"Les Fantômes d'Ismaël" : retour magistral pour Arnaud Desplechin

Les Fantômes d’Ismaël
De Arnaud Desplechin (Fr, 1h50) avec Mathieu Amalric, Marion Cotillard...

Le Film de la Semaine / Arnaud Desplechin entraîne ses personnages dans un enchâssement de récits, les menant de l’ombre à la lumière, de l’égoïsme à la générosité dans un thriller romanesque scandé de burlesque, entre John Le Carré, Bergman, Allen et Hitchcock. Vertigineusement délicieux.

Revoici Desplechin en sa pépinière cannoise, là où il a éclos et grandi. Qu’il figure en compétition ou pas importe peu, désormais : les jurys l'ont, avec une constance confinant au gag, toujours ignoré. De par sa distribution glamour internationale, Les Fantômes d’Ismaël convient à merveille pour assouvir l’avidité multimédiatique d’une ouverture de festival. Il allie en sus les vertus quintessentielles d’un film d’auteur — d’un grand auteur et d’un grand film.

à lire aussi : "Cinéma, mon amour" : un amour sans complexe

Ismaël en est le héros paradoxal : inventeur d’histoires, ce cinéaste se trouve incapable de tourner après que Carlotta, son épouse disparue depuis vingt ans, a refait surface dans sa vie. Plus fort que ses fictions, ce soudain coup de théâtre a en outre provoqué le départ de sa compagne Sylvia…

Du grand spectral

Si Desplechin exprime ici un désir frénétique de romanesque, il montre que l’imprévisibilité de l’existence surpasse par son imagination la plus féconde des machines à créer… dans le temps qu’il démultiplie les déploiements d’arcs narratifs internes ou croisés, comme les niveaux d’inclusion du récit (passé/présent ; fiction/réalité ; songe/éveil). Prétérition que cette manière de minimiser la puissance du conte en révélant son incommensurable pouvoir ! Cela n’est pas sans évoquer la vraie-fausse procrastination du narrateur de Trois jours chez ma mère de François Weyergans — un portrait d’auteur indécis débouchant sur un roman brillant d’épure et un Goncourt. Quand l’inaboutissement apparent devient un parachèvement…

à lire aussi : "Le Goût du tapis rouge" : raides carpettes

Desplechin n’aimant rien tant que tendre des fils virtuels entre ses films, chaque nouvelle œuvre en resserre davantage les liens. Pivots de son cosmos, ses personnages feignent d’être récurrents : une même identité peut ainsi se trouver incarnée par des individus dissemblables et cependant proches, avatars successifs d’une “idée”.

Et ces personnages se confondent avec les acteurs : aux côtés de l’inamovible Amalric, Marion Cotillard resurgit ici dans la galaxie Desplechin après avoir été la figure évanescente et muette de la Pentecôte dans Comment je me suis disputé … il y a vingt ans. Lestée à présent d’une gravité (à toutes les acceptions du terme) seyant aux mystères de la spectrale Carlotta. Non pour hanter ni châtier mais, les tourments passés, annoncer en définitive une épiphanie, une joie. Desplechin, cet optimiste caché…


Entretien avec Arnaud Desplechin : « Je me déguise pour vous amuser, et je me trahis plus que je ne le sais »

Ouvrant la 70e édition du festival de Cannes, Les Fantômes d’Ismaël est à lui seul un festival cinématographique tant il condense de récits. Histoire(s) d’un film avec Arnaud Desplechin…

à lire aussi : Le BOOOOOM #3 s'intéresse à l’envers du décor au cinéma

Aviez-vous montré un film à votre équipe avant de tourner, comme vous le faites habituellement ?
Arnaud Desplechin
: Je n’ai pas eu l’occasion, par manque de temps et parce que l’équipe était éclatée. Mais je sais que j’aurais montré Providence (1977) de Resnais, c’est sûr. Pour la furie de récits qui s’enchevêtrent et s’embouteillent dans la tête de John Gielgud, et le côté déchirant de cette femme qui se meurt d’un cancer. C’est un film avec lequel je suis arrivé à Paris, à l’époque il m’a marqué très fort. Je n’étais par truffaldien, mais resnaisien quand j’avais 17 ans et ça m’emplissait beaucoup.

