Le carré parfait de Truffaut

ECRANS | L’œuvre de François Truffaut, actuellement projetée dans son intégralité à l’Institut Lumière, est entièrement contenue dans ses quatre premiers films, où l’on trouve aussi un précipité de ce qu’a été la Nouvelle Vague. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 10 juin 2009

Vingt-cinq ans après sa mort, un demi-siècle après son premier film, l'héritage de François Truffaut est encore vivace dans le cinéma mondial. De Loach à Desplechin, de Tsai Ming Liang à Steven Spielberg, d'Almodovar à Wes Anderson, l'œuvre du cinéaste infuse chez les grands auteurs actuels. Intègre et personnelle, elle a pourtant plusieurs visages, que Truffaut avait balisés avec ses quatre premiers films, dont tous les autres ne sont que des déclinaisons affinées, des suites rêveuses ou des remakes cachés.

Les 400 coups : Antoine Doinel est né

Sensation au festival de Cannes 1959 : le critique de cinéma François Truffaut devient cinéaste et réalise Les 400 coups, en rupture radicale avec l'esthétique du cinéma français à l'époque. Un vent de vérité, du décor aux acteurs, mais aussi une maîtrise de la mise en scène, fondée sur un apparent refus de la maîtrise, baignent ce film pionnier. Truffaut s'y invente un alter ego de fiction, Antoine Doinel, et lui offre un corps et une voix inédits, ceux de Jean-Pierre Léaud. Aussi insoumis que son personnage et son auteur, Les 400 coups parle d'une enfance éprise de liberté dans un monde qui ne va pas assez vite à son goût, jusqu'à un dernier plan inoubliable : un long travelling sur une plage où Doinel s'échappe et contemple l'horizon. Truffaut ne le laissera pas là. Il le retrouvera à intervalles réguliers : adolescent amoureux (Antoine et Colette, sketch de L'Amour à vingt ans), jeune adulte indécis (Baisers volés), homme marié (Domicile conjugal) puis divorcé (L'Amour en fuite), Doinel rejoue à dix ans d'écart les mouvements sentimentaux de la vie de Truffaut. C'est pour lui une récréation sérieuse : d'une folle liberté de ton, les aventures d'Antoine Doinel forment une longue comédie douce-amère, mais aussi un regard amusé sur la France et ses mutations.

Tirez sur le pianiste : la tentation du noir

Truffaut, lorsqu'il était critique, défendait bec et ongle les séries B américaines. Dès son deuxième long-métrage, il en offre une lecture toute personnelle : en adaptant librement un roman de David Goodis, Truffaut se joue des codes du polar. Ce qui l'intéresse, ce n'est pas l'intrigue, mais les figures de style qu'elle autorise. Tirez sur le pianiste n'est pas un film noir, mais une méditation ludique sur un genre aimé et son histoire. Cette tentation du genre traverse son œuvre, sans jamais y succomber : La Mariée était en noir et La Sirène du Mississippi, tous deux tirés de William Irish, transforment ces deux polars en drame romanesque et en comédie romantique. Pour ce qui sera son dernier film, l'extraordinaire Vivement dimanche !, Truffaut revient au noir, mais en retire toute gravité. Le film est léger, euphorique, loin de tout crépuscule, sinon a posteriori celui d'une œuvre terminée prématurément alors qu'elle semblait trouver une nouvelle jeunesse.

Jules et Jim : le roman et l'histoire

Film fou, d'une liberté exceptionnelle tant dans sa mise en scène que par son sujet (une femme aime deux hommes, liés par une indéfectible amitié malgré les soubresauts de l'histoire), Jules et Jim est le premier chef-d'œuvre de Truffaut. Il constitue aussi une des colonnes vertébrales les plus solides de son œuvre : le grand film romanesque inscrit dans l'Histoire. Sans nostalgie mais avec beaucoup de mélancolie, le cinéma de Truffaut a besoin de ce socle pour exprimer les tourments et les aspirations de ses personnages : la passion d'une jeune femme, fille de Victor Hugo (L'Histoire d'Adèle H.), l'obsession mortifère d'un homme brisé par la guerre, ignorant les vivants qui l'entourent (La Chambre verte), la Résistance depuis les coulisses d'un théâtre (Le Dernier Métro). S'ils ne retrouvent jamais la folle énergie de Jules et Jim, ces films, les plus profonds et les plus sérieux de Truffaut, ont assis sa réputation internationale.

La Peau douce : la passion du cinéma

Après l'invention à l'œuvre dans Jules et Jim, la mise en scène de La Peau douce paraît classique. Pas d'ouvertures à l'iris, pas d'adresse caméra, pas de chansons, pas de raccords sauvages… De là à identifier cette «sagesse» aux enjeux de son récit (un adultère tragique dans un couple bourgeois), il n'y a qu'un pas… Mais La Peau douce n'est ni l'acte final de la Nouvelle Vague, ni la phase d'embourgeoisement de l'œuvre de Truffaut. C'est, au contraire, son acmé et son dépassement. Car ce n'est plus le scénario qui raconte l'histoire, mais la caméra et le regard du cinéaste, chargeant chaque mouvement d'appareil d'un sens qui se dérobe aux mots. Raconter le film, c'est le décrire ; en parler, c'est parler de l'amour de Truffaut pour le cinéma. Dans le même temps, Godard choisit la voie théorique avec Le Mépris, Rozier celle de la spontanéité avec Adieu Philippine. De ce triangle sortira tout le cinéma moderne français, et Truffaut évoluera à l'intérieur avec son style propre : ce sera La Nuit américaine, Les Deux Anglaises et le continent, L'Homme qui aimait les femmes et le mélodrame absolu qu'est La Femme d'à côté. Des films où aimer est indissociable du fait de filmer. Totalement, tendrement, tragiquement.

Intégrale François Truffaut
À l'Institut Lumière jusqu'au 14 juillet.

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Raymond Depardon : une histoire de l'œil

Institut Lumière | Même si l’image fixe et l’image animée sont sœurs ou cousines, elles s’expriment dans des langages foncièrement différents, chacune obéissant à ses règles et codes (...)

Vincent Raymond | Jeudi 26 août 2021

Raymond Depardon : une histoire de l'œil

Même si l’image fixe et l’image animée sont sœurs ou cousines, elles s’expriment dans des langages foncièrement différents, chacune obéissant à ses règles et codes propres. Maîtriser l’une relève du talent ; les deux de l’exception : combien rares sont les artistes à avoir accompli une œuvre suivie signifiante en photographie comme au cinéma ! Raymond Depardon appartient à cette catégorie, où chacune de ses “vies” aura contribué — et contribue toujours — à nourrir et renforcer l’autre. Autodidacte, le Caladois débute par le reportage, la prise de vue sur le vif et sur le front. C’est dans l’urgence, la frénésie, les guerres mais aussi le décor aride et extrême des déserts qu’il forge son métier de reporter, à la fois témoin et passeur de “l’événement” — terme qui, dans son englobante singularité, renvoie à la vertigineuse pluralité de l’information. Dès 1969, le cinéma (principalement documentaire) vient compléter son regard, lui permettant d’explorer les faits sur la longueur, et de mettre au jour des dispositifs, ce que l

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L'Institut Lumière, de Kiarostami à Spike Lee

Lyon | Se remettre d’un deuil n’est jamais chose aisée ; alors, imaginez quand il s’agit de celui de l’un de ses fondateurs et de son président… Pour chasser son (...)

Vincent Raymond | Vendredi 14 mai 2021

L'Institut Lumière, de Kiarostami à Spike Lee

Se remettre d’un deuil n’est jamais chose aisée ; alors, imaginez quand il s’agit de celui de l’un de ses fondateurs et de son président… Pour chasser son spleen, l’Institut Lumière se replonge dans sa raison d’être (partagée par beaucoup de visiteurs de la rue du Premier-Film) : le cinéma sur grand écran. Et après une journée réservée au abonnés le 19 mai, un 20 mai ouvert à tous intégrant un hommage à Bertrand Tavernier et un film surprise, les spectateurs peuvent compter sur un retour aux fondamentaux : une programmation de reprises, avec du lourd. Citons la rétrospective Abbas Kiarostami, cinéaste aussi poétique que politique et précurseur de la si riche école iranienne contemporaine. Mais aussi les ressorties de classiques, avec un fort tropisme italien (Le Jardin des Finzi-Contini, I Vitello

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Bertrand Tavernier (1941-2021)

Disparition | Un mois avant son quatre-vingtième anniversaire, le jour du centenaire de Simone Signoret, Bertrand Tavernier est décédé dans sa propriété de Sainte-Maxime. C’est davantage qu’un cinéaste ou que le président de l’Institut Lumière qui disparaît avec lui : un amoureux total et sincère des films et de ceux qui les font, un promoteur de leur restauration et de leur projection. Sa trace n’est pas près de s’effacer.

