Sofiane Saidi ravive la flamme du raï

Sofiane Saidi et Mazalda + Guess What

Bizarre!

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Raï / Premier album commun pour Mazalda, combo lyonnais, en compagnie du merveilleux chanteur de raï qu'est Sofiane Saidi : on se précipite à Bizarre! pour déguster cette sucrerie à l'eau de rose.

Outre le fait qu'il est un magnifique compagnon de virée nocturne, Sofiane Saidi s'avère un sacré chanteur de raï dès lors que sa bouche s'approche d'un micro. Il faut conter ici qu'il a débuté tôt, traînant dans les fêtes et les mariages de Sidi Bel Abbes (où il est né) pour approcher les frères Zergui, idôles du raï d'alors. Qu'il a commencé à fouler la scène des clubs dès 15 ans, et pas n'importe où : à Oran, le berceau de cette musique canaille et romantique qui nous envoûte encore aujourd'hui même si l'on se demandait bien où était passée la relève de la star Khaled, du tant regretté Cheb Hasni, assassiné (et que Sofiane rencontra) ou encore des très électriques Raïna Raï.

Fuir l'islamisme

Ce qu'a bien compris la bande de Mazalda, c'est qu'avec Sofiane, il était possible de le réinventer, ce raï. Car parti à Paris à 17 ans en 1990, pour fuir le FIS et les ravages de l'extrêmisme religieux, Sofiane Saidi n'a pas perdu son temps en s'installant chez son frangin, naviguant sans relâche dans la nuit parisienne où il a un temps retrouvé la fine fleur musicale d'Algérie, mais où il a aussi croisé le chemin de ceux qui métissaient les grooves au mitan d'une décennie kiffant l'éclectisme et le mélange comme jamais. Entre deux petits boulots, on le croise alors aux côtés de Smadj, de Naab, de Natacha Atlas, dans le monde du jazz comme des musiques électroniques, car le raï à la parisienne, trop aseptisé à son goût, le rebutera vite...

Rimitti m'en un

Et vint l'album solo en 2015, El Mordjane, magnifique. Enfin, la pleine lumière, après l'avoir travaillé et conçu pendant dix ans, ce disque ! La paire Acid Arab, évidemment, ne s'y trompe pas et le convie sur son album Musique de France : ça donne un hit pour dancefloor, El Hafla. Et donc, revenons-y, ce projet avec Mazalda. Grandiose : un orchestre de sept musiciens, avec section de cuivres, synthétiseur et rythmique au carré. El Ndjoum, l'album tout juste paru en mars, est une merveille à la fois totalement classique dans son expression (la voix dirige tout) et complètement imprégné de son époque, électronique et funky (mais le raï l'était déjà dans les 80's, en vérité). Comme une plongée dans les cabarets enfumés d'Oran, où petits voyous clope au bec et dandys côtoyaient divas et prostitués, whisky à la main, au son de Cheikha Rimitti, truculente reine de la nuit dont une cover délicieuse de Saïda conclut cet album avec virtuosité.

Sofiane Saidi & Mazalda
À Bizarre! le vendredi 6 avril
À Jazz à Vienne le vendredi 13 juillet

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