Providence, c’est le choc de l’imaginaire contre le réel…
Oui, quelqu’un qui re-rêve sa vie, comme Ismaël dans la dernière partie du film, qui s’enferme dans son grenier pour refabriquer sa vie avec des bouts d’intrigues.

Sauf que votre film est davantage hanté par les cauchemars que les rêves…
Ismaël a en effet ce problème de cauchemars, le syndrome d’Elseneur Je l’ai découvert tardivement sur Arte — il n’y a que sur Arte que l’on peut voir des trucs comme ça ! C’est une vraie maladie tout à fait terrifiante, une forme d’épilepsie où vous faites toujours le même type de cauchemars avec des sauriens, des reptiles qui vous font vous réveiller en hurlant. Depuis dix ans que cette émission me trottait dans un coin de la tête, je me suis dit que c’était qu’Ismaël devait être hanté par des fantômes et des cauchemars, pas par des rêves. Les rêves sont moins délicieux.

Et vous, faites-vous des cauchemars ?
J’ai eu une crise de cauchemars très forte qui m’a duré plus de deux ans ; je suppliais pour que ça s’arrête. Je me réveillais toutes les nuits. Je serais incapable d’en donner la signification : c’était des cauchemars très prosaïques, qui reprenaient ma journée mais où tout se passait mal, très violents. Je pense que c’était parce que je venais de perdre quelqu’un auquel je tenais beaucoup. Par la suite, ma machine à rêves ne fonctionnait plus. Comme Ismaël, je peux dire — la réplique me fait rigoler parce qu’elle est snob — que j’ai relu la Traumdeutung il y a deux ans, La Science des rêves de Freud. C’est son plus gros livre, c’est le spécialiste de la question… Eh bien tout Freud qu’il soit, il n’a pas trouvé d’explication aux cauchemars !

Ismaël, qu’interprète votre alter ego Mathieu Amalric, est une sorte de double. Mais en quoi vous ressemble-t-il le plus ?
Aujourd’hui, avec Mathieu, je ne sais plus ce qui lui appartient, ni ce qui m’appartient ; ni qui a inventé ceci ou cela. C’est quelque chose que l’on a en partage, plutôt des masques, des déguisements. Quand je vois la quantité d’alcool qu’Ismaël, le réalisateur dans le film, absorbe… Pour moi, ce n’est pas possible avec le travail ; je n’ai pas sa santé, je suis plus frêle que cela. Et m’enfuir d’un tournage, ça ne fait pas partie de mon tempérament. En plus, j’ai peur des armes à feu (rires) J’ai l’impression que je me déguise pour vous amuser… et que je me trahis plus que je ne le sais.

Pourquoi reprenez-vous de film en film certains noms pour vos personnages ?
Ismaël Vuillard est apparu quand je travaillais avec un ami, Roger Bohbot, sur Rois et Reine. Je ne savais pas encore quel métier il ferait, mais je tenais à ce qu’il soit artiste — or pour moi au cinéma, les personnages d’artistes ont un privilège pas facile. Finalement, j’avais décidé qu’il serait altiste. Ici, comme je savais que je voulais faire un film sur un réalisateur, j’ai repris ce nom, parce qu’il n’est pas universitaire ni employé ou médecin. Quant à Dédalus, le héros de son film, c’est un personnage qui a le don des langues, un peu lunaire. Dans 3 souvenirs de ma jeunesse, il aimait beaucoup Dieu, mais aussi l’idée de faire un hold-up. On ne sait pas si c’est un espion, un imbécile, un naïf… On ne sait pas le classer. Les personnages inclassables, je les ai souvent appelés Ivan. Ça marchait bien.

