Sourdure, un singulier Arverne


Á force de vous entretenir, à chaque itération du festival Funambals, des liens souterrains qui unissent les musiques folkloriques et électroniques, il fallait bien qu'on finisse par vous présenter un musicien les resserrant – en l'occurrence inextricablement, au point qu'en comparaison, l'art du bondage s'apparente à du tressage de scoubidous.

Dont acte : ladies and gentlemen, we give to you Ernest Bergez, one-man-band diplômé de l'ENM de Villeurbanne qui, sous le nom de Sourdure et planqué derrière un fatras de câbles et potards qui ferait sensation au Chaos Communication Congress (la grand-messe des bidouilleurs informatiques), revisite le patrimoine musical de son Auvergne natale à l'aune des libertés prises depuis par la noise, la techno et la musique concrète.

Á moins que ce ne soit l'inverse. Car à l'instar des collectifs tradi-modernes de Kinshasa (en tête Konono n°1, dont le fondateur a passé le likembe à gauche la semaine passée), rien ne prend le pas chez Sourdure : ni la rengaine d'antan (chantée d'une voix fourbue et/ou grattée au violon), ni le bourdon avant-gardiste, ni la cadence codifiée, ni la défaillance électrique.

Seule lui importe la spontanéité, seule garante du bon déroulé de ce voyage en surplace qu'est la transe, fut-elle primitive, futuriste ou, comme ici, entre deux âges. Son premier album s'appelle justement La Virée, est c'est l'une des plus insolites et sensationnelles auxquelles on ait pris part dernièrement.

Benjamin Mialot

Sourdure [+ Guilhem Lacroux]
Au Sonic jeudi 23 avril


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