Victor

ECRANS | De Thomas Gilou (Fr, 1h35) avec Pierre Richard, Sara Forestier, Lambert Wilson…

Christophe Chabert | Jeudi 1 octobre 2009

Pure pâtisserie industrielle manufacturée par un cinéaste en pleine déconfiture (on ne s'est jamais remis du plan couscous de son Michou d'Auber), Victor est un film qui craint. L'introduction est racontée à toute berzingue, planquant telle la poussière sous le tapis l'absence de crédibilité du propos (un journal people organise un concours pour recueillir un vieillard : n'importe quoi !). Ensuite, on débarque le personnage principal (Sara Forestier, pauvre actrice en quête d'un second souffle commercial) au profit d'une pathétique satire à la Chatiliez où tout le monde, à un moment ou à un autre, est un gros enfoiré qui truande son prochain, au mépris de toute logique scénaristique. Ce triomphe cynique de la mesquinerie et de la médiocrité filmé à la va-comme-je-te-pousse dans une ambiance de grivoiserie bien franchouillarde fout franchement la gerbe, et on finit par en vouloir à Pierre Richard d'avoir prêté son talent à cette galéjade sinistre reposant sur une image de l'humanité on ne peut plus dégueulasse.

CC

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“Benedetta” de Paul Verhoeven : la chair et le sang

Cannes 2021 | Exaltée par sa foi et la découverte de la chair, une nonne exerce une emprise perverse sur ses contemporains grâce à la séduction et au verbe. Verhoeven signe un nouveau portrait de femme forte, dans la lignée de Basic Instinct et Showgirls, en des temps encore moins favorables à l’émancipation féminine. Quand Viridiana rencontre Le Nom de la Rose…

Vincent Raymond | Lundi 12 juillet 2021

“Benedetta” de Paul Verhoeven : la chair et le sang

Italie, début du XVIIe siècle. Encore enfant, Benedetta Carlini entre au monastère des Théatines de Pescia où elle grandit dans la dévotion de la Vierge. Devenue abbesse, des visions mystiques de Jésus l’assaillent et elle découvre le plaisir avec une troublante novice, sœur Bartolomea. Son statut change lorsqu’elle présente à la suite d’une nuit de délires les stigmates du Christ et prétend que le Messie parle par sa voix. Trucages blasphématoires ou miracle ? Alors que la peste menace le pays, la présence d’une potentielle sainte fait les affaires des uns, autant qu’elle en défrise d’autres… Les anges du péché Entretenue depuis son enfance dans un culte dévot de la Vierge, conditionnée à adorer des divinités immatérielles omnipotentes, coupée du monde réel, interdite et culpabilisée lorsqu’il s’agit d’envisager les sensations terrestres, Benedetta vit de surcroît dans un monde de fantasmes et de pensées magiques, où chaque événement peut être interprété comme un signe du ciel — ce que la superstition ambiante ne vient surtout pas démentir. Prisonnière d’une communa

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Le Fort de Gamut, un cluster de création

Résidence Artistique | Là-haut, perché sur la colline de Fourvière, existe un ancien fort militaire où artistes et animaux cohabitent à l’abri des regards. Situé à deux pas du Jardin des Curiosités, le Fort de Saint-Just, renommé par ses actuels occupants Fort de Gamut, abrite désormais l’association éponyme qui œuvre au soutient de projets artistiques. Visite.

Louise Grossen | Jeudi 22 avril 2021

Le Fort de Gamut, un cluster de création

C’est le bouc, Stanley, qui nous guide à l’aide de ses plus belles vocalises jusqu’à la porte d’entrée. Dès l’arrivée, le panorama est à couper le souffle. À moins que ce ne soit les 200 marches de la montée des Épies qu’il nous a fallu gravir avant d’arriver... Ce lieu se mérite ! Le temps de reprendre notre souffle, et Victor Boucon, artiste plasticien en résidence, nous emmène en visite. Il dispose d’un espace de création depuis plusieurs mois : « ici, je suis sûr de pouvoir forger, souder et faire du bruit sans déranger les voisins, c’est un vrai terrain de jeu pour artistes. » Pour accéder à son atelier, il faut s’enfoncer dans une aile défensive du bâtiment, semi-enterrée, que les résidents appellent « les catacombes ». Ici, Victor travaille surtout le métal. Parmi ses créations en cours : une épée de type médiévale ou un couteau, posés sur la forge qu’il a imaginée et construite seul. À Gamut, on peint, sculpte, photographie, chante, forge, soude, écrit, et on partage l’extérieur avec les quatre poules, le bouc et les béliers. « Le bouc, on le s

