Florence Verney-Carron / Loïc Graber : gestion de crise

Covid-19 / Crash-test : la culture en PLS, en quelques jours, tel est le bilan immédiat de la crise induite par le Covid-19, virus pas très mélomane qui a mis a terre un pan entier de l’économie du pays — et pas n’importe lequel, celui qui donne du sens à nos existences tout en étant trop souvent pris pour partie négligeable, comme l’a montré sa gestion par un ministère de la Culture un brin largué. Du coup, on a questionné ici Florence Verney-Carron, vice-présidence à la Culture de la Région, et Loïc Graber, désormais ex-adjoint en charge du secteur à la Ville de Lyon. Pour savoir comment on réagit face à un tel uppercut quand on est aux commandes. Interview cut-up.

Avant l’effondrement

Loïc Graber : Quand j’ai pris mon mandat en 2017, je l’ai dit à plusieurs acteurs culturels : j’espère qu’on n’aura jamais à vivre un nouveau Bataclan. Je pensais alors à un attentat terroriste, susceptible d’entraîner une disparition du public des salles. Au quotidien, en tant qu’adjoint, on voit les budgets, les bilans des lieux : on sait ce qu’ils ont en réserve. Et je me disais, si jamais on doit surmonter quinze jours ou un mois de fermeture — je pensais ça à l’époque —, concrètement, ça va être très complexe. Les salles n’ont pas de réserve suffisante pour tenir plusieurs semaines sans public !

Impact dans…

Florence Verney-Carron : Je prend conscience de la crise très tôt, puisque dès début mars on a les premières annulations — notamment Quais du Polar le 13 mars. On se rend compte avec Laurent Wauquiez qu’il faut faire quelque chose. On va être en avance, car on va tout de suite faire une réunion avec une vingtaine d’acteurs culturels. C’était très intéressant : tous les secteurs étaient représentés, alors qu’ils n’ont pas forcément l’habitude de se voir, le livre, le cinéma, le spectacle vivant, le patrimoine… Pour nous qui sommes sur ce territoire de 9M d’habitants, tous les chiffres sont importants : 450 festivals, 250 compagnies, c’est vertigineux à notre échelle. Très vite on se parle. Ce qui va entraîner immédiatement la décision prise avec Laurent Wauquiez de mobiliser nos services.

LG : Malheureusement, le pire s’est produit. Progressivement : les jauges à 5000, puis 1000, et à partir de là, ça a été très rapide. On n’a pas réalisé tout de suite, car on n’avait pas de visibilité sur la durée. On pensait à dix jours, un mois, on a mis du temps à réaliser l’impact que ça allait avoir. Surtout, c’est arrivé au pire moment pour les salles. Avril, mai et juin sont les trois plus gros mois pour l’ensemble de la profession. Les lieux font la plus grosse partie de leur billetterie. C’est là où on lance tous les festivals. Toutes les futures saisons. Le pire moment ! Dès la fin mars, on s’est mis en route à l’Hôtel de Ville, du côté de la délégation des affaires culturelles, pour essayer de voir ce que l’on pouvait débloquer comme situations. On commençait à avoir des signaux, quelques coups de fil.

Allo, les urgences ?

LG : Deux types de coup de fil : le premier, de nos établissements culturels. Qui de fait se sont arrêtés. Il a fallu mettre en place des plans de continuité. Notamment sur les musées : au Musée des Beaux-Arts, il a fallu vite protéger les œuvres de l’exposition Picasso. S’occuper des assurances : il y avait pour plusieurs millions d’œuvres d’art réunies. Mettre les équipes en sécurité, s’assurer qu’il y avait des agents pour surveiller.
Seconde mesure, mobiliser les équipes en télétravail pour enclencher une démarche d’écoute des acteurs culturels. Les premiers à nous contacter sont ceux du spectacle vivant, pour nous demander si on savait quand ils allaient pouvoir rouvrir, dans quelles conditions. Nous, on était dans la même situation que tout le monde : le flou le plus total. On a assez vite mis en place un questionnaire, envoyé fin mars à toutes les structures dans les radars de la Ville. Pour connaître leur état : côté programmation, qu’est-ce qui annulé, suspendu, repoussé. Leur état en RH : qui était en statut d’intermittent, au chômage technique, en rupture de contrat… Et pour la visibilité financière, savoir si ces structures allaient basculer dans le rouge très vite ou si elles avaient un peu de marge. On a envoyé 170 questionnaires, avec une difficulté : les administrateurs n’étaient pas présents sur place, on a eu des retours très tardifs et très incomplets.

