Ricky

ECRANS | De François Ozon (Fr, 1h30) avec Alexandra Lamy, Sergi Lopez…

Christophe Chabert | Mercredi 4 février 2009

Photo : © J.-C. Moireau


Après le ratage d'Angel, François Ozon revient à un cinéma modeste proche de ses premières œuvres avec ce très curieux Ricky. La première demi-heure est une belle surprise : Ozon s'y frotte au quotidien d'une ouvrière dans une usine de produits chimiques (Alexandra Lamy, tout à fait crédible et assez épatante), mère célibataire nouant une relation avec un autre ouvrier (Sergi Lopez, très bon lui aussi). Le réalisme de cette ouverture ne se dépare pas d'une sècheresse de trait et d'un sens de l'inquiétude qui laissent penser que le cinéaste signe ici son retour en forme et en force. Mais tout cela ne fait que préparer le twist énorme qui est en fait le vrai sujet du film : la naissance d'un bébé ailé, que l'on cache puis que l'on tente maladroitement d'exhiber au monde, avant de le laisser s'envoler comme dans un conte pour enfants. Ozon nous supplie de croire à l'impossible, mais avec des effets spéciaux de téléfilm et des séquences franchement foirées (la scène du supermarché avec ses figurants aux taquets !), c'est beaucoup demander au spectateur. Il est lui-même trop conscient de ce qu'il raconte, notamment des sous-textes évidents charriés par son histoire, pour qu'on adhère totalement à cette fable naïve, sympathique dans le fond, mais très bancale sur la forme.

Christophe Chabert

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La rouée vers l’Ouest : "Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary" de Rémi Chayé

Animation — dès 6 ans | Une évocation romancée et héroïque de la future Calamity Jane, légende du Far West dont elle constitue l’une des rares icônes féministes.

Vincent Raymond | Mercredi 14 octobre 2020

La rouée vers l’Ouest :

Tolérée dans un convoi de pionniers rigoristes, la famille Cannary fait désordre. Quand le père malchanceux se blesse, sa fille Martha Jane choque en prenant les rênes, puis en s’habillant en garçon. Injustement accusée d’un vol, la pré-ado rebelle quitte cette horrible compagnie et part à l’aventure… Cette évocation romancée et héroïque de la future Calamity Jane, légende du Far West dont elle constitue l’une des rares icônes féministes/féminines, est moins une biographie qu’une chronique de cette époque de toutes les fortunes ou l’occasion d’en revisiter les codes : caravanes, ville-champignon avec saloon, régiment de cavalerie, trappeurs, mine d’or, aiglefins, Indiens… C’est un concentré du mythe fondateur de l’Amérique que Chayé nous offre, avec en sus cet art poétique de la couleur n’appartenant qu’à lui, et dont on avait pu profiter dans Tout en haut du monde. Ses jeux d’aplats et son flat design créent, étonnamment, une grande profondeur à ses images. Plus haute distinction pour un long-métrage au Festival d’Annecy, le Cristal qu’il a décroché est largement mérité.

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Mais qu’a fait la police ?! : "Josep" de Aurel

Animation | Premier long-métrage d’un illustrateur (Aurel) sur un de ses confrères (Josep Bartolí), en animation de surcroît.

Vincent Raymond | Mercredi 30 septembre 2020

Mais qu’a fait la police ?! :

Premier long-métrage d’un illustrateur (Aurel) sur un de ses confrères (Josep Bartolí), en animation de surcroît, Josep raconte comment le personnage-titre, républicain espagnol réfugié en France fut en fait parqué dans un camp par les autorités et maltraité par tous les gendarmes — sauf un. Voilà qui résonne terriblement avec l’actualité des violences policières : y aurait-il une “tradition“ de comportements individuels racistes, d'omerta, d’obligation de suivre le groupe, d’absence de contrôle par la hiérarchie ? Tout cela pèse violemment sur le récit, par ailleurs édifiant, éclairant l’existence mal connue des camps de concentration destinés aux réfugiés anti-franquistes — cette autre tache sur l’Histoire hexagonale. En confrère respectueux, Aurel efface ici son trait pour ne pas faire ombrage à celui de son devancier. Et l’animation, qui préfère un mouvement saccadé à une trop grande fluidité, fait bien écho au style tourmenté, expressionniste, de Josep. On saluera enfin un joli travail sur le magma des souvenirs, qui fait survenir la présence fluctuante de Frida Kahlo.

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Tricky, Mel C & Fontaines DC annoncés à Lyon l'an prochain

En 2021... | Alors que les reports de dates se multiplient, il semble que toute la foi des musiques actuelles se soit elle même reportée sur 2021 puisque malgré (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 11 septembre 2020

Tricky, Mel C & Fontaines DC annoncés à Lyon l'an prochain

Alors que les reports de dates se multiplient, il semble que toute la foi des musiques actuelles se soit elle même reportée sur 2021 puisque malgré tout pleuvent (enfin bruinent) les annonces de vrais nouveaux concerts pour l'année prochaine. Ainsi les nostalgiques des Spice Girls pourront-ils applaudir (avec des gants ?) Sporty Spice alias Mel C au Transbordeur le 3 mai. De même, c'est toujours au même endroit que les Irish post-punks de Fontaines DC passeront le 12 mars dans le cadre du festival Transfer, tandis que le Kao vient d'annoncer, dans son antre, la venue du Prince des ténèbres trip-hop Tricky — qui vient de publier son dernier album, ironiquement baptisé Fall to Pieces - "réduit en pièces". Sujet aux attaques de panique s'abstenir.

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François Ozon : « il n’y a pas une manière pour diriger les acteurs »

Été 85 | Retenu dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2020, en compétition au Festival de San Sebastien, Été 85 séduit… Sans doute parce qu’il parle de séduction et renvoie à l’adolescence des spectateurs. En tout cas, à celle de son auteur, François Ozon. Rencontre.

Vincent Raymond | Vendredi 10 juillet 2020

François Ozon : « il n’y a pas une manière pour diriger les acteurs »

La réalisation de ce film a-t-elle été pour une manière d’exécuter un pacte que vous auriez contracté avec vous-même, lecteur de 17 ans découvrant le roman de Aidan Chambers https://fr.wikipedia.org/wiki/Aidan_Chambers? François Ozon : Quand j’ai lu le livre, je n’étais pas encore cinéaste, c’est vrai, j’étais lycéen rêvant de faire du cinéma et je me suis dit que j’adorerais faire ce film, raconter cette histoire… En même temps, j’avais presque plus envie d’en être le spectateur. Peut-être que, déjà, je me sentais trop proche des personnages, je n’aurais pas été capable de raconter l’histoire. J’étais quasiment sûr qu’un réalisateur comme Gus Van Sant, John Hughes ou Rob Reiner aurait pu s’en emparer et faire un teen movie à l’américaine. Mais ça ne s’est jamais fait. Quand j’en ai parlé à Aidan Chambers, qui a 85 ans aujourd’hui, il m’a dit que trois réalisateurs avaient essayé de l’adapter pendant toute cette période, sans succès. Après

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Cherchez le garçon : "Eté 85" de François Ozon

Drame | Généalogie d’une histoire d’amour entre deux garçons à l’été 85 qui débouchera sur un crime. François Ozon voyage dans ses souvenirs et lectures d’ado et signe son Temps retrouvé. Sélection officielle Cannes 2020.

