J'ai toujours rêvé d'être un gangster

ECRANS | de Samuel Benchetrit (Fr, 1h48) avec Édouard Baer, Anna Mouglalis, Jean Rochefort…

Dorotée Aznar | Mercredi 19 mars 2008

Auteur et metteur au scène de théâtre puis, au cinéma, d'un plaisant Janis et John, Samuel Benchetrit tente de transformer l'essai avec J'ai toujours rêvé d'être un gangster. Mais, dans ce film à sketchs dont le point commun est une cafétéria sur une aire d'autoroute, ce qui gène vite, c'est la «cinéphilie» de son auteur. Les guillemets sont volontaires car on se demande vraiment si on regarde une suite de clins d'œil, un digest pas toujours bien digéré ou un quasi-plagiat. Que des apprentis gangsters y tchatchent comme chez Tarantino, ou qu'au contraire ils peinent à se traîner comme dans Le Pigeon, pourquoi pas ? Que la construction du film soit empruntée à celle de Mystery train de Jarmusch, soit. Mais que Benchétrit reproduise, lors de la séquence Arno-Bashung, un sketch entier de Coffee and cigarettes du même Jarmusch, sans même créditer son auteur au générique, là, il y a vraiment un problème. Qu'importe après tout, si le film dans son ensemble était à peu près plaisant à suivre ; mais il est au contraire laborieux, sans rythme, complaisant envers ses propres trouvailles. En définitive, seul le casting, belle réunion de pointures, vient sauver l'affaire de l'anecdotique et faire oublier ce côté déjà-vu.CC

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