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Pas si simples

Musique / «Don't You Forget About Me» chantaient en 1985 les Simple Minds sur la BO de "Breakfast Club", le film culte de John Hugues. Au vu du succès planétaire rencontré par le single, le groupe écossais pouvait sincèrement le penser : on n'était pas près de l'oublier. Mais les années passant, force est de constater qu'on ne peut pas se souvenir de tout. Rappel. Stéphane Duchêne.

Difficile à croire en 2010 mais Simple Minds aura été à ses débuts partisan d'un certain radicalisme new wave (à la suite de David Bowie, Roxy Music ou du Genesis originel) qui lui vaut l'admiration d'autres foutraques notoires tels Peter Gabriel ou Magazine. Que ce soit dans un registre pop ("Life in a Day", 1979), laborantin ("Real to real cacophony", 1979) ou dans un exercice de dance martiale pour officier polonais épileptique (le flippant "Empires & Dance", 1980). Puis, comme un diable sortie de sa boîte d'antidépresseurs, Simple Minds se met à composer, sans presque faire exprès, des tubes pour les stades avec le bien nommé "New Gold Dream" (1982) sur lequel Herbie Hancock lui-même est invité. Le groupe de Glasgow enchaîne alors les albums du même acabit, inondés de reverb et de grandiloquence. La période culminant tout à la fois avec la BO de "Breakfast Club" en 1985, ouvrant grand les portes des chambres d'ados mainstream, et avec le live parisien à l'héraldique dorée "In the City of Light", enregistré en 86, qui ferait passer U2 et Pink Floyd pour les Frères Jacques. Caritatite aiguë
L'heure étant alors à l'épidémie de «caritatite aiguë», fléau de la scène rock mondiale et surtout britannique, de Band Aid en "Do they know it's Christmas", non seulement Simple Minds n'y échappe pas, mais accroît considérablement sa notoriété avec des tubes ad hoc. De "Mandela Day" en "Belfast Child", de reprise de "Biko" (chanson hommage au leader sud-africain écrite par Peter Gabriel), la bande à Jim Kerr est en première ligne des préoccupations politiques des années 80. Peut-être est-ce ce qui vaudra au groupe de s'effondrer dans les années 90 pendant lesquelles tout ce qui a symbolisé les années 80 est passé à l'acide pendant qu'on empile les synthés dans les décharges publiques. Simple Minds passera les années suivantes, dans un relatif anonymat à courir après le passé, hésitant entre retour timide à l'atmosphère étrange des débuts ("Neapolis", 1998) et mélodies prêtes à l'emploi, sans jamais parvenir à rien. Aujourd'hui, pour peu que l'on daigne se pencher cinq minutes (mais c'est pas obligé) sur le dernier album du groupe "Graffiti Soul", on constate qu'il sonne un peu comme du Coldplay (à moins que ça ne soit l'inverse) mais avec du bide, des yeux vitreux et une réputation à se traîner. Il y a même un ou deux morceaux qui font trembler le genou. Sans qu'on ne sache trop s'il s'agit d'enthousiasme, de nostalgie ou des premiers signes de Parkinson. Simple Minds
Au Transbordeur, lundi 7 juin.

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