La saison des auteurs

Après les deux rentrées littéraires de l'année, riches de plus d'un millier d'œuvres, et avec le printemps, revient la saison des salons et autres manifestations littéraires d'envergure dans l'agglomération. Avant-programme à l'usage du lecteur compulsif.


Fête du livre de Bron

La thématique, c'est fini. Désormais, la Fête du Livre de Bron, richesse littéraire oblige, s'articulera sous formes de cycles thématiques à même de lui rendre justice : l'enfance comme pays natal, la vie des autres, le roman familial, le rapport à l'Histoire, le roman social, la littérature de voyage seront autant de points d'ancrage avec les auteurs conviés à cette 32e édition de l'incontournable festival littéraire brondillant.

Parmi eux, on retrouvera, comme d'usage, quelques unes des grandes plumes de la rentrée de septembre : Delphine Coulin, Pierre Ducrozet, François-Henri Désérable, Yannick Haenel, prix Médicis pour Tiens ferme ta couronne,  Christophe Honoré, Lola Lafon, Monica Sabolo, Marie Richeux, mais aussi des "auteurs de janvier" comme Pierre Lemaître qui honorera dès le 24 janvier une rencontre à la Médiathèque de Bron autour de son roman Couleurs de l'incendie, deuxième volet de la trilogie Au revoir là-haut.

Concerné par les rentrées de septembre ET janvier avec les deux tomes de son épique Projet M (plus de 800 pages chacun), Grégoire Bouillier sera l'une des attractions (même si pas la plus connue) de cette édition, autour du thème de l'écriture de soi (inutile de dire qu'il en connaît un rayon) et pour une lecture de son œuvre. La littérature internationale quant à elle verra se produire entre autres le Belge Thomas Gunzig, l'Haïtienne Yanick Lahens et Tariq Ali. Moins connue par chez nous, cette grande figure de la gauche britannique, auteur des Dilemmes de Lénine, est à découvrir absolument.

Au rayon sciences humaines, l'hippodrome de Bron accueillera un dialogue entre Patrick Boucheron et Jacques Rancière autour du thème, fort à la mode, des rapports entre la réalité et la fiction, tandis que la question de la migration sera abordée par l'ethnologue Michel Agier et la sociologue Catherine Wihtol de Wenden. Au-delà, le festival, s'agrémentera de lectures musicales et de concerts littéraires, de performances et même d'une sieste littéraire et acoustique proposée par Bastien Lallemant et des auteurs invités.

Du 7 au 11 mars à l'Hippodrome de Parilly


Quais du Polar

Chaque année, le festival Quais du Polar, dont le succès ne se dément pas, met à l'honneur un pays et sa manière d'aborder la littérature noire. Ce sera, pour cette 14e édition, le tour de l'Italie avec des auteurs tels que Donato Carrisi, Giancarlo de Cataldo, Luca Di Fulvio ou Valerio Varesi. Une édition qui fêtera aussi le Centenaire de la paix – et donc de l'armistice de 1918 – et les 50 ans de mai 68. Deux événements qui imprégneront de nombreux débats. Parmi les autres thèmes évoqués : outre un focus sur les précieuses éditions Sonatine qui fêtent leurs dix ans, Quais du Polar propose tous azimuts : le roman post-apocalyptique, l'écologie, l'art, le renouveau du roman noir américain. Ainsi que ses habituelles activités parallèles : cinéma, dictée, enquête, concours de nouvelles qui font battre autrement le cœur d'un festival résolument populaire.

Mais Quais du Polar cela reste avant tout des rencontres (à tous les sens du terme) avec des auteurs, au nombre de plus d'une centaine, entre stars incontournables et abonnées au festival et découvertes venues du monde entier. Devraient ainsi attirer les foules : Harlan Coben, Camilla Läckberg, Ian Rankin, Deon Meyer, Patricia MacDonald, Franck Thilliez, DOA, Caryl Férey, Jean-Bernard Pouy, Romain Slocombe, Serge Quadrupanni. À suivre également : M.J. Alridge, Lindwood Barclay, Yana Wagner, Christos Markogiannakis et la star montante du polar français Olivier Norek, auteur de l'acclamé Entre deux mondes. On ne peut pas les citer tous, mais ils seront tous là ou presque. Et vous aussi.

Du 6 au 8 Avril au Palais de la Bourse


Assises Internationales du Roman

Organisées conjointement par la Villa Gillet et Le Monde des Livres, les Assises du Roman entendent d'abord faire vivre le débat autour de la littérature et des problèmes de société qui s'y rattachent mais aussi autour de la langue, en prenant pour point d'appui les livres qui ont fait l'actualité ou pas, mais aussi en convoquant des écrivains, notamment étrangers, que l'on a peut-être moins l'habitude de voir dans nos contrées ou nos bibliothèques.

Parmi les thématiques évoquées pour cette édition 2018 : la saga familiale, l'adolescence, le désir et l'absence, les tourments de l'histoire, la révolte, l'enquête comme force littéraire ou la société post-attentat. Côté auteurs, on peut d'ores et déjà annoncer quelques-uns des noms marquants de la rentrée littéraire de l'automne dernier, à commencer par l'une de ses auteures phares : Alice Zeniter et son Art de Perdre, lauréat du prix Goncourt des Lycéens, longtemps en lice pour le "grand Goncourt" et qui aura été l'un des livres les plus commentés de l'automne. Parmi les autres auteurs hexagonaux : Lydie Salvayre, Goncourt 2014, Erwan Lahrer, écrivain rescapé du Bataclan, Anne et Claire Berest, Jean-Marie Blas de Roblès et Philippe Jaenada enfin récompensé par un grand prix avec le dernier Fémina pour La Serpe.

Parmi les écrivains du domaine étranger, l'on retrouvera une belle doublette britannque Jonathan Coe-Ian McEwan, ainsi qu'une poignée d'auteurs venus du monde entier : Karla Suarez (Cuba), Juan Gabriel Vasquez (Colombie), Paolo Cognetti (Italie), Alberto Manguel (Argentine), Renato Cisnero (Pérou), Elvind Evjemo (Norvège) ou encore Mohamed Mbougar Sarr (Sénégal). De quoi ouvrir à l'infini et comme chaque année de nouveaux horizons littéraires.

Du 21 au 27 mai aux Subsistances


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