De la disparition


Il faut arriver pratiquement devant le chœur, tourner la tête à gauche puis à droite et simplement contempler. Une commande de la ville au plasticien Pierre David et la chapelle de la Trinité n'est plus la même. Il y a bien, dans le chœur, les quatre jésuites omniprésents, ostentatoirement là. Mais en réponse, quatre personnages d'aujourd'hui, d'une humanité bouleversante, ont trouvé refuge. Pierre David est allé chercher des gens, des rescapés, des invisibles arrivés en France comme tant d'autres, rejetés de leur pays. Une Cambodgienne, un vieil Algérien, une Camerounaise, un Yougoslave et son fils, tous drapés, les yeux fermés, la posture élégante, tous auréolés d'or, tous pétris d'une divine humanité. Le travail de Pierre David fascine autant qu'il déconcerte, émeut par la puissance de son propos.


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Du plaisir de la programmation