Histoires de l'oeil

Pour la première fois, le jeune artiste italien Luca Monterastelli investit, pour une de ses expositions, l’univers, vaste et hétéroclite, du baroque… Un baroque ici résumé à sa plus simple expression : quelques moulures florales, des encadrements, des fragments de décors. C’est à partir de matériaux pauvres et d’objets trouvés que l’artiste réalise ses installations flirtant avec une esthétique de la ruine, du reste, du manque. 

 

 

Graceland, qui renvoie à la fois à la maison d’Elvis Presley et à la terre promise biblique, se présente par exemple sous forme de décor de théâtre esseulé et ajouré, se dressant à la fois avec «grâce» et une grande fragilité. Et toutes les œuvres oscillent ainsi entre présence physique et possibilité d’effondrement ou de disparition. Toutes renvoient aussi à quelques significations sous-jacentes, notamment Glory Hole, ensemble de vases remplis de pâte à modeler et fixés à la verticale d’une cimaise. Ils ressemblent à des yeux ou à des organes plutôt troublants, dont le caractère érogène est confirmé par le titre de l’œuvre : les «glory hole» étant des trous dans des cloisons permettant l’insertion de pénis en érection pour certaines pratiques sexuelles anonymes ! À l’étage du centre d’art, on découvre derrière un rideau lacéré une pièce sombre avec deux ouvertures pratiquées dans la cimaise et deux cadres vides. Le spectateur devient une sorte de voyeur, l’œil poursuit son parcours érogène, et l’artiste continue à explorer des dispositifs de regard "vides", réduits à leur structure ou à leur architecture élémentaire.

Jean-Emmanuel Denave

Luca Monterastelli, «Graceland»
À Néon
Jusqu’au samedi 21 juillet

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