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Hergè : « On aimerait bien ouvrir une friche excentrée »

Hergè

Terminal

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

House / Au sein de la foisonnante jeune garde lyonnaise s'illustrant aux platines des multiples clubs de la ville, Hergè fait figure de solide espoir avec ses mixes au long cours de house minimale. Le Terminal lui offre un all night long, mais surtout une résidence pour l'année prochaine.

Comment as-tu plongé dans le monde des musiques électroniques ?
Robin Gervais (Hergè) : Je revenais de Nancy, après mes études en Infocom. Le 14 septembre 2013, un ami m'a emmené en soirée : je ne connaissais pas les soirées house ou techno à Lyon... C'était à la Plateforme, une Croisière Berlinoise avec Marco Resmann, l'un des résidents du Watergate, et Doctor Dru. Ce n'est plus du tout ce que j'écoute, mais c'était une parfaite introduction. J'ai tout de suite voulu faire partie de cet univers. Je me suis acheté un clavier pour composer : je faisais déjà de la guitare, de la batterie quand j'étais plus jeune. Puis un contrôleur pour mixer, et c'est de là que tout est parti. J'écoutais beaucoup de rock, du stoner, un peu d'électro pop avant. Mais c'est vraiment en revenant à Lyon que j'ai découvert les musiques électroniques.

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Tu peux définir ton style de mix ?
Dès le départ, j'ai commencé à jouer très house, un peu deep, avec pas mal de claviers qui retentissent, des choses assez douces. Petit à petit, j'ai découvert la house minimale, Ricardo Villalobos, le label [a:rpia:r], pas mal d'artistes français aussi, comme Lowris que l'on a invité deux fois. Mais c'est surtout la musique roumaine représentée par [a:rpia:r] qui m'a beaucoup accroché. Ce sont des morceaux hyper longs, déconstruits, avec beaucoup d'influences jazz, des trucs assez bizarres à écouter. Ça se caractérise vraiment par des morceaux longs et un groove spécial et subtil, très progressif. J'aime la longueur, les boucles de quinze minutes, un peu psyché.

Ce qui explique que tu aimes jouer longtemps, les all night long comme au Terminal.
Jouer plus que deux heures, ça m'excite. C'est plus intéressant, on peut construire un set du début jusqu'à la fin pour raconter une histoire. C'est plus compliqué car il faut tenir la longueur, resté concentré, ne pas trop boire. Mais c'est ce que je préfère. Si je l'ai déjà fait ailleurs, c'est la première fois que je vais faire un all night long au Terminal. C'est le début d'une résidence, que l'équipe m'accorde en voulant relancer le jeudi : un soir risqué à Lyon. Avant ça marchait me dit-on, mais ces temps-ci les gens sortent plutôt le week-end.

Tu fais partie d'un collectif...
Oui, ce sont des amis avec qui je sortais beaucoup quand j'ai commencé. On s'est dit que l'on pouvait organiser aussi des soirées. On a monté AtipiK Kolektif en 2014, en commençant avec une après-midi sur la terrasse de l'Ayers Rock Boat (NdlR : dont Robin Gervais est le chargé de communication) puis d'autres fêtes, et deux grosses soirées au Double Mixte, le 29 janvier 2016 et une autre le 10 septembre dernier... Un sacré pari. Le Double Mixte devrait être détruit en mars 2018, peut-être que l'on en refera une avant...

La scène lyonnaise ?
Elle est top. Toutes les semaines il y a de belles programmations. Et beaucoup de jeunes artistes, qui commencent à mixer, c'est hyper intéressant. Quand j'ai commencé à mixer de la minimale, il y en avait assez peu ; désormais il commence à y avoir une vraie attente par rapport à ce style.

À quand un premier track de Hergè ?
C'est difficile... ça fait trois ans que je pianote un peu sur mon ordinateur, pour le moment ce n'est pas assez abouti. J'ai juste essayé de les jouer en soirée, mais ce n'est pas encore assez bien, assez fini. Je dois trouver un moment pour me focaliser dessus.

Comment un DJ découvre-t-il ses tracks aujourd'hui ?
Beaucoup par les chaînes Youtube, je suis certaines personnes qui sont actives, j'écoute tout, et je me laisse porter aussi par les suggestions. Ensuite j'achète sur Beatport ou en vinyle sur Discogs. Parfois, je vais aussi Chez Émile, le disquaire.

Avec AtipiK, vous avez un projet d'envergure.
Oui, on aimerait bien ouvrir une friche excentrée comme ça se fait à Paris, il n'y en a pas ici, on voudrait créer un projet culturel global ; c'est intéressant et on y travaille. Il y a plein de clubs, c'est cool on ne va pas se plaindre ! Mais faire la fête autrement, c'est bien également.

Hergè
Au Terminal le jeudi 22 décembre
Au Petit Salon le samedi 28 janvier

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