Vincent Raymond | Vendredi 26 mars 2021

Bertrand Tavernier (1941-2021)

En ouverture de ce qui demeurera son ultime long-métrage sorti sur grand écran, Voyage dans le cinéma français (2016), Bertrand Tavernier avait placé une citation de Jean-Luc Godard : « il y a quelque chose qui nous lie, Bertrand et moi, c’est que nous sommes tous les deux les enfants de la Libération et de la Cinémathèque ». Certes, on ne peut que relever les concordances objectives dans la formation puis le parcours des deux hommes qui les a fait converger plus d’une fois — et ce en dépit de leur onze années d’écart. Tavernier fut l’attaché de presse de Pierrot le fou de JLG (1965), l’année où celui-ci rafla l’Ours d’Or à Berlin pour Alphaville, récompense que Tavernier emporterait en 1995 pour L’Appât… Tous deux sont des enfants d’une bourgeoisie intellectuelle provinciale, qui vont trouver dans le cinéma une sorte épiphanie, passeront par l’adoration compulsive de l’ère des cinés-clubs, une phase (de) critique avant de s’emparer d’une caméra pour tourner… Mais si avec le temps Godard n’a eu de cesse d’étrécir son audienc

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Bertrand Tavernier est mort

Disparition | On vient d’apprendre la disparition à 79 ans du cinéaste, scénariste et producteur Bertrand Tavernier, par ailleurs président de l’Institut Lumière depuis sa création en 1982. Une perte immense.

Vincent Raymond | Jeudi 25 mars 2021

Bertrand Tavernier est mort

Né à Lyon en 1941, celui qui fut attaché de presse et critique avant de s’emparer de la caméra en 1964 pour son premier court-métrage, puis en 1973 pour son premier long L’Horloger de Saint-Paul, aura signé une des œuvres les plus prolifiques et éclectiques du cinéma français contemporain. Sans pour autant renier ses précurseurs à la différence de la génération précédente — Bertrand Tavernier n’hésitera pas à travailler avec les scénaristes Aurenche et Bost conspués par la Nouvelle Vague. Touchant à tous les styles, du polar à l’anticipation en passant par le documentaire ; manifestant en homme engagé son amour pour le rétablissement de la justice sociale (L. 627, Histoires de vies brisées…), le jazz (Autour de minuit), le cinéma (l’extraordinaire Laisser Passer, Voyage à travers le cinéma Français), sa filmographie est émaillée de nombreux prix — il fut le premier récipiendaire du César du réalisateur en 1976 pour Que la fête commence

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La Daronne, de Jean-Paul Salomé, 17e Prix Jacques-Deray

Cinéma | « La galérance, elle est finie ! » Retour gagnant pour Jean-Paul Salomé qui avait mis sa carrière de cinéaste entre parenthèses quelques années pour se (...)

Vincent Raymond | Mercredi 3 mars 2021

La Daronne, de Jean-Paul Salomé, 17e Prix Jacques-Deray

« La galérance, elle est finie ! » Retour gagnant pour Jean-Paul Salomé qui avait mis sa carrière de cinéaste entre parenthèses quelques années pour se dévouer à la présidence d’Unifrance — l’organisme en charge du “rayonnement” du cinéma français à l’international. Auréolé d’un joli succès dans les salles françaises avec 421 578 spectateurs — cela, du fait d’une exploitation prématurément réduite puisqu’il était sorti avant la seconde fermeture des salles fin octobre 2020 —, très bien accueilli à l’étranger, son huitième long-métrage La Daronne, adapté du polar homonyme d’Hannelore Cayre vient d’être désigné Prix Jacques-Deray par l’Institut Lumière, succédant à Roubaix une lumière d’Arnaud Desplechin, également distribué par

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Bertrand Tavernier sur Netflix : ça commence aujourd’hui

Plan Canapé | Après Truffaut, Demy, Sautet, Resnais, la plateforme de streaming continue d’élargir son offre en inscrivant dès ce 1er mars quelques-unes des premières œuvres de Bertrand Tavernier. Une mise en bouche avant l’intégrale ?

Vincent Raymond | Lundi 1 mars 2021

Bertrand Tavernier sur Netflix : ça commence aujourd’hui

Rien n’arrête l’appétit de Netflix. Au moment où son concurrent direct Disney lance une plateforme, Star, ayant vocation à le titiller sur le segment “adulte” en proposant notamment des films ou des séries du patrimoine, la firme de streaming opère un nouveau coup d’éclat médiatique en intégrant à son volumineux catalogue cinq titres d’un emblématique auteur français : Bertrand Tavernier. Outre le fait qu’il s’agit pour la plupart d’œuvres parmi les plus primées et célèbres de la première partie de carrière du cinéaste lyonnais (L’Horloger de Saint-Paul (photo), Que la fête commence, Le Juge et l’Assassin, Coup de torchon, La Vie et rien d’autre), elles sont paradoxalement signées par un éminent cinéphile dont on sait l’attachement pour la projection en salle et son soutien au travail d’édition sur support physique des films, qu’il relaie sur son blog. Mais aussi par celui qui assume les f

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Thierry Frémaux : projection particulière

Récit | Avant les tapis rouges, Thierry Frémaux a longtemps foulé avec une respectueuse gravité les tatamis de judo. Dans "Judoka", un récit où rien ne fait écran à cette part d’intime, le directeur général de l’Institut Lumière/délégué général du Festival de Cannes revient sur son rapport au sport et à l’intériorité.

Vincent Raymond | Vendredi 26 février 2021

Thierry Frémaux : projection particulière

On était ressorti avec un sentiment mitigé de la lecture Sélection officielle (Grasset, 2017), le précédent ouvrage signé Thierry Frémaux, journal d’une année calendaire type de l’homme occupant l’un des centres de gravité du cinéma mondial — le Festival de Cannes — et gravitant dans tous les autres. Précieux mémoire décrivant de l’intérieur la structuration d’une saison “normale” dans la vie du 7e Art (sa foultitude de coulisses organisationnelles, ses mondanités nécessaires, ses voyages à décalages horaires partout mais aussi ailleurs…), gagnant à se détacher de l’actualité immédiate pour offrir de la matière aux historiens des temps futurs, l’ouvrage était aussi constellé de séquences moins gracieuses. À commencer par les catalogues épuisants de célébrités de tous poils et l’avalanche de fleurs jetées sur chacune et chacun qui, entre deux petites forfanteries cyclistes, donnaient de l’homme une impression floue : comme s’il ne s’était pas résolu à aller au-delà de l’écorce, reflétant

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L’Institut Lumière aux rayons X de la Chambre Régionale des Comptes

Cinéma | Coutumier d’une certaine discrétion, parfois autarcique, l’Institut Lumière a été contraint à plusieurs séances de rayons X économiques prescrites par la Chambre Régionale des Comptes. Le bilan vient d’être rendu public : si la santé est plutôt correcte, le médecin formules quelques recommandations. Et pour commencer, de bien suivre les protocoles…

Vincent Raymond | Mercredi 24 février 2021

L’Institut Lumière aux rayons X de la Chambre Régionale des Comptes

La CRC (Chambre Régionale des Comptes) vient de publier trois Rapports d’observations définitives portant sur trois structures ayant leur siège rue du Premier-Film : Association Institut Lumière, Société Cinémas Lumière, Société Sortie d’Usine Productions. Trois études connexes puisque la même entité, l’Institut Lumière, les unit et la même personne, Thierry Frémaux, les chapeaute. Trois mémoires mettant au jour non ces

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Les Frères Dardenne Prix Lumière 2020

Prix Lumière 2020 | Deux fois deux Palmes d’Or succèdent donc au double palmé Francis Ford Coppola, et recevront donc le Prix Lumière le vendredi 16 octobre à Lyon. Croisons-les doigts pour que rien n’entrave cette prophétie…

Vincent Raymond | Jeudi 16 juillet 2020

Les Frères Dardenne Prix Lumière 2020

De premières annonces fin mai avaient révélé quelques lignes fortes de la programmation de cette 12e édition du Festival Lumière : un hommage à Michel Audiard à l’occasion du centenaire de sa naissance, une rétrospective Clarence Brown. Si l’on se doutait que le ou la futur récipiendaire ne serait pas américain·e, rien ne laissait supposer qu’il ou elle serait double ! Mais après tout, quoi de plus normal pour célébrer le 125e anniversaire du Cinématographe par les Frères Lumière que célébrer deux frères de cinéma, les Dardenne. Indissociables comme le furent les Taviani ou le sont les Coen ou les Washowski, les “frères“ comme les surnomment avec affection leurs comédiens sont à l’instar de Ken Loach ou Stéphane Brizé les principaux représentants d’un cinéma ancré dans une réalité sociale et brute. Dépourvus d’effets, de musique, au plus près des corps et des situations, leurs films confrontent volontiers des gens ordinaires à des cas de conscience ou des enjeux moraux.

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Thierry Frémaux : « pourquoi Lyon, sa ville natale, n’en fait-elle pas plus pour le cinéma et les Lumière ? »

Institut Lumière | Alors qu’il vient de délivrer la liste des 57 films dotés du label Cannes 2020, Thierry Frémaux évoque la situation actuelle du cinéma post-Covid, et notamment ses impacts possibles sur l’Institut et le Festival Lumière qu’il dirige. Cela, l’année des 125 ans du Cinématographe Lumière. Une année particulière…

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Thierry Frémaux : « pourquoi Lyon, sa ville natale, n’en fait-elle pas plus pour le cinéma et les Lumière ? »

Après l’annonce de la sélection officielle du 73e festival de Cannes mercredi dernier, quel a été votre sentiment : du soulagement, des regrets ou de l’impatience ? Thierry Frémaux : Chaque année, je me demande ce qui va empêcher que Cannes se tienne, et chaque année — miracle — rien ne pose problème ; là on a bien vu que l’affaire était sérieuse. Le report au mois de juillet nous a permis d’espérer tout en n’y croyant guère et quand le président de la République a dit « il ne se passera rien cet été », on a compris. Mais on a eu la conviction qu’il fallait rester présent. On recevait des films — plus de 2000 –, ça nous a obligé. Cannes ne pouvait pas avoir lieu sous forme d’événement mais Cannes n’est pas que ça : c’est une distinction, c’est un goût, une façon de mettre le cinéma au cœur du monde ; on a décidé de lui faire prendre une forme différente et d’abord d’annoncer une Sélection officielle et de réunir les professionnels en ligne. Mercredi dernier, grâce à

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Lumière sur Nolan !