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Carmelo, on peut réserver

Pizzeria | Faut-il faire la queue près d’une heure pour une pizza margherita ? Non, mais réserver dans la nouvelle brasserie italo-branchée du groupe Big Mamma, pourquoi pas.

Adrien Simon | Mercredi 14 octobre 2020

Carmelo, on peut réserver

Un midi, l'hiver dernier, on échoua à se restaurer dans une nouvelle pizzeria de la rue Neuve. Quelques jours plus tôt, la soirée d’ouverture de ce Carmelo, garnie d’influenceuses, avait submergé Instagram. Pendant plusieurs semaines, la rue Neuve resta donc remplie d'affamés poireautant — comme nous ce jour-là. Alors qu’on nous annonçait une heure d’attente, un badaud osa la question qui ramène sur terre : « mais qu’a-t-elle donc de si spécial cette pizzeria ? ». Las, on rebroussa chemin, tout en pensant à la réponse : Carmelo est le nouvelle enseigne d’un malin groupe de restauration : Big Mamma. Une success story made in HEC. Ses deux fondateurs ont tous deux été élèves à Jouy-en-Josas. L’un, Tigrane Seydoux, est issu d'une famille bien connue dans le monde du cinéma, a poursuivi sa route aux côtés de Stéphane Courbit (Endemol, Betclic, mais aussi le palace Les Airelles à Courch’). Ce dernier a des parts dans My Major Company, start-up dont Victor Lugger, le second larron, fut le DG. Big Mamma c’est le blockbuster censé réconcilier la critique et le populo : une cuisine familiale a

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Sophie Deraspe : « dès lors qu’on parle de héros, on est dans les limites du réalisme »

Antigone | D’une intrigue tragique vieille comme le monde, Sophie Deraspe fait une relecture terriblement contemporaine et réalisée avec adresse. Il se passe toujours beaucoup de choses du côté du cinéma québécois, plus divers qu’on voudrait nous laisser croire.

Vincent Raymond | Mercredi 2 septembre 2020

Sophie Deraspe : « dès lors qu’on parle de héros, on est dans les limites du réalisme »

L’Affaire Fredy Villanueva a été la source principale de votre écriture. Mais la transposition d’Antigone, de par sa lecture géopolitique contemporaine, s’est-elle imposée à vous comme un corollaire à votre documentaire Le Profil Amina ? Ici aussi en effet, les crises du Moyen Orient ou du Printemps arabe forment un substrat nécessaire à l’accomplissement de l’intrigue… Sophie Deraspe : Les liens ne sont pas directs avec Le Profil Amina. Peut-être que je me sentais à l’aise d’aller vers le Moyen Orient ; ici, la famille est algérienne et avant le tournage, je n’étais pas allée en Algérie… Mais j’ai plutôt l’impression que les liens les plus directs avec Le Profil Amina se passent avec la vie en ligne — une vie virtuelle. Par exemple, ce qui concenrne l’affaire Villanueva, je l’ai appris dans les médias traditionnels : les émeutes, les manifestations, les militants… Mais ensuite, c’est en ligne que j’ai eu accès à la parole des gens, à la voix du peuple. Et c’est comme ça que

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Les mamans et les putains : "Filles de joie"

Drame | Axelle, Dominique et Conso, trois voisines du Nord de la France, franchissent la frontière belge chaque jour pour proposer leurs faveurs en maison close afin d’améliorer un ordinaire misérable. Les rêves en berne, l’usure morale le dispute à la déchéance physique et au mépris des proches…

Vincent Raymond | Mercredi 24 juin 2020

Les mamans et les putains :

