Viens voir les musiciens

Les Musiques Actuelles lyonnaises ont pas mal déchanté la saison passée et la coulisse gronde. Mais une fois l’automne venu, c’est bien sur scène que les choses sérieuses se passent. Et comme disait la cantatrice moustachue « the show must go on ». Alors, tous en scène. Stéphane Duchêne

Le paysage musical lyonnais ayant laissé quelques cadavres en route l’an dernier, on se disait que faute de contenant, on risquait fort d’assister à une faillite du contenu en ce début de saison. Mais force est de constater que si le cru automnal n’est pas à se damner, l’amateur éclairé (à la bougie, y pu d’sous) pourra déceler dans cette programmation quelques pépites et se laissera aller à la découverte. Parmi celles-ci quelques personnalités très attendues comme le New-Yorkais Fredo Viola (4 nov. à l’Epicerie Moderne), qui évoluera aux côtés d’un Canadien habitué des scènes lyonnaises, l’aérien Patrick Watson. On attend également de pied ferme, le non moins délicat et inspiré Piers Faccini (12 déc. au Marché Gare) dont le dernier passage à Lyon avait été avorté par la naissance d’un enfant (le sien). Nouvel Oasis
Si Jeremy Jay et Nick Talbot de Gravenhurst (les 6 et 25 oct. à la Marquise) feront leur retour bienvenu sur les scènes lyonnaises, ce sera une première en revanche pour les inédits Akron/Family, discret fleuron folk vintage, venu enrichir (le 12 nov.) une programmation de l’Epicerie Moderne qui laisse aussi toujours une belle place aux artistes féminines, rugueuses comme Shannon Wright (le 18 oct.) ou… suisses comme Sophie Hunger (le 15 oct. avec Fink). Les Canadiennes Julie Doiron et Pascale Picard officieront respectivement, dans des registres folk sensiblement différents, au Marché Gare (8 oct.) et au Transbordeur (10 oct.). Également mené par une jeune fille, Camera Obscura, l’un des meilleurs groupes du monde que personne ne connaît, sera à déguster à Grnd Zero le 15 octobre, dans un bain de puristes «indie». Plus rock même si moins indie, Kasabian, le groupe préféré de Noel Gallagher, aura à cœur d’arborer fièrement, fut-ce au Radiant (24 oct.), son sceptre de nouvel Oasis, qu’il ne devrait logiquement pas tarder à casser. Dans ce concours de sosies approximatifs, un bon point pour le rock glacial des Joy Division 2.0 que sont, toutes proportions gardées, les Editors (6 déc. au Transbordeur). Quoi qu’il en soit, pas de doute, l’amateur de musique de qualité, aura à cœur de faire son marché du côté du festival Just Rock (du 21 oct. au 15 nov.), de mieux en mieux installé dans le paysage et qui fera la pluie et surtout le beau temps cet automne avec une programmation d’école, essentiellement buissonnière, réunissant des univers aussi différents que Sébastien Schuller, Vandaveer, Ghinzu, Eiffel, Zone Libre, tout en faisant une belle place à la jeunesse de The Dodoz et Welling Walrus. Grosses pointures
Côté Français, le plateau automnal sera particulièrement disparate, puisque outre les tartes à la crème de saison, fouettée (Dominique A, Dionysos) ou un peu tournée (Renan Luce, Mickey 3D, Cali, Julien Doré, M), chacun ses goûts comme disait mémé, se révèlera toute la richesse et la diversité de la production hexagonale : sabir cosmique à la Nosfell (4 nov. au Kao), gloubiboulga électro-variétoche à la Christophe (8 oct. à la Bourse du travail) ou jeunes espoirs échevelés façon Revolver (19 nov. au Kao) ou Izia (2 déc. au Kao). Sans oublier les vedettes américaines : les estampillés «Big in the USA», Phoenix (14 oct. au Transbordeur), peu prophète en leur Versailles mais livrés en prime time aux States. Et l’ouragan de Saint-Étienne Sliimy (28 oct. au Kao) qu’on finira s’il continue à tout ravager sur son passage, à l’heure de la sortie américaine de son album, par baptiser Katriina. Enfin, pas de rentrée sans grosses pointures, les derniers dinosaures de l’industrie, Rockfeller du binaire, ceux-là même pour qui on a arrêté d’éventrer des cochons à la Halle Tony Garnier, les Muse (22 nov.), Placebo (7 nov.), ou teutons effrayants Rammstein (2 déc.), qui continuent de soulever les foules en même temps que, souvent, le cœur des critiques. Et alors que Depeche Mode poursuit avec efficacité son inépuisable carrière (23 nov.), on assistera circonspect au retour un peu mort-vivant de Yes (1er déc. à la Bourse du Travail) qui, en dépit de quelques tubes (Owner of a Lonely Heart notamment), fut au rock progressif ce que Godzilla fut aux essais nucléaires : un effet hasardeux. Monstrueux également, sauf pour leurs fans, les mythiques formations death metal, fêtant toutes deux, comme un bon whisky qui brûle la gorge, leurs 20 ans d’âge : Napalm Death (9 oct. à l’Epicerie Moderne) et les sémillants Cannibal Corpse (12 oct. au Transbordeur).

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