Vincent Raymond | Mercredi 8 juillet 2020

Cherchez le garçon :

Normandie, été 1985. David sauve Alexis d’un naufrage. Très vite, une amitié profonde se noue entre les deux adolescents, qui se mue en romance passionnée. Mais les amours d’été sont souvent éphémères et celle-ci débouchera sur un drame ainsi que sur un crime… Nul ne guérit jamais de son enfance — et encore moins de son adolescence. L’une comme l’autre laissent une marque indélébile et invisible sous la peau adulte, pareille à une scarification intérieure. D’aucuns apprennent à apprivoiser leurs cicatrices en les caressant quand d’autres les torturent en les creusant ; tous les conservent néanmoins à portée de main. Ou d’inspiration lorsqu’il s’agit d’artistes. François Ozon ne fait évidemment pas exception. En adaptant La Danse du coucou, un roman découvert en 1985 alors qu’il avait peu ou prou l’âge des protagonistes, le cinéaste effectue une sorte “d’autobiographie divergée”. Non qu’il s’agisse ici de raconter au premier degré son propre vécu d’ado, mais plutôt d’user du substra

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Voilà l’Été 85 avec François Ozon !

Avant-Première | Parmi les les grands films français attendus pour la reprise, il a été le premier à se frayer un chemin sur les écrans, à une date ô combien symbolique de surcroît — (...)

Vincent Raymond | Jeudi 18 juin 2020

Voilà l’Été 85 avec François Ozon !

Parmi les les grands films français attendus pour la reprise, il a été le premier à se frayer un chemin sur les écrans, à une date ô combien symbolique de surcroît — le 14 juillet —, juste après l’annonce de son intégration dans la liste des longs-métrages labellisés “Sélection officielle Cannes 2020“. Mais cela, ce sera pour le reste de l’Hexagone puisque Été 85 va être aussi le premier film à venir à la rencontre du public lyonnais à l'occasion une avant-première publique en présence de son réalisateur, François Ozon, et d’une partie de ses comédiens — Benjamin Voisin et Félix Lefebvre. Une semaine avant tout le monde, vous aurez donc la possibilité de faire un voyage 35 ans en arrière dans trois salles simultanément (ou presque). Ça ne se refuse pas. Été 85 À l’UGC Ciné-Cité, au Pathé Bellecour (à 20h45) et au Comœdia le jeudi 2 juillet

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La voix est libre : "Grâce à Dieu"

Le Film de la Semaine | D’une affaire sordide saignant encore l’actualité de ses blessures, Ozon tire l’un de ses films les plus sobres et justes, explorant la douleur comme le mal sous des jours inattendus. Réalisation au cordeau, interprétation à l’avenant. En compétition à la Berlinale 2019.

Vincent Raymond | Lundi 11 février 2019

La voix est libre :

Lyon, années 2010. Fervent chrétien de quarante ans, Alexandre découvre qu’un prêtre ayant abusé de lui lorsqu’il était jeune scout est encore au contact de mineurs. Il saisit donc la hiérarchie épiscopale et Mgr Barbarin afin que le religieux soit écarté. Un long combat contre l’hypocrisie, l’inertie et le secret s’engage, révélant publiquement un scandale moral de plusieurs décennies… Il faut en général une raison impérieuse pour qu’un cinéaste inscrive à sa filmographie une œuvre résonant avec l’Histoire immédiate. Surtout si l’originalité de son style, sa fantaisie naturelle et ses inspirations coutumières ont peu à voir avec la rigueur d’une thématique politique, sociétale ou judiciaire. De même que Guédiguian avait fait abstraction de son cosmos marseillais pour Le Promeneur du Champ de Mars, François Ozon pose son bagage onirique pour affronter un comportement pervers non imaginaire dans un film filant comme une évidence de la première image du trauma à la révélation. A-t-on déjà vu en France pareille écriture scénaristique, à la fois méthodique et

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Melvil Poupaud : « j’ai toujours visé le long terme plutôt que le succès immédiat »

Grâce à Dieu | Dans le film d’Ozon, il incarne celui grâce auquel le scandale éclate enfin. Riche d’une carrière de plus de trente ans dans le cinéma (mais pas seulement), Melvil Poupaud enchaîne les partitions exigeantes et variées sans jamais se diluer. Conversation avec un comédien si précieux qu’il en devient indispensable…

Vincent Raymond | Lundi 11 février 2019

Melvil Poupaud : « j’ai toujours visé le long terme plutôt que le succès immédiat »

Dans Grâce à Dieu, François Ozon a fait appel à vous pour la troisième fois. À chaque fois, c’est dans ses drames les plus réalistes. Est-ce le fait du hasard, ou bien discutez-vous ensemble de la manière dont il vous emploie ? Melvil Poupaud : Je ne sais pas, je serais effectivement curieux de savoir pourquoi il pense à moi pour des rôles toujours assez dramatiques. Dans ma carrière, je n’ai pas fait énormément de franches comédies — plutôt des comédies romantiques. Peut-être qu’il sent en moi un potentiel de tragédien. Mais je ne peux pas me plaindre : ce sont des rôles qui ont toujours marqué. Le Refuge était plus petit, mais Le Temps qui reste ou celui-ci marquent ma filmographie et mon expérience d’acteur. Je ne vais pas lui demander de changer de registre (sourire), ça me réussit plutôt pas mal. À tous les deux, d’ailleurs. Votre liberté dans le cinéma français est très singulière : vous épousez des rôles forts (prêtre suborneur chez Ramos, victime combative chez Ozon, personne intergenre en quête d’identité chez Nola

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Grâce à Dieu

Avant-Première | Coup de tonnerre pour l’Église en général, cataclysme pour le diocèse de Lyon, apocalypse pour Philippe Barbarin et les autres personnes mises en cause (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

Grâce à Dieu

Coup de tonnerre pour l’Église en général, cataclysme pour le diocèse de Lyon, apocalypse pour Philippe Barbarin et les autres personnes mises en cause dans cette sordide histoire, l’affaire Preynat (du nom du prêtre accusé d’actes pédophiles sur des jeunes scouts) a inspiré à François Ozon l’un de ses films les plus abrupts et émouvants, Grâce à Dieu, retraçant le courageux combat pour la vérité entrepris par les victimes devant la justice. Tourné sur les lieux mêmes des faits, le film est évidemment présenté en avant-première à Lyon, et suivi par un débat en présence du cinéaste et d’une partie de l’équipe. Grâce à Dieu Au Comœdia​ le lundi 11 février à 19h45

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L’art de miser sur le bon cheval : "Le Poulain"

Politique-fiction | de Mathieu Sapin (Fr, 1h37) avec Alexandra Lamy, Finnegan Oldfield, Gilles Cohen…

Vincent Raymond | Mercredi 19 septembre 2018

L’art de miser sur le bon cheval :

