Le Temps de la kermesse est terminé

De Frédéric Chignac (Fr, 1h40) avec Stéphane Guillon, Aïssa Maïga, Ali Monzana…

Un film sur le thème du colonialisme en Afrique avec Stéphane Guillon en vedette, sur le papier forcément, ça intrigue. Passé ce teasing, "Le Temps de la kermesse est terminé", premier long-métrage de l’anonyme Frédéric Chignac, se révèle une vraie surprise. Tourné comme un huis clos à ciel ouvert, au milieu d’un village entouré par un désert aride et sous un ciel caniculaire, le film décortique, souvent avec finesse, les conséquences d’un passé qui ne passe pas. Jouant sur l’espace, la répétition, l’enlisement (le personnage est coincé, sa voiture ne veut plus démarrer), Chignac déploie quantité d’enjeux lui permettant de mélanger l’analyse au bilan. Transformant son personnage (Guillon, plutôt bon) en témoin et catalyseur des restes d’un colonialisme aux retombées perverses, il se révèle surtout subtil par sa capacité à maintenir sur la corde raide une ambigüité se déplaçant comme un serpent. D’où sa force de défaire, en action et avec des airs vaguement brechtiens, les liens complexes que blancs et noirs entretiennent sans choisir leur camp. Avec ce film lucide ou personne n’a vraiment le bon rôle, Chignac traque, par des dialogues souverains et une scénographie apportant sa profondeur de champ au discours, une histoire pleine de nœuds. Et ce sans être uniquement un outil théorique, comme en témoigne son finale bouleversant et anxiogène.

Jérôme Dittmar

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