Pour les personnages féminins, Carlotta est une référence très — peut-être trop — explicite à Vertigo (1958) d’Hitchcock…
J’ai déjà appelé un personnage Junon, alors… Sonia, Sylvia, Carlotta… Toutes les filles avaient un prénom en a, ça me semblait bien marcher. Mais le thème de ce film vient tellement de Vertigo ; c’est un mythe. Carlotta sort des eaux ; elle arrive de nulle part, de l’historie du cinéma — le cinéma sert à cela : à ressusciter les morts. Quand elle est habillée de son manteau blanc, je ne pouvais penser qu’à celui de Kim Novak dans Vertigo, même s’il est beaucoup plus modeste. Mais Marion Cotillard ne le joue jamais comme un mythe, mais comme une vraie femme — c’était très clair entre elle et moi. La capacité de Marion a être un mythe me fascine chez Marion — car très certainement elle l’est devenu depuis La Môme et cette carrière américaine qu’on lui connaît — comme sa capacité à se débarrasser de ses oripeaux du mythe ; à se réinventer chaque jour et à se dire “j’en ai rien à foutre“, à faire le film des frères Dardenne, Mal de Pierre, le Zemeckis ou autre chose. De passer d’un régime à l’autre. Le nom de Carlotta était mythique, mais j’ai fait confiance à la performance de Marion pour faire descendre la statue de son piédestal et la montrer telle qu’elle est.

Charlotte Gainsbourg aurait-elle pu être Carlotta ?
Bien sûr, même si les deux rôles sont opposés. Ça me fascinait de réunir ces deux artistes qui sont comme deux planètes, deux tempéraments de femmes différents, et de les voir dans le même cadre. Charlotte avait quelque chose qui m’était très précieux pour le rôle de Sylvia. C’est une artiste qui aime les extrêmes, on connait ses films avec Lars von Trier, et elle parle de Nymphomaniac avec beaucoup de joie et d’amusement, alors que ce sont des films qui font peur.
Je me souviens avoir été ébloui par Antichrist, la performance qu’elle avait faite m’avait stupéfait. Pour le rôle de Sylvia, cette fille qui s’empêche de vivre, il fallait un feu pour que le personnage fonctionne, et Charlotte a cette puissance-là. Ça me plaisait de la voir dans ce rôle un peu woodyallenien. J’ai l’impression de voir les trois femmes de Hannah et ses sœurs en même temps, surtout le personnage de Barbara Hershey, qui me touche beaucoup.

En outre, Carlotta s’adresse à plusieurs reprises au spectateur…
Elle raconte l’origine de la rencontre avec Ismaël et elle fait l’épilogue. Ça me plaisait qu’elle devienne la narratrice du film, que ce ne soit pas un privilège masculin et que le récit soit offert par une femme. Et ça me semblait logique qu’elle termine. L’épilogue pourtant est venu au dernier moment de l’écriture. J’aurais pu m’arrêter avant, mais je savais que le film n’était pas terminé, je travaillais encore sur le scénario, je ne l’avais pas donné au producteur, quand j’ai mis ce point-là. Trois souvenirs… était un éloge de la nostalgie, avec ce personnage tout raidi, très seul, renfermé sur lui-même pour préserver le passé. Ici, tous les personnages laissent le passé derrière, il faut qu’ils avancent. Carlotta dit à la fin — la façon dont Charlotte le dit m’émeut au larmes — :

la vie m’est arrivée. Imparfaite, gauche pas comme je l’attendais, mais ça m’est arrivé ».

J’ai l’impression que c’est ce que chaque personnage pourrait dire. J’avais besoin d’arriver à cette phrase là, qu’elle arrive à condenser tout le film dans ce monologue de fin.

