le fameux Cochon farci), dramaturge et romancier (Fou trop poli, Exquise Louise) belge qui entretint également une belle correspondance avec Hervé Guibert, la seule que ce dernier avait accepté de laisser paraître en guise de dernière volonté (Lettres à Eugène). De ce parcours entre les lignes, parfois un peu dans les limbes de la littérature officielle, Savitzkaya donnera un salvateur aperçu au cours d'une lecture baptisée "L'indocile" et qui se tiendra le samedi 7 mars à 18h30. On pourra avoir à l'esprit en écoutant cet auteur fondamentalement hybride, cette phrase tir

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