Los Modernos : Que Viva Mexico !

Los Modernos

Musée des Beaux-Arts

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L'expo de l'hiver / Au début du XXe siècle, de nombreux artistes français et mexicains ont dialogué, au sens propre comme au sens figuré : par le biais de voyages ou par écho des pratiques artistiques. Une fascination mutuelle qui a métissé la production picturale et photographique de l’époque.

« Juste de l’autre côté de la rue, le Mexique commençait. On regarda émerveillés. À notre étonnement, ça ressemblait au Mexique. »

écrit Jack Kerouac dans son roman Sur la route en 1957. Il résume toute l'ambivalence du Mexique, et peut-être du voyage en général. L’exposition rassemble deux collections, celle du Musée des Beaux-Arts de Lyon et celle du Museo Nacional de Arte de Mexico et illustre les dialogues mais aussi les ruptures entre les scènes française et mexicaine de l’art moderne de 1900 à 1960. Car les artistes présentés dans l’exposition ont pour beaucoup entretenus des relations avec leurs contemporains outre-Atlantique. Le Mexique, alors en pleine Révolution, fascine les artistes français - et américains - tandis que les mexicains s’intéressent aux avant-gardes artistiques d’après guerre en Europe et plus particulièrement en France : fauvisme, cubisme, surréalisme, néo-impressionnisme, recherches sur l’abstraction… Trois principaux points de rencontre sont mis en lumière par l’exposition : le cubisme, le surréalisme et la photographie.

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Diego Rivera, du cubisme au muralisme

« C’était un mouvement révolutionnaire qui remettait en question tout ce qui, dans l’art, avait été dit ou fait. Il ne sacralisait rien. Alors même que l’ancien monde volait en éclats, le cubisme dynamitait les formes telles qu’elles étaient perçues depuis des siècles et créait, à partir de fragments, de nouvelles formes, de nouveaux objets, de nouveaux modèles et - en fin de compte - de nouveaux mondes » écrit Diego Rivera dans My Art, my life : an autobiography (1960).

L’artiste mexicain, compagnon de Frida Kahlo, s’installe à Montparnasse à Paris en 1911. D’abord séduit par le néo-impressionnisme, il rejoint le cubisme initié par Georges Braque et Pablo Picasso dès 1907. Leurs expériences sur Ia forme et l’espace s’inspirent de la géométrisation de Paul Cézanne et font disparaître le sujet, tandis que le cubisme d’Albert Gleizes reste attaché à la figuration. En satellite, le futurisme italien, qui cherche à exprimer le mouvement et le dynamisme du monde, évolue vers l’abstraction avec les travaux de Fernand Léger, Sonia et Robert Delaunay sur la forme et la couleur. Diego Rivera, rejoint par Angel Zàrraga, artiste mexicain également installé à Paris, propose une synthèse de ces courants entre géométrie et décomposition des formes et chromatisme expressif.

En 1921, Rivera retourne au Mexique pour participer au muralisme, dont il est l’un des principaux représentants. Premier grand mouvement artistique né au XXe siècle sur le continent américain, le muralisme met l’art à la portée de tous et prend son essor comme support de diffusion de l’idéologie révolutionnaire. Rivera réalise son chef d’œuvre à l’école d’architecture de Chapingo, sur la situation des paysans mexicains. À l’heure de la démocratisation de l’art, les avant-gardes européennes s’intéressent à ce format monumental qui fait sortir l’art des musées pour le placer dans la rue.

De Frida Kahlo à André Breton

Le surréalisme, fondé sur l’inconscient, l’imaginaire et la libération du contrôle de la raison, trouve au Mexique un terreau fertile. L’Amérique latine est aussi le berceau du réalisme magique en littérature, associant onirisme, naturalisme et merveilleux. Vestiges des civilisations précolombiennes, culture de la mort, omniprésence du religieux, mais aussi chaleur, végétation et couleurs, le Mexique exerce une force magnétique, tellurique sur quelques figures surréalistes - qui cherchent également à fuir les troubles qui gagnent l’Europe dans les années 1930. Antonin Artaud se passionne pour les mythes et légendes mexicaines tandis qu’André Breton vient chercher « le sens inné de la poésie et de l’art ». L’exposition met en avant de nombreuses femmes artistes : pendant la guerre, le surréalisme au Mexique est porté par des poétesses. Sont ainsi réunies la mexicaine Maria Izquierdo, la française Alice Rahon et ses hypnotisants Ballets d’Orion, l’anglaise Leonora Carrington, l’espagnole Remedios Varo… André Breton s’enthousiasme également pour la peinture de Frida Kahlo et la photographie de Manuel Alvarez Bravo. Car les photographes mexicains et le surréalisme vont main dans la main... C'est ainsi que la photographie fait son apparition pour la première fois sur les murs du Musée des Beaux-Arts.

Los Modernos. Dialogues France/Mexique
Au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 5 mars

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