Il est clairement dit qu’elle sauve Ismaël…
C’était le thème. C’est très américain, de s’offrir une deuxième chance. De se réinventer. Si vous avez une rupture amoureuse, ça vous prend dix ans. Sauf que là, ils n’ont pas vingt, ni trente ans, ils ont dépassé quarante ans. Si là ils merdent, c’est grave. Calculez : oh la la, dix ans de plus, ça va être difficile à négocier ! Ils se donnent une dernière chance d’être en vie, de se sauver l’un l’autre. Elle, en étant trop raisonnable, elle s’empêche la vie ; lui en étant sûrement trop désordonné, il s’empêche la vie aussi. Tout les oppose, ils sont obligés de s’acclimater. Ça me passionnait de regarder ce couple si mal assorti bricoler quelque chose ensemble.

Le film tend vers l’apaisement. Paradoxalement, la création favorise l’apaisement mais fait revenir des fantômes…
Le film est apaisé, mais Ismaël ne s’apaise pas du tout : le fait d’être apaisé le plonge dans le désarroi, il s’enfuit. Peut-être que ça tient aussi à ma différence de perception entre les personnages masculins et féminins. Mes personnages masculins, j’aime bien leur conférer un certain ridicule, qu’ils soient ballotés par les événements. C’est pour ça qu’Ismaël ferait un très mauvais narrateur à la fin : il est comme une balle dans un flipper, il rebondit sur les trucs, il est totalement perdu… Ça me plaisait d’intervertir : dans le cinéma classique des années trente ou cinquante, c’étaient les personnages masculins qui négociaient avec leur destin, et les femmes faisaient décoration. Là, ce sont les femmes qui ont des destinées et les hommes sont bousculés par les événements.

Qu’est-ce qui est si fascinant dans le protestantisme de Sylvia ?
(sourire gourmand) C’est sexy ! Vous vous souvenez de la réplique d’Hitchcock, à propos d’une blonde dans le taxi à côté de vous et qui se précipite sur votre braguette ? Je sais qu’Ismaël est catholique, qu’il n’est pas juif et très lié à Bloom et à Zwy, donc quand il voit une protestante, il trouve ça très sexy. Ça le fait rêver puisque ce n’est pas sa propre religion ; évidemment ça l’attire.

Lorsqu’Ismaël est au plus fort de sa crise, il part dans un délire qui unit perspective picturale et religion…
Il y avait un double truc qui me plaisait. C’est compliqué pour moi de filmer des personnages d’artistes parce que je me méfie d’eux. Là, je m’en suis sorti parce que je trouve Ismaël assez modeste : il se dit fabricant de films. Il m’importait qu’à un moment, il prenne son travail très au sérieux. Mais plus sur son film, sur le cinéma en général ou les systèmes de perspectives.
Devant son ami Zwy, il dit qu’il va régler le problème de l’antisémitisme européen en résolvant le la question de la perspective des Époux Arnolfini avec Fra Angelico ! (sourire) Ça me rappelle des articles de Jean-Louis Comolli dans les années soixante sur la caméra qui répliquait le capitalisme parce que la perspective était un outil bourgeois !

« Si je règle la perspective, j’arrive à abolir la haine

c’est évidemment trop demander au cinéma — c’est ce que son ami lui dit. Il y a le fait de prendre la théorie très au sérieux, et un côté cocasse à le voir devenir fou.

Est-ce un film théorique ?
Pas théorique, mais de déclaration d’amour au cinéma, très certainement. Avec l’idée de compresser des images, de prendre des fragments de fiction et de les compresser les uns contre les autres. De compresser ces histoires et de rajouter des temps de récit. De se perdre dans les méandres — de vous perdre et de ne pas vous perdre, également. Au début, je peux le dire, c’est une citation de Broadway Danny Rose — quand il a disparu et que tous ses amis sont réunis dans un diner pour parler de lui. Ici, c’est dans une brasserie que des diplomates racontent des fragments d’histoires et les aventures de Dédalus. Le film commence sur une débauche de fiction, puis on arrive brusquement sur Ismaël tout seul en train d’écrire ; puis Bloom l’appelle, et nous voilà plongés dans la vraie vie. Il y avait une envie de dépense de fiction.