Comme chez Brassens, « c’est pas tous les jours qu'elles rigolent/Parole, parole », les trois “filles“ du titre. La joie reste sous cloche dans ce film à la construction aussi subtile que décalée, rendant bien compte de la situation bancale de chacune au sein du groupe, autant que de leur individualité. Nous ne sommes pas ici dans l’habituel configuration des filières de l’Est ou du Sud et des portraits de filles réduites en esclavage par des réseaux mafieux, puisque ces travailleuses du sexe n’ont pas de souteneur. En apparence, seulement : l’argent qu’elles gagnent si péniblement ne leur profite pas, servant à nourrir la mère azimutée et les gosses de l’une, financer les extras des enfants ingrats de l’autre, alimenter les rêves chimériques d’extraction sociale de la troisième… La prostitution est rarement un choix, et le trio composé par Frédéric Fonteyne & Anne Paulicevich ne s’y adonne pas par plaisir. Ce qu’il révèle surtout d’un point de vue sociologique, c’est que le recours au commerce de son corps, jadis réservé aux plus pauvres des plus pauvres, à ce quart-

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« La politique est une lessiveuse »

Le Prix de l'Ascension | Antoine Demor et Victor Rossi jouent Le prix de l'ascension tous les samedis à l'Odéon. Ils abordent avec beaucoup d'humour, de lucidité et de précision le parcours de deux politiciens, les coulisses du pouvoir et son ivresse.

Elliott Aubin | Jeudi 12 mars 2020

« La politique est une lessiveuse »

En quelques mots, comment résumer ce spectacle ? Antoine Demor & Victor Rossi : La volonté de montrer ce qui se passe, dans le monde politique, une fois la caméra éteinte. Tout ce qui se passe de l’autre côté du rideau : la réalité des échanges et des stratégies. Et surtout, la place de l’humain dans tout ça ! Quelles concessions sommes-nous prêts à faire pour accéder aux plus hautes marches du pouvoir ? Paradoxalement, on a voulu quelque part ré-humaniser l’Homme de pouvoir. Face caméra, il est impeccable. Derrière, il y a des moments de doute, d’excès de confiance. Il y a un peu de tout ça dans la pièce. On suit les personnages sur vingt ans, de l’école jusqu’aux lieux de pouvoir. Comment ce spectacle a-t-il été construit ? Quel a été votre travail de documentation ? Vos inspirations ? On a fait tout un travail d’entretiens avec des attachés parlementaires, des élus, des énarques, des conseillers … On a ensuite approfondi notre documentation. On a ressorti nos cours de droit et de sciences po. On a beaucoup relu le parcours de chacun des personnages pour s’assurer que cela puisse être vrais

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À Bourgoin, le théâtre entre deux eaux

Politique Culturelle | Arrivé en fin de contrat, le metteur en scène Thierry Bordereau quitte la direction du théâtre de Bourgoin-Jallieu, qui pour sa saison de transition 2020-21 verra, en partie, sa programmation assurée par l'omniprésent Victor Bosch.

Nadja Pobel | Mardi 17 décembre 2019

À Bourgoin, le théâtre entre deux eaux

Au terme de trois mandats et six années de direction, Thierry Bordereau quitte le théâtre municipal de Bourgoin-Jallieu car il aurait alors fallu « l'assimiler fonctionnaire » selon ce qu'exige la loi. Et la municipalité ne l'a pas souhaité, afin d'avoir « une offre plus en correspondance avec le projet de nouveau théâtre » selon Alexandre Carré, responsable communication de la ville de Bourgoin. Comprendre par là, s'ouvrir à d'autres champs artistiques que le théâtre et être plus "populaire", et pour cela, une personne est toute désignée en Auvergne-Rhône-Alpes : Victor Bosch. Le patron du Radiant de Caluire (via la délégation de service public attribuée à sa société) est déjà aussi aux manettes de la programmation du Toboggan de Décines, après le remerciement sans ménagement de Sandrine Mini en 2016. Le processus de nomination du successeur de T

