En Trans


Rock / Une chose est certaine, le trio lyonnais Transgunner est sûr de son fait. Notez que lorsqu'on entend pratiquer une forme de rock qui décolle la tapisserie des murs et les talons du sol, il vaut mieux ne pas avoir l'âme timorée et l'abord timide. Alors, comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même (à moins bien sûr d'avoir des amis milliardaires avec des trous dans la cervelle), Transgunner n'a pas hésité à intituler son album Très Classe (ce qui a le don de trancher avec une pochette pour le coup royalement hideuse). Bon, il faut avouer que la Découverte du Printemps de Bourges 2011 a quelques arguments à avancer. Et les avance avec tout le manque de discrétion requis, aux croisées autoproclamées du Clash et de Gang of Four. Mais alors à supposer que ces derniers soient tombés par hasard sur le pantalon lamé de leur grosse cousine pour ses sorties bitures-discothèque du vendredi soir. Ici pas de chichi : «Say my name bitch, we're a french hot band» résonne d'entrée comme une profession de foi(e) à l'haleine un poil chargée. Le type qui lui parle comme ça au bout d'un verre, la dame lui pète un genou direct. Pas là : Transgunner a une belle gueule et sait s'y prendre pour coller au popotin sur des rythmiques néo-funk et au gré de refrains que ces sales gosses se voient déjà bramer dans les stades (c'est pas ça qui manque les stades, non ?). Bref, ça flingue un peu dans tous les sens et souvent dans le mille (WTF is Chuck, J.E.R.K, et le plus élaboré Moksha). L'ensemble est peut-être un poil répétitif mais n'est-ce pas ainsi qu'on enfonce un clou : en tapant dessus comme un sourd.
Stéphane Duchêne 


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La voix de Diane