La structure narrative est terriblement complexe. A-t-elle été difficile à mettre en place ?
Elle a demandé beaucoup de discipline. J’ai travaillé avec deux amies scénaristes : par Skype avec Julie Peyr, avec qui j’ai écrit le film précédent, et comme ce n’était pas assez j’ai rencontré Léa Mysius, qui a un film à la Semaine de la Critique. Quand j’écris, je fais tout un travail d’improvisation, de burlesque — je ne sais pas ce que je fais, mais je le fais. Julie consigne et me renvoie mes impros, puis et on les retravaille. Avec Léa, il y eu tout un travail de rationalisation : j’avais l’impression chaque matin de vous perdre avec délices dans les plaisirs de la fiction et de vous tenir par la main — c’était exactement la même chose — pour que vous puissiez vous repérer. Ça demande tout un travail sur la structure, qui est repris au montage, pour que vous soyez perdus et pas perdus, et puissiez éprouver les deux plaisirs en même temps.

En avez-vous autant bavé au montage que sur les films précédents ?
Plus. Parce que la structure de récit n’est vraiment pas facile à mettre en place, le montage était plus ardu. Il ne faut pas se perdre avec ces sautes de régime et de récit. Ce que l’on film est différent des choses qui marchent à l’écrit ; ce que l’on monte est encore différent… Du coup c’était un travail assez fin. Il y a cette phrase de Truffaut :

il faut filmer contre ce qu’on a écrit et monter contre ce que l’on a filmé.

J’essaie sur le tournage d’attraper de la vérité, mais je ne sais pas la théoriser. Je suis dans un rapport très charnel aux acteurs : je sais à peu près les guider intuitivement, mais après c’est un travail de rationalisation au montage.

Où avez-vous tourné ?
À Noirmoitiers — on voit le passage du Goix, que je tenais à filmer. J’avais besoin d’une île pour enfermer mes personnages.

Ça renforce l’aspect bergmanien du film…
Bien sûr. Persona, La Honte… Tous les films qu’il a tourné dans l’île de Fårö. Et c’est vrai qu’il y avait ce huis clos.

Votre travail au théâtre a-t-il eu une influence sur votre écriture ?
J’ai l’impression d’avoir toujours fait des films assez écrits. Sur le précédent, j’avais cette angoisse : les jeunes acteurs allaient-ils avoir l’usage des mots que j’invente ? Mais ils en ont eu l’usage et j’en ai eu une grande fierté. Je crois que cette expérience du théâtre — Père de Strindberg à la Comédie-Française — m’a influencé dans mon rapport aux acteurs. J’arrive à leur donner quelque chose que je savais moins bien leur donner auparavant. J’étais trop nerveux avant, trop empêtré dans mes angoisses pour leur rendre la joie qu’ils me donnent.
Quand je me suis retrouvé devant ces acteurs de théâtre, qui en savaient tellement plus que moi, j’étais très impressionné. Il y avait une espèce de confiance à les laisser inventer, à parier chaque matin lors des répétitions. Et quand ils trouvent, il faut leur rendre.
Du coup, j’ai réussi à avoir un rapport heureux aux acteurs, encore plus épanoui et solaire ; à ne pas les embêter avec mes cauchemars. J’arrivais à les accueillir, j’ai été disponible par le théâtre. Je me souviens l’avoir dit à Marion le dernier jour de tournage. Enfin… je lui ai envoyé un texto. C’est ridicule, parce qu’on était à trois mètres l’un de l’autre (rires).

pour aller plus loin

vous serez sans doute intéressé par...