Étudiant surdiplômé, Arnaud se retrouve fortuitement embauché comme assistant d’une directrice de campagne électorale à l’approche de la Présidentielle. À ses côtés, il va découvrir la réalité d’un métier où l’image compte davantage que les mots, et les opportunités que les convictions… Cela ne pouvait finir autrement. À force de se frotter à la sphère politique (pour ses reportages dessinés en immersion lors de la présidentielle 2012 ou dans les coulisses élyséennes) ; à force de frayer avec Gérard Depardieu, des exploitants (le documentaire Macadam Popcorn) mais aussi des confrères illustrateurs ayant déjà franchi le pas (Joann Sfar, Riad Sattouf…), Mathieu Sapin était forcé de passer à la réalisation. Et d’aborder la chose politique par la voie intérieure. Voyage d’un candide apprenant à nager dans un marigot de requins, cette fable documentée ne prétend pas brosser un portrait fidèle d

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À la petite semaine : "7 jours pas plus" de Héctor Cabello Reyes

Du sur mesure pour Benoît Poelvoorde | de Héctor Cabello Reyes (Fr, 1h31) avec Benoît Poelvoorde, Alexandra Lamy, Pitobash…

Vincent Raymond | Mardi 29 août 2017

À la petite semaine :

Quincailler pointilleux attaché à ses habitudes de célibataire, Pierre se trouve contraint d’héberger un Indien dépouillé de ses biens et papiers, le temps qu’il parvienne à contacter sa famille. Pierre lui a donné sept jours, pas plus. Et c’est déjà énorme pour lui… Pour sa première réalisation, Héctor Cabello Reyes signe le remake de El Chino (2012), comédie sud-américaine ayant connu son petit succès en salles — troquant par le jeu de la transposition, le massif Ricardo Darín contre l’explosif Poelvoorde et le Chinois contre un Indien. Commun outre-Atlantique, où les films étrangers sont rarement vus (et recherchés), ce type d’adaptation reste marginal dans l’Hexagone, gouverné par la tradition de l’auteur. Mais quel est ici l’auteur réel ? Le cinéaste ayant flairé un matériau adéquat pour Poelvoorde mais qui se borne à une réalisation utilitaire théâtralisante, ou bien le comédien déployant impeccablement ses gammes de l’hystérie à l’émotion, dans un emploi sur mesure, comme jadis de Funès, Fernandel ou le Gabin tar

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"Nos Patriotes" de Gabriel Le Bomin : le soldat noir

ECRANS | Que la guerre, en tant que concept, travaille Gabriel Le Bomin est compréhensible ; c’est surtout une évidence. Depuis son court-métrage Le Puits (2001), il (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 juin 2017

Que la guerre, en tant que concept, travaille Gabriel Le Bomin est compréhensible ; c’est surtout une évidence. Depuis son court-métrage Le Puits (2001), il a exploré la majeure partie des champs de bataille français du XXe siècle, de manière documentaire ou fictionnelle ; traditionnelle ou plus expérimentale — voir son premier long Les Fragments d’Antonin (2006). Avoir à ce point fait le tour de la question devrait à tout le moins l’inciter à quelques audaces ; où diable sont-elles dans Nos Patriotes ? Adaptant ici Le Terroriste Noir de Tierno Monénembo, il raconte l’histoire authentique d’Addi Ba, tirailleur sénégalais caché par des villageois des Vosges, devenu l’une des pièces maîtresses d’un maquis de la région, avant d’être arrêté et exécuté. S’il faut bien sûr reconnaître au cinéaste le mérite d’illustrer un chapitre longtemps occulté de l’histoire officielle, quel dommage qu’il ait souscrit à une forme aussi policée, accumulant tant de facilités et de conventions : pers

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"L’Amant double" de François Ozon : maux comptent double

ECRANS | Une jeune femme perturbée découvre que son ancien psy et actuel compagnon mène une double vie. Entre fantômes et fantasmes, le nouveau François Ozon transforme ses spectateurs en voyeurs d’une œuvre de synthèse. En lice à Cannes 2017.

Vincent Raymond | Mercredi 31 mai 2017

Conseillée par sa gynécologue, Chloé, une jeune femme perturbée, entame une psychanalyse auprès de Paul Meyer. Mais après plusieurs séances, la patiente et le thérapeute s’avouent leur attirance mutuelle. Le temps passe et ils s’installent ensemble. C’est alors que Chloé découvre que Paul cache d’étranges secrets intimes, dont une identité inconnue… L’an dernier sur la Croisette, c’est Elle de Verhoeven qui avait suscité une indignation demi-molle en sondant les méandres obscurs du désir féminin et en démontant sa machinerie fantasmatique — sans pleinement convaincre, pour X ou Y raison. Au tour de François Ozon de s’y employer, dans le même registre élégamment sulfureux et chico-provocateur. Car l’on sait, à force, que le réalisateur adore frayer avec les tabous, s’amusant à les titiller sans jamais outrepasser les frontières de la bienséance : courtiser le scandale est à bien des égards plus excitant (et moins compromettant) que d’a

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"L’Embarras du choix" : ou pas…

ECRANS | Maladivement incapable de choisir, Juliette s’embarque dans une double relation avec deux hommes apparemment parfaits. Chacun lui proposant de (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 mars 2017

Maladivement incapable de choisir, Juliette s’embarque dans une double relation avec deux hommes apparemment parfaits. Chacun lui proposant de l’épouser, elle va devoir trancher… À Alexandra Lamy, il sera toujours beaucoup pardonné : l’actrice se montre en toute circonstance d’un indéfectible enthousiasme et d’une absolue sincérité. Cette générosité naturelle lui fait hélas du tort lorsqu’elle s’embringue dans des films hâtivement bâclés tel que celui-ci, précipitamment torché par Éric Lavaine, un an à peine après leur précédente collaboration — le plutôt aimable Retour chez ma mère. Ce n’est point tant la prévisibilité de l’intrigue qui pêche (on se doute bien, que dans une comédie romantique, la dame finit avec au moins un des deux messieurs), mais plus l’écriture en gruyère moisi, à base de trous scénaristiques — des manques qui n’ont rien à voir avec des ellipses — et d’excroissances inutiles (mais pourquoi ce caméo Franck Dubosc ?).

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"Retour chez ma mère" : un double portrait de femmes réussi

ECRANS | Un film de Éric Lavaine (Fr, 1h37) avec Alexandra Lamy, Josiane Balasko, Mathilde Seigner…

Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

Auteur du très injustement mésestimé Protéger et Servir (comme du moins mémorable Barbecue), Éric Lavaine adore adapter au format de la comédie des sujets de société ne prêtant pas forcément à rire. Se saisissant des désarrois de la “génération boomerang” humiliée par un retour subit et subi chez môman, il signe un double portrait de femmes d’autant plus réussi qu’il est dépourvu de vulgarité, ce saprophyte du rire ordinaire. Malgré les apparences, la mère n’y est pas qu’une mamie poussiéreuse dépassée par la modernité ; elle possède son petit tempérament — sans surprise, Josiane Balasko se montre parfaite pour jouer sur les deux registres. Quant à Alexandra Lamy en fille déprimée, elle se ferait presque manger par sa sœur à l’écran, Mathilde Seigner : en peau de vache, la seconde retrouve enfin de la subtilité dans son interprétation et redevient attachante. Certes, la presque trop grande efficacité du dialogue, aux répliques sur-ciselées façon Francis Veber, donne à l’ensemble des allures de succès des planches transposé devant la caméra. Ma

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À la poursuite du cerf-bipède

SCENES | Aux confins du fantastique et de l’absurde, Sergi Lopez et Jorge Pico, artistes engagés (enragés ?) signent un spectacle drôle, fou, corrosif d’une (...)

