Volt, star malgré lui

ECRANS | De Chris Williams, Byron Howard (ÉU, 1h35) animation

Christophe Chabert | Mardi 27 janvier 2009

Une curiosité légitime poussait à attendre quelque chose de Volt : pour la première fois, un des pionniers de Pixar, John Lasseter, travaillait comme producteur exécutif sur un film de la maison-mère Disney. L'entrée en matière percutante de Volt laisse penser que la greffe va prendre : une impressionnante scène de poursuite avec un chien doté de super-pouvoirs, puis une mise en abime du «tournage» de la séquence où l'on découvre que ledit clébard est un acteur à qui l'on cache son statut de star de cinéma. L'animation virtuelle qui donne des leçons au réel ? C'était déjà le sujet passionnant de Toy Story. Mais là où Lasseter poussait le bouchon jusqu'à donner vie et pensée à des créatures inanimées, Volt se contente de reproduire le vieil anthropomorphisme disneyen, avec tous ses poncifs narratifs (seconds rôles truculents, séquence émotion à la fin et chanson sirupeuse au milieu). Le constat est implacable : à l'heure où Pixar créait le révolutionnaire Wall-E, Disney pataugeait avec ce faussement moderne Volt. CC

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Flip et flippés

Cirque | Dans Départ Flip, ils et elles grimpent sur un toit de cordes et rampent. Nous les regardons là-haut comme nous regarderions au zoo une kyrielle de singes (...)

Nadja Pobel | Mardi 30 avril 2019

Flip et flippés

Dans Départ Flip, ils et elles grimpent sur un toit de cordes et rampent. Nous les regardons là-haut comme nous regarderions au zoo une kyrielle de singes se mouvoir avec attention et agilité. Qui sont-ils ? Leurs trapèzes encore enroulés à la structure métallique sont leur langage, celui avec lequel ils vont devenir une tribu à laquelle nous convie Aurélie La Sala, ancienne boxeuse, circassienne qui a repris seule la compagnie Virevolt fondée avec Aurélien Cuvelier. Sans numéro d’épate, au sol, dans les airs, amassés sur un cube à 80 cm du sol comme si une mer menaçante allait les aspirer, les acrobates signent un spectacle bouleversant sur ce qu’il nous reste de liberté, la capacité et/ou la nécessité d’être seul ou plusieurs, comment on se débat avec les contraintes extérieures et nos urgences intérieures. À voir au Théâtre de Villefranche le samedi 4 mai à 17h.

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Isadora Duncan, corsetée

Théâtre | Dans un travail pointilleux, Silvano Voltolina rend hommage à la danseuse Isadora Duncan. Mais ID +/- s'avère souvent lourd à déployer.

Nadja Pobel | Mardi 5 mars 2019

Isadora Duncan, corsetée

Depuis six ans, au sein de la compagnie SPINA qu'il a co-créée, Silvano Voltolina, membre dès 1995 de la Societas Raffaello Sanzio auprès de Romeo Castellucci, travaille tant le théâtre que les arts visuels. Il le fait toujours au profit d'un récit, celui sur Marx, celui issu du Songe de Strindberg (Indra) et désormais un autre composé d'après les éléments biographiques de la danseuse du début du XXe siècle, Isadora Duncan. Sur le plateau, c'est la fille qu'elle a été qui prend la parole sous les traits de l'actrice Nanyadji Ka-Gara (formée à l'école supérieure de Bordeaux), déterminante dans la conception du spectacle. D'emblée, elle a littéralement « perdu la tête » enserrée des objets métalliques. Au gré d'accessoires ingénieux et même de vidéos qu'elle réalise en direct, elle déroule ce destin chaotique et créatif : inventer une danse dénuée de son académisme et se frayer un chemin personnel dans une vie modeste où

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Le Père Noël est un rockeur, le retour

Rock & Kids | Après avoir visité les cheminées du Marché Gare (2011), du Transbordeur par deux fois (2012 et 2013) et des clubs de rock des Pentes (2014), le Père Noël repasse en 2018 par le Rock'n'Eat, quai Arloing, et ce un peu en avance, puisque dès le 12 décembre. Pourquoi ? Pour un événement au profit des enfants du Secours Populaire baptisé "Le Père Noël et ses rockeurs".

