The Monsters Club

The Monsters + Blues Butcher club

Le Clacson

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Anti-Robert Johnson helvétique et pasteur flippant rincé au plomb fondu, le Reverend Beat-man revient à Lyon avec sa formation originelle de presque trente ans d’âge. Celle par laquelle tout a commencé ou presque : The Monsters. Stéphane Duchêne

On vous a déjà parlé du fort bien prénommé Beat Zeller alias Reverend Beat-man, prêcheur blues non pasteurisé à la trogne décadente et à l’allant démoniaque. Pour resituer : Beat-Man c’est cet étrange bonhomme mi-Cinoque (Les Goonies) mi-pasteur Powell (La Nuit du chasseur) qui raconte volontiers qu’à treize ans, le Diable – sans doute exilé fiscal en Suisse – est venu lui proposer un deal d’âme pour faire de lui une rock star et qu’il l’a envoyé se faire griller la couenne ailleurs ; que pareillement, quelques années plus tard, il eut une révélation qu'il embrassa cette fois, quand après un accident de concert qui le cloua au lit comme Jésus sur la croix, Dieu s’adressa à lui sous la forme d’une pin-up à l'origine de sa vocation de prosélyte blues – bien sûr tout ceci est totalement apocryphe, alors bon.

C’est aussi à lui, ce bon révérend, que l'on doit la meilleure exportation suisse de ces dernières années : le trio zydeco-frénético-cajun Mama Rosin. Et plus généralement la création du label Voodoo Rhythm et de la "Blues Trash Church", un culte non officiel qui n’a de cesse d’attirer les ouailles à coups de prêches épileptiques et rugissantes.

«Si c'est trop fort...»

Le voici sur site avec l’un de ses multiples projets (on compte Reverend Beat-Man, son one-man-band, Lightning Beat-Man, en mode lucha libre, ou encore Die Zorros) : The Monsters, presque trente ans de carrière et six albums – et des brouettes – brandissant la devise : «Si c’est trop fort, c’est que t’es trop vieux» (on se permettra d’ajouter «ou trop mort»). Le programme de cette caravane de freaks ? Du «wild primitive chainsaw massacre teenage trash garage clonedrum fuzz rock’n roll».

Accepter l’oracle de l’existence des Monsters c’est envisager un nouveau "miracle de Berne", à savoir que la bouche de l’Enfer puisse être située à l’emplacement même de la cité alémanique et donner directement sur un paradis de saintes aux seins tatoués – ou quelque chose comme ça. C’est imaginer Dick Dale donner la réplique aux Ramones dans L'Etrange créature du Lac Noir de Jack Arnold. C’est reconnaître qu’à côté du révérend et des ses clergymen, l’ami Jon Spencer – qui a par ailleurs "adopté" les Mama Rosin – est un pied tendre. Même quand il vous invite à le rejoindre sur Ce soir tiré de Pop Up Yours, sa voix de goule et son accent de Docteur Folamour vous font rapidement entrevoir le fossé dans lequel vous allez immanquablement finir, au mieux débraillé, au pire démembré. Amen.

The Monsters [+ Blues Butcher Club Au Clacson]
Jeudi 10 avril

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