Mardi 26 avril 2022 Orfèvre dans l’art de saisir des ambiances et des climats humains, Mikhaël Hers (Ce sentiment de l’été, Amanda…) en restitue ici simultanément deux profondément singuliers : l’univers de la radio la nuit et l’air du temps des années 1980. Une...
Mercredi 29 décembre 2021 Adaptation d’un roman de Philip Roth qui lui trottait depuis longtemps en tête, la tromperie de Desplechin est aussi un plaidoyer pro domo en faveur du droit de l’artiste à transmuter la vérité de son entourage dans ses œuvres. Quitte à...
Mercredi 7 juillet 2021 Espéré depuis un an, le nouveau Carax tient davantage de la captation d’un projet scénique que de ses habituelles transes cinématographiques. Vraisemblablement nourrie de son histoire intime, cette mise en abyme du vampirisme trouble entre artistes,...
Mardi 18 février 2020 (À lire à haute voix, façon Stéphane de Groodt) « —Prenons les paris, ce sera Roubaix. —Quoi donc ? —Le César, à Paris le 28 février. —Sauf si Ly l'a, (...)
Mardi 15 octobre 2019 Jadis écrivain prometteur, Henri n’a rien produit de potable depuis des années. La faute en incombe, selon lui, à sa femme et ses enfants qu’il accuse de tous ses maux. Lorsqu’un énorme molosse puant et priapique débarque ex nihilo dans sa...
Mardi 20 ao?t 2019 Arnaud Desplechin retourne dans son Nord natal pour saisir le quotidien d’un commissariat de police piloté par un chef intuitif et retenu. Un polar humaniste où la vérité tient de l’épiphanie, et la parole du remède. Le premier choc de la rentrée...
Mercredi 6 février 2019 La programmation de Nuits sonores est presque intégralement dévoilée, et l'on note une nouvelle évolution avec l'arrivée de la pop au sein du festival, avec Charlotte Gainsbourg et Flavien Berger. La révélation Nova Materia, le duo Tony Allen &...
Mardi 22 mai 2018 Quelque part, dans le sud. Mère célibataire d’Elli, qu’elle appelle Gueule d’ange, Marlène tient pour prioritaires sa vie de jeune femme et ses sorties. Un (...)
Mardi 11 avril 2017 Après 32 mois de travaux, la gare de Grenoble a retrouvé clarté et praticité le 14 février dernier. Au pied des montagnes, flanquée de son indispensable gare routière flambant neuve pour partir à l'assaut des cols, découverte de cette gare – pardon...
Mardi 14 février 2017 Quand Guillaume Canet comprend qu’il fait figure, pour la nouvelle génération, de mec installé et pépère dans sa vie de famille comme dans son métier, le (...)
Mardi 3 janvier 2017 Pour son cinquième long-métrage en tant que réalisateur, le comédien Guillaume Canet revient en France et devant la caméra avec ce qui s’annonce comme une (...)
Mardi 19 mai 2015 Paul Dédalus, les jeunes comédiens, Roubaix, Mathieu Amalric et l’appétit pour les autres : le cinéaste Arnaud Desplechin aborde avec nous les grands sujets de son œuvre et de son dernier film, le sublime "Trois souvenirs de ma jeunesse". Propos...
Mardi 19 mai 2015 Conçu comme un prequel à "Comment je me suis disputé...", le nouveau et magistral film d’Arnaud Desplechin est beaucoup plus que ça : un regard rétrospectif sur son œuvre dopé par une énergie juvénile, un souffle romanesque et des comédiens...
Mardi 21 avril 2015 À partir d’un matériau ouvertement intimiste et psychologique, Wim Wenders réaffirme la puissance de la mise en scène en le tournant en 3D, donnant à cette chronique d’un écrivain tourmenté des allures de prototype audacieux. Christophe Chabert
Mardi 14 octobre 2014 Retour du duo gagnant d’"Intouchables", Nakache et Toledano, avec une comédie romantique sur les sans papiers où leur sens de l’équilibre révèle à quel point leur cinéma est scolaire et surtout terriblement prudent. Christophe Chabert
