Zarafa

De Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie (Fr, 1h18) animation

Tel le village gaulois encerclé par les armées romaines, l’animation française fait de la résistance face à la 3D et célèbre le charme toujours efficace du dessin animé traditionnel. Après Le Tableau, Zarafa en est une éclatante démonstration, reposant sur un travail graphique remarquable, où les textures et les couleurs possèdent le raffinement délicat du fait main et avec amour. Mais cela ne serait rien si l’histoire et les personnages étaient à la traîne. C’est loin d’être le cas : raconté comme un conte africain par un vieux griot aux enfants de son village, Zarafa retrace l’histoire vraie du voyage fait par la première girafe exhibée en France au Jardin des plantes parisien. Voyage qui se déroule sous l’escorte d’un touareg au grand cœur, d’un enfant-esclave ayant échappé à son maître et d’un inventeur français sillonnant le monde à bord de son dirigeable. L’air de rien, Rémi Bezançon (cinéaste insaisissable, capable d’enchaîner ce très beau film après le naufrage Un heureux événement), probablement aidé par son co-scénariste Jean-François Halin (les deux OSS 117), remet les points sur le i de Histoire en montrant les pratiques escalavagistes et la morgue colonialiste de la France sous l’ancien régime. Comme dans les meilleurs Disney, Zarafa n’a peur de rien, ni de la mort, ni des sujets qui dérangent, et c’est tout son prix : pour Bezançon et Lie, l’enfance est un territoire d’émotions fortes et constructrices, pas un refuge douillet et rassurant. CC

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