Rétrospective | L’Institut Lumière célèbre Christopher Nolan qui, en moins de vingt ans, s’est affirmé comme l’un des auteurs qui comptent à Hollywood et ailleurs : dix (...)

Élise Lemelle | Mardi 30 avril 2019

Lumière sur Nolan !

L’Institut Lumière célèbre Christopher Nolan qui, en moins de vingt ans, s’est affirmé comme l’un des auteurs qui comptent à Hollywood et ailleurs : dix longs-métrages ont suffi à imposer sa singularité. Cette rétrospective s’ouvrira sur Memento, incarnant à lui seul l’univers Nolan, et retracera sa filmographie complète : depuis Le Suiveur (1999) jusqu’à Dunkerque (2017). Elle sera agrémentée, notamment, par une conférence de Philippe Rouyer et la projection du film fétiche du cinéaste — 2001 de Kubrick — pour achever sa saison. La trilogie Batman - The Dark Night sera aussi de la fête, mais elle donnera lieu à une programmation autonome lors d’une nuit dont la date n’a pas encore été révélée : l’Institut Lumière ayant fait valoir son… Joker. Rétrospective Christopher Nolan À l’Institut Lumière ​du 24 avril au 16 juin

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Thierry Frémaux et Cécile Bourgeat : « dans dix ans, le cinéma classique continuera d'être partout »

Festival Lumière | À la veille de l’ouverture de la 10e édition du Festival Lumière, il nous semblait naturel d’interroger celui qui en est à l’origine, le dirige en assumant par ailleurs au cours de l’année les fonctions de directeur de l'Institut Lumière et de délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux. Il a choisi de répondre avec Cécile Bourgeat, secrétaire générale du festival — une première. L’occasion d’évoquer le passé, le futur immédiat, mais aussi l’avenir.

Vincent Raymond | Lundi 15 octobre 2018

Thierry Frémaux et Cécile Bourgeat : « dans dix ans, le cinéma classique continuera d'être partout »

En neuf éditions, le festival a-t-il pris la forme que vous escomptiez et atteint sa forme d’équilibre : dix jours, des rendez-vous et des lieux clairement identifiés, et peu ou prou 180 films ? Thierry Frémaux : Le festival Lumière a pris la forme populaire dont nous rêvions, et plus encore. Nous voulions ça : un festival pour tous, une pâtisserie de cinéma classique qui donne le désir d'aller en salles voir ou revoir de grands films. À quelques jours du festival, nous avons déjà vendu 80 000 tickets ! Cécile Bourgeat : Le souhait au départ était de permettre au public de goûter le cinéma de multiples manières : en allant voir des films en salles, en écoutant des artistes dans des masterclass, en se rendant au village pour acheter des DVD et des livres, pour écouter des comédiens sur le plateau de Radio Lumière. C’est bien que la ville natale du cinéma le célèbre ainsi, avec le sentiment que tout le monde y participe. Et ce tout le monde, c’est aus

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Les séries des cinéastes : Hitchcock time

Institut Lumière | Hitch (re)présente ! L’Institut Lumière initie un cycle de projections consacrées aux séries télévisées réalisées par de grands cinéastes. La première séance propose (...)

Pierre Deroudilhe | Mardi 27 mars 2018

Les séries des cinéastes : Hitchcock time

Hitch (re)présente ! L’Institut Lumière initie un cycle de projections consacrées aux séries télévisées réalisées par de grands cinéastes. La première séance propose une rétrospective Alfred Hitchcock présente, une série de petites histoires noires à la chute inattendue et sans lien entre les épisodes. Si vous regardiez la télévision dans les années 1950, ou, de manière plus probable, si vous êtes familier de l’œuvre du maître du suspense, alors vous vous souvenez sans doute des « Bonsoir » sévères lancés par Hitchcock au début de chaque épisode et de l’épilogue moral, toujours chargé de son humour noir caractéristique, que le réalisateur servait aux spectateurs. Deux autres projections sont prévues à l’Institut Lumière dans les prochaines semaines : la première concernera l’inspecteur Columbo vu par Steven Spielberg, l’autre, sur les Maîtres de l’horreur, une série d’épouvante réalisée entre autres par John Carpenter… À consommer sans modération. Les séries des réalisateurs À l’Institut Lumière ​le mercredi 28

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On re-tourne rue du Premier-Film ?

Institut Lumière | Le 19 mars 1895, les frères Lumière tournaient leur premier film à la sortie de leur usine. En hommage, l’Institut Lumière organise chaque année à cette (...)

Aliénor Vinçotte | Mardi 13 mars 2018

On re-tourne rue du Premier-Film ?

Le 19 mars 1895, les frères Lumière tournaient leur premier film à la sortie de leur usine. En hommage, l’Institut Lumière organise chaque année à cette date une journée de tournage en ce lieu fondateur. Vous désirez vous inscrire dans cette histoire et cette nouvelle tradition ? Il suffit de vous inscrire à l’adresse ci-dessous. Famille, amis, collègues, chacun est le bienvenu pour faire un “remake” du premier film, avec ses idées de mise en scène, de costumes. Plusieurs horaires de prises de vues auront lieu dans la journée. Attention... moteur, ça tourne ! À l'Institut Lumière le lundi 19 mars de 10h à 19h Inscriptions : www.institut-lumiere.org/actualités/nouvelles-sorties-d-usine-2018.html

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Stalker à l'Institut Lumière

Reprise | Même si la soirée d’ouverture de la rétrospective Andreï Tarkovski (1932-1986) est prévue mardi 5 septembre autour de L’Enfance d’Ivan, cinq des six films (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 août 2017

Stalker à l'Institut Lumière

Même si la soirée d’ouverture de la rétrospective Andreï Tarkovski (1932-1986) est prévue mardi 5 septembre autour de L’Enfance d’Ivan, cinq des six films programmés seront déjà visibles dès le 1er septembre — autant dire la quasi totalité de cet hommage en copies restaurées, et la presque intégralité de l’œuvre du cinéaste soviétique. En un quart de siècle, Tarkovski a signé sept longs-métrages malgré des embûches politiques, censoriales, économiques et, en définitive, la maladie. Pourtant, chacun d’entre eux est un continent à part dans le paysage mondial, une source d’inspiration et de fascination, un insondable abîme mystique dont on ne saurait prétendre épuiser la déroutante richesse. À la lisière de la métaphysique, de l’introspection et de la science-fiction, ce cousin russe de Bergman entraîne ses spectateurs dans des expériences malaisantes. L’énigmatique Stalker (1979) en apporte une preuve irréfutable. On y suit le parcours en zigzag de deux hommes, guidés par un “stalker” à l’intérieur de la “Zone”, territoire interdit ayant

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À l'Institut Lumière : L’Asiatique, le mystique et le caustique

Institut Lumière | Un mois et demi avant l’ouverture de sa 9e édition, le Festival Lumière présente un solide avant-goût de sa programmation à l’Institut homonyme. Mais pas que.

Vincent Raymond | Mardi 29 août 2017

À l'Institut Lumière : L’Asiatique, le mystique et le caustique

Révision générale. Par le passé, l’Institut Lumière a déjà anticipé un Festival en programmant dès septembre des films de (ou avec) son Prix Lumière. Mais c’était surtout parce qu’ils ne figuraient pas dans le tableau final des projections. 2017 semble opérer un changement radical en proposant rien moins que cinq longs-métrages de Wong Kar-wai (soit la moitié de son œuvre) et deux conférences pour se remettre dans le bain. Des films de la première partie de sa carrière, scandant les années 1990 (de Nos années sauvages à Happy Together), qui l’ont inscrit avec insistance comme figure originale d’un renouveau du cinéma asiatique — et en définitive, mondial. Cette mise en bouche délestera les salles bondées durant la semaine festive, encourageant le public à découvrir des productions plus rares. Pour accompagner ces flamboyants zakouskis, deux comètes dont les univers sont aussi opposés que l’influence sur leurs confrères et consœurs considérable : u

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Gérard Jugnot à l’Institut Lumière

Rencontre | De loin le réalisateur le plus prolifique de la bande du Splendid, mais aussi celui qui, parmi eux, aura le plus été réclamé comme acteur, Gérard Jugnot est (...)