Ce travail d’écoute, on l’a conduit sur tout le mois d’avril. J’ai eu plusieurs structures au téléphone. Très vite, on s’est aperçu qu’on avait trois catégories : les acteurs publics, peu impactés car la collectivité prend en charge toutes les difficultés, avec des salaires payés, des contrats indemnisés même si les activités n’ont pas eu lieu, même si ça coinçait encore un peu fin juin avec la Trésorerie Générale. Ce secteur public représente beaucoup de gens à Lyon : à l’Opéra, les musiciens et les danseurs sont des agents de la Ville. L’Auditorium, les Célestins : pareil. Ce secteur public, et c’est plutôt une chance dans cette crise, a joué un rôle d’amortisseur. Seconde catégorie, les privés subventionnés par la Ville. Et les privés non subventionnés.

FVC : Les premiers appels étaient très concernés. Solidaires. Respectueux. Tous les acteurs culturels que j’ai eu étaient responsables. Ils n’avaient pas tous les chiffres, les éléments. Mais personne n’a essayé de tirer la couverture à soi, au contraire dès le début il y avait une volonté de travailler en commun. C’était très intéressant car je n’ai pas eu des gens catastrophés, mais qui cherchaient comment s’en sortir tous ensemble.

Collomb et Wauquiez entrent dans la danse

LG : Au début de la crise, ou… un peu plus tard on va dire, Gérard Collomb a quand-même remis le nez dans la gestion de crise. Et très vite il s’est aperçu que des secteurs entiers allaient la subir : les commerçants, le secteur culturel… Il m’a alors passé un coup de fil pour savoir ce qu’il en était, et on l’a tenu au courant souvent de l’évolution de la situation. La difficulté qui se pose alors à lui, c’est que la Ville a déjà engagé au 15 juin 60M€ dans la gestion de cette crise, entre les pertes de recettes et les frais supplémentaires engagés. Sur un budget annuel de 600M€, c’est conséquent. Quels moyens supplémentaires débloquer ? Le prochain exécutif devra décider ça. Cette contrainte financière impose d’être pragmatique. Je ne dirais pas qu’il y a eu un contact main dans la main, néanmoins il y a eu une mise entre parenthèse pendant cette période de début avril jusqu’à fin mai, des querelles et des difficultés de la campagne électorale pour se remettre au travail en tant qu’exécutif et gérer la crise le mieux possible.

FVC : Laurent Wauquiez a pris tout de suite conscience de la situation du monde culturel. Avec la première réunion, puis la seconde où il est revenu. Il a été extrêmement impliqué sur ce sujet, et dans la crise en général. À la Région, ç’a été le premier secteur que l’on a aidé et suivi, la culture. Derrière, pour l’ensemble des différents secteurs comme le tourisme et le sport, Laurent Wauquiez a demandé à ce que ça se calque sur ce que nous avons fait pour la culture.

Cellule de crise

FVC : Pendant le confinement, on avait une réunion avec le service tous les jours de une à deux heures pour faire le point. On avait fait une petite cellule qui s’est réunie ainsi pendant deux mois tous les jours. On a tout de suite aussi quarante personnes de nos services qui vont se mobiliser et vont appeler un à un tous les acteurs de la culture, en leur demandant comment on peut les aider. Très tôt, à la suite de ces appels et des mille questionnaires envoyés, on va avoir un diagnostic. On voit bien alors que tout le monde est dans l’angoisse, même si on n’a pas encore les annonces d’annulations en chaîne.

LG : La difficulté, c’était le télétravail. On ne pouvait pas se voir. J’avais des points bi-hebdomadaires avec les équipes de la direction culturelle. Et j’ai appelé pas mal de structures par téléphone pour connaître leur état. J’ai pu avoir une vision globale et avoir des alertes, notamment sur le secteur des indépendants. Les libraires, les disquaires. Les artistes programmés en festival. Tout ces milieux fragilisés aujourd’hui. J’ai beaucoup poussé pour que Tout l’Monde Dehors joue sous une forme ou une autre et que tous les dossiers déposés soient financés.

Help !