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Arnaud Desplechin : « J’arrive enfin à rendre hommage à un Roubaix que j’adore »

Roubaix, une lumière | Arnaud Desplechin délaisse, en apparence, la veine introspective pour signer un film noir tiré d’un fait divers authentique survenu dans sa ville natale. Rencontre avec le cinéaste autour de la genèse de cette œuvre, sa méthode, ses doutes et ses joies. Mais aussi du théâtre… (attention, spoilers)

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Arnaud Desplechin : « J’arrive enfin à rendre hommage à un Roubaix que j’adore »

La tension est-elle un peu retombée depuis Cannes ? Arnaud Desplechin : C’était très intense ! Le soir de la projection a été un moment assez bouleversant pour chacun des acteurs. Il y a eu deuxième ovation pour eux et j’ai vu Roschdy qui était comme un petit garçon. Il y a un amour des acteurs spécifique à Cannes : c’est le seul endroit où vous pouvez leur offrir cet accueil. Avec les photographes, les sourires, les encouragements, il y a tout un rituel qui est mis en place… À Venise, c’est différent, c’est le metteur en scène qui ramasse tout. Comment avez-vous choisi Roschdy Zem ? Je le connais depuis très longtemps, par ma maison de production. Je l’avais déjà repéré dans les films de Téchiné où il avait fait de petites apparitions et je m’étais dit : « celui-là, on va compter avec lui ». Et quand j’ai vu N’oublie pas que tu vas mourir… Même sa partition dans Le Petit Lieutenant est vachement bien. Après toute sa carrière, Indigènes… Il a une performance meurtrie de vie dans un film qui m’avait bouleversé, La Fille de Monaco. Ce n’est pas un film “noble“ — il n’avait pas co

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Divers faits d’hiver : "Roubaix, une lumière"

Thriller | Arnaud Desplechin retourne dans son Nord natal pour saisir le quotidien d’un commissariat de police piloté par un chef intuitif et retenu. Un polar humaniste où la vérité tient de l’épiphanie, et la parole du remède. Le premier choc de la rentrée cinématographique.

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Divers faits d’hiver :

L’arrivée d’un nouveau lieutenant, des incendies, une disparition de mineure, le crime d’une personne âgée… Quelques jours dans la vie et la brigade de Yacoub Daoud, patron du commissariat de Roubaix, pendant les fêtes de Noël… « On est de son enfance comme on est de son pays », écrivait Saint-Exupéry. Mais quid du pays de son enfance ? En-dehors de tous les territoires, échappant à toute cartographie physique, il délimite un espace mental aux contours flous : une dimension géographique affective personnelle, propre à tout un chacun. Et les années passant, le poids de la nostalgie se faisant ressentir, ce pays se rappelle aux bons (et moins bons) souvenirs : il revient comme pour solder un vieux compte, avec la fascination d’un assassin de retour sur les lieux d’un crime. Aux yeux du public hexagonal, voire international, Arnaud Desplechin incarne la quintessence d’un cinéma parisien — un malentendu né probablement de l’inscription de La Sentinelle et de Comment je me suis disputé dans des élites situées, jacobinisme ob

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Un village pas très classe : "Joel, une enfance en Patagonie"

Drame | Cecilia et Diego ont enfin reçu une réponse favorable à leur demande d’adoption. L’enfant qu’on leur propose a neuf ans, et un passé chargé qui l’a traumatisé. Si eux l’acceptent avec amour, il n’en va pas de même pour le petit village glacial de Patagonie où ils viennent d’emménager…

Vincent Raymond | Mardi 9 juillet 2019

Un village pas très classe :

Est-ce le fait, pour le moins inhabituel, de voir une population sud-américaine évoluer dans une décor digne des pays nordiques (pourtant, c’est cela la Patagonie) ? Toujours est-il que ce film donne une impression de décalage, comme si l’histoire ne se déroulait pas au bon endroit. Un sentiment à prendre avec des pincettes car il peut tout aussi bien signifier que le potentiel de Joel… sera pleinement développé lorsque le film sera transposé dans un autre contexte à l’occasion d’un remake nord-américain ou européen (vu la trame, les possibilités sont hélas infinies). Ou bien que le malaise suscité par l’enfant, issu d’une famille marginale, à la petite communauté recluse dans sa tranquillité, a par capillarité diffusé dans tout le film. Car même si Joel… paraît un peu bancal, avec son développement un peu lent, l’essentiel est ailleurs : la description d’une exclusion banale, avec une galerie de visages haineux ou craintifs, et la soumission des services scolaires, refusant de se mettre à dos la communauté villageoise. Il faut être fort pour s’opposer au rouleau c