Vincent Raymond | Dimanche 29 janvier 2017

Gérard Jugnot à l’Institut Lumière

De loin le réalisateur le plus prolifique de la bande du Splendid, mais aussi celui qui, parmi eux, aura le plus été réclamé comme acteur, Gérard Jugnot est convié par l’Institut Lumière à l’occasion de la publication d’un recueil de souvenirs, Une époque formidable - Mes années Splendid. Un premier bilan qui ne sonne en rien la fin de sa carrière, puisqu’il s’apprête à sortir en avril prochain sa douzième réalisation, C'est beau la vie quand on y pense. De ce film-là, il ne sera en théorie pas question lors de la causerie du vendredi 3 février à 19h — sauf s’il décide de livrer quelque cadeau pour remercier les Lyonnais de leur accueil. En revanche, il est prévu de poursuivre la soirée avec la projection de son quatrième film, Une époque formidable (1991), une histoire de crise, de SDF et de survie en milieu urbain avec Bohringer, Ticky Holgado et Chick Ortega, toujours d’actualité un quart de siècle après sa sortie. Une époque formidable À l'institut Lumière le vendredi 3 février à 19 et 21h

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"Lumière ! L’aventure commence" : retour en salles

ECRANS | de Louis Lumière et de nombreux opérateurs (Fr, 1h26) documentaire commenté par Thierry Frémaux

Vincent Raymond | Mardi 24 janvier 2017

Qui a déjà assisté à une séance d’ouverture/clôture du Festival Lumière, voire à l’invitation à un(e) cinéaste ou à quelque personnalité rue du Premier-Film, a forcément entendu Thierry Frémaux s’acquitter d’un commentaire en direct de vues Lumière, dévidant force anecdotes historiques sur le mode badin — il est rompu à cet exercice depuis le Centenaire du Cinématographe, en 1995. Ces inestimables bobines des premiers temps du 7e art venant d’être restaurées numériquement, l’idée a germé d’en faire revivre une sélection sur grand écran, histoire que les yeux du XXIe siècle redécouvrent le monde du XIXe. Au bilan, 108 vues figurent dans ce programme composé suivant des chapitres thématiques plus que chronologiques ; 108 ultra courts métrages “escortés” par la voix du patron de l’Institut Lumière — son ton ici plus solennel qu’à l’accoutumée, atteste qu’il est conscient de l’éternité à laquelle il se soumet en posant son timbre sur ces enveloppes cinématographiques. Projetés dans le respect de la vitesse du tournage — donc sans ces odieux accélérés transformant le moindre plan en saynète comique

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Nuit Batman : Chauve(-souris) qui peut !

ECRANS | De tous les super-héros capés, Batman est celui auquel chacun(e) s’identifie le plus aisément, puisque sa force réside dans ses faiblesses. Ni extraterrestre, (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 septembre 2016

Nuit Batman : Chauve(-souris) qui peut !

De tous les super-héros capés, Batman est celui auquel chacun(e) s’identifie le plus aisément, puisque sa force réside dans ses faiblesses. Ni extraterrestre, ni mutant de naissance ou du fait d’une exposition fortuite à un chiroptère radioactif, Bruce Wayne demeure sous le masque du vengeur un type banal. Enfin… sur le plan physiologique. Car au niveau psychologique, il subit encore le contrecoup de l’assassinat de ses parents auquel il a assisté enfant (voici pour le passif) ; et sur le plan bancaire, il doit s’accommoder d’un héritage de quelques milliards — voilà pour l’actif. Un tel cocktail ne pouvait qu’appâter des réalisateurs un peu secoués, aimant malaxer la matière cinématographique pour servir de nouveaux mélanges. Conscients du trésor qu’ils détenaient, les studios Warner ont (presque) toujours pris soin de confier leur ténébreux chevalier à des cinéastes plutôt bath. La preuve avec les quatre films déployés par l’Institut Lumière. C’est Tim Burton qui s’y colle le premier en faisant décoller la franchise en 1989. Fa

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Jane Birkin chez les frères Lumière

Institut Lumière | Alors que vient de débuter la rétrospective Varda, donnant l’occasion de (re)voir vendredi 16 septembre le portrait-fantaisie que la cinéaste avait consacré à (...)

Vincent Raymond | Dimanche 4 septembre 2016

 Jane Birkin chez les frères Lumière

Alors que vient de débuter la rétrospective Varda, donnant l’occasion de (re)voir vendredi 16 septembre le portrait-fantaisie que la cinéaste avait consacré à la jeune quadragénaire — Jane B. par Agnès V. (1988) —, Jane Birkin a droit à “son” invitation à l’Institut Lumière. Une soirée en deux parties, forcément trop courte pour évoquer l’étonnante carrière de l’Anglaise aux “yeux bleus, cheveux châtains, teint pâle”. À elle seule en effet, la muse et interprète de Serge Gainsbourg puis de Jacques Doillon, a beaucoup plus accompli durant le demi-siècle écoulé en faveur de la place du Royaume-Uni dans l’Europe culturelle que nombre de ministres de Sa Gracieuse Majesté. Comédienne de cinéma, puis chanteuse presque par hasard ; femme de théâtre et de lettres, réalisatrice enfin (Boxes, en 2007), l’artiste Jane Birkin est aussi une bel

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La rentrée de l'Institut Lumière : feux croisés

La rentrée cinéma à Lyon | À cinq semaines de la 8e édition de son festival — qui honorera Catherine Deneuve, faut-il encore le rappeler ? —, l’Institut Lumière fourbit bien d’autres nouveautés pour la saison 2016-2017. Pleins phares sur quelques rendez-vous attendus…

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

La rentrée de l'Institut Lumière : feux croisés

Septembre n’est pas encore là que la salle du Hangar s’offre un 5 à 7 avec Cléo en guise de soirée d’ouverture de saison — et surtout de prémices à la rétrospective Agnès Varda. Une rentrée très dense rue du Premier-Film, où l’agenda déborde déjà : quelques invitations émailleront la fin de l’été — Jane Birkin (13 septembre), puis l’homme de cinéma mac-mahonien Pierre Rissient (21 septembre) —, une nuit Batman autour des films de Tim Burton et Christopher Nolan tiendra éveillés les citoyens de Gotham le 24 septembre ; enfin La Vie de château, Belle de jour et Ma saison préférée permettront "d’attendre" Catherine Deneuve. Car nombreux sont les spectateurs à avoir déjà en ligne de mire le Festiv

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Rétrospective Varda : Le B.A-BA d’Agnès V.

Rétrospective à l'Institut Lumière | Cela n’a pas dû être coton de cueillir (ou bien… glaner ?) des titres dans cet immense champ fleuri qu’est l’œuvre d’Agnès Varda : courts, longs, (...)

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

Rétrospective Varda : Le B.A-BA d’Agnès V.

Cela n’a pas dû être coton de cueillir (ou bien… glaner ?) des titres dans cet immense champ fleuri qu’est l’œuvre d’Agnès Varda : courts, longs, fictions, documentaires ; fantaisies, reportages, objets autonomes et singuliers, épisodes de séries, montages photographiques, vidéos d’installations, téléfilms… Rien ne se ressemble de prime abord, et cependant tout porte sa marque ou sa voix incomparable et bienveillante. Alors, quelle ligne emprunter pour y vagabonder ? Ou quels détours ? Peu importe, en définitive : tous les chemins mènent à Agnès et à Varda. L’institut Lumière a privilégié une approche par les sommets, c’est-à-dire ses films les plus célèbres et célébrés. Des histoires imitant le réel comme La Pointe Courte, Cléo de 5 à 7, Le Bonheur, L’une chante, l’autre pas, Sans toit ni loi, à travers lesquelles on voit la société évoluer et les femmes conquérir leurs droits ; des portraits ou miroirs p

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Agnès Varda : « J’ai été photographe, un petit peu… »

Interview | Avant-gardiste malicieuse, toujours en mouvement — même si, de son propre aveu, elle ralentit sa cadence — Agnès Varda fait coup double à l’institut Lumière avec une rétrospective cinéma et une exposition photo. Petit préambule en forme de conversation.

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

Agnès Varda : « J’ai été photographe, un petit peu… »

Avez-vous été associée au choix des films présentés à Lyon ? Pas du tout ! (sourire) Thierry [Frémaux] n’a pas besoin de moi pour choisir. Qu’y a-t-il comme films ? [elle étudie la liste] Ah, Les Cent et une nuits… Je suis contente qu’ils le montrent : en général, il n’est pas choisi dans les rétrospectives. C’est un film mal aimé ; une sorte d’hommage au cinéma traité avec décalage et humour. Une comédie assez légère, comme une fête foraine ou un carnaval, avec des acteurs éblouissants que je n’aurais pas cru diriger un jour : Gina Lollobrigida, Belmondo, De Niro…. J’avais joué la carte des acteurs, parce que l’idée des auteurs, elle passe chez les cinéphiles mais pas tellement ailleurs. Mais les gens ne l’ont pas compris : on ne me donne pas le droit de faire de comédie ! Peut-être les spectateurs pensaient-ils que vous adopteriez des codes que vous aviez toujours détournés, et que vous cesseriez d’être attentive aux marges de la société… Vous savez, par mon travail, j’ai acquis une position tout à fait marginale — je

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Doubles messieurs avec les Dardenne

Institut Lumière | À quelques jours de la conclusion de la rétrospective qui leur est consacrée par l’Institut Lumière, les frères Dardenne viennent y passer la soirée et présenter (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Doubles messieurs avec les Dardenne

À quelques jours de la conclusion de la rétrospective qui leur est consacrée par l’Institut Lumière, les frères Dardenne viennent y passer la soirée et présenter deux films : l’un les a faits connaître au grand public, en révélant l’immense Olivier Gourmet — La Promesse (1996), à 17h. L’autre est leur plus récente réalisation à ce jour, La Fille inconnue, interprété par Adèle Haenel, à 21h, en compétition à Cannes cette année — et attendu sur les écrans le 12 octobre. Entre les deux, ils échangeront avec la salle et évoqueront leur travail, devenu œuvre. Jeudi 30 juin dès 17h l’institut Lumière, Lyon.