LG : La problématique, c’est combien on met sur un fond d’urgence. Je suis bien incapable de savoir combien on doit mettre. Les différences entre les structures sont extrêmement fortes : quand je vois qu’une Maison de la Danse est en danger si en septembre elle doit accueillir seulement un tiers de sa jauge, car ses subventions ne permettent pas d’éponger le déficit… On a une très grosse structure en danger, qui nous alerte depuis plusieurs semaines en nous disant : attention si les collectivités ne sont pas là pour nous aider, ce n’est pas avec nos fonds de réserve qu’on va être en capacité de passer la fin de l’année. S’ils peuvent rouvrir en septembre avec une jauge pleine et une programmation grand public pour avoir un remplissage très fort, ils vont pouvoir amortir. Mais il y aura un déficit. Et à côté, les structures 100% indépendantes vont avoir besoin d’un soutien extrêmement fort.

FVC : À la Région, on a mis en place un numéro d’urgence et un fond d’urgence immédiat, pour alléger les trésoreries. Entre les réunions avec Laurent Wauquiez, les appels de nos services, ensuite les questionnaires, tout de suite on essaye de faire du sur-mesure, s’adapter, sortir des normes. Notamment en rajoutant des codes NAP pour élargir le fond aux photographes, à d’autres secteurs. Là, on va toucher des acteurs qui n’étaient pas en lien avec nous mais que l’on va aussi aider. L’objectif qui est affirmé dès le début, c’est de dire qu’on a un écosystème extrêmement riche sur l’ensemble de notre Région, que l’on y tient, et qu’il faudra sauver tout le monde en ayant une attention plus particulière aux plus fragiles. C’est pour ça que l’on fait du sur-mesure, quand on prend conscience au fil des jours de ce que va être le confinement.

LG : Une vraie difficulté dans cette crise : la multiplicité des dispositifs mis en place par l’État et ses antennes, c’est illisible pour les structures. Et c’est très compliqué encore aujourd’hui de comprendre ce à quoi elles ont vraiment droit et ce qu’elles vont toucher réellement. Même fin juin, quand on leur demandait si elles étaient en mesure de passer les trois mois à venir, beaucoup nous répondaient être en attente, ne pas trop savoir. On est alors dans une difficulté à appréhender la réalité du déficit et de la situation économique. L’urgence pour nous a été de s’assurer entre fin mars et fin avril que les subventions déjà votées en décembre et en janvier étaient bien arrivées sur les comptes bancaires : 13, 83M€. Afin d’alléger les trésoreries : pour certaines structures ce n’est que 2000€, pour d’autres ça peut être beaucoup plus important. Parallèlement, on a maintenu l’engagement sur tous les événements. Même s’ils n’avaient pas lieu. Une seule contre-partie : il faut que tous les contrats pris soient bien honorés, pour éviter l’effet domino avec les artistes et les prestataires.

FVC : On a débloqué 32M€ d’aides. Dont du redéploiement, et de l’argent en plus. En fonction des groupes de travail, on fera évoluer ce montant. Et nous avons plusieurs festivals qui se tiennent malgré tout cet été, La Baume en Musique, Saoû Chante Mozart par exemple. On va s’adapter à chacun. On était là pour les moments difficiles, mais on doit être là aussi pour créer le cadre de réflexion pour rester une Région très en avance sur la culture. Les subventions sont également maintenues à frais engagés même si les événements sont annulés. On fera un état des lieux précis le moment venu. On a eu 481 dossiers validés sur le fond d’urgence culture (dont 163 sur le Rhône) au 19 juin, pour un montant accordé de 2 045 287 M€. Les plus touchés sont le livre (18, 08% des dossiers), le cinéma (17, 25%) et le spectacle vivant (25, 36%). Dans les dispositifs pour les TPE, on a pu parfois les réorienter aussi sur d’autres aides, notamment vers l’économie. L’association des théâtres privés en Région, que l’on n’aide pas habituellement : plus de la moitié ont bénéficié de notre fond d’urgence.

LG : Début mai, quand on a commencé à voir le déconfinement arriver, on a entamé une réflexion supplémentaire. On a eu l’opportunité de verser d’autres subventions : 546 800€ de plus, par décision du maire, qui devaient être votées en juin et juillet et sont passées par ordonnance le 1er avril. Et on a rajouté 50 000€ en plus pour les écoles de musique, en juin. Ce sont des subventions qui étaient prévues mais auraient dû arriver sur septembre, on a fait le choix de reporter les mêmes montants que l’année précédente. 86 structures sont concernées, plus une quinzaine d’écoles de musique.

