Frangins malgré eux

ECRANS | D’Adam McKay (ÉU, 1h38) avec Will Ferrell, John C. Reilly…

Dorotée Aznar | Vendredi 14 novembre 2008

Dale et Brennan sont les versions hardcore du fameux Tanguy d'Étienne Chatiliez. Des quasi quadragénaires, glandeurs, asociaux, puérils à s'en taper la tête contre les murs, accrochés aux basques de leurs parents célibataires. Quand ces derniers tombent amoureux et se marient, les grands enfants vont devoir apprendre à cohabiter… S'il est carrément plaisant de retrouver l'équipe de choc responsable des hilarants Présentateur Vedette : la légende de Ron Burgundy et Ricky Bobby, roi du circuit (Will Ferrell devant la caméra, Adam McKay derrière et Judd Apatow à la production), il est encore plus réjouissant de constater que la troupe sort des schémas narratifs dans lesquels elle semblait s'engoncer. Fini le focus sur un personnage infatué, sa chute et sa rédemption, place à la savoureuse émulation entre deux individus irrécupérables, propice à un jeu de massacre des convenances familiales en vigueur. Le caractère volontairement régressif des deux personnages principaux, campés avec un génie comique ineffable par John C. Reilly et Will Ferrell, permet en effet de brocarder avec violence les cultes de la réussite et de l'arrogance sociale pour mieux enfoncer le clou d'une différence finalement envisagée comme salutaire. Grossier, frondeur, franchement fendard, Frangins malgré eux est un authentique et jouissif film de sales gosses. On espère juste que les doubleurs français ne se sentiront pas obligés de saper la moitié des blagues ou d'atténuer la crudité des dialogues ; on peut toujours rêver… François Cau

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Frangins malgré eux

ECRANS | Adam McKay Sony pictures home entertainment

Christophe Chabert | Jeudi 4 juin 2009

Frangins malgré eux

Les rois de la comédie débile sont de retour ! En salles, les distributeurs les envoient au casse-pipe à coups de sorties techniques ; en DVD, ils font le bonheur des fans, de plus en plus nombreux. Frangins malgré eux, production Judd Apatow avec le duo à hurler Will Ferrell / John C. Reilly, est une merveille appelée à devenir un fleuron de cette vague incongrue. Deux vieux garçons de 39 ans doivent cohabiter après le mariage de leurs parents respectifs. Les beaux-frères se foutent d’abord sur la gueule (grandiose séquence des couilles sur la batterie), avant de découvrir qu’ils ont tout pour être les meilleurs amis du monde (fabuleux passage de la construction du lit superposé). Le film avance à cent à l’heure sur le sentier d’un scénario certes prévisible, mais dynamité par des idées particulièrement déjantées. Le génie de Frangins malgré eux, c’est d’assumer jusqu’au bout l’immaturité de ses personnages, en faire non seulement un ressort de comédie mais aussi une morale : les adultes coincés en tireront la leçon en se rappelant l’ado qu’ils ont été, et y puiseront une nouvelle énergie. La philosophie geek triomphe donc face à la normativité sociale et ses divers renoncements.

Continuer à lire