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L’Été en CinémaScope

Institut Lumière | Précurseur de la manifestation pluriculturelle Tout l’monde dehors, le rendez-vous estival de l’Institut Lumière joue chaque année à fond la carte de la (...)

Vincent Raymond | Mardi 21 juin 2016

L’Été en CinémaScope

Précurseur de la manifestation pluriculturelle Tout l’monde dehors, le rendez-vous estival de l’Institut Lumière joue chaque année à fond la carte de la gourmandise cinéphilique en brassant les styles et les époques. Il convoque d’une semaine sur l’autre un réjouissant coq-à-l’âne d’ambiances : d’une saignante critique sociale sur fond de football dans une quelconque ville de province digne d’être une sous-préfecture chabrolienne (Coup de tête, photo) l'on passe à un film à sketches d’Ophuls d’après Maupassant (Le Plaisir), puis l’on roule en Lancia dans l’insouciance de l’Italie ensoleillée (Le Fanfaron), avant de retrouver la vivacité baroque et transformiste d’Almodóvar (Talons aiguilles), l’ambiance lourde d’un thriller post-franquiste (La Isla Minima) et le destin brisé d’une icône autodétruite par ses addictions et son trop plein de souffrance comme de talent (

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Nuit blanche couleur Dario Argento

Institut Lumière | Manque de sommeil et d’appétit ? Envie de repeindre vos cauchemars dans des tons allant du giallo au rouge sang ? Optez pour la Nuit Dario Argento (...)

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

Nuit blanche couleur Dario Argento

Manque de sommeil et d’appétit ? Envie de repeindre vos cauchemars dans des tons allant du giallo au rouge sang ? Optez pour la Nuit Dario Argento composée dans le cadre de l’Épouvantable Vendredi. Un menu de choix réunissant quatre longs-métrages extraits de la grande époque du maître italien (Les Frissons de l’angoisse, Suspiria, Ténèbres et Phenomena), agrémentés de divers documents façon friandises : interviews, bandes-annonces, etc. Pour les spectateurs dotés d’un estomac à toute épreuve, le petit déjeuner est offert à l’issue de ces agapes écarlates — et néanmoins stridentes. À l’Institut Lumière le vendredi 10 juin à 20h30

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Les frères Dardenne chez les frères Lumière

Rétrospective à l'Institut Lumière | Cinéastes, producteurs, découvreurs de plusieurs générations de comédiens belges, les Dardenne ne font jamais rien à moitié — n’ont-ils pas remporté deux Palmes (...)

Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

 Les frères Dardenne chez les frères Lumière

Cinéastes, producteurs, découvreurs de plusieurs générations de comédiens belges, les Dardenne ne font jamais rien à moitié — n’ont-ils pas remporté deux Palmes d’Or pour Rosetta (1999) et L’Enfant (2005) ? Incontournables depuis La Promesse (1996), leur troisième long-métrage de fiction, les “frères” incarnent avec Ken Loach dont ils sont proches, la conscience morale d’un cinéma contemporain qui témoigne de la réalité sociale, et refuse d’abdiquer ses idéaux humanistes de justice ou d’équité face au libéralisme ou à l’égoïsme dominant. Cet engagement irrigue la part la plus connue d’une œuvre qui a commencé assez logiquement par des documentaires, désormais peu visibles. La grande rétrospective que leur consacre l’Institut Lumière permet d’en découvrir plusieurs en format numérique, tels que Lorsque le bateau de Léon M. descendit la Meuse pour la première fois (1979), évocation des grèves de1960 ou R… ne répond plus (1981) sur l’aventure des radios libres. Tout aussi rares, les premières fictions Falsch (1987) et Je pense à vous (1992) seront programmées, comme La Fille inconnue, leur dernière ré

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Bernard Chardère, de Lumière à Brouillard

Les Causeries du 3e | Infatigable Bernard Chardère ! Créateur de la revue Positif en 1952, sauveteur de l’Institut Lumière dont il fut le premier directeur en 1982, le (...)

Vincent Raymond | Mardi 24 mai 2016

Bernard Chardère, de Lumière à Brouillard

Infatigable Bernard Chardère ! Créateur de la revue Positif en 1952, sauveteur de l’Institut Lumière dont il fut le premier directeur en 1982, le bouillonnant cinéphile a ajouté une ligne à son imposant CV. En compagnie du consultant Patrick Picot, il a lancé ce printemps un nouveau rendez-vous culturel. Des conférences sur le 7e art… “améliorées” : « J’ose à peine le dire, confie-t-il malicieux, mais l’idée est d’abord née de l’envie d’organiser des pots avec des camarades partageant la culture des ciné-clubs ; de nous réunir autour de notre passion plutôt que d’attendre de voir nos noms figurer à la page des disparitions ! ». De réunion conviviale entre passionnés à discussion cinéphile structurée en présence d’invités, il n’y avait qu’un pas que le maire du 3e arrondissement, Thierry Philip, a permis de franchir en mettant à disposition la salle Eugène-Brouillard. « Impressionnante » pour les hôtes de ces Causeries, elle se fait intime et chaleureuse lorsque Olivier Barrot y évoque la mémoire de son ami historien Raymond Chirat, ou quand Philippe Roger « étonne » l’auditoire en dissertant sur la musique chez Gr

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Le Dernier Métro

Reprise | Lorsqu’il reçut le César du meilleur film — le 10e de la soirée — pour Le Dernier Métro, François Truffaut déclara : « Ce film (…) est à propos de comédiens, de (...)

Vincent Raymond | Mardi 17 mai 2016

Le Dernier Métro

Lorsqu’il reçut le César du meilleur film — le 10e de la soirée — pour Le Dernier Métro, François Truffaut déclara : « Ce film (…) est à propos de comédiens, de comédiennes, à propos des gens du spectacle. À cause de cela, je pense que ce prix est aussi le vôtre, mais avec votre permission je le garderai chez moi, pour vous. » Lorgnant vers le réalisme poétique, ce drame sentimental est aussi un œuvre historique et d’aventures, assortie d’une grande évocation de l’Occupation, où Truffaut renoue avec l’interprète (et des répliques) de La Sirène du Mississippi. Un très bon choix de film du week-end. À l’institut Lumière le samedi 21 mai à 18h45 et dimanche 22 à 19h15

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Rétrospective Polanski : Roman d’un auteur

Rétrospective Polanski | 2016 nous a privés d’un génie-monstre franco-polonais en nous ôtant Zulawski (au fait, à quand sa rétrospective ?) ; Dieu ou diable merci, il en reste un, aussi (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Rétrospective Polanski : Roman d’un auteur

2016 nous a privés d’un génie-monstre franco-polonais en nous ôtant Zulawski (au fait, à quand sa rétrospective ?) ; Dieu ou diable merci, il en reste un, aussi tourmenté qu’intrigant, inquiétant qu’enjôleur. Colosse minuscule, géant au parcours nourri d’accidents, de drames, de lauriers et de scandales, Roman Polanski a contribué à l’essor du nouveau cinéma polonais et au renouveau du britannique, participé à la Nouvelle Vague comme au Nouvel Hollywood. Épousant parfois les codes ou les styles de ses hôtes, Polanski conserve jalousement ses thématiques de prédilection : l’enfermement, le malin, la séduction perverse. À vérifier de toute urgence à l’Institut Lumière, qui offre de cauchemarder avec Rosemary’s baby, Repulsion, Cul-de-sac, La Neuvième Porte, de frissonner avec Frantic, La Jeune Fille et la Mort, Chinatown, de rire avec Pirates ou Le Bal des vampires, de se recueillir avec Le Pianiste. Une belle entrée en matière… Si la non-présence dans ce formidable panorama du très rare — voire quasi invisible — What ? (1971) n’étonne guère, comme celle moins dommageable de Lunes de fiel (1992), on se perd

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Institut Lumière : Silence, on (re)tourne !

ECRANS | Sans un bruit, un nouveau festival a vu le jour à l’Institut Lumière. Une discrétion toute naturelle, puisqu’il est dévolu au muet — vaste pan de l’histoire (...)

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Institut Lumière : Silence, on (re)tourne !