Sébastien Broquet | Mardi 22 mars 2016

À la poursuite du cerf-bipède

Aux confins du fantastique et de l’absurde, Sergi Lopez et Jorge Pico, artistes engagés (enragés ?) signent un spectacle drôle, fou, corrosif d’une grande virtuosité. Espagnols (catalan pour l’un), ils jouent en français ; l’un parle et l’autre brame. Lopez campe un explorateur obsessionnel (et obnubilé par le tennis) partant à la recherche d’une créature légendaire jouée par son acolyte. La bête cornée, jamais découverte à ce jour, est une proie difficile à chasser car invisible pour l’œil humain. On dit qu’elle serait dotée d’une âme… La forte complicité qui unit les deux compères est le fuit d’une longue amitié qui débuta sur les bancs de l’École Internationale de Théâtre de Jacques Lecoq, au début des années 1990 et les a amené, en 2011, à imaginer, écrire (dans leurs diverses langues), mettre en scène ce spectacle qu’ils promènent encore sur les routes aujourd’hui. Cette fable délirante, qui a connu un énorme succès au off d’Avignon il y a deux ans, pousse le spectateur à accepter son animal intérieur avec force, bonheur et fous rires. Florence Barnola 30/40 Livingstone À la salle

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Les Rois du monde

ECRANS | De Laurent Laffargue (Fr., 1h40) avec Sergi López, Céline Sallette, Éric Cantona, Romane Bohringer…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2015

Les Rois du monde

Jeannot Sanchez est du genre sanguin : il a passé du temps en prison pour avoir tranché à la hache les doigts d’un type qui s’étaient égarés sur l’épaule de sa compagne Chantal. Mais comme pendant son incarcération, Chantal s’est mise en ménage avec Jacky, le boucher du coin, Jeannot s’emploie à la reconquérir. À sa manière taurine et anisée… Derrière sa bonhomie coutumière, on avait presque oublié le Sergi López inquiétant de Harry, un ami qui vous veut du bien (2000), capable d’une animalité furieuse et ravageuse. Avec Les Rois du monde, Laurent Laffargue se fait fort de nous rafraîchir la mémoire dans ce film étrange qui, s’il se nourrit volontiers d’un pittoresque local (Casteljaloux, dans le Sud-Ouest de la France), ne saurait se réduire à de la "gasconnerie" folklorique. Car c’est tout un climat qu’il suscite et ressuscite, rappelant ce cinéma des années quatre-vingt en travaillant la pesanteur atmosphérique rurale comme un personnage (L’Été meurtrier, 37°2 le matin ou L’Été en pente douce). Quant aux "rois" de ce monde, ce sont en réalité de petits seigneurs dérisoir

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Une nouvelle amie

ECRANS | De François Ozon (Fr, 1h47) avec Romain Duris, Anaïs Demoustier, Raphaël Personnaz…

Christophe Chabert | Mardi 4 novembre 2014

Une nouvelle amie

Argument de vente déjà bien calé en Une des magazines, la transformation de Romain Duris en femme dans le nouveau film de François Ozon est son attraction principale. Il faut prendre le mot "attraction" au pied de la lettre : non seulement un phénomène freak plutôt réussi — Duris a souvent joué sur son côté féminin, mais le film se plaît à mettre en scène ce grand saut d’abord comme un apprentissage maladroit, puis comme une évidence naturelle — mais aussi le centre d’une névrose obsessionnelle qui saisit Claire — formidable Anaïs Demoustier, aussi sinon plus troublante que son partenaire — lorsqu’elle découvre que le mari de sa meilleure amie choisit de se travestir après le décès de son épouse. Embarrassée, troublée et finalement séduite, elle accompagne sa mue tout en la guidant pour des motifs opaques — voit-elle en lui une «nouvelle amie» prenant la place de la précédente ou un pur objet de désir ? Autant de pistes formidables qu’Ozon ne fait qu’ébaucher, préférant jouer à l’auteur démiurge épuisant les possibles de son scénario. On passe ainsi sans transition de Vertigo à La Cage aux folles, de Chabrol à Mocky, de la peinture iro

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Bien frappé

MUSIQUES | Cette année encore, le festival d'été de la Ville de Grenoble a frappé très fort en termes de programmation : l'éventail est non seulement toujours aussi large, (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 26 juin 2014

Bien frappé

Cette année encore, le festival d'été de la Ville de Grenoble a frappé très fort en termes de programmation : l'éventail est non seulement toujours aussi large, mais en plus le beau linge est de la plus belle étoffe. Question éventail, une belle tranche sera notamment donnée au maloya avec la présence de Maya Kamati et de la grande Christine Salem – cette dernière dans un exercice d'hybridation avec ses amis de Moriarty. Pour le reste, toutes les esthétiques imaginables sont représentés ou presque : reggae (Ki-Mani Marley, fils de qui vous savez, Meta & the Cornerstones), blues sous toutes ses déclinaisons, du swing à l'électro (Stracho Temelkovski, They Call Me Rico, St.Lô), électro, elle-même en tous genres, avec une forte inclination tout de même pour ses versants pop et indie rock (As Animals, Natas Love You, As a New Revolt)... Au-delà de ce brassage, le Cabaret Frappé n'a pas son pareil pour attirer dans ses filets ces jeunes chanteuses irrésistibles qui nous font perdre tout sens commun et nous rendent plus prosélytes qu'un témoin de Jéhovah, à l'instar de l'éblouissante Joe Bel et de la ténébreuse Lou Ma

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De toutes nos forces

ECRANS | De Nils Tavernier (Fr, 1h30) avec Jacques Gamblin, Alexandra Lamy…

Christophe Chabert | Mardi 25 mars 2014

De toutes nos forces

Attention, recrudescence de téléfilms sur grand écran en ce début de saison ! À ce titre, le film de Nils Tavernier — fils de Bertrand, qui donne ici une furieuse et imprévue modernité au cinéma de son père — est quasi-imbattable. Les bons sentiments, les rebondissements téléphonés, la platitude visuelle et les dialogues surannés renvoient impitoyablement à la plus mauvaise des télévisions, et le scénario se contente de recycler les schémas éculés du mélodrame sportif. À ceci près que le héros est handicapé physique et qu’il va convaincre son père — Jacques Gamblin, à la filmographie longtemps irréprochable, et qui commence à enchaîner les faux-pas — de courir à nouveau un triathlon mythique, en tandem cette fois. Cette originalité-là consignée, rien ne différencie De toutes nos forces de n’importe quel Rocky, où doute, culpabilité, élan, effort, découragement et dépassement de soi se succèdent selon une construction archi-prévisible, avec les inévitables brouilles et réconciliations familiales en sauce froide mélodramatique. Christophe Chabert