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 novembre 2018

Le Père Noël est un rockeur, le retour

Soit un concert, organisé par les associations M2M Entertainment et AQAB Events avec le soutien d'un certain nombre d'acteurs culturels (le Kraspek Myzik, la radio Sol FM, Mediatone, Spiritribe, [zOz] Photographie, Kosmic Webzine), dont chaque entrée sera convertie en jouet pour un enfant du SP – aucun des jouets offerts n'étant en rapport, c'est important, avec la guerre tient à préciser le Père Noël des rockeurs. Et pour attirer un maximum de monde (dans deux salles), la programmation ratisse large. Avec en ouverture : le folk-punk de Forest Pooky, qu'on ne présente plus, suivi du cabaret trash (et sacrément weird) d'Ursule et Madame (salle du billard), le duo hip-hop hardcore grenoblois As a new revolt et le stoner/rock « rien à branler » de R.A.B. Bref, un concert pour adultes au profit des enfants. Une combinaison parfaite en guise de costume de Père Noël.

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Voltaire, un jeune homme pressé

Bande Dessinée | Après Pablo Picasso et Isadora Duncan, le dessinateur Clément Oubrerie s'attelle à la vie de Voltaire dans une nouvelle série au trait raffiné qu'il vient dédicacer deux jours durant à Lyon.

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Voltaire, un jeune homme pressé

De Clément Oubrerie, l'on avait apprécié la série Aya de Yopougon, six tomes parus depuis 2005 en compagnie de la scénariste Marguerite Abouet (chez Gallimard) : un vrai succès que ce tendre récit. Le dessinateur, né en 1968 et prolifique, s'est ensuite attelé en compagnie de Julie Birmant à une biographie en quatre tomes de Pablo Picasso, centrée sur sa jeunesse à Montmartre : Pablo, puis à la vie d'Isadora Duncan en deux tomes, en 2015 (tout ceci étant hébergé chez l'éditeur Dargaud). Le format biographie semble particulièrement inspirer Oubrerie, de retour en cet automne avec le premier volume d'une nouvelle série consacrée cette fois à la vie de Voltaire : Voltaire Amoureux. Comme son titre l'indique, l'on suit le dramaturge au fil de ses passions amoureuses, d'actrice intéressée en maréchale innaccessible. Ce tome 1 le montre impétueux, sûr de son fait comme de ses bons mots qui ne cessent pourtant de lui causer du tort, tabassage ou embastillage se succédant, nourrissant ou ralentissant sa verve créatrice qui ne l'a pas encore menée à son Candide ou à Zadig.

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La volte-face de Voltaire

Ferney-Voltaire - Ain | Peu enclin aux courbettes, Voltaire devenu indésirable à la Cour comme à Genève et brouillé avec le roi de Prusse s’est installé dans l’Ain, aux confins de la Suisse, pour y passer les vingt dernières années de sa vie.

Nadja Pobel | Mardi 5 avril 2016

La volte-face de Voltaire

Depuis 1999, ce lieu est propriété de l’État et administré par le Centre des monuments nationaux de France, étant même classé Monuments historiques. Il fallait bien tous ces macarons décernés par le ministère de la Culture pour dire à quel point ce château est un passage incontournable de l’histoire littéraire de ce pays. Et même sociale. Fervent défenseur des nobles causes (les affaires Calas, Sirven), Voltaire s’est battu contre l’affranchissement des serfs jurassiens et l’octroi de franchises sur cette terre du pays de Gex où il vit dès 1758, à 64 ans. C’est dans ce château, dont les premières traces remontent à 1312, qu’il réunit ce que la société des Lumières compte de personnages hauts placés (hommes d’affaires, écrivains, artistes). En permanence, une cinquantaine d’invités peuvent être hébergés par l'écrivain, notamment dans les pièces des deux ailes ajoutées à chaque côté du bâtiment après cinq ans de travaux. Ferney ou la destinée Si c’est en ce lieu que Voltaire a notamment rédigé son immense correspondance, son Dictionnaire philosophique et quelques contes (Candide, L’Ingénu), il se prête aussi volontiers à des activi

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A Ferney, sur les traces de Voltaire

ACTUS | Située à la frontière de la Suisse et la France, la ville de Ferney accueillit Voltaire durant les vingt dernières années de sa vie. Le philosophe des Lumières devint le bienfaiteur de la commune et y construisit un luxueux château, que l'on peut aujourd'hui visiter. Valentine Martin