Sans un bruit, un nouveau festival a vu le jour à l’Institut Lumière. Une discrétion toute naturelle, puisqu’il est dévolu au muet — vaste pan de l’histoire du cinéma, le parlant ne s’étant imposé qu’à l’orée des années trente. Voilà l’occasion de redécouvrir un patrimoine riche d’expressivité, paradoxalement loin d’être dépourvu de sons : nombreuses étaient les productions prévues pour être cadencées par la musique, accompagnées en direct dans les salles par des instrumentistes. Au piano, Raphaël Chambouvet aura sans doute des notes élégiaques pour le grand drame de Murnau, L’Aurore (1927), quand l’organiste Thierry Escaich donnera dans le grandiose pour escorter l’envol des Ailes (1927) de Wellman, en ciné-concert à l’Auditorium. On reverra également Louise Brooks, hors de son rôle de Loulou, mais toujours sous la coupe de Pabst, dévoiler le Journal d'une fille perdue (1929), ou Gloria Swanson, aiguillée par le Erich von Stroheim cinéaste, couronnée en Queen Kelly (1929). Outre les projections, ce cycle muet intègre des conférences (notez L’introduct

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Poulidor : La victoire en perdant

CONNAITRE | Après deux quintuples vainqueurs du Tour, Bernard Hinault et Eddy Merckx, le festival Sport, Littérature et Cinéma rend hommage à une autre légende du cyclisme : Raymond Poulidor, éternel second et perdant paradoxal, car unique coureur de l'Histoire dont le plus grand exploit est de n'avoir jamais gagné le Tour.

Stéphane Duchêne | Mardi 16 février 2016

Poulidor : La victoire en perdant

« Cela faisait si longtemps que nous attendions ça. Et enfin ce 15 juillet 1975, dans les premiers lacets de la montée du Pla d'Adet de la 17e étape du Tour de France, Raymond Poulidor s'est échappé. Il avait 38 ans. » Ainsi démarre, par cet épisode tardif de sa carrière, bercé par la voix de François Morel, Poulidor premier, documentaire de Patrick Jeudy sur l'éternel second. « C'est l'une de ses plus belles victoires », ajoute le commentaire sans ironie. Au sujet de l'épisode, l'écrivain et journaliste cyclophile Christian Laborde abonde : « En 1974, des types pleuraient de joie dans le Pla d’Adet, après qu’il eut démarré dans le premier virage, laissant sur place Eddy Merckx et tout le gratin des pentes. (...) Mon père chialait : ce démarrage, il l’attendait depuis 1964, depuis l’envol de Raymond dans le col du Portillon. » Le Pla d'Adet ou la dernière salve victorieuse de l'homme qui ne gagnait jamais. En France, les seconds sont éternels, les perdants magnifiques et toujours pardonnés : les Verts 1976 et leurs poteaux carrés, les Bleus de Séville 1982, Fignon et ses 8 secondes manquantes, on s'en fait jusqu'à l'écoeure

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L'institut Lumière se remet au sport

ECRANS | Séparément, chacun exerce sur le public une attraction confinant à la fascination : que dire alors d’une rencontre entre sport, (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

L'institut Lumière se remet au sport

Séparément, chacun exerce sur le public une attraction confinant à la fascination : que dire alors d’une rencontre entre sport, littérature et cinéma ? Elle se révèle forcément fusionnelle et des plus fécondes à l’écran, tant celui-ci transcende le mouvement, magnifie l’exploit, héroïse les sportifs dans leurs souffrances… Pour la troisième année, l’Institut Lumière mouille le maillot en consacrant un festival à l’art d’accommoder intelligence et muscles, en images ou en mots. Piochant dans le vaste corpus des œuvres dédiées au sport, la programmation mêle projections, débats, rencontres, colloque, hommages (l’immense cycliste Raymond Poulidor et le motard Giacomo Agostini seront célébrés), et quelques avant-premières (Free to run, de Pierre Morath - en sa présence - consacré au jogging, et Good Luck Algeria de Farid Bentoumi, présenté par ce dernier et Sami Bouajila). Sport parmi les plus cinégéniques, la boxe aura les honneurs d’une nuit, avec la projection des quatre premiers volets de la saga Rocky (au moment où Creed vient d’arriver dans les salles),

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L'Institut Lumière part en week-end avec Richard Brooks

ECRANS | L’institut Lumière n’attend pas des Journées dédiées pour s’intéresser à un patrimoine qu’il valorise quotidiennement. Si le week-end qu’il propose, concocté par (...)

Vincent Raymond | Mardi 15 septembre 2015

L'Institut Lumière part en week-end avec Richard Brooks

L’institut Lumière n’attend pas des Journées dédiées pour s’intéresser à un patrimoine qu’il valorise quotidiennement. Si le week-end qu’il propose, concocté par Michel Ciment autour de Richard Brooks, coïncide avec les JEP, voyons-y le clin d’œil d’un destin certes malicieux, cependant bien conscient de l’importance de ce cinéaste dans le paysage hollywoodien. Un auteur attaché aux valeurs humanistes, préoccupé par les questions sociales et ayant un goût marqué pour les tempêtes sous les crânes… Voilà, pour ne citer que quelques-un des thèmes jalonnant son œuvre — comptant une vingtaine de films répartis en 35 ans de carrière. Le week-end ne permettra pas de revoir le fondateur Graine de violence (1955) — toujours d’actualité à la rentrée — ; en revanche, il alignera samedi de scintillantes pépites, à commencer par Cas de conscience (1950), première réalisation avec un Cary Grant ayant la vie d’un dictateur entre ses mains. Suivront La Chatte sur un toit brûlant (1958), magnifiant une Liz Taylor en épouse délaissée, se désespérant dans la moiteur du Sud et la touff

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114 films des frères Lumière sur grand écran

ECRANS | Ce fut l'un des événements du dernier festival de Cannes : la projection d'un montage de 114 films des frères Lumière, restaurés en très haute définition (...)

Benjamin Mialot | Mardi 25 août 2015

114 films des frères Lumière sur grand écran

Ce fut l'un des événements du dernier festival de Cannes : la projection d'un montage de 114 films des frères Lumière, restaurés en très haute définition pour l'occasion. Mardi 29 septembre à 20h, l'Institut Lumière vous invite à découvrir ces images historiques à l'Auditorium, le temps d'une projection commentée par l'inénarrable Thierry Frémaux (et accompagnée au piano en direct par Romain Camiolo). De quoi s'échauffer la rétine avant le grand raout cinéphile maison qui consacrera Martin Scorsese deux semaines plus tard.

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Bernard Hinault, Blaireau malgré lui

CONNAITRE | Invité à ouvrir le festival "Sport et Cinéma" de l'Institut Lumière, Bernard Hinault, quintuple – et dernier français – vainqueur du Tour de France fut aussi, à sa manière, un personnage de cinéma. Le héros de quelques-uns des plus beaux thrillers sur rou(t)e de son époque, tous marqués, à l'image du dernier, par une envie de gagner qui en toute circonstance et jusqu'au bout resta irrépressible et irraisonnable. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Bernard Hinault, Blaireau malgré lui

Quand on pense à Bernard Hinault, deux images viennent immédiatement en tête. La première, c'est celle de l'étape Autrans-Saint-Etienne sur le Tour 85, que Le Blaireau termine le visage en sang et le nez en charpie après une chute à 300 mètres de l'arrivée. La seconde : le même, un an plus tard, franchissant main dans la main avec son jeune coéquipier Greg Lemond la ligne d'arrivée de l'Alpe d'Huez. Image mythique scellant "définitivement" une réconciliation au sommet après des jours d'imbroglio tactique et de suspicion de trahison de parole. La tragédie grecque conclue, croit-on, par un triomphe romain. Voilà l'histoire : à la fin du Tour 85, remporté par Hinault avec l'aide d'un Lemond piaffant d'impatience – il avait un peu hésité à jouer sa carte après la défiguration stéphanoise d'Hinault – le maître faisait une incroyable promesse devant les caméras : son cinq

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Les CNP repris par l’Institut Lumière

ECRANS | Il y a deux mois à peine, l’Institut Lumière annonçait la reprise de La Fourmi via la société Cinéma Lumière qu'elle avait créée pour l'occasion ; aujourd’hui, coup (...)

Christophe Chabert | Jeudi 20 novembre 2014

Les CNP repris par l’Institut Lumière

Il y a deux mois à peine, l’Institut Lumière annonçait la reprise de La Fourmi via la société Cinéma Lumière qu'elle avait créée pour l'occasion ; aujourd’hui, coup de théâtre : l’Institut annonce que Galeshka Moravioff a choisi de lui céder les fonds de commerce des CNP Terreaux et Bellecour. On savait depuis quelques semaines que les deux salles étaient au bord du gouffre financier, mais les négociations ont, dixit le communiqué de presse envoyé par l’Institut Lumière, ont été «menées confidentiellement». Les CNP, qui devraient garder leur enseigne, fermeront leurs portes à la fin de l’année pour des travaux de rénovation avec l’objectif de rouvrir pour la saison 2015 / 2016. À suivre dans les semaines à venir, donc…

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La Fourmi remise à Lumière

ECRANS | Une jolie pancarte Leroy-Merlin accrochée sur ses grilles ne laissait plus trop planer le doute ces derniers jours, mais il aura fallu attendre sagement (...)

