Les mutations de Gwendoline Soublin

On dit que Josepha

ENSATT

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Théâtre / Deux spectacles jumeaux et un compagnonnage solide s’annoncent à l’ENSATT où les Clochards Célestes programment les textes de Gwendoline Soublin mis en scène par Philippe Mangenot. Où il est question de la rudesse de la ruralité et d’abandon.

La folie rôde toujours au détour des phrases de Gwendoline Soublin. Née en 1987, formée notamment à l’ENSATT (département écrivain), la trentenaire creuse la façon dont se débattent ses contemporains avec les contraintes d’une société marchande et déshumanisée. Ses personnages extrapolent, s’inventent des fictions, délirent parfois dans le sens le plus salutaire qui soit. On dit que Josepha, présenté au festival En acte(s) en 2018 dans son plus simple appareil (des tréteaux, et une semaine de travail) mène sur un parking du très bien nommé Babylone-sur-Isette qui dit l’ancrage territorial et les rêves d’ailleurs. Une jeunesse désœuvrée s’amuse à jouer aux durs pour passer le temps sur le thème « on dit que… » jusqu’à évoquer une vieille dame, Josepha, et ses intentions étranges. Trouble.

D’autant que des coccinelles ont envahi les lieux. Dans Pig Boy, l’autrice se remémore son grand-père agriculteur breton, les suicides quotidiens de cette profession et la crise du cochon. Elle invente la suite avec brio, façon Truismes de Marie Darrieussecq, où l’homme mute en animal, en l’occurrence une porc-star de la marque de jambon Perta avant de basculer — effet boomerang — en 2358 où les animaux donnent naissance à des humains.

La ferme des animaux

Écrit en colonnes, dans des registres de langues différents, ce travail se prête particulièrement à une choralité que le metteur en scène Philippe Mangenot, auteur de la délicate fable biographique sur Tchekhov (Regardez la neige qui tombe), maitrise parfaitement avec ses acteurs — les mêmes dans les deux pièces — issus du Conservatoire de Lyon. Il est question de distribution de la parole, de rebondissements, d’équilibre, de chute par la voix de chacun mais aussi du travail sonore mené avec le compositeur Marc Fabre du GMVL (Groupement de Musiques Vivantes de Lyon) qui, dans Pig Boy, permet de traverser tous ces mondes tant le sujet est vaste.

Cette distorsion entre réel et imaginaire s’affirme dans les deux cas comme l’étrange reflet de ce qui meut les passants éphémères que nous sommes et trouve au plateau une résolution sans effet de manche mais au plus près des incohérences contemporaines.

Pig Boy 1986-2358
À l’ENSATT du mardi 17 au jeudi 19 décembre (en journée)
Au Théâtre de la Renaissance en mai

On dit que Josepha
À l’ENSATT du mardi 17 au jeudi 19 décembre (en soirée)

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