Valentine Martin | Mardi 7 avril 2015

A Ferney, sur les traces de Voltaire

On pourrait s'y tromper : la grande bâtisse blanche ressemble plus à une maison bourgeoise qu'à un véritable château. Mais il n'en est rien. En 1754, frappé par l'interdiction d'approcher la capitale française, Voltaire choisit de s'installer près de Genève, précisément à la frontière de la Suisse et de la France, une idée plutôt pratique pour échapper à l'administration royale. C'est en 1758 qu'il investit Ferney, en faisant raser un ancien bâtiment pour y établir sa demeure. Les travaux durent jusqu'en 1766. Le château, modeste, austère à première vue, bénéficie à l'intérieur de tout le confort moderne de l'époque (comme un poêle et une salle de bain). Implanté dans un parc à l'anglaise de huit hectares où la nature reprend ses droits, le logis de Voltaire possède aussi un jardin à la française, assez classique, et une terrasse. Le philosophe fait aussi construire un théâtre de 300 places, juste à côté du château, où il enchante ses hôtes en reprenant ses rôles préférés. C'est une période faste où le maître des lieux reçoit toute la bourgeoisie de l'époque qui fait le tour d'Europe. Ferney est en effet situé idéalement entre l'Europe du nord et l'

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Un sacré printemps de danse

SCENES | C'est pour le moins un sacré début de printemps qui s'annonce à Lyon dans le domaine de la danse avec, notamment, la reprise de May B, chef-d’œuvre de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 mars 2015

Un sacré printemps de danse

C'est pour le moins un sacré début de printemps qui s'annonce à Lyon dans le domaine de la danse avec, notamment, la reprise de May B, chef-d’œuvre de Maguy Marin, au Ramdam (du 7 au 11 avril) et la transmission de Drumming Live, pièce majeure d'Anne Teresa de Keersmaeker, au Ballet de l'opéra (du 7 au 11 avril). Auparavant, deux festivals regroupés sous l'intitulé "Printemps de la création" permettront aux amateurs de découvrir une multitude de chorégraphes émergents ou d'artistes proches de la danse. Á la Maison de la danse et hors ses murs, Sens dessus dessous nous fera voyager de l’œuvre choc de Christian Rizzo inspirée du folklore turc à la mémoire de l'Afrique du Sud chorégraphiée par Gregory Maqoma en passant par le plus local mais toujours drôle et truculent Denis Plassard. Le Lyonnais reprend Chalet d'après un texte d'André Baillon, œuvre dépeignant avec humour le quotidien d'un hôpital. Aux confins de la danse, le duo Your Majesties met lui en mouvements le discours de Barack Obama pour la réception du Prix Nobel de la paix en 2009, tandis que le trublion Antoine Defoort se lancera dans une désopilante conférence

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Bien frappé

MUSIQUES | Cette année encore, le festival d'été de la Ville de Grenoble a frappé très fort en termes de programmation : l'éventail est non seulement toujours aussi large, (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 26 juin 2014

Bien frappé

Cette année encore, le festival d'été de la Ville de Grenoble a frappé très fort en termes de programmation : l'éventail est non seulement toujours aussi large, mais en plus le beau linge est de la plus belle étoffe. Question éventail, une belle tranche sera notamment donnée au maloya avec la présence de Maya Kamati et de la grande Christine Salem – cette dernière dans un exercice d'hybridation avec ses amis de Moriarty. Pour le reste, toutes les esthétiques imaginables sont représentés ou presque : reggae (Ki-Mani Marley, fils de qui vous savez, Meta & the Cornerstones), blues sous toutes ses déclinaisons, du swing à l'électro (Stracho Temelkovski, They Call Me Rico, St.Lô), électro, elle-même en tous genres, avec une forte inclination tout de même pour ses versants pop et indie rock (As Animals, Natas Love You, As a New Revolt)... Au-delà de ce brassage, le Cabaret Frappé n'a pas son pareil pour attirer dans ses filets ces jeunes chanteuses irrésistibles qui nous font perdre tout sens commun et nous rendent plus prosélytes qu'un témoin de Jéhovah, à l'instar de l'éblouissante Joe Bel et de la ténébreuse Lou Ma

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Jeux de piste

SCENES | Le nouveau cirque n'est pas qu'un produit d'appel. C'est le constat qui s'imposait au terme de la saison 2012/2013, plutôt époustouflante en la matière. C'est le même qui se dessine en creux des plaquettes estampillées 2014. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 5 septembre 2013

Jeux de piste

Politique et contracté (Propaganda, par les punks d'Acrobat), tendre et intimiste (Pour et le meilleur et pour le pire, du Cirque Aïtal), souple et détendu (Nuage, avec Mathurin Bolze et Yoann Bourgeois), freaky et inquiétant (

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Apocalypse No(w) ?

