article publi-rédactionnels
Astier, la tête dans les étoiles
Par Christophe Chabert
Publié Mardi 9 septembre 2014
Alexandre Astier
Radiant-Bellevue
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement
Assouvissant un vieux fantasme, celui de parler d’une potentielle civilisation extraterrestre, Alexandre Astier revient sur les planches après l’excellent "Que ma joie demeure" pour une "Exoconférence" mystérieuse qu’il créera au Radiant les 12 et 13 septembre. Christophe Chabert
Les amateurs de Kaamelott ont pu, au fil de leurs visionnages intensifs de la série, se rendre compte à quel point le sujet de la vie extraterrestre travaille son créateur Alexandre Astier. Des mystères de Stonehenge à ceux des «crop circles», ces cercles de culture parfaits et inexpliqués, des dissertations de Perceval sur les étoiles aux clins d’œil à la science-fiction américaine, l’auteur-acteur a placé des références à ce qui reste pour lui une passion de toujours : l’astronomie, l’espace et l’hypothèse, à laquelle il souscrit, d’une forme de vie sur une autre planète que la nôtre.
«Je faisais partie de ceux qui étaient bouleversés par la possibilité d’une civilisation extra-terrestre concomitante à la nôtre» confesse-t-il.
Après le succès de Que ma joie demeure où il incarnait Jean-Sébastien Bach, Astier a donc décidé de retrouver la scène pour cette Exoconférence dont le programme est clair : «Réglons la question de la vie extraterrestre». Il insiste :
«"Réglons la question…", pas "débattons" ou "parlons-en" ou "rouvrons la question". Non, c’est réglé, une fois la pièce terminée, tout le monde rentre chez lui avec des réponses à tout.»
Objet Théâtral Non Identifié
Cette prétention-là, c’est celle du personnage qu’incarne Astier, un double de lui-même transformé en conférencier à l’américaine.
«C’est quelqu’un qui a décidé que sa conférence en jetterait. Ce qui pourrait arriver de pire à ce mec-là, c’est d’être confondu avec un conférencier classique, avec trois slides, une salle municipale, un dimanche à 14h et un truc qui s’appelle "Aux confins de l’espace" avec la bonne affiche jaune pourrie… Lui, c’est un ricain, ou en tout cas, il aurait voulu l’être. Il se fringue, il veut que ça envoie. Il est à la pointe de la technologie. Je ne peux pas trop en dire, mais il en sait énormément. Le but du jeu ici, c’est de venir et d’expliquer aux gens qu’ils arrêtent d’imaginer des trucs : la réponse, c’est ça, ça et ça. Terminé. C’est un show, il pourrait y avoir de la pyrotechnie, des gonzesses en bikini, tout ce qui serait possible pour dire aux gens : "je fais partie d’un monde où j’ai tout plus que vous ; la connaissance, les réponses, tout !"».
Jean-Christophe Hembert, metteur en scène du spectacle, confirme :
«Il y a eu un gros travail pour réaliser les petits films qui seront projetés pendant la conférence. Il a fallu les tourner avec des fonds verts, puis intégrer les effets spéciaux, c’est un gros boulot de post-production. Trois infographistes travaillent en ce moment en permanence dessus…»
Si sur scène Astier jouera celui qui ne doute pas, dans la préparation du spectacle, il a mené un travail scrupuleux de rencontres auprès de spécialistes en astronomie, au CNES, à l’Observatoire de Paris ou au GEIPAN, le service français chargé d’étudier les entrées atmosphériques non identifiées… Il en est revenu avec une masse de notes et d’informations, mais aussi quelques certitudes en moins :
«Le chemin que tu fais jusqu’à l’écriture, fait de compréhension et de rencontres avec des gens qui passent beaucoup plus de temps que toi sur ce genre de sujets, modifie ton fantasme, et fait même en sorte que ça n’en soit plus un. C’est déstabilisant car tu perds cette chose très sensuelle qui te poussait au départ ; en même temps, quand je fais ça, j’acquiers une avance sur le public.»
De la curiosité enfantine au spécialiste qu’il personnifiera sur scène, la transformation est ainsi achevée. Ou presque…
«Écrire un truc, c’est le perdre»
Car, fidèle à sa méthode, Astier se refuse à toute forme de répétition avant la première du spectacle.
«Écrire un truc, c’est le perdre. Et plus je vieillis, plus ça me le fait. Quand le crayon est sur le papier pour écrire ce que le mec va dire aux gens, alors c’est fini, ça ne sera neuf que pour les autres, pour moi, c’est terminé.»
Jean-Christophe Hembert précise un peu cette manière très particulière de créer :
«On parle des situations, mais Alexandre aime révéler les choses très tard. C’est une sorte de work in progress. Mon travail, c’est de faire avancer les choses, de les anticiper. C’est seulement quand on amènera l’ensemble des éléments sur le plateau que l’on va voir le vrai sens que tout cela prend. Mais il n’y a pas de répétitions au sens classique du terme. De toute façon, jusqu’à la première, il manque le vrai partenaire principal : le public. On verra alors comment les gens réagissent. On ne cherche pas les réactions, mais on voit ce qui est compris, ressenti…»
Astier résume ce moment où le spectacle prendra vie de manière assez mélancolique :
«Plus je garde les choses secrètes longtemps, meilleur le spectacle est. Je ne veux pas me séparer des choses trop vite car je ne parlerai plus d’extraterrestres de toute ma vie. Ça continuera de m’intéresser mais j’aurai tué quelque chose qui m’habite depuis toujours. C’est une sacrée façon de vieillir : ça m’aura hanté longtemps, j’aurai tout dit et ça me lassera. C’est un truc que j’abandonne sur le bord de la route en l’attachant ; après, il appartient aux gens qui verront le spectacle.»
L’Exoconférence
Au Radiant, vendredi 12 et samedi 13 septembre
Reprise à la Bourse du Travail du 19 au 21 décembre
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Propos recueillis par CC
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