Robot avant tout


Mettre la machine au cœur du plateau, voire l'y laisser seul. C'est ce que fait Stefan Kaegi du Rimini Protokoll avec Uncanny valley parr exemple cette saison ; c'est ce que vient de faire avec brio, de manière radicalement différente, Joël Pommerat dans son nouvel opus, Contes et légendes. Et voici que Linda Blanchet s'y essaie. Formée au documentaire à la FEMIS, la Niçoise, déjà à l'origine de ce spectacle construit avec Facebook, 2 ou 3 choses que je sais de vous, a travaillé sur HitchBOT, ce robot auto stoppeur créé au Canada en 2014 pour étudier les interactions entre machines et humains. Dans Killing robots, présenté au Théâtre de Villefranche mardi 17 mars après être passé au TNG, elle s'appuie sur les photos que le robot prenait toutes les vingt minutes pour retracer son parcours qui n'aura duré que 26 jours. Si les protagonistes sur scène se noient parfois dans trop de logorrhée, le robot fascine et magnétise avec sa tête sommaire qui semble vivante. C'est tout le paradoxe de cette aventure : la chose inanimée et ultra connectée génère plus d'émotions que ceux qui l'ont pensé.


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