Gustav Mahler

Symphonie N°3 en ré mineur Altus

D’une conception démesurée, cette troisième symphonie ouvre des voies nouvelles, s’impose dès sa création comme une œuvre remplie d’une rare expressivité. «Le fait que je l’appelle symphonie ne signifie pas grand chose, car elle n’a rien de commun avec la forme habituelle…». Mahler compose là une partition à l’échelle du cosmos. Il affirme son culte quasi viscéral pour la nature. Après ses tourments mystiques largement exprimés dans la deuxième symphonie, Mahler médite sur les liens qui l’unissent avec force et fracas à l’univers et à la nature. Il en sort une partition d’une exceptionnelle longueur (pratiquement deux heures) et d’une rare puissance. Mahler écrit cette œuvre dans sa résidence d’été de juin 1895 à août 1896. Il travaille toujours l’été, moment où, fasciné par tout ce qui fleurit, s’illumine et bourdonne de vie, il écrit de manière frénétique. Jun Märkl à la tête de l’Orchestre National de Lyon fait mouche et, dans cet enregistrement, peut facilement être comparé aux plus grands spécialistes de Mahler, en particulier aux interprétations inoubliables d’Eliahu Inbal. Dès les premières mesures, on entend le style Märkl : l’appel des huit cors à l’unisson, les fanfares stridentes des trompettes, les sonorités opulentes des cuivres…tout est mis en équilibre par une direction soucieuse de la plus grande cohérence. Dans le 4e mouvement, la contralto Ewa Marciniec offre un véritable chant de lamentation qui s’élève du cœur même de la nuit. L’orchestre reste immobile, une révélation s’opère. PC

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