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La tête à l’envers : "Meurs, monstre, meurs"

Thriller | Une mystérieuse créature sème la désolation dans la pampa en faisant perdre la tête au sens propre à des femmes et figuré à des hommes. Le policier menant l'enquête sombre dans la terreur… Bizarre, dérangeant, plastiquement costaud, ce premier long vaut le cou(p).

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

La tête à l’envers :

Une bergère est retrouvée décapitée dans les Andes. En charge de l’affaire, l’officier Cruz arrête aussitôt l’époux de sa maîtresse, David, lequel accuse un monstre télépathe du forfait. Après un nouveau meurtre, et une série de visions perturbantes, Cruz va adhérer à cette théorie… Cannes 2018, dernière. Une trop longue année après avoir été présenté sur la Croisette dans la section Un Certain Regard — dont l’intitulé lui va à ravir et où il côtoyait le précieux Border d’Ali Abbasi, avec lequel il partageait mieux que des similitudes : une gémellité siamoise —, le film de Alejandro Fadel, objet cinématographique insolite, est enfin délivré sur les écrans. Promenons-nous dans l’effroi On se trouve ici davantage fasciné par le brumeux labyrinthe du mystère que par son élucidation. Car si d’emblée il ne fait aucun doute pour le spectateur qu’une présence atypique, manifestement surnaturelle, est responsable des crimes imputés au malheureux accusé, le caractère monstrueux de cette entité déteint v

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Pierre Jolivet : « mon luxe ? Je ne fréquente pas de cons »

Victor et Célia | Aux Rencontres d’Avignon, puis à celles de Gérardmer, Pierre Jolivet a présenté son nouveau couple de cinéma, Victor et Célia. Deux jeunes gens d’aujourd’hui combatifs, épris l’un de l’autre autant que de leur liberté. Il en a aussi profité pour parler de l’état de la production hexagonale à l’heure de Netflix…

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

Pierre Jolivet : « mon luxe ? Je ne fréquente pas de cons »

Est-il plus difficile de faire un film ou d’ouvrir un salon de coiffure ? Pierre Jolivet : Je ne sais pas… Il y a de l’entrepreneuriat dans les deux. Faire un film, c’est aussi monter une petite entreprise de plusieurs millions en deux-trois ans. Je n’ai jamais ouvert un salon de coiffure ! À la différence des deux petits coiffeurs qui m’ont inspiré le film. Au départ, j’étais allé me faire couper les cheveux dans un petit salon du XVe, là où j’habite. Ils étaient stressés parce que j’étais leur premier client, et ils m’ont raconté leur histoire. Qu’ils ne dormaient plus, qu’ils s’étaient endettés, qu’ils souffraient et étaient exaltés en même temps par la liberté qu’ils avaient. C'est ce mélange, cette vibration très particulière du passage à l’acte que j’ai essayé d’attraper. La thématique des petites entreprises vous tient à cœur… Celle des chômeurs aussi, beaucoup…J’ai grandi dans une banlieue populaire où il y avait plein de petites entreprises qui ont maintenant disparu. Si nous sommes ce que nous faisons, les artisans sont ce qu’ils fabriquent de leur

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Et si on passait au salon ? : "Victor et Célia"

Comédie | De Pierre Jolivet (Fr, 1h31) avec Arthur Dupont, Alice Belaïdi, Bruno Bénabar…

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

Et si on passait au salon ? :

