Surfaces sensibles

Traquant les représentations picturales du goût, de l'odorat, de la vue, de l'ouïe et du toucher, le Musée Paul Dini se laisse aller joyeusement aux tentations des sens, et même... de la sensualité !


Le Musée Paul Dini fête son quinzième anniversaire en mettant en avant les diverses représentations possibles des cinq sens, tout au long du 19e siècle. Que la peinture et la sculpture soient liées à la sensibilité depuis leur origine, nul n'en doute, mais ce siècle y est sans doute particulièrement attentif sous l'impulsion des mouvements naturaliste, réaliste, voire impressionniste... L'art s'adresse dès lors moins à l'esprit et à ses besoins de narration ou de sublimation, que directement au corps et à sa soif de sensations nouvelles.

L'exposition au Musée Dini rassemble quelque quatre-vingt dix œuvres (dont de nombreux prêts du Musée d'Orsay) signées, par exemple, Odilon Redon, Auguste Morisot, Jean-Léon Gérôme, Paul-Hippolyte Flandrin, Eugène Carrière, Gustave Doré...

Joie de peindre

L'une des sections de l'exposition concerne tout particulièrement la thématique érotique de ce numéro, en mettant en avant les "Tentations galantes et les nudités". Les peintres, au 19e siècle, n'ont plus besoin de recourir aux sujets mythologiques ou religieux pour composer des nus et ouvrent grand leurs boîtes à fantasmes à travers l'orientalisme, l'exotisme... Ou à travers une sensualité plus directe et plus intimiste, comme dans la composition de cette Femme couchée du lyonnais Jacques Martin (1844-1919). Violoniste, peintre de fleurs et de natures mortes, Jacques Martin a réalisé aussi nombre de nus et de portraits, sous l'influence de François Vernay et de Auguste Renoir. « L'œuvre de Jacques Martin, écrivait l'historien de l'art René Jullian, respire la joie de peindre : on sent qu'il aime la couleur non point comme un simple véhicule destiné à traduire des idées ou des sentiments, mais pour elle-même et pour le seul plaisir. »

Tentations. L'appel des sens (1830-1914)
 Au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu'au 12 février 2017


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