Jouer collectif

LG : Au démarrage, il y a eu beaucoup de rencontres avec la DRAC, la Région, la Métropole et la Ville, surtout au niveau technique plus que politique. Notamment pour s’assurer que les dispositifs étaient complémentaires les uns des autres. Et pour s’assurer que toutes les collectivités se mettent autour de la table si jamais une structure vient nous appeler au secours. Que les tutelles se mobilisent ensemble.

FVC : On a aussi été forts en concertation avec les autres collectivités. La volonté de la Région, c’est depuis toujours de se poser comme ensemblier. On a fait la même chose : on est là en complément, en lien avec les collectivités. Dans les groupes de travail, pilotés avec la DRAC, toutes sont invitées à participer. Tous nos techniciens sont en lien constant avec la Ville et la Métropole.

Le ministre invisible

LG : Aucun lien avec la rue de Valois de notre côté. J’espère que la DRAC en avait plus ! Sinon, ce serait très inquiétant. Mais nous, niveau Ville, Métropole et Région, on n’avait pas de liens particuliers avec le ministère. Ils auraient dû mettre en place un guichet unique, une seule porte d’entrée avec derrière des gens en capacité de répondre à tous les acteurs culturels. C’est ce qui a vraiment manqué. Et ça continuait fin juin : on apprenait du jour au lendemain qu’une enveloppe était débloquée, qu’elle pouvait toucher tant de personnes, qu’elle était augmentée la semaine d’après… C’est sûr que le ministère découvrait l’ampleur des dégâts au fur et à mesure : peut-être qu’à un moment donné il aurait fallu faire preuve d’une réelle ambition, dire on met un milliard sur la table, qui va se répartir dans telles catégories. On aurait retrouvé sans doute ce qui a été mis dans plusieurs antennes, CNM ou fonds de soutien au cinéma — tous ces dispositifs auraient pu être affichés avec une réelle ambition plutôt que d’être éparpillés au fur et à mesure, ce qui donne à la fois une illisibilité des dispositifs, un manque d’ambition, et pour les acteurs une difficulté d’accès et une incompréhension. Malgré les efforts fait par l’État.

FVC : Nous, on avait ce lien avec le ministre de la Culture. Il a été quand-même très très touché par le Covid-19, il faut que les gens admettent ceci, il a été très malade pendant trois ou quatre semaines. Il a été pour ce qui nous concerne présent, avec une réunion intéressante et importante organisée par Franck Riester avec l’ensemble des vice-présidentes et vice-présidents à la Culture, au travers de l’Association des Régions de France (ARF). Il a été trois heures avec nous et a détaillé l’ensemble des mesures. On a pu voir que toutes les Régions avaient été pro-actives. On partageait déjà beaucoup, avec Christian Estrosi qui préside la commission culture de l’ARF, on a cherché ensemble des idées nouvelles. Tout le monde s’est mobilisé. On n’a pas attendu forcément non plus le ministère de la Culture, grâce à la force des Régions, qui ont des réponses plus adaptées aux territoires car on connaît bien les acteurs sur nos secteurs.

Le fameux petit festival de 50 personnes

LG : Là, on pousse un gros coup de gueule. Sérieux. On avait la veille au soir des gens qui nous disent : on ne peut rien organiser cet été. On annonce nous aux organisateurs qu’ils ne pourront rien faire. Et le lundi on découvre que le ministre déclare qu’on peut organiser des petits festivals ? Sans dire ce qu’est un petit festival ? L’illisibilité la plus totale. Gros coup de colère. C’était d’un amateurisme le plus terrible. Bon, il faut aussi reconnaître que cette maladie, personne n’arrive à l’appréhender ni ne l’avait vue venir. Et la vérité du lundi n’était plus la même le lendemain, c’était complexe d’arriver à bâtir des stratégies. Pour autant, il valait mieux ne rien dire plutôt que faire des effets d’annonce comme ça et laisser espérer.

En bras de chemise

LG : L’allocution de M. Macron, je ne l’ai pas suivie en direct. Mais en différé. Je me suis dit que c’était bien que le Président de la République s’intéresse à la culture et se dise qu’il y avait un vrai problème, qu’il fallait y aller. Mais j’ai regretté qu’il ne profite pas de cette occasion pour dire : on met le paquet. Il a annoncé des choses, oui, notamment pour les intermittents… Mais j’attendais qu’il affirme une ambition aussi. Avec un montant protégeant le secteur culturel, comme ce qu’il a fait dans l’aéronautique et le tourisme. Comme si finalement la culture, 1, 5M d’emplois, dont énormément en précarité, n’avait pas d’impact financier et économique. On va le ressentir à Lyon et dans toutes les grandes villes cet été avec l’absence de festivals ! L’approche était trop limitée, surtout par rapport à d’autres secteurs. Peut-être qu’il y a une méconnaissance du sujet.

