Thaïs Alessandrin : « avec ce film, on a mis de la conscience sur notre séparation »

Mon Bébé
De Lisa Azuelos (Fr, 1h27) avec Sandrine Kiberlain, Thaïs Alessandrin...

Mon bébé / Enfant de la balle dont les deux parents sont cinéastes, Thaïs Alessandrin est à la fois l’inspiratrice et l’interprète principale du nouveau film de sa mère Lisa Azuelos. Un premier “premier rôle“ dont elle s’acquitte avec un beau naturel. Normal : c’est le sien. Rencontre.

Jade vous emprunte des traits personnels, notamment votre fascination pour Godard puisque vous rejouez l’ouverture du Mépris. Avez-vous cependant souhaité retrancher du scénario des éléments qui vous semblaient trop proches de vous ?
Thaïs Alessandrin : Retranchés, non… Mais il y a une chose que j’aurais aimé davantage montrer : ma relation avec mon grand frère. On n’en montre qu’un aspect, alors qu’elle est beaucoup plus complète, plus intense et plus forte, du fait que l’on a peu d’écart. À part cela, il n’y a rien que j’aurais voulu changer.

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Quant à Godard, mais aussi tout le cinéma français des années 1960 jusqu’aux années 1980, ça a vraiment été une grande découverte pendant mon année de terminale. J’ai été émerveillée par ce monde, fascinée par les couleurs et les histoires de Godard en particulier dans Le Mépris. Faire ce clin d’œil à Godard et à Brigitte Bardot (pour qui j’éprouve également une grande admiration) était important pour moi. Je trouvais la scène assez drôle…

Comment avez-vous vécu votre propre départ du domicile familial ?
Mon père étant parti vivre à Los Angeles quand j’avais douze ans, j’avais déjà pris l’habitude d’entretenir une relation avec lui tout en étant loin. Mais j’avoue que la séparation avec ma mère a été plus compliquée puisque je suis partie au Canada. C’est un autre continent, donc on se voit vraiment moins. Mais j’ai l’impression qu’avec le film on a tellement mis de conscience sur ce départ, qu’on l’a tellement anticipé qu’au moment où je suis partie, c’était devenu naturel : la séparation s’est presque faite sans qu’on se sépare vraiment. Je suis revenue pour le tournage, et il n’y a jamais eu de perte de communication.

Après, ce qui est étrange quand on commence sa vie indépendamment de ses parents, c’est que l’on perd les piliers les plus importants de sa vie, étant donné que la famille est la seule chose qui dure toujours. On voit ses amis, les écoles défiler ; tout change tout le temps ; on est à un âge où tout va très vite, où l'on n'a pas le temps et ne plus avoir ce pilier au quotidien, ça déstabilise.

Sur le plateau, vous est-il arrivé d’oublier que Lisa Azuelos était votre mère et de voir en elle seulement la réalisatrice ?
Non, je pense que les deux font partie d’un même ensemble. Et avec Sandrine Kiberlain j’avais deux mères ; c’était deux fois plus de bonheur (rires).

Aurait-il été envisageable qu’une autre actrice joue le personnage de Jade ?
À certains moments, je l'ai proposé à ma mère : « si tu penses que quelqu’un d’autre le ferait mieux que moi, vas-y ». Mais bon… (sourires).

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