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Le freak, c’est chic

MUSIQUES | Du freak, du fou, de la créature cramée, de l’inclassable, de l’incassable, du fragile, du fracassé, du fracassant, du marginal, du réfractaire, du réfracté, du revenant, du rêveur, du malade, du rageux, cet automne musical va en faire pleuvoir de partout. Du chelou comme à Gravelotte, qu’il va tomber. De belles tronches de vainqueur et des paluches pleines de talent, des noms à coucher dehors, du génie à la pelle, attaqué à la pioche. Ah, inquiétante étrangeté quand tu nous tiens ! Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Le freak, c’est chic

Comme pour toute saison, tout événement, tout lancement, il nous faut un parrain, un type dont la stature et l'aura donnent immédiatement le ton. C'est Florent Pagny en total look peau de zobi à la Star Academy ou Alain Delon tenant des propos contre-intelligents sur l’homosexualité dans C à vous. Car oui, souvent, on a affaire à un type qui peut partir en vrille à tout moment, se mettre à dire n'importe quoi, comme n'importe quel parrain dans n'importe quel événement familial, ou comme un parrain de la mafia un peu sur les nerfs. C'est très bien, ça fait parler. Nous aurions pu assez logiquement choisir le parrain rock Don Cavalli, d’origine italienne et d’aspiration amerloque, comme tout parrain qui se respecte, et dont Les Inrocks qualifient avec raison la production de «rock tordu et primitif», quelque part entre la sève de Johnny Cash et les débordements d’un Beck. Bref, l’éternelle histoire du type né au mauvais endroit au mauvais moment et qui s’en accommode par le voyage intérieur (sur son dernier disque il va même jusqu’en Asie). En plus, dans le civil,

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«Je ne suis pas un metteur en scène sadique»

ECRANS | Dans vos derniers films, vous vous aventuriez vers des choses inédites chez vous. Dans Jeune & Jolie, vous reprenez les choses là où vous les avez (...)

Christophe Chabert | Vendredi 12 juillet 2013

«Je ne suis pas un metteur en scène sadique»

Dans vos derniers films, vous vous aventuriez vers des choses inédites chez vous. Dans Jeune & Jolie, vous reprenez les choses là où vous les avez laissées avec 5X2 : un concept très fort, la question du désir qui redevient centrale…François Ozon : L’envie première était de reparler de l’adolescence. Je me suis rendu compte que je n’avais pas parlé de l’adolescence depuis Sous le sable, qui est un film important car c’est là que j’ai rencontré Charlotte Rampling. J’ai ensuite fait beaucoup de films avec des personnages nettement plus matures, et le fait de travailler avec les deux jeunes acteurs de Dans la maison m’a donné envie de retourner vers l’adolescence. Je ne pense pas tellement à mes films d’avant, mais disons que ça me ramenait à mes premiers courts-métrages. Je pouvais reparler de l’adolescence et du désir adolescent mais avec mon regard d’aujourd’hui, une distance que je n’avais pas à l’époque. Chaque film est un peu une expérimentation, je voulais voir ce que ça donnerait.

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Jeune & jolie

ECRANS | Avec ce portrait d’une adolescente qui découvre le désir et brave les interdits, François Ozon prouve sa maîtrise actuelle de la mise en scène, mais ne parvient jamais à dépasser le regard moralisateur qu’il porte sur son héroïne. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 10 juillet 2013

Jeune & jolie

Jeune & jolie : un titre qui est autant une référence au magazine pour adolescentes qu’une mise au point de la part de François Ozon. Il ferme ainsi sa longue parenthèse d’actrices vieillissantes et revient à la jeunesse érotisée de ses premières œuvres, courtes ou longues. L’introduction tient lieu d’énorme clin d’œil : sur une plage déserte, Isabelle, seize ans — prometteuse Marine Vacth, sorte de Lætitia Casta en moins voluptueuse — retire le haut de son maillot de bain, se pensant à l’abri des regards. En fait, la scène est vue depuis les jumelles de son petit frère et en deux plans, trois mouvements,  Ozon s’offre un digest de son premier âge de cinéaste : la plage comme lieu de fantasmes, ses alentours comme repaire des désirs troubles. Clin d’œil donc, mais trompe-l’œil aussi : ce voyeurisme-là n’est qu’une fausse piste et même si par la suite tous les regards se tourneront vers Isabelle pour percer son inexpliquée conversion à la prostitution, Ozon ne cherche jamais à créer de suspens malsain autour de ses activités : au contraire, c’est l’évidence

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J'enrage de son absence

ECRANS | De Sandrine Bonnaire (France, 1h38) avec William Hurt, Alexandra Lamy, Jalil Mehenni...

Jerôme Dittmar | Jeudi 25 octobre 2012

J'enrage de son absence

Deuxième réalisation de Sandrine Bonnaire après un premier docu sur sa soeur autiste, J'enrage de son absence prouve, encore, que les films d'acteurs font rarement des miracles. Histoire d'un deuil impossible : traumatisé par la mort de leur enfant, un homme hante la vie recomposée de son ex pour nouer une relation maladive avec son fils, cette nouvelle incursion dans la folie part pourtant sur de bonnes intentions. Consciente de devoir faire cinéma, Bonnaire aimerait filmer d'abord les corps et l'espace. Problème : ce qui avait tout pour devenir un Dark Water français se voit sans cesse rattrapé par la psychologie et son incapacité à pousser les choses dans une étrangeté plus radicale et surtout formelle. Le film s'enlise alors, suivant l'enfermement d'un William Hurt poussif dans une cave d'immeuble dont Bonnaire ne sait plus que faire, sinon un bon gros symbole. Le sens s'y retrouve étouffé, exsangue devant ce désir bizarre de rendre la peine de l'autre indiscutable. Jérôme Dittmar

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Début octobre dans la maison Ozon

ECRANS | Pendant longtemps, François Ozon se méfiait de la presse, des interviews et de la nécessité d’expliquer ses films. Depuis Potiche, on le sent plus détendu, plus sûr de lui et prêt à rentrer dans les méandres de son œuvre avec humour et malice. La preuve avec cet entretien. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 8 octobre 2012

Début octobre dans la maison Ozon

On se dit en voyant Dans la maison que c’est le film où vous répondez le plus ouvertement aux reproches adressés à votre cinéma mais aussi où vous le définissez par rapport à la littérature, comme une théorie de votre pratique…François Ozon : Au départ, c’est une pièce de théâtre, ce n’est pas moi qui l’ai écrite. Mais quand on fait une adaptation, c’est qu’on s’y retrouve, qu’il y a des choses qui vous plaisent. Ce qui m’a plus, c’est la relation prof-élève et que ce ne soit pas dans un seul sens, qu’il y ait une interactivité, que le gamin apporte autant au prof que le prof au gamin, cette idée de la transmission. Quant à répondre exactement à ce qu’on me reproche, c’est vous qui le dites, je ne l’ai pas théorisé. Il y a quand même des dialogues qui évoquent le fait d’aimer ses personnages ou de les regarder de haut…Ah ! Ce qui m’amusait dans tous ces trucs théoriques que dit le prof, c’est que ça me rappelait ces gens qui veulent donner des cours sur le scénario, ces théoriciens venus des États-Unis. Je lis ça et je n’arrive jamais à rentrer dans ce moule, cette méthode. Je sais que ce sont des co

