Écran large

Début cette semaine de la troisième édition du festival Hors-écran, qui fait preuve d’une ambition raisonnable mais sérieuse, entre patrimoine et découverte de films inédits. Christophe Chabert

Lancé fort discrètement en 2006, le festival Hors-écran passait d’abord pour une initiative sympathique montée par une association de passionnés. On a soutenu ce lancement sans vraiment y croire, tant l’idée d’un festival de cinéma généraliste à Lyon semblait utopique dans un calendrier déjà très chargé en manifestations. Mais deux ans après, il faut reconnaître que là où des festivals historiques tirent la langue (Asiexpo par exemple), Hors-écran continue de grandir et affiche une certaine santé. Ainsi, son implantation au Pathé Cordeliers est une des bonnes surprises de l’édition 2008, preuve que le festival n’a pas envie de se laisser enfermer dans le ghetto de l’art et essai, mais compte bien apporter du cinéma exigeant au plus grand nombre. Autre signe de cette nouvelle politique, l’instauration d’un cycle thématique proposant des films rares ou mythiques : cette année, c’est le cinéma du complot et de la paranoïa qui est à l’honneur, avec des titres incontournables comme La Soif du mal, Taxi Driver et Fight Club ou moins faciles, comme ce Chabrol déjanté, Marie-Chantal contre Dr Kha ou le curieux Confessions d’un homme dangereux de George Clooney.

Des avant-premières en chansons

Si la nouveauté n’est plus l’horizon unique d’Hors-écran, il reste tout de même une de ses attractions principales. Deux films français seront ainsi chargés d’assurer leur prévente auprès du public lyonnais : Les Bureaux de Dieu, fiction-réalité autour du planning familial signée Claire Simon, et le nouveau Ilan Duran Cohen, Le Plaisir de chanter, avec un couple inédit en haut de l’affiche, Marina Foïs et Lorent Deutsch. L’événement du festival ne sera pas que cinématographique : le 10 octobre, journée internationale contre la peine de mort, l’excellent Colin Firth (fameux acteur de comédies romantiques, de Bridget Jones à Mamma Mia en passant par Love actually) mettra sa casquette progressiste pour parler du film consacré au condamné à mort Mumia Abu Jamal, In Prison my whole life (réalisé par Marc Evans). Enfin, la compétition aligne son lot de découvertes, parmi lesquelles on retiendra deux films aux sujets forts : l’Américain Gardens of the night de Damian Harris sur des ados paumés à San Diego et l’Estonien Klass d’Ilmar Raag sur la violence en milieu scolaire. Plus léger, mais pas forcément moins passionnant, I feel good est un docu suivant à la trace les Young at heart, le plus vieux rock band du monde puisqu’il s’agit d’une chorale composée de septuagénaires !

Festival Hors écran
Jusqu’au 12 octobre
www.hors-ecran.com

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