La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

De New York à Séoul, du conte philosophique à la relecture de ghetto movie, de la rumba au baroque : à la rentrée, la volonté de Dominique Hervieu de présenter la danse sous ses formes les plus variées ne faiblira pas. Benjamin Mialot

Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP).

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts.

D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abraham pour une pièce foncièrement urbaine et raccord avec l'actualité raciale américaine car inspirée par le film Boyz’N The Hood.

Ensuite un focus sur la Corée, fin janvier, à l'occasion du 130e anniversaire des relations diplomatiques entre Paris et Séoul, célébré par l’ornithophile Luc Petton (Light Bird, imaginé pour des grues de Mandchourie), par le Pockemon Crew, qui se frottera à ses correspondants de Morning of Owl, et Eun-Me Ahn, la "Pina Bausch de Séoul", pour l'explicite (et participatif) Dancing Grandmothers.

Et enfin le désormais traditionnel (et néamoins avant-gardiste) festival Sens Dessus Dessous (en mars), où se presseront entre autres les fantasques Bruxellois de Peeping Tom (pour Vader, où quand le burlesque s'invite dans une maison de retraite), le collectif lyonnais Ès (qui reprendra son absurde L’hippopotomonstrosesquippedaliophobie, créé récemment aux Subsistances) et le jeune érudit Noé Soulier, vu à la Biennale pour une singulière performance explicative autour de l’œuvre Forsythe, dont la création le verra inventer un vocabulaire chorégraphique à partir de gestes pratiques du quotidien.

Le reste du (beau) monde

Le reste de la saison ne manquera bien sûr pas d'intérêt. Ouverte en septembre par Abou Lagraa avec une relecture au ralenti du Cantique des cantiques et close par la nouvelle création du provocateur Israélien Hofesh Shechter (Barbarians, début juin), elle verra notamment défiler en octobre Alain Platel (Coup fatal, étonnant concert dansé fusionnant rumba et baroque proposé à Avignon en 2014), en janvier Jose Montalvo (Asa Nisi Masa, ensemble de contes confrontant un bestiaire virtuel à des danseurs de chair et de sang) ou encore, fin mars, les breakdancers portés sur l'abstraction de la Compagnie S'poart...

…et bien sûr des ballets et compagnies venus des quatre coins du monde, de l'Espagne (le Ballet Flamenco de Andalucía, début décembre, récompensé à la biennale de Séville l'an passé) à la Suisse (le Grand Ballet du Théâtre de Genève, mi-décembre pour un Casse-noisettes plus gothique que la moyenne) en passant par la Russie (le Yacobson Ballet, qui présentera en janvier une Giselle dans les règles de l'art classique), le Brésil (l'increvable Grupo Corpo fin septembre, la São Paulo Dance Company en janvier) ou Taiwan (le très spirituel Cloud Gate Dance Theater of Taiwan fin avril).

Enfin, côté cirque, outre les jongleries spatialisées de Petit Travers (en octobre, et d'ici un mois et demi à la Croix-Rousse) et les clowneries des icônes du slapstick Jos Houben et Marcello Magni (début juin), on ne manquera pas le retour en janvier des voltigeurs en surnombre de XY, sensations de la dernière Biennale.

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