Le Zola sort de sa chrysalide

Villeurbanne / Derrière ses portes closes, Le Zola a accueilli la semaine dernière Costa-Gavras et Michèle Ray-Gavras pour une rencontre privée exceptionnelle. Ceux-ci ont d’une certaine manière inauguré par anticipation la réouverture et la renaissance du seul cinéma villeurbannais.

La stupeur et les tremblements généralisés passés, les crises s’avèrent de sacrés moments darwiniens, où se révèlent dans l’adversité la puissance d’adaptation et la combativité des espèces. Il en va de même pour les salles de cinémas, et tout particulièrement pour Le Zola, qui n’a pas fait le canard en attendant patiemment la réouverture. Pionnier l’an passé des projections virtuelles via La Toile, le mono-écran villeurbannais a mis a profit ses six mois de baisser de rideau forcés pour poursuivre ses travaux de rénovation : désormais habillé de bleu profond et de bois clair, son hall a été plus que rafraîchi ; quant au son, sa qualité a été encore améliorée. Si l’on rappelle que les fauteuils avait été changés il y a moins de deux ans, c’est donc un cinéma quasiment neuf que les spectateurs vont retrouver — de quoi consentir à une (modique) évolution des tarifs.

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Un festival plus… court

Celle-ci sera d’autant plus volontiers acceptée que la programmation ne lâche rien question dynamisme. Contrainte de renoncer la mort dans l’âme en novembre dernier à un Festival du Film Court profondément inscrit dans l’ADN du Zola, l’équipe rebondit en plaçant cette 41e édition (devenue “2020+1”) du 26 au 30 mai, en la centrant sur l’essentiel de la compétition — soit deux programmes animation et six de la sélection européenne, avant un palmarès le dimanche à 14h. Ce décalage temporel peut jouer en terme d’attractivité : certains films à l’affiche ont en effet depuis été médiatisés grâce aux César — c’est le cas du très surprenant Qu’importe si les bêtes meurent de Sofia Alaoui, récipiendaire de la statuette, mais aussi de Baltringue de Josza Anjembe.

Autre rendez-vous manqué du début de l’année, Ciné O’Clock (le fameux carrefour du cinéma britannique) devrait lui aussi montrer le bout de son nez avant la fin du printemps, histoire de se rappeler aux bons souvenirs du public et annoncer son retour en janvier l’année prochaine. Là encore, une forme plus condensée tenant compte des contraintes actuelle est privilégiée, celle d’un gros week-end, du 11 au 13 juin.

Et l’on ne s’arrêtera pas en si bon chemin : l’été renouera avec la formule couronnée de succès l’an dernier du “Summer Camp“, soit un mixte de programmations éclectiques, d’autant plus riche que le réservoir de films à projeter est important, effet confinement oblige. Le soleil va avoir de la concurrence…

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