Même si l’affaire n’est pas bouclée à 100%, c’est sûr : Victor et Ben vont ouvrir le salon de coiffure de leurs rêves. Hélas, Ben meurt brutalement et Victor part en quête de l’associé ou associée idéale. Tout le dirige vers Célia, son ancienne *partenaire* de l’école de coiffure. Il reste encore à la convaincre… De l’entreprise à l’artisanat, Pierre Jolivet se sera penché sur toutes les formes de sociétés ou de commerces à périmètre humain. Car justement, ce sont les transactions entre les individus qui l’intéressent, davantage que les affaires de négoce génératrices de profit. Le cinéaste excelle dans la description de ces entraves susceptible de contrarier l’épanouissement personnel, qu’il s’agisse d’obstacles administratifs, de fâcheux, de fatalité voire d’une romance — ce dernier point (également connu sous le dicton “no zob in job“) étant à nuancer : on ne divulgâchera rien en sous-entendant que Victor et Célia vont être tendrement de mèche. C’est d’ailleurs leur relation amoureuse un brin contrariée par leurs scrupules mutuels (elle est en couple, lui trop

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Victor et Célia

Avant-Première | Dix ans après avoir été amoureux à l’École de Coiffure, Victor et Célia se retrouvent pour ouvrir en associés leur propre salon. Mais avec les formalités (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 avril 2019

Victor et Célia

Dix ans après avoir été amoureux à l’École de Coiffure, Victor et Célia se retrouvent pour ouvrir en associés leur propre salon. Mais avec les formalités administratives, le manque d’argent, leur attirance mutuelle, il y a loin de la coupe au bac à shampooing… Entièrement tourné à Lyon l’été dernier avec de très nombreux comédiens du cru, le nouveau film de Pierre Jolivet est tout naturellement présenté en avant-première en présence de l’équipe, et notamment les interprètes principaux Arthur Dupont et Alice Belaïdi. Victor et Célia Au Pathé Bellecour ​le lundi 8 avril à 20h

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Thaïs Alessandrin : « avec ce film, on a mis de la conscience sur notre séparation »

Mon bébé | Enfant de la balle dont les deux parents sont cinéastes, Thaïs Alessandrin est à la fois l’inspiratrice et l’interprète principale du nouveau film de sa mère Lisa Azuelos. Un premier “premier rôle“ dont elle s’acquitte avec un beau naturel. Normal : c’est le sien. Rencontre.

Vincent Raymond | Mercredi 13 mars 2019

Thaïs Alessandrin : « avec ce film, on a mis de la conscience sur notre séparation »

Jade vous emprunte des traits personnels, notamment votre fascination pour Godard puisque vous rejouez l’ouverture du Mépris. Avez-vous cependant souhaité retrancher du scénario des éléments qui vous semblaient trop proches de vous ? Thaïs Alessandrin : Retranchés, non… Mais il y a une chose que j’aurais aimé davantage montrer : ma relation avec mon grand frère. On n’en montre qu’un aspect, alors qu’elle est beaucoup plus complète, plus intense et plus forte, du fait que l’on a peu d’écart. À part cela, il n’y a rien que j’aurais voulu changer. Quant à Godard, mais aussi tout le cinéma français des années 1960 jusqu’aux années 1980, ça a vraiment été une grande découverte pendant mon année de terminale. J’ai été émerveillée par ce monde, fascinée par les couleurs et les histoires de Godard en particulier dans Le Mépris. Faire ce clin d’œil à Godard et à Brigitte Bardot (pour qui j’éprouve également une grande admiration) était important pour moi. Je trouvais la scène assez drôle… Comment avez-vo

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On purge Vitrac

Théâtre | Pour l'avant-dernière création de son mandat au TNP, Christian Schiaretti reprend le texte de Vitrac qu'il avait déjà travaillé à l'ENSATT en 2004 avec une partie de cette première distribution. Poussif.

