Gontard : Isère, misère

Gontard + Jean-Michel Jarret + Vestale Vestale & Ray Bornéo

Kraspek Myzik

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Chanson / Retour de Gontard, avec Gontard 2029, album concept à la forte résonance politique et portrait sans fard d'une ville en perdition, la sienne. Un disque co-produit avec le label Petrol Chips, présenté en live, au Kraspek Myzik, à l'occasion du festival itinérant initié par le label isérois.

Ici d'ailleurs, label abritant des gens aussi précieux que Mendelson, Bruit Noir, Michel Cloup, Zëro, Les Marquises ou celui dont il va être question ici, est une bien belle maison, hautement recommandable, parmi les plus audacieuses du paysage musical hexagonal. Mais cette maison n'a rien d'un Brill Building à la française. Car ici, on n'a pas vocation à produire des tubes à la chaîne, calibrés pour se trémousser sur les playlists des radios commerciales ou ambiancer les rayons bio des hyper.

C'est sans doute pour cela que Gontard y est comme chez lui. Et comme en plus ici, on est ouvert sous des airs en colère, on partage volontiers ses artistes avec les confrères. C'est le cas pour Gontard 2029, co-produit avec Petrol Chips, label sur lequel on retrouve quelques familiers de l'Isérois (Lomostatic, Depardon, Tara King Th.).

L'enchaînement est rapide après le Tout naît/tout s'achève dans un disque mais les musiciens de sa trempe sont immunisés contre la voulzyte : ils produisent à mesure qu'ils fulminent, ils composent comme on sulfate, ils album-conceptualisent comme on suffoque. Et d'album-concept, il est ici question sur Gontard 2029, où l'on retrouve la verve politique, le lyrisme éteint, la poésie bitumineuse de Nicolas Poncet, habillée d'une toute autre bure sonore.

« Foire à la con »

Bienvenue donc à Gontard-sur-Misère (33 000 habitants et de la poussière, son maire ultra-droite, son Dauphiné Libéral, ses notables, ses écroulements, sa « foire à la con », son désespoir porté en sautoir), une ville, dont le décor « planté » comme une croix en ouverture, n'est pas sans évoquer une ancienne capitale de la godasse qui aurait ajouté un M à son Isère.

Là, on suit les pérégrinations d'un chanteur de variétés aux abois (Chanteur de variétés) et même ses aboiements en talk-over désabusé, qui régurgitent la désagrégation sociale et les enragés de la start-up nation (Kevin Malez, La Fille de la Maison), la destruction des services publics (Hôpital tue) et la prédation libérale, les ambitions politiques à la petite semaine et les perspectives d'avenir constipées des figurants de la mondialisation (Prolétaires, 2029, Okay).

Gontard le répète souvent, comme il l'a fait en ces pages, il abhorre la tiédeur, qui permet à la violence d'avancer masquée, de caresser pour mieux frapper. Alors Gontard 2029 brûle les doigts et pique les yeux, chauffe les oreilles, écorche. Comme cette réalité qui, sous la plume du chanteur-travailleur social, fait toujours l'effet d'une glissade sans fin sur le béton, d'une corde qui s'échappe en fumant entre des doigts nus. 2029/2019 même combat, pas gagné d'avance.

Gontard + Jean-Michel Jarret + Vestale Vestale & Ray Bornéo
Au Kraspek Myzik le vendredi 22 mars

pour aller plus loin

vous serez sans doute intéressé par...

Lundi 12 mars 2018 Avec son deuxième album, plus personnel, Gontard continue de faire rimer d'un timbre impassible les mots engagé et enragé. Véritable moulin à cafard, empreint de résignation et de révolte, "Tout naît / Tout s'achève dans un disque" brille aussi...
Mardi 5 janvier 2016 Les cavaliers ont coutume de dire que lorsqu'on tombe de cheval, il faut remonter immédiatement sur sa monture, sans quoi on se laisse attraper par la (...)

Suivez la guide !

Clubbing, expos, cinéma, humour, théâtre, danse, littérature, fripes, famille… abonne toi pour recevoir une fois par semaine les conseils sorties de la rédac’ !

En poursuivant votre navigation, vous acceptez le dépôt de cookies destinés au fonctionnement du site internet. Plus d'informations sur notre politique de confidentialité. X