Elie Hammond, tatoueuse hybride

The Ink Factory

Anciennes usines Fagor-Brandt

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Tatouage / Zoom sur Elie Hammond, tatoueuse nouvelle génération qui a débuté sous l'égide de Dimitri HK avant de se forger son propre style et de devenir l'une des artistes les plus en vue du moment : la globe trotteuse sera présente à la convention The Ink Factory. Portrait.

Elie Hammond est une tatoueuse globe trotteuse, dotée d'un nom d’artiste tout droit sorti de V pour Vendetta (alias Evey Hammond). Dans la profession depuis une dizaine d’années, cette trentenaire qualifie son style « d'hybride, à mi-chemin entre la new school et le néo-traditionnel ». Pour comprendre ses influences, il faut remonter aux prémisses, avant même que l’histoire débute : « j’aime dessiner, faire de la peinture depuis que je suis toute petite, mais je prenais une voie plus conventionnelle correspondant aux standards parentaux ». Le déclic arrive lorsqu’elle se fait faire son premier tatouage, dans le salon de Dimitri HK à Paris, « une chance » dit Elie. Pour Dimitri HK aussi, qui l’a rappelé huit mois plus tard pour lui proposer un poste de manageuse. Le début de l’aventure.

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Une fois à ce poste, elle n’a jamais perdu de vue ses ambitions. « J’ai approfondi mon dessin, j’ai bossé et je lui ai montré chaque jour mes ébauches travaillées la nuit. Au bout d'un an, il a cédé en me disant que j’avais montré ma détermination et mon talent. Une chance, j’en suis consciente, je suis rentrée par la grande porte. » Cet apprentissage de trois années chez Dimitri HK influencera ses dessins et ses tatouages, en particulier en s'imprégnant de l’univers des comics américain et des BD — un style très présent chez ce tatoueur renommé.

Besoin de liberté pour se construire

« L’avantage de commencer chez Dimitri est d’être mise en contact avec des artistes ayant des identités très fortes. C’est super, évidemment, mais l’inconvénient lorsque tu es une jeune artiste qui recherche son identité, c’est que tu peux vite être noyée, entourée de telles personnalités. J’ai eu besoin de tracer ma route pour me trouver en tant qu’artiste » dit-elle.

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Les voyages pour Elie Hammond ont été des instants marquants de sa jeune carrière. Partie en road trip durant huit mois à travers l’Europe pour observer et travailler dans les salons, elle a beaucoup appris. Le rapport au travail, à la clientèle, au monde du tatouage : « m’imprégner, ça m’a permis de piocher dans les expériences et tous les aspects de la profession. Une période très formatrice. » Elle vadrouille, alors, en tatouant comme guest dans les salons.

De ces voyages, Elie retient les rencontres avec les artistes. Les rires, les échanges, le partage du savoir. Comme ces quelques jours en haut des montagnes suisses au studio de la famille Leu, où elle raconte avoir passé une soirée dans l’appartement de la mère de Filip Leu, tatoueur réputé : « quand j’ai raconté ma démarche, le pourquoi de mon road trip, elle m’a dit, c’est comme ça dans la vie, qui ose gagne. » S'ensuit un passage de trois ans, à Annecy, chez Bebert de Eleven Tattoo. Sa construction artistique s’est affirmée au fil des lieux et des artistes. Aujourd’hui, Elie a levé le pied et exerce depuis deux ans au studio Fatalitas! à Montreuil. Elle avoue avoir encore envie de voyage. « Une fois qu’on y a pris goût, la découverte, les rencontres, il est difficile de se poser. »

Rester dans le game

Quand on lui demande de qualifier son style, elle se décrit comme une tatoueuse à mi-chemin entre la new school et le néo-traditionnel. « Je dis parfois pour rire que je fais du post-traditionnel, en référence au post-punk ou à l’univers post-apocalyptique dont j’aime l’esthétique. » Son apprentissage avec Dimitri HK, un pilier, lui a appris à toucher à tous les styles. Elle avait alors peur de faire toujours la même chose, de se lasser. Se renouveler, savoir se remettre en question : voilà dix ans qu’elle pense le tatouage comme un art en perpétuelle évolution.

Elie a toujours réalisé portraits et dessins d’observation, mais le réalisme pur n’a pas été une option retenue pour ses tatouages. C'est la rencontre avec le néo-traditionnel qui a été une évidence pour elle.

La tatoueuse est fière des pièces ancrées dans sa propre peau, réalisés, dans leur majorité, par des artistes admirés. Parmi ceux-là, Elie Hammond cite deux noms qui sont aussi ses influences actuelles : « James Tex, un Canadien qui m’a tatoué les côtes et le genou et Teresa Sharpe, une Américaine qui m’a tatoué tout le bras gauche. J’ai eu la chance de les rencontrer et de voir les humains derrière les artistes. » Avec pour la blague, une abeille sur la main gauche qui fait bzzz lorsqu’elle tatoue.

Une première à The Ink Factory

Habituée des conventions, Elie Hammond est pour la première fois invitée comme artiste à la convention The Ink Factory. « J’étais présente en 2019 comme visiteuse. C’est une très belle convention, très qualitative alors je suis honorée que ma candidature ait été retenue ! » Les conventions sont, pour cette artiste adepte de rencontres et d’échanges, une occasion de se tenir informée des tatouages d’aujourd’hui : « pouvoir regarder le travail de mes collègues ça me donne encore plus la niaque et l’envie de rester dans le game. »

C'est aussi une occasion d’approcher un public pas toujours initié aux tatouages : « je suis contente de donner confiance, ou parfois de redonner confiance après une expérience négative. Être tatoueur c’est aussi cet aspect-là. »

Durant la convention, les visiteurs pourront se faire tatouer par Elie Hammond. « J’ai booké le vendredi avec une pièce importante, mais j’aime me garder de la place pour les gens qui viennent se faire tatouer sur un coup de cœur. J’étale mes flashs et après je laisse les gens se servir dans ce que je propose. » L’opportunité pour ceux qui le souhaitent de passer sous l’aiguille de cette artiste qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

Fatalitas!
31 rue de l'Église, 93100 Montreuil
Son Instagram


5 dates clés

7 septembre 2010 : Elie Hammond intègre l’équipe de Dimitri HK

27 août 2011 : Début de l'apprentissage et premier tattoo sur son coloc' (précision : ils sont toujours amis, et la tattoo va bien !)

Mi-octobre 2013 : Départ pour un road trip tattoo de 8 mois à travers l’Europe

Mars 2017 : Première fois au Mondial du tatouage, une certaine consécration en tant qu’artiste

4 janvier 2021 : Elie Hammond pose ses valises chez Fatalitas Tattoo, à Montreuil, où elle exerce toujours

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