Christophe Chabert | Jeudi 25 septembre 2014

La Fourmi remise à Lumière

Une jolie pancarte Leroy-Merlin accrochée sur ses grilles ne laissait plus trop planer le doute ces derniers jours, mais il aura fallu attendre sagement que Thierry Frémaux s’entretienne avec nos confrères du Progrès et de Tribune de Lyon pour que l’affaire soit désormais officielle : oui, l’Institut Lumière va rouvrir La Fourmi, mythique salle de seconde exclusivité fermée il y a trois ans par son ancien propriétaire qui, à l’époque, nous l’avait annoncé par un simple coup de fil un lundi matin, en lieu et place de son tout aussi mythique «Bonjour, c’est La Fourmi, vous avez reçu nos programmes ?». Même si l’arrivée dans l’exploitation commerciale de la Cinémathèque de la Rue du Premier film et de son directeur, par ailleurs délégué général du Festival de Cannes, laisse à penser que l’ambition du cinéma sera, après son ouverture prévue début 2015, autrement moins artisanale, le projet reste modeste : de «l’art et essai pointu», du cinéma de «patrimoine» et des films en continuation pour freiner le turnover des sorties qui en chassent d’autres tous les mercredis, le tout dans trois salles rénovées — accessibilité et p

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Nouvelle vague d’amour

ECRANS | Il est de bon ton de jeter l’opprobre sur la Nouvelle Vague, accusée de tous les maux du cinéma français, alors que la nullité actuelle des films hexagonaux (...)

Christophe Chabert | Jeudi 23 août 2012

Nouvelle vague d’amour

Il est de bon ton de jeter l’opprobre sur la Nouvelle Vague, accusée de tous les maux du cinéma français, alors que la nullité actuelle des films hexagonaux concerne aussi bien un cinéma d’auteur autiste qu’un cinéma commercial mal branlé. Il suffit pourtant de redécouvrir Jules et Jim de François Truffaut pour se rendre compte que cette Nouvelle Vague-là n’avait pas grand-chose à se reprocher : rigoureux dans son écriture, audacieux dans son sujet (une femme aime deux hommes sans que cela ne brise l’amitié masculine qui les unit) comme dans sa forme (Truffaut utilise à chaque plan toute la grammaire cinématographique pour créer du spectacle), Jules et Jim n’a pas usurpé sa réputation de chef-d’œuvre. Pour son troisième film, Truffaut installait le dernier axe de son œuvre, celui qui allait le rendre célèbre à travers le monde : le goût du romanesque, qui complétait son désir d’autobiographie (Les 400 coups) et son envie de relire les codes du cinéma de genre (Tirez sur le pianiste). Adapté d’un livre d’Henri-Pierre Roché, Jules et Jim inscrit son récit dans celui de deux pays, la France et l’Allemagne, qui passent de l’insouc

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Vade retro Satanas

ECRANS | Pour terminer sa saison, L’Épouvantable vendredi s’offre une nuit consacrée au Diable, avec trois films dont deux sont des exceptions par rapport à ses principes initiaux : l’un est un navet, l’autre est une (excellente) comédie. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 30 juin 2011

Vade retro Satanas

Quand Fabrice Calzettoni et Julien Pouget ont lancé leur série d’Épouvantables vendredis à l’Institut Lumière, ils s’étaient fixé quelques règles : alterner soirées thématiques et nuits consacrées à un cinéaste emblématique du genre, et ne passer que des films qui font vraiment peur. En mai, avec la nuit James Wan, on pouvait noter une première entorse à la règle : Death sentence n’est pas du tout un film d’horreur (mais bon, comme il n’avait jamais été projeté en VO à Lyon, ça s’excuse). Pour leur dernière soirée de la saison, les voilà qui prennent carrément de grosses libertés avec leur credo initial, même si le thème choisi (Le Diable) laissait pas mal de choix quant à la programmation. Clinique et critique Pour débuter cette nuit, L’Épouvantable vendredi rappelle dans quels murs il se trouve en projetant un classique : L’Exorciste de William Friedkin. Il est bon de rappeler la profonde modernité de ce film tourné en 1974 par une figure majeure du Nouvel Hollywood. Quelques années après Rosemary’s baby, Friedkin poussait le genre un cran plus loin en adoptant une mise en scène clinique pour décri

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Au rythme de Lubitsch

ECRANS | Jusqu’à fin décembre, l’Institut Lumière propose une immanquable rétrospective consacrée à Ernst Lubitsch, génie de la comédie américaine, dont les films font aujourd’hui encore figure de modèles par leur rythme endiablé et leur perfection narrative. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 12 novembre 2010

Au rythme de Lubitsch

En sortant de la projection de "La Huitième femme de Barbe-bleue", une amie me disait : «Le cinéma d’aujourd’hui, c’est mou.» Qu’un film tourné il y a plus de 70 ans puisse défier niveau rythme les puissantes productions hollywoodiennes pensées à l’extrême pour ne jamais laisser de répit au spectateur signe l’échec sans appel des centrifugeuses à images qui forment l’ordinaire du cinéma commercial. Ne pas se méprendre toutefois : Ernst Lubitsch, au cours des glorieuses années 30 et 40, était l’équivalent d’un Judd Apatow ou des frères Farelly, un cinéaste mainstream, une valeur sûre des studios, un homme qui collectionnait les succès et ne connut aucun revers de fortune. Sa mort prématurée à 58 ans lui évita ainsi de décliner artistiquement avec le système dont il était un maillon essentiel. Mais Lubitsch fut beaucoup plus qu’un artisan consciencieux à l’intuition sans faille ; c’était un artiste, un metteur en scène total, qui avait l’oreille pour sentir le tempo comique des dialogues, qui savait tirer le meilleur de ses acteurs — il avait été comédien lui-même, et qui ne s’autorisait aucune graisse inutile à l’image. Le rythme, le rythme ; les films de Lubitsch ont quelque cho

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Trente ans, toujours putrides !

ECRANS | L’Épouvantable Vendredi de l’Institut Lumière réalise un joli coup avec sa soirée Zombies, où comment faire une généalogie du genre en trois films, un modèle et ses déclinaisons, officielle et officieuse. CC

Christophe Chabert | Mercredi 26 mai 2010

Trente ans, toujours putrides !

Et George Romero inventa le zombie… À l’époque, on n’utilisait pas ce terme hérité du vaudou, on préférait celui de "mort-vivant". C’était en 1968, et celui-ci, tel un militant gauchiste parisien, ne sortait que la nuit, mais pas pour faire la révolution, juste pour mordre les vivants. La révolution, c’est Romero qui la fait : dans le genre, débarrassé de ses oripeaux baroques et rendu à un réalisme documentaire crado. Et dans le propos puisque, in fine, le dernier mort-vivant abattu par l’armée n’en est pas un, juste un noir héroïque ayant survécu à l’invasion. Dommage collatéral des préjugés raciaux… Dix ans plus tard, le soleil se lève et les morts-vivants sont en train d’emporter la partie dans Dawn of the dead, que les Français ont rebaptisé Zombie. Romero en profite pour changer d’optique politique : cette fois, c’est le consumérisme qui devient sa cible. Enfermés dans un centre commercial, les survivants constatent que les morts ressemblent à des citoyens abrutis attendant l’ouverture des boutiques. «Ils se rappellent leurs habitudes d’avant», dit un des protagonistes. Du coup, la différence entre les vivants et les morts n’est plus si énorme que ça… Le

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Vacances, j’oublie tout…

ECRANS | L’Épouvantable vendredi de l’Institut Lumière souhaite de bonnes vacances à ses fidèles à sa manière avec trois films terrifiants, sanglants et fascinants. CC

Christophe Chabert | Vendredi 26 juin 2009

Vacances, j’oublie tout…

Les vacances arrivent, avec leur lot de réjouissances : drague sur la plage, bitures homériques, promenades bucoliques… Mais Fabrice Calzettoni et Julien Pouget, les organisateurs des soirées L’Épouvantable vendredi à l’Institut Lumière, ont décidé de jouer le principe de précaution en rappelant à l’aide de trois films bien flippants que les vacances, des fois, ça ne tourne pas comme on veut. En effet, on a tendance à oublier que ce moment de détente peut se terminer dans la gueule d’un animal sauvage, à l’hosto rongé par un virus mortel ou dans les bras d’une nature devenue incontrôlable. C’est un classique du cinéma d’horreur : des jeunes gens insouciants piégés par un mal inconnu et qui n’ont plus qu’un objectif, la survie. Mais cette trame possède des variantes, parmi lesquelles on trouve le fameux genre du «film de crocodile». Alors que le film de requin a été accaparé par la franchise Jaws, le croco monstrueux s’épanouit joyeusement dans la série B internationale. Solitaire, signé Greg McLean, qui avait payé son écot au survival avec le bancal Wolf Creek, embarque Michael Vartan et l’excellente Radha Mitchell dans un trip en Australie sur les eaux d’un fleuve sauvage où se

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«Des films qui font vraiment peur»

ECRANS | Entretien / Fabrice Calzettoni et Julien Pouget, responsables des soirées L’Étrange Vendredi à l’Institut Lumière. Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Jeudi 7 mai 2009

«Des films qui font vraiment peur»

Petit Bulletin : Comment est née l’idée de ces Épouvantables vendredis ?Fabrice Calzettoni : Les films fantastiques sont peu ou pas distribués à Lyon, et les exploitants ne les montrent jamais en VO sous-titrée. Comme beaucoup, je consomme ces films en DVD ou par le téléchargement. Il y a un an, j’ai voulu créer un événement régulier où les fans de fantastique puissent se retrouver autour de films de référence projetés sur grand écran dans une ambiance particulière, avec des musiques et une lumière spéciales. J’ai tout de suite contacté Julien pour créer un réseau, et que l’on se retrouve autour d’une idée de programmation. La condition, c’est que ça se fasse à l’Institut Lumière, qu’on garde l’idée de cinémathèque. Comment avez-vous choisi les thèmes et les cinéastes présentés ?FC : On alterne un metteur en scène / un thème. Après Rob Zombie, on a fait les maisons hantées, et après Carpenter, on fera Vacances sanglantes en juillet. L’idée est de rester dans le cadre du fantastique et de l’horreur ; on ne va pas vers le bis, le nanar ou le gore comique. Il faut que les films

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Amicalement. Bertrand.