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Dans la maison

ECRANS | De François Ozon (Fr, 1h45) avec Fabrice Luchini, Kristin Scott-Thomas, Emmanuelle Seigner…

Christophe Chabert | Mercredi 3 octobre 2012

Dans la maison

Germain Germain (bonjour Nabokov !) est un prof de français désespéré par la nullité de ses élèves. Alors qu’il lit leurs médiocres rédactions à sa femme qui, elle, tient une galerie d’art contemporain sur le thème sexe et pouvoir (bonjour Sade !), l’une d’entre elles sort du lot. L’élève y raconte son envie de s’introduire dans la maison d’un de ses camarades pour s’approcher de cette vie bourgeoise, avec une mère archétypale des «femmes de la classe moyenne» (bonjour Flaubert !). Germain pense qu’il y a là un talent à canaliser, sans savoir qu’il met le doigt dans un dispositif dangereux : celui qui brouille la frontière entre la réalité et la fiction, mais aussi celui de François Ozon, qui déroule ici une mécanique ludique où l’on ne sait jamais si ce que l’on nous raconte est le fruit d’une narration objective, si celle-ci a été influencée par les conseils de Germain ou encore si elle n’est que le reflet de l’imagination de son élève. Le voyeurisme littéraire de l’un rencontre le voyeurisme réel de l’autre, et tout le monde finit par vivre son fantasme (d’auteur frustré, d’adolescent orphelin, de femme délaissée) par procuration. Ozon s’amuse manifestement — et on s’

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Possessions

ECRANS | Pour son troisième film, Éric Guirado s’inspire de l’affaire Flactif pour explorer, à travers une mise en scène passant sans cesse du chaud au froid et un quatuor d’acteurs excellents, le fossé grandissant entre les possédants et les dépossédés. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 1 mars 2012

Possessions

L’affaire Flactif (ou affaire du Grand Bornand) avait marqué la France : un couple de prolos du nord avait assassiné puis tenté de faire disparaître les corps d’une famille, dont les époux étaient aussi leurs propriétaires. Qu’on le prenne par tous les bouts, le fait-divers disait avec une grande brutalité l’écart béant qui se creusait entre ceux qui ont tout (réussite, argent, maison) et ceux qui doivent leur donner le peu qu’ils ont. Éric Guirado, en transposant librement cette histoire traumatisante, fait lui aussi un grand écart avec l’optimisme réconciliateur du Fils de l’épicier : Possessions est une œuvre au noir, jamais rassurante, et c’est cette obstination à plonger au fond de l’horreur qui en fait le prix. L’or blanc vire au rouge Le couple formé par Jérémie Rénier (gras et lourd : parfait !) et Julie Depardieu (inquiétante de ressentiment contenu) a tout du cliché : lui adepte du tuning, elle braquée sur des images de bonheur superficiel, co

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Extras

ECRANS | Ricky Gervais & Stephen Merchant (The Corporation)

Christophe Chabert | Mardi 14 février 2012

Extras

Ricky Gervais est un génie et l’Angleterre devrait chaque matin remercier le ciel de lui avoir offert un tel joyau, bien plus précieux que ceux de la couronne. En France, visiblement, tout le monde s’en fout. Car il aura fallu quatre ans pour qu’un éditeur (tout nouveau, tout beau) se décide à sortir en DVD Extras, l’autre grande série de Gervais et son acolyte Merchant après The Office. Extras, cela veut dire littéralement «figurants», et deux d’entre eux, Andy (Gervais) et Maggie (pétulante Ashley Jenson) font le tour des plateaux en cherchant, par tous les moyens, à décrocher une «line», c’est-à-dire une «réplique», moyen pour eux d’être mieux payés mais aussi de se faire repérer par le métier. Avec la même ironie que celle qu’ils portaient sur la vie de bureau, Gervais et Merchant arrivent à rendre crédible leur peinture du milieu du cinéma tout en outrant juste ce qu’il faut le trait pour le rendre hilarant. Dès le premier épisode, où Ben Stiller tourne un film sérieux sur la guerre en Yougoslavie inspiré de la vie réelle d’un homme qui y a perdu femme et enfants, ils déploient leur art consommé du rire embarrassé, comique de la gêne sans

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Le Moine

ECRANS | De Dominik Moll (Fr-Esp, 1h40) avec Vincent Cassel, Déborah François, Sergi Lopez…

Christophe Chabert | Mercredi 6 juillet 2011

Le Moine

Adapter le livre culte de Matthew Lewis, resté fameux pour son approche fantastique et feuilletonesque de la religion catholique, était un défi que Dominik Moll a pris visiblement à contresens. Plutôt que de s’engouffrer dans les outrances offertes par cette histoire baroque et iconoclaste (un moine rigoriste succombe à la tentation en se faisant abuser par une diablesse masquée, avant de commettre des crimes pour dissimuler son péché), il prend tout extrêmement au sérieux et déballe un bric-à-brac visuel qui manque et de souffle, et de rythme. Aucun vertige, aucun trouble, aucune fascination et surtout aucun plaisir à la vision de ce film tétanisé d’un bout à l’autre, à l’image d’un Vincent Cassel bridé par son jeu, à qui on conseillera d’aller voir la prestation de Banderas dans La Piel que habito pour voir qu’on peut s’amuser tout en composant un personnage glacé et ambivalent. Christophe Chabert

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Tricky ou la belle vie

MUSIQUES | Mixed Race, le nouvel album de Tricky, n’apporte rien de neuf ni de surprenant. Pour les coups fumants, il faut se reporter à la pochette (forte en THC) (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 5 novembre 2010

Tricky ou la belle vie

Mixed Race, le nouvel album de Tricky, n’apporte rien de neuf ni de surprenant. Pour les coups fumants, il faut se reporter à la pochette (forte en THC) ou au porte-nawak absolu dont l’ex-Kid de Bristol est toujours capable en concert. Là, toutes les surprises sont permises, tous les paris sont de mise : Tricky récidivera-t-il au Transbordeur le live border line déjà vu à Woodstower ? Fera-t-il grève une fois encore, laissant le micro en plan et les musiciens livrés à eux-mêmes, pendant que le public envahit la scène ? Caressera-t-il longtemps son torse de boxeur avant de se jeter dans l’arène ? Et sous prétexte d’être un grand fumeur, doit-il toujours se sentir obligé de jouer les fumistes ? Réponse mardi 16 novembre au Transbordeur.