Nadja Pobel | Mardi 12 mars 2019

On purge Vitrac

À ré(entendre) au TNP le texte dada que Roger Vitrac écrivit en 1928, il paraît vieilli, jauni. Cet effet n'émane pas du presque siècle qui nous en sépare, mais de l'idée de le transposer dans les années 90 agrémenté des rengaines de Cabrel et Souchon, des visages de PPDA, Mitterrand, Sérillon et Arènes de l'info pour preuve. Le propos de cet écrivain qui avec Artaud fonda le théâtre Alfred-Jarry n'en est en rien éclairé. Si l'actualisation était de mise, au moins eut-il fallu le raccorder à aujourd'hui. Quoique cela ne soit pas obligatoirement gage de pertinence, comme Ostermeier le montre parfois ou comme Schiaretti le fit maladroitement avec sa version d'Ubu roi. Donc, Victor, 1m80 et « immensément intelligent » a décidé, le jour de ses neuf ans, de dynamiter sa famille en mettant au jour toutes les hypocrisies de la bourgeoisie – la relation adultère de son père en premier lieu. C'est David Mambouch (qui vient de sortir un documentaire sur sa mère Maguy Marin) qui donne co

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Sandrine Kiberlain, les liens du sans : "Mon Bébé"

Comédie Dramatique | De Lisa Azuelos (Fr, 1h27) avec Sandrine Kiberlain, Thaïs Alessandrin, Victor Belmondo…

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Sandrine Kiberlain, les liens du sans :

Jade va passer le bac. Et ensuite ? Direction le Canada pour ses études. Comme elle est la dernière des trois enfants à quitter la maison, sa mère Héloïse commence à angoisser à l’idée de la séparation. Et de la solitude : Héloïse vit sans mec, et a de surcroît un père en petite forme… Il aura fallu à Lisa Azuelos une tentative d’éloignement d’elle-même (le faux-pas Dalida) pour se rapprocher au plus près de ses inspirations, et signer ce qui est sans doute son meilleur film. En cherchant à exorciser son propre “syndrome du nid vide“, la cinéaste a conçu un portrait de parent — pas seulement de mère ni de femme — dans lequel beaucoup pourront se retrouver : égarée dans l’incertitude du quotidien, redoutant le lendemain, son héroïne tente d’emmagasiner (avec son téléphone) le plus d’images d’un présent qu’elle sait volatil. Dans le même temps, elle est gagnée par une tendre mélancolie : des souvenirs de Jade petite se surimprimant par bouffées soudaines sur sa grande ado. Grâce à ces flash-back doucement intrusifs, contaminant le présent

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Invitation à Virginie Efira

Institut Lumière | Alors qu’elle s’apprête à figurer dans le nouveau film de Paul Verhoeven, Benedetta — en sélection officielle lors du prochain festival de Cannes ? Le doute (...)

Vincent Raymond | Lundi 14 janvier 2019

Invitation à Virginie Efira

Alors qu’elle s’apprête à figurer dans le nouveau film de Paul Verhoeven, Benedetta — en sélection officielle lors du prochain festival de Cannes ? Le doute semble de moins en moins permis —, qu’elle figure à l’affiche du succès français de l’automne Le Grand Bain, qu’elle a incarné avec grâce le rôle difficile de la mère de Christine Angot dans Un amour impossible, et qu’elle sera bientôt la mère d’un garçon difficile dans l’adaptation de Laurent Mauvignier, Continuer, Virginie Efira s’octroie une respiration rue du Premier-Film où elle conversera avec le maître des lieux, avant la projection de Victoria (2016) de Justine Triet. Histoire de mesurer le chemin qu’elle a accompli depuis. À l’Institut Lumière le mercredi 16 janvier à 21h

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Fais ce que doigts… : "Au bout des doigts"

De concert | De Ludovic Bernard (Fr, 1h45) avec Jules Benchetrit, Lambert Wilson, Kristin Scott Thomas…

Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

Fais ce que doigts… :

Pianiste virtuose et quasi-autodidacte, Mathieu Malinski est repéré dans une gare par le directeur du Conservatoire de Paris qui veut l’intégrer à son école. Mais le jeune banlieusard est indocile, de surcroît piégé par un passif de petite délinquance. Un lent apprentissage s’engage… Massifs himalayens, gammes chromatiques… Ludovic Bernard semble affectionner tout ce qui monte. Après L’Ascension, il opte ici toutefois pour un décor plus classique — même si la trame de base reste identique