Antony Queen

Comment parler de ce concert à venir d'Antony au Théâtre Antique, sans évoquer celui que l'Anglo-New-Yorkais donna en 2009 avec l'orchestre de l'Opéra de Lyon dans des conditions similaires. La nuit tombait doucement sur Fourvière, le vent soufflait en rafale, mais c'est la voix d'Antony qui faisait virevolter les poils sur les bras.

 

 

 

 

 

 


Antony and The Johnsons aux Nuits de Fourvière par NuitsdeFourviere

Et l'on doit dire que peu de ceux qui étaient présents lors de cet événement bouderont leur plaisir face à cette nouvelle performance baptisée Cut The World. Surtout si l'on se souvient que l'on y avait découvert un Antony détendu – si cela est possible –, bavard et même cabotin. Ce qui n'était guère le cas à ses débuts.

Dans les bras d'un orchestre, concentré sur la maîtrise insensée d'une voix comme on n'en a rarement entendue, Antony peut déployer toutes les palettes de couleurs souvent sombres de cette pop pour laquelle le terme transgenre n'aura jamais aussi bien porté son nom. Sombres, mais pas que, car entre les histoires borderline, les amours compliquées et les tourment identitaires, se glissent parfois quelque soleil, comme sur le dernier et très onirique album Swanlights. Où son sincère Thank You for your love se mue en une sorte de funk sauvage, telle une déclaration d'amour (à son public ?, aux animaux qu'il y célèbre ?) qui ne pouvait plus être retenue.

Parfois, l'âme tourmentée de la créature se voit ainsi pousser des ailes comme il le chante en guise de finale d'I am a bird now, son plus grand disque : «I am a bird girl and bird girls go to heaven / I am a bird girl and bird girls can fly». Voilà le secret d'Antony : il a le pouvoir de voler. Et d'emmener son public sur ses larges épaules de goéland aux plumes de cygne, plus à l'aise dans les airs ventés que sur la terre ferme.


Antony & The Johnsons – Cut The World
Dans le cadre des Nuits de Fourvière
Vendredi 6 juillet

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