Des lumières plein la vue

Avec des spectacles à part entière sur les places centrales que sont les Terreaux et Bellecour, la Fête des Lumière 2014 mettra du vendredi 5 au lundi 8 décembre le paquet sur la Presqu’île. Sans oublier un parc de la Tête d'Or évanescent et les contours avec une colline de Fourvière, qui sera illuminée par les passants. Morceaux choisis. Nadja Pobel

Difficile chaque année d’éclairer la place Bellecour. La faute à sa grandeur (elle est l'une des plus imposantes d’Europe) et à la disposition de ses façades, loin des yeux des passants et de surcroit cachées par endroit par des arbres. L’an dernier, un véritable spectacle avait été spécialement créé pour elle, Pierrot le fou. Un essai transformé et réédité cette année avec une histoire autour du Petit Prince à l’occasion des 70 ans de la mort de Saint-Exupéry. Une boucle de 17 minutes sera lancée toutes les demi-heures avec des projections d’animations sur le centre de la grande roue, des copies d’avions du pilote-écrivain qui traverseront le ciel… Aux manettes de cette production, on trouve Damien Fontaine, qui l’an dernier avait illuminé la place des Terreaux.

 

La place des Terreaux sera cette année confiée à Cité Création de Gilbert Coudène. En 2013, il avait été à l’origine d’un des temps fort de la manifestation au Mur des Lyonnais, sur lequel les Frères Lumières, Louise Labé, Tony Garnier et consorts reprenaient vie. Aux Terreaux, il installera des écrans sur une partie du Musée des Beaux-Arts et de l’Hôtel de ville pour créer un décor en trompe-l’œil et rendre un hommage à la danse, du hip-hop au tango en passant par le ballet. Un important travail sur la bande-son est en cours d’élaboration avec des musiciens de l’Auditorium et de l’Opéra.

 

Autre rendez-vous qui promet d’être spectaculaire (et interactif !) : les rives de Saône. Un jeu de mailloche au bout de la passerelle du Palais de justice invitera les passants à frapper le plus fort possible, afin de créer un faisceau de lumière qui irradiera les 24 colonnes dudit palais. En levant la tête c’est une énorme boule à facette composée de 1100 miroirs qui fera scintiller la Basilique de Fourvière grâce au talent d’Yves Caizergues. Quant à la cathédrale Saint-Jean fraîchement rénovée, elle a été confiée à Yves Moreaux, qui avait l’avait dernier officier sur le mur de l’annexe de la marie centrale place Pradel. Il propose ici de jouer avec le monochrome, le sépia et l’encre de chine, sans oublier de distiller quelques couleurs. Mais pas trop.

 

Si 50% des artistes présents à la fête des lumières ont déjà opéré par le passé dans la ville, ils ne reviennent jamais avec le même spectacle. Exception faite pour Moetu Batlle et David Passegand, créateurs des Anookis qui avaient enchanté le public sur le mur de la gare Saint-Paul en 2012. Ils seront cette année sur le mur de l’Opéra, place Pradel et tenteront de faire danser les spectateurs.

 

Lui aussi est déjà venu et a bien grandi en trois éditions de la Fête. Christophe Martine avait fait flotter ses Luminéoles sur le pont Masaryk à Vaise en 2012, puis s’était rapproché du centre-ville l’an dernier. Cette année, c’est le parc de la Tête d’Or qui a lui été confié. Il fera de nouveau la part belle à ses structures aériennes, mais installera aussi des végétaux lumineux dans des sphères posée dans l’herbe ou sur l’eau. Le projet s’annonce moins ampoulé et ronflant que celui de Cédric Verdure, qui en 2011 avait voulu trop en faire et ne laissait guère au spectateur le temps de s’imprégner de son royaume des chimères et des fées métalliques.

 

La géniale direction de l’éclairage public de la ville, menée par Jérôme Donna, notre chouchou quasiment chaque année, s’empare cette fois de la place Antonin Poncet et de sa pelouse, sur la laquelle seront dispersées des particules de lumières, créeant ainsi une sorte d’horizon céleste. Un projet doux, loin du gigantisme que cette équipe avait déployé l’an dernier sur la place des Jacobins avec ses multiples cubes de lumière. Jacobins qui figureront de leur côté une sorte de chambre d’enfant, la fontaine devenant le support d’une lampe de chevet. Ritournelles et dessins projetés sur les façades alentours achèveront de nous rendre nostalgiques.

 

Enfin, le quartier de la Confluence sera évidemment, à nouveau, un passage obligé de la fête. Après avoir transformé en univers subaquatique (2012) puis en train (2013), les voûtes sous Perrache proposeront un voyage cinématographique au fil d'animations racontant l’histoire du cinéma, des Frères Lumière aux nouvelles technologies. Ceci grâce au Studio Theoriz qui avait co-signé l’an dernier le fameux Mur des Lyonnais avec Cité Création. L’Hôtel de Région, seul lieu d'intérieur à accueillir la fête, promet d’être lui aussi remarquable. L’an dernier, 25 000 visiteurs avaient été attirés par la très inventive installation graphique et musicale de l’allemand Christopher Bauder. Cette année, les choristes du Concert de l’Hostel-Dieu s’invitent dans une cathédrale de lumière où l’eau (la vraie) coule en cascade au son des vocalises d'une cantatrice animée. Au dehors, des chutes d’eau, toutes constituées de lumière cette fois, complèteront cette installation des Orpailleurs de Lumière. En face, flotteront 48 sphères lumineuses sur la darse nautique. A quelques jours de son ouverture prévue le 20 décembre, le musée des Confluences sera quant à lui partiellement  éclairé, à commencer par sa "goutte" sous le nuage de verre.

pour aller plus loin

vous serez sans doute intéressé par...

Vendredi 5 décembre 2014 Du cinéma souterrain de Perrache au vivarium fluorescent du Parc de la Tête d'or en passant par le planétarium à ciel ouvert de la place Antonin Poncet, découvrez en avant-première quelques-uns des projets les plus attendus de la Fête des...

Suivez la guide !

Clubbing, expos, cinéma, humour, théâtre, danse, littérature, fripes, famille… abonne toi pour recevoir une fois par semaine les conseils sorties de la rédac’ !