«Une oeuvre rhizomatique»

Entretien / Michel François, artiste belge exposant ses «Plans d'évasion» à l'IAC de Villeurbanne. Propos recueillis par JED

L'exposition
En travaillant en amont sur les plans de l'Institut d'art contemporain, j'ai été frappé par la symétrie du musée et par son aspect labyrinthique. Ma manière de créer est souvent la suivante : je reprends des choses déjà exploitées pour les revisiter, les redéployer autrement. Je réactive des pièces qui peuvent devenir jumelles, et, pour cette exposition en particulier, j'ai intensifié ces sensations de labyrinthe et de symétrie. Ma méthode de travail est rhizomatique... Je travaille tous les matériaux et les médiums artistiques, avec une pratique permanente de la photographie qui complète mon activité en atelier. Clefs formelles
La question de la contamination et celle de la dissémination sont centrales chez moi. Je suis très attentif au mouvement qui part d'une masse dense, obtuse, repliée sur elle-même, et qui va vers l'éparpillement, l'explosion ou même la disparition. Le mouvement entre un objet et sa possible disparition pourrait être une clef formelle de mon œuvre. Une autre dimension importante est celle des limites et de leur transgression. Enfin, il y a l'importance des traces : les choses comprises comme résidus d'une activité, comme restes d'une action qui a eu lieu. Cela rejoint aussi la question du tatouage. L'artiste et le monde
Je suis attentif à mes pulsions, à mes goûts, à mes fantasmes, et en même temps je suis à l'écoute du monde. Je cherche à concilier ces deux choses, le monde et moi-même. Je me situe toujours entre ces deux dimensions, oscillant selon les œuvres plutôt vers l'une ou l'autre. Et, à partir de contraintes physiques, sociales et esthétiques, je m'efforce d'exercer une forme de liberté dans les interstices de ces «cages». J'aime aussi beaucoup découvrir ou apprendre moi-même des choses au cours de mon travail, être surpris par certains résultats. Mes projets débouchent toujours là où je ne m'y attendais pas.

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