En circuit court

FVC : On a réorienté aussi des structures vers le prêt garanti par la Région. Il n’y a pas un dossier que l’on n’a pas traité dans la journée quand on nous a contacté. Nous n’avons pas encore de retour sur le nombre de PGR culture accordés par la direction de l’économie. Les libraires ont aussi un soutien maintenant, pour l’achat de Plexiglas de protection.

LG : Le montant des crédits annuels d’acquisition de la Ville, ça dépend des années : entre 200 000 et 300 000€. Le principe, c’est que l’ensemble de nos équipements culturels, y compris la délégation culture en direct, a un budget d’acquisition d’œuvres d’art. Ça comprend l’Artothèque de la bibliothèque, la Bibliothèque elle-même qui achète beaucoup d’ouvrages, les musées, les Archives et la délégation culture : l’adjoint a une enveloppe d’acquisition pour toutes les œuvres exposées dans les bâtiments de la Ville de Lyon. L’idée, cette année — c’est le nouvel exécutif qui choisira — c’était de flécher sur des galeries, des lieux, librairies et artistes uniquement à Lyon. Jusqu’à présent on était sur des dispositifs d’achat, par exemple pour nos musées, où l’on était à la recherche de la perle rare comme un Matisse à l’autre bout du monde, ou un livre très rare pour la bibliothèque acheté à un vendeur parisien. Là, on va privilégier le local : acheter des photographies aux galeries comme Le Réverbère ou le Bleu du Ciel. Pour les bouquins, privilégier tout ce qui est structure locale. Pour les autres œuvres, des galeries ou artistes lyonnais. Le Musée d’Art Contemporain pour ses expositions de rentrée a fait le choix de passer commande en direct à des artistes lyonnais en prenant en charge les coûts de production. Juste avant le confinement, je ne savais pas encore ce qui allait se passer, mais j’avais déjà fait un grand tour des galeries lyonnaises pour acheter des tableaux et photographies lyonnais.

Une fois passé le peak time

LG : On a passé beaucoup de temps à faire des entretiens au cas par cas, des comités de suivi. La Ville de Lyon sera la collectivité qui va devoir combler les trous de la raquette : il y a tellement de dispositifs mis en place, que lorsque le bilan global sera fait, on saura ce qu’il manque et la Ville devra le faire, sans doute en binôme avec la Métropole. Je ne sais pas si la Ville de Lyon sera en capacité de sauver toutes les structures, certaines étaient déjà fragiles avant la crise. Notamment des petits lieux. Mais il n’y aurait rien de plus terrible que la richesse de l’écosystème culturel lyonnais s’effondre en partie : ce serait vraiment dommage. Aussi, il faudra accompagner techniquement certains dispositifs — par exemple les Scènes Découvertes, qui ont des capacités de cinquante places, en ouvrant à un tiers ça fait quinze places, c’est pas possible — donc leur mettre à disposition une salle municipale de 200 places, garantissant une jauge rentable même si réduite. On a regardé pour la Salle Paul Garcin par exemple si c’était possible. On a regardé aussi pour que les disquaires et les libraires puissent ouvrir des terrasses extérieures comme le font les restaurants, pour agrandir leurs surfaces de vente.

FVC : On est dans la troisième phase, en lien avec la DRAC qui est sur le même périmètre que nous. On doit maintenant s’adapter par esthétique pour accompagner la relance, les nouvelles formes, pour aider à la créativité de tout ce qui va se mettre en place en s’adaptant aux conditions d’aujourd’hui. On continue d’accompagner, et on a début juillet un nouvel état des lieux prévu pour la fin de nos groupes de travail.

L’important, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage

LG : Non, je ne sais pas encore quelle est l’ampleur des dégâts. J’ai quelques noms en tête comme le Kraspek Myzik qui est dans une situation extrêmement fragile. L’Espace 44 qui nous a alerté. La Comédie Odéon qui espère vraiment se refaire cet été dans les espaces publics. Je ne sais pas encore si c’est dix ou cinquante structures très menacées : on le saura au fil de l’été.

FVC : Je vais aller sur les festivals cet été : il y a des choses très intéressantes qui malgré tout ont réussi à se lancer.

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