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Potiche

ECRANS | Pour son déjà douzième long-métrage, l’insaisissable François Ozon s’empare d’une pièce de boulevard signée Barillet et Grédy pour en tirer une adaptation très libre, politique, drôle et mélancolique, au casting parfait et à la mise en scène fluide et élégante. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 novembre 2010

Potiche

Un mot d’abord sur l’étrange carrière de François Ozon. Peu de cinéastes français contemporains ont été aussi prolifiques (un film par an depuis 1998), aussi éclectiques et aussi inégaux. Impossible à partir de sa déjà imposante filmographie de faire des généralités : il a fait de grands films intimistes ("5X2", "Le Temps qui reste") mais en a raté à peu près autant ("Swimming Pool", "Le Refuge") ; avec des sujets plus conséquents, les fortunes sont aussi diverses, du baroque provocateur "Les Amants criminels" au romanesque neurasthénique d’"Angel" ; quand il adapte du théâtre, cela peut donner un film poussif comme "8 femmes", mais aussi une bonne claque comme "Gouttes d’eau sur pierres brûlantes". "Potiche" ajoute encore du paradoxe : d’abord, il sort la même année que ce qui est sans doute le pire film d’Ozon ("Le Refuge") ; ensuite, il s’apparente à une commande ouvertement grand public façon "8 femmes" ; enfin, il s’agit d’une comédie, genre qui a peu réussi à Ozon depuis son initial "Sitcom". Pourtant, le cinéaste est ici à son meilleur, et si "Potiche" est avant tout un excellent divertissement, il aborde des territoires encore inconnus dans l’œuvre d’Ozon.

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Beast

MUSIQUES | C'est le coup de cœur répété des gens du Ninkasi, qui nous ramènent pour la seconde fois en moins d'un an cette bête en provenance du Canada. Coup de cœur (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 1 octobre 2010

Beast

C'est le coup de cœur répété des gens du Ninkasi, qui nous ramènent pour la seconde fois en moins d'un an cette bête en provenance du Canada. Coup de cœur justifié, puisqu'on a là entre les mains l'une des sensations de ces derniers mois. Un duo pour le moins inclassable qui émet un son difficile à ranger dans des cases : mélange de rock, de metal, de rap, de funk, de soul, de trip-hop, et même de musique orientale. On pense à Tricky, à Bran Van 3000 et parfois au Prince des grandes heures et puis le morceau suivant nous fait changer d'avis. Pour se faire une idée, ou plusieurs, c'est au Kafé (avec Mensch), mercredi 13 octobre 2010. Et c'est bête de gratuit. SD

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Glorieux bâtard

ECRANS | Faits concernant Ricky Gervais : ses séries télé vous donnent une furieuse envie de le tabasser. Il a probablement le rire le plus irritant du monde. Sa misanthropie n’a d’égale que son goût exacerbé pour l’auto-flagellation, il manie le cynisme et la pure méchanceté avec un redoutable aplomb. Et c’est un véritable génie comique, comme le confirme sa première réalisation, The Invention of Lying. François Cau

Dorotée Aznar | Lundi 26 avril 2010

Glorieux bâtard

Pour quiconque a vécu ne serait-ce qu’une semaine dans le merveilleux monde de l’entreprise, la vision de la série anglaise The Office relève du chemin de croix. Son créateur Ricky Gervais y interprète le rôle principal, David Brent, un patron tire-au-flanc, incompétent, pathétique dans ses tentatives incessantes d’attirer la sympathie de ses employés. La justesse avec laquelle il campe ce parangon de mesquinerie trouble jusqu’au malaise et la réalisation très documentaire accentuent une tension que peineront à reproduire les décalques américain (The Office itou) et surtout français (Le Bureau) de la série, préférant opter pour une approche sitcom du sujet. En même temps, il manquait à ces versions l’élément fondamental de la réussite du show : la performance de son acteur principal, onctueux connard que l’on prenait presque plaisir à détester de toutes nos forces, qui nous poussait à nous cacher les yeux lors de ses nombreuses scènes d’humiliation. Clown sinistre, prêt à surcharger son physique peu avenant pour décrocher un sourire, David Brent est le double négatif de son interprète, qu’on aurait amputé de sa subtilité et de sa finesse d’analyse. Art

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The invention of lying

ECRANS | De Ricky Gervais et Matthew Robinson (ÉU, 1h40) avec Ricky Gervais, Jennifer Garner…

Dorotée Aznar | Vendredi 23 avril 2010

The invention of lying

Le tout amorphe La Ville Fantôme nous laissait augurer du pire quant à la récupération hollywoodienne de Ricky Gervais, génial créateur de la série (originale) The Office. On le pensait dès lors condamné à traîner son physique ingrat et sa misanthropie ad nauseam, peinant à insuffler de l’âme à des projets sans intérêt. C’était jusqu’à The Invention of lying, sa première réalisation qui, si elle n’est pas le chef-d’œuvre espéré, s’en approche tout de même de façon louable. Déjà, l’idée de base est fabuleuse : dans un monde parallèle où tout le monde ne cesse de dire la vérité à tout bout de champ, Mark Bellison (Ricky Gervais) devient le premier homme à pouvoir mentir. Le temps de poser ce postulat, le film dispense dans son premier acte d’hilarantes déclinaisons de ses possibilités, où même la falote Jennifer Garner parvient à tirer son épingle du jeu – c’est dire. La deuxième partie de The invention of lying, en se reposant sur un implicite pour le moins osé de son principe (dans ce monde sans mensonge, la religion n’existe pas), nous fait miroiter une œuvre savamment subversive. De fait, pour une production américaine, le scénario de Gervais et Robinson s’aventure dès lors su

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Le Refuge

ECRANS | De François Ozon (Fr, 1h30) avec Isabelle Carré, Louis-Ronan Choisy…

Christophe Chabert | Jeudi 21 janvier 2010

Le Refuge

Le Refuge plonge tête la première dans ce qui guette le cinéma de François Ozon : son côté Patrice Leconte auteuriste où un film = une idée + un casting. C’était le cas de Swimming pool, son plus mauvais film à ce jour, ça l’est encore plus ici car Ozon y rajoute une donnée intenable : un discours sournoisement planqué derrière son récit. Soit un couple de junkies ; le mec (Melvil Poupaud) meurt et la fille (Isabelle Carré) tombe enceinte. Elle trouve refuge dans une maison au bord de l’océan, où le frère gay de feu-son amant la rejoint. Elle décide de garder l’enfant, et découvre dans ce frère en rupture avec sa famille bourgeoise un père de substitution possible. La fin viendra enfoncer le clou : oui, les homos peuvent être d’excellents pères, meilleurs que certains hétéros. Soit. Mais la démission totale de Ozon en tant que scénariste (le film n’est qu’accumulation de dialogues dignes de Plus belle la vie) et cinéaste (il n’y a rien à regarder dans les plans, plats comme un téléfilm) donne le sentiment que Le Refuge n’est qu’un prétexte pour un futur débat sur la question. Christophe Chabert

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Lucky Luke

ECRANS | De James Huth (Fr, 1h44) avec Jean Dujardin, Michael Youn, Melvil Poupaud, Alexandra Lamy…

Dorotée Aznar | Vendredi 16 octobre 2009

Lucky Luke

Seule l’Italie a su déterritorialiser le western en préférant le baroque au respect des traditions. Mais on se souviendra que ces relectures transalpines ont aussi méchamment viré à la parodie : ce fût l’heure de gloire des Trinita avec Terence Hill. Ce dernier, justement, signait en 1991 une première adaptation de Lucky Luke. Si James Huth et Dujardin font mine de l’avoir oublié, leur horizon est pourtant semblable. Rien à attendre donc de cette nouvelle version. Par vague fidélité au matériau d’origine, le film ressert une soupe parodique indigeste, hystérique et lourdingue. Acteurs en roue libre, récit chaotique aux enjeux flous, seule la mise en scène dévoile quelques fulgurances. Entre Jan Kounen et Jean-Marie Poiré, ce Lucky Luke tient de l’ovni volant à très basse altitude. JD

