Une visite aux petits oignons

180 ans au compteur et une santé de fer : la brasserie Georges ouvre ses portes au public ce week-end.


Fut un temps béni où Louis Pradel n'avait posé ni la verrue de béton qu'est Perrache (1976), ni l'autoroute (1972) sur le cours Verdun. Mais cette situation peu amène ne change rien à la fréquentation de la Brasserie Georges, qui depuis quelques années voit même défiler devant sa façade de 42 mètres de long, des co-voitureurs en pagaille se donnant là rendez-vous.

L'époque change mais l'institution demeure. Seul établissement à encore brasser sa bière intramuros, la Brasserie Georges, ouverte sept jours sur sept, affiche une moyenne annuelle de mille convives journaliers qui ingurgitent 100 000 litres de ce breuvage houblonné, parfaitement épongé par la fameuse choucroute.

À Georges déployé

Au-delà de la nourriture, le plaisir de s'attabler à la Brasserie Georges est aussi celui de se fondre dans les banquettes en moleskine rouge dans cette salle qui défie l'architecture (700 m² sans aucun pilier mais soutenue par d'immenses poutres en sapin venues de la Chartreuse et du Vercors, les deux piliers du fond marquant la séparation avec l'ancienne salle de billard), de contempler l'art déco, les peintures de Bruno Francisque Guillermin ou le buste de Georges Hoffherr, ce brasseur qui, jeune veuf, débarqua en 1836 ici avec ses six enfants sous les bras.

Cet alsacien et surtout son successeur et gendre Thomas Umdenstock ont développé de multiples autres enseignes dans la ville. Toutes ont fermées au cours du XXe siècle accablé par les guerres mondiales ; trois d'entre elles sont devenus des cinémas, dont l'actuel Astoria. Aujourd'hui propriété de Christian Lameloise, ce lieu mythique qu'est la Georges, traversé par Hemingway, Verlaine, Jules Verne et tant d'autres, se dévoile entièrement durant deux jours.

Brasserie Georges
30 cours de Verdun, 2e

 


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