Mardi 16 septembre 2014 De Benoît Jacquot (Fr, 1h46) avec Benoît Poelvoorde, Chiara Mastroianni, Charlotte Gainsbourg, Catherine Deneuve…
Mardi 20 mai 2014 Nouvel uppercut des frères Dardenne, qui emprunte les voies du thriller social pour raconter comment une ouvrière tente de sauver son travail en persuadant ses collègues de renoncer à une prime, et interroger ce qui reste de solidarité dans la...
Mardi 13 mai 2014 Comme un contre-pied à "Tournée", Mathieu Amalric livre une adaptation cérébrale, glacée et radicale d’un roman de Simenon, où l’exhibition intime se heurte au déballage public, laissant dans l’ombre le trouble d’un amour fou et morbide....
Mardi 11 mars 2014 De Michel Spinosa (Fr, 1h47) avec Yvan Attal, Janagi, Charlotte Gainsbourg…
Mardi 25 février 2014 Avec "The Grand Budapest Hotel", Wes Anderson transporte son cinéma dans l’Europe des années 30, pour un hommage à Stefan Zweig déguisé en comédie euphorique. Un chef-d’œuvre génialement orchestré, aussi allègre qu’empreint d’une sourde...
Mardi 25 février 2014 De Sophie Fillières (Fr, 1h42) avec Emmanuelle Devos, Mathieu Amalric…
Vendredi 24 janvier 2014 Après "Les Beaux gosses", Riad Sattouf élève d’un cran son ambition de cinéaste avec cette comédie sophistiquée, aussi hilarante que gonflée, où il invente une dictature militaire féminine qu’il rend crédible par des moments de mise en scène très...
Jeudi 23 janvier 2014 Fin du diptyque de Lars von Trier, qui propulse très haut sa logique de feuilleton philosophique en complexifiant dispositif, enjeux, références et discours, avec d’incroyables audaces jusqu’à un ultime et sublime vertige. On ose : chef-d’œuvre...
Vendredi 10 janvier 2014 Derrière une intrigue de polar conduite avec nonchalance et un manque revendiqué de rigueur, les frères Larrieu offrent une nouvelle variation autour de l’amour fou et du désir compulsif. Si tant est qu’on en accepte les règles, le jeu se révèle...
Mardi 17 décembre 2013 Censuré ? Remonté ? Qu’importe les nombreuses anecdotes et vicissitudes qui entourent le dernier film de Lars von Trier. Avec cette confession en huit chapitres d’une nymphomane — dont voici les cinq premiers —, le cinéaste est toujours aussi...
Mardi 19 novembre 2013 Les premiers plans de The Immigrant mettent l’Amérique au cœur de son sujet : la Statue de la liberté, Ellis Island, une file d’immigrants européens (...)
Mercredi 6 novembre 2013 Une actrice, un metteur en scène, un théâtre et "La Vénus à la fourrure" de Sacher-Masoch : un dispositif minimal pour une œuvre folle de Roman Polanski, à la fois brûlot féministe et récapitulatif ludique de tout son cinéma. Christophe Chabert
Mercredi 11 septembre 2013 Rencontre avec Arnaud Desplechin autour de son dernier film, «Jimmy P.» et des nombreux échos qu’il trouve avec le reste de son œuvre, une des plus passionnantes du cinéma français contemporain. Propos recueillis par Christophe Chabert
Mercredi 4 septembre 2013 Changement d’époque et de continent pour Arnaud Desplechin : dans l’Amérique des années 50, un ethnologue féru de psychanalyse tente de comprendre le mal-être d’un Indien taciturne. Beau film complexe, Jimmy P. marque une rupture douce dans l’œuvre...
Vendredi 23 ao?t 2013 Le cinéma de patrimoine, par-delà le festival Lumière, va-t-il devenir le prochain enjeu de l’exploitation lyonnaise ? En attendant d’aller voir de plus près ce qui se passe en la matière, revue des classiques à l’affiche dans les mois à venir et...
Vendredi 18 mai 2012 Définitivement dans le cercle des meilleurs cinéastes français en activité, Jacques Audiard arrive à ne presque pas décevoir après Un prophète tout en abordant, avec une intelligence constante de la mise en scène, les rivages du mélodrame. Un grand...