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Tricky

MUSIQUES | Festival Woodstower Blog 7 Lundi 24 août

Dorotée Aznar | Lundi 24 août 2009

Tricky

C’est l’histoire d’un gamin plutôt mal parti dans la vie : son père quitte le foyer familial avant même sa naissance, sa mère se suicide alors qu’il n’a que quatre ans, il tâte un peu du mitard à l’adolescence… Bref, son avenir ne s’annonçait pas forcément sous les meilleurs auspices. Mais en 2009, le gosse qui avait tout du futur gibier de potence est devenu un fort gaillard tout en muscles et en tatouages qui, du haut de ses 41 ans, peut légitimement prétendre au titre de parrain du trip-hop : une figure tutélaire, un précurseur et un défricheur qui a su poser avant tout le monde les jalons du genre, un peu comme Iggy Pop l’avait fait pour le punk ou James Brown pour le funk. Rien que ça. Entre-temps, il y a eu quand même Massive Attack, groupe phare des années 90 et pionnier justement dans le domaine des tripatouillages sonores entre hip-hop, électro, soul et groove. Bien qu’il ait quitté le groupe de Bristol après seulement deux albums, Tricky a su garder intacte la ferveur de ses fans, et viendra prouver à Lyon le 29 août que non, décidément, il n’est toujours pas tricard. Romain Vallet

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Hindi Zahra et Herman Düne

MUSIQUES | Festival Woodstower Blog 5 Jeudi 20 août

Dorotée Aznar | Jeudi 20 août 2009

Hindi Zahra et Herman Düne

Juste avant les deux mastodontes électro que sont Peaches et Tricky, le samedi soir sera aussi l’occasion de (re)voir sur scène deux sensations folk du moments : la chanteuse aux accents berbères Hindi Zahra et les Franco-suédois d’Herman Düne. La jeune femme aux airs baba-cool viendra présenter à Lyon son premier album, à paraître à la rentrée de septembre, et qui buzze beaucoup en ce moment sur Internet. Sa petite voix fluette et ses arrangements de guitare éthérés devraient sans doute faire le bonheur de tous ceux qui trouvent Peaches trop trash... Elle sera suivie par un duo barbu et vêtu de chemises de bûcheron, les incontournables Herman Düne, rare exemple de groupe folk français réussissant à s'exporter avec succès à l'étranger : c'est ainsi qu'ils ont collaboré par le passé avec l'ex-Moldy Peaches Kimya Dawson et que leur chanson «I Wish That I Could See You Soon» a été saluée par le magazine Rolling Stones comme l'une des cent meilleures de 2007. La classe internationale, on vous dit. Romain Vallet

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L’enfer et les autres

CONNAITRE | Sale gosse intronisé à tort porte-parole du trip-hop, Tricky revient sur scène défendre son dernier opus, Knowle West Boy. François Cau

Dorotée Aznar | Vendredi 19 juin 2009

L’enfer et les autres

Festival - Musique / Ceux qui ont eu la chance de le voir sur scène le savent. Le Tricky kid débarque avec son passif inscrit sur son corps bardé d’impressionnants tattoos, marqué sur sa gueule renfrognée, gravé dans sa voix d’outre-tombe à même de faire frissonner les plus rétifs. Dans les mauvais jours, son mal-être le faisait arriver sous forte influence, grommelant ses lyrics avant de se tirer au bout d’une petite demi-heure. Mégalo, inconscient, méprisant ou intègre au dernier degré ? Probablement un peu de tout ça à la fois. Tricky n’a cure de l’aura puissante entourant son nom. En son temps, il préféra claquer la porte à la gueule des membres de Massive Attack, alors en pleine ascension fulgurante, plutôt que de subir les desiderata de l’industrie du disque. Avec la sublime chanteuse Martina Topley-Bird dans ses valises, il défricha ses obsessions musicales et accoucha du somptueux Maxinquaye, porté par les singles Aftermath et Hell is around the corner, qui portaient déjà en eux la quintessence de son style. Soit une fusion tous azimuts de ses influences sonores, du hip-hop au rock en passant par la soul et les premiers bidouillages électroniques, le tout avec un art consom

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5X2

ECRANS | FRANÇOIS OZON (Fox Pathé Europa)

| Mercredi 30 mars 2005

5X2

Fraîchement accueilli à sa sortie, 5X2 a droit aujourd'hui a une luxueuse édition DVD, rendant justice à ce film qui relance l'intérêt pour la carrière de François Ozon, plombée par deux indignes navets (8 femmes et Swimming Pool). La beauté fascinante de cette radioscopie clinique et déchirante autour d'un naufrage amoureux, dont la narration à rebours fait revivre le couple tel un phœnix renaissant de ses cendres, est paradoxale : troué par des ellipses béantes qui sapent toute tentative d'explication psychologique ou causale, 5X2 dégage pourtant une puissante odeur de vérité humaine comme si, sans jamais rien expliquer, Ozon livrait tout de même les clés pour comprendre les relations entre ses personnages. La solution à cette énigme est à chercher dans les bonus (nombreux) du DVD, notamment dans ces interviews confessions où Ozon lui-même pousse ses acteurs à faire le point sur leurs personnages, révélant ainsi tout ce qui transpire dans leur jeu sans jamais être exprimé au grand jour. Sous ses allures de drame bourgeois étriqué (ce qu'on lui a beaucoup reproché), le film est beaucoup plus expérimental et complexe qu'il n'y paraît, ce que d

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Angel

ECRANS | François Ozon renoue avec la veine de 8 femmes dans ce mélodrame en anglais qui ne craint ni les clichés, ni les excès, mais n'évite pas une ironie assez destructrice. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 21 mars 2007

Angel

S'il y a une chose qu'on ne peut pas reprocher à François Ozon, c'est d'exploiter un filon. Chacun de ses films semble répondre à des impératifs personnels, une volonté d'expérimenter au détriment d'une fidélité à un style ou à un propos. En fait, Ozon est un peu notre Soderbergh... Alors, si Angel rappelle par son jeu sur les codes 8 femmes, et si son sujet n'est pas sans échos avec celui de Swimming Pool, il reste une curiosité dans son œuvre et traduit un désir d'aller de l'avant. Adapté d'un roman d'Elizabeth Taylor, Angel montre comment une jeune fille prolotte vivant au-dessus de l'épicerie maternelle rêve de devenir une écrivain à succès. Première surprise : elle le devient très vite, sans réelle difficulté. Les portes de la gloire s'ouvrent, matérialisées par les grilles de Paradise, grande demeure aristocratique qui la faisait rêver et qu'elle rachète une fois ses romans fleur-bleue transformés en best-sellers. Pendant la première heure du film, Ozon adopte vis-à-vis du récit une attitude déroutante : il redouble l'incroyable (au sens propre du mot) destin d'Angel par une mise en scène complètement artificielle, une musique dégoulinan

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