ECRANS | Pour finir en beauté l’événement Tavernier de l’Institut Lumière, un week-end de films américains choisis et présentés par le cinéaste-cinéphile illustrera le beau livre paru chez Actes Sud. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 15 janvier 2009

Amicalement. Bertrand.

D’abord, un mot sur Amis américains, le livre de Bertrand Tavernier. On a dit un peu vite qu’il s’agissait d’un recueil d’entretiens, mais il ne faudrait pas oublier les analyses consacrées à chaque cinéaste par Tavernier. Il s’y avère un formidable commentateur de cinéma, capable d’englober dans ses textes tous les aspects d’une œuvre, des variations de mise en scène jusqu’aux thèmes et aux idées qui relient chaque film. Sans vouloir faire de la nostalgie rance, on a un peu perdu cette manière de regarder les films, de communiquer des plaisirs de spectateur au plus près de ses émotions, tout en conservant une mémoire du passé pour manier des perspectives historiques. Une petite leçon, donc, qui va s’accompagner le week-end prochain d’une grande : la confrontation avec les films présentés par Tavernier au public de l’Institut Lumière. Des spectateurs gâtésChoix surprenant, d’ailleurs, car on n’y retrouve pas les piliers du livre que sont John Ford, Henry Hathaway ou André de Toth, ni les amis récents que sont Joe Dante, Tarantino et Alexander Payne. Tavernier a même profité de l’occasion pour rajouter un chapitre inédit et bienvenu avec l’hommage rendu au récemme

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La trilogie du Zombie

ECRANS | La Nuit consacrée aux trois films tournés par Rob Zombie permet de faire entendre une des nouvelles voix du cinéma d’horreur américain, dont la cinéphilie et le post-modernisme revisitent avec brio les classiques du genre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 10 décembre 2008

La trilogie du Zombie

C’est un événement éphémère à ne pas rater. Une soirée à l’Institut Lumière (vendredi 19 décembre de 21h à 3 heures du matin) pour découvrir l’intégralité de l’œuvre de Rob Zombie : trois films tournés entre 2003 et 2007 par cet ancien chanteur de hard-rock au sein du groupe White Zombie. Événement car il s’agit de trois bons films, mais aussi parce qu’ils ont été distribués un peu n’importe comment en France (Halloween n’a eu droit qu’à des VF, The Devil’s rejects est sorti en plein été et La Maison des mille morts n’a jamais été projeté ailleurs qu’en festivals !). Séance de rattrapage sur grand écran obligatoire car si ce cinéma n’est pas de tout repos — il est même d’une violence parfois insoutenable — il s’inscrit avec une réelle pertinence dans le présent des images contemporaines et dessine une voie palpitante pour le cinéma d’horreur. La nuit au musée des horreursTout commence en 2003 avec La Maison des mille morts (House of 1000 corpses). Quatre adolescents à tendance geek décident de faire un pèlerinage sur les lieux de faits-divers sanglants. En chemin, ils font un arrêt au musée des horreurs et des curiosités du Capitaine Spaulding, clow

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Intégrale Tavernier à l’Institut Lumière

ECRANS | Bertrand Tavernier est un cas à part dans l’histoire récente du cinéma français : de tous les cinéastes apparus dans les années 70, il est un des seuls à n’avoir (...)

Christophe Chabert | Jeudi 27 novembre 2008

Intégrale Tavernier à l’Institut Lumière

Bertrand Tavernier est un cas à part dans l’histoire récente du cinéma français : de tous les cinéastes apparus dans les années 70, il est un des seuls à n’avoir jamais cessé de tourner pour le cinéma (à la différence des cinéastes à éclipses que sont Séria, Thomas, Boisset, Jessua ou même Garrel !). Son œuvre semble aujourd’hui estimée à sa juste valeur, ses meilleurs films étant aussi ses plus populaires (Le Juge et l’assassin, Coup de torchon, Un dimanche à la campagne, Autour de minuit, La Vie et rien d’autre, L627, L’Appât et Capitaine Conan). Dans cette rétrospective, le plus rare reste l’activité documentaire de Tavernier. Son chef-d’œuvre sur la guerre d’Algérie notamment (La Guerre sans nom), mais aussi les films qu’il a réalisés sur la banlieue (De l’autre côté du périph’) ou la double-peine (Histoires de vies brisées). Intégrale Tavernier jusqu’au 25 janvierWeek-end hommage les 13 et 14 décembre.

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Un conte de fées déchiqueté

ECRANS | Reprise à l’Institut Lumière d’«Edward aux mains d’argent», premier volet de la collaboration fructueuse entre Tim Burton et Johnny Depp, et mise sur orbite d’un style baroque et féérique. CC

Christophe Chabert | Jeudi 25 septembre 2008

Un conte de fées déchiqueté

La ressortie française d’Edward aux mains d’argent n’est pas un hasard… En effet, ces jours-ci est créée à Paris son adaptation en comédie musicale, copie de l’original londonien — les Anglais sont friands de ce genre de transpositions ; un jour, ils seront capables de faire une Liste de Schindler, la comédie musicale ! Cela dit, cette reprise permet de constater que le film a déjà acquis une petite aura de classique, régulièrement programmé dans les cycles pour enfants et cité à raison comme l’œuvre ayant consacré l’esthétique de son cinéaste Tim Burton. Il s’agit aussi de la première rencontre entre Burton et celui qui devait devenir son acteur fétiche, Johnny Depp, avec qui il enchaînera ensuite des réussites comme Ed Wood ou Charlie et la chocolaterie, jusqu’à la déception de Sweeney Todd cette année. Ciseaux et marteauxAu commencement était un savant menant ses expériences dans son château gothique, loin au-dessus d’une banlieue pavillonnaire ripolinée aux allées impeccablement géométriques. Ce savant est un vieux fantasme du cinéphile Burton —

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Boorman grandeur nature

ECRANS | Rétrospective à l’Institut Lumière autour de John Boorman, cinéaste insituable à force d’être hors des modes, dont la filmographie est émaillée de hauts et de bas, mais surtout de quelques œuvres mythiques. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 14 mai 2008

Boorman grandeur nature

Boorman et l’Institut Lumière, c’est une grande histoire d’amour. En 1993, alors que le cinéaste est en plein creux de la vague, se cherchant quelque part entre Hollywood et son Angleterre natale, une première rétrospective lui est consacrée, associée à la traduction de son autobiographie dans la collection Actes Sud. Depuis, Boorman a connu un retour en grâce aussi fulgurant qu’éphémère avec un de ses meilleurs films, Le Général, puis un divertissement sympathique tiré de John le Carré, The Tailor of Panama, avec un Pierce Brosnan en vacances entre deux James Bond. Mais ses deux derniers films, Country of my skull (avec Juliette Binoche et Samuel L. Jackson) et The Tiger’s tail ne sont même pas sortis en France ! Dans le même temps, les reprises plutôt réussies de ses premières œuvres, notamment l’extraordinaire Point de non-retour, achevaient de creuser le fossé entre le Boorman flamboyant des années 70-80, et celui, un peu loser, des années 90-2000. Panthéiste sans panthéonÀ vrai dire, le cas Boorman est encore plus complexe. C’est un cinéaste qui a d’abord cul

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La méthode To

ECRANS | Johnnie To, en visite à Lyon entre deux sorties de films pour inaugurer la rétrospective que lui consacre l'Institut Lumière, revient sur une filmographie complexe et labyrinthique où l'on passe de manière déroutante de l'expérimentation osée au plaisir mineur. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Mardi 11 mars 2008

La méthode To

Mad detective, co-réalisé avec son partenaire et associé Wai Ka-Fai, à peine sorti sur les écrans lyonnais, et déjà se profile le nouveau Johnnie To, annoncé fin avril. Sparrow va de nouveau dérouter les admirateurs du cinéaste qui ne se sont jamais remis de The Mission, PTU ou des deux volets d'Election. C'est une comédie avec un vague prétexte mafieux où quatre pickpockets Pieds Nickelés tombent sur plus fort qu'eux, un vieux de la vieille devenu parrain du racket à Hong-Kong, le tout pour les beaux yeux d'une jolie fille un peu victime et un peu complice de ce manège criminel. C'est le genre d'objets mineurs dont Johnnie To est aujourd'hui capable entre deux grands films ; le regard du cinéaste y semble tout entier focalisé sur une scène finale effectivement époustouflante, un ballet de pickpockets sous la pluie et au ralenti, où les lames de rasoir sont comme la métaphore du montage souverain orchestré par le cinéaste. «C'est un film sur ma nostalgie de l'ancien Hong-Kong, celui de mon enfance» explique Johnnie To. «C'est aussi un hommage aux Parapluies de Cherbourg...» L'analogie est poussée jusqu'à une surprenante considération politique : «Le gouvernement actue

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