Vendredi 21 octobre 2011 Dans Poulet aux prunes, Marjane Satrapi fait mieux que transformer l’essai de Persépolis : avec son comparse Vincent Paronnaud, ils retranscrivent en prises de vue réelles l’imaginaire débordant de ses bandes dessinées, en gorgeant les images...
Mercredi 6 juillet 2011 Versant apaisé du diptyque qu’il forme avec le torturé "Antichrist", "Melancholia" poursuit le travail psychanalytique mené par Lars Von Trier sur la dépression et le chaos, et prouve que ses concepts ne tiennent plus vraiment leurs...
Jeudi 14 octobre 2010 De Guillaume Canet (France, 2h34) avec François Cluzet, Marion Cotillard, Benoît Magimel
Dimanche 11 juillet 2010 L’ambitieux projet de blockbuster onirico-philosophique de Christopher Nolan débouche sur un film protoype, qui passe du temps à expliquer son mode d’emploi avant de se lancer dans une pratique ébouriffante du cinéma comme montagne russe...
Mercredi 7 juillet 2010 De Julie Bertuccelli (Fr-Australie, 1h40) avec Charlotte Gainsbourg, Marton Csokas…
Mercredi 23 juin 2010 Débordant de vie, avec tout ce que cela comporte d’euphorie, de déprime, de coups de cœur et de coups de gueule, Tournée est avant tout un film de flux et (...)
Mercredi 23 juin 2010 Acteur prodige dont la réputation déborde aujourd’hui les frontières françaises, Mathieu Amalric signe avec "Tournée" son quatrième — et meilleur — film en tant que réalisateur. Rencontre. Propos recueillis par Christophe Chabert
Mercredi 2 décembre 2009 Passée son introduction intrigante, 'Persécution' fait figure de ratage pour un Patrice Chéreau enfermé comme ses personnages dans une logorrhée sur les impasses de l’amour, filmée avec un volontarisme irritant. Christophe Chabert
Vendredi 10 juillet 2009 D’Arnaud et Jean-Marie Larrieu (Fr, 2h10) avec Mathieu Amalric, Karin Viard… (sortie le 19 août)
Lundi 6 juillet 2009 Marion Cotillard, actrice, trouve dans Public enemies son premier grand rôle américain, ou comment une comédienne consacrée par un mythe français se mue, promo comprise, en star internationale. Christophe Chabert
Vendredi 3 juillet 2009 De Michael Mann (Éu, 2h11) avec Johnny Depp, Christian Bale, Marion Cotillard…
Mercredi 17 juin 2009 En tournant le controversé (jusqu’à l’intérieur de nos colonnes) Antichrist, Lars Von Trier pensait sûrement faire son Possession. La postérité jugera si (...)
Mercredi 27 mai 2009 Mélodrame psychanalytique qui vire à mi-parcours à l’ésotérisme grand-guignol, le nouveau Lars Von Trier rate le virage entamé par son auteur en voulant trop en faire sans s’en donner la rigueur. Christophe Chabert
Mercredi 21 mai 2008 Avec cette tragi-comédie familiale aux accents mythologiques, Arnaud Desplechin démontre à nouveau qu’il est un immense cinéaste, entièrement tourné vers le plaisir, le romanesque et le spectacle. Christophe Chabert
Mardi 30 novembre 1999 Arnaud Desplechin, cinéaste, conclut l'année en beauté avec son film le plus abouti, "Rois et reine". Propos recueillis par Christophe Chabert et Emmanuel Alarco
Mercredi 19 septembre 2007 L'adaptation par Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval du livre de François Emmanuel en diminue un peu l'impact, mais conserve l'essentiel : sa réflexion sur la naissance d'une langue technique au service de toutes les injustices. Christophe Chabert
Mardi 30 novembre 1999 Arnaud Desplechin creuse la veine romanesque de son cinéma avec ce double récit aux connexions discrètes où cohabitent tragédie et comédie, fantaisie et rigueur, pur plaisir de la mise en scène et virtuosité du langage. Christophe Chabert

restez informés !

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter