L'ombre et la lumière


Hip-hop / Du mythique documentaire Scratch de Doug Pray (2001), on pouvait notamment retenir cette scène démente où, lors d'une soirée, Dj Shadow, Dj QBert, Dj Relm et Dj Flare se mettent derrière les platines, comme ça, pour s'amuser ensemble au plus grand ravissement des chanceux présents. La vision de cette séquence devrait, dans un monde parfait, convaincre les ultimes rétifs : oui, les platines sont des instruments de musique, et les meilleurs turntablists des génies musicaux. Josh “Shadow“ Davis est donc l'un d'eux, précoce qui plus est. Il se passionne pour le hip-hop dès l'âge de douze ans, commence à torturer des vinyls en 1983 alors que les culs blancs dans son genre sont censés s'éclater sur la prostitution active de la pop et de la new wave. Devenu une véritable brute en scratch et en sampling, il sort son premier album Endtroducing en 1996, le premier disque entièrement constitué de samples de l'histoire – sa piste la plus plébiscitée, le fabuleux Organ Donor, ajoute un beat hip-hop monstrueux au planant Tears de Giorgio Moroder, et témoigne à elle seule du génie du bonhomme, tandis ses versions live démontreront son efficacité hors normes aux platines. Ses collaborations avec UNKLE, QBert et Cut Chemist l'installeront définitivement dans la galaxie abstract hip-hop, ses albums solo se risqueront à explorer des voies interrogeant le son hip-hop avec intelligence. Soyez prévenus : en allant voir Dj Shadow en live, n'attendez pas un cuistre au sourire ahuri qui lève les bras en passant les Black Eyed Peas, mais préparez-vous à voir un authentique musicien. FCDj Shadow
Au Théâtre Antique de Vienne, dans le cadre des Authentiks (38), mardi 13 juillet.


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Clair et net