CONNAITRE | Entre supposées prédictions mayas, sortie de "4h44, dernier jour sur terre", le nouveau film d'Abel Ferrara, et soirées labellisées «fin du monde», tout semble converger vers un 21 décembre apocalyptique – même si on ne fera que s'y bourrer la gueule. Peu étonnant quand on songe que ladite fin du monde est vieille comme... le monde. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 décembre 2012

Apocalypse No(w) ?

«Dans le roman qu'est l'histoire du monde, rien ne m'a plus impressionné que le spectacle de cette ville jadis grande et belle, désormais renversée, désolée, perdue […], envahie par les arbres sur des kilomètres à la ronde, sans même un nom pour la distinguer». Ce pourrait être la voix-off du survivant d'un film post-apocalyptique déambulant dans Londres, New-York, Paris, Lyon... Ce ne sont "que" les mots de John Lloyd Stephens, découvrant au XIXe siècle la splendeur passée d'une ancienne ville maya mangée par la jungle du Yucatan. Ces mêmes Mayas dont le calendrier aurait prévu la fin du monde pour le 21 décembre 2012. Peu importe que la NASA elle-même ait démentie ces rumeurs dont les illuminés, les conspirationnistes et les survivalistes font leur miel.   Qu'on la nomme Apocalypse («révélation» dans la Bible) ou Armageddon (d'Harmaguédon, le "Waterloo" hébreu du Livre de l'Apocalypse), la fin du monde est depuis toujours le sujet de conversation p

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Comment ça marche ?

SCENES | Sur des escaliers, au sol, dans les airs, ils marchent. Jamais ils ne tombent ou perdent l’équilibre. Ce n’est pourtant pas faute de trouver des (...)

Nadja Pobel | Jeudi 26 avril 2012

Comment ça marche ?

Sur des escaliers, au sol, dans les airs, ils marchent. Jamais ils ne tombent ou perdent l’équilibre. Ce n’est pourtant pas faute de trouver des obstacles qui pourraient les freiner. Aurélie et Martin Cuvelier, qui se sont rencontrés à l’école de cirque de Chambéry, et leurs deux acolytes de la bien nommée compagnie Virevolt livrent une belle métaphore de l’existence dans un spectacle d’une heure au cours duquel ils ne lâchent rien. Quand ils n’exécutent pas des acrobaties de haute voltige, ils reviennent humblement au sol, courent, trottinent ou rampent et parviennent ainsi à ne pas transformer leur travail en performance. Des marches (vendredi 4 mai au Théâtre Jean Marais à Saint-Fons puis à l’Atrium à Tassin le 12 mai) se fait aussi suave quand les corps s’effleurent ou drôle quand le quatuor signe un bal de pieds et de mains. Et le clou du spectacle est au salut final. Suspens… Nadja Pobel

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Le Quattro volte

ECRANS | De Michelangelo Frammartino (Italie, 1h28) avec Giuseppe Fuda et des chèvres… Sortie le 29 décembre

Christophe Chabert | Jeudi 16 décembre 2010

Le Quattro volte

Oui, des chèvres… Pendant le deuxième tiers du film, il n’y a qu’elles à l’écran. Remarquablement dirigées, les bêtes se meuvent avec aisance et un réel sens de la comédie dans les cadres au cordeau de Frammartino. Mais, tels certains acteurs français, elles deviennent insupportables dès qu’elles ouvrent la bouche. Trente minutes de bêlements non stop, c’est pire qu’un trip sous acide, une sorte de Guantanamo du tympan qui donne illico presto l’envie d’aller faire un massacre dans une bergerie. Même la dernière partie, qui détaille comment on fabrique du charbon de bois, est presque un soulagement. Et pourtant, cela achève de rendre ce film archi-contemplatif, sans dialogue mais avec une sacrée dose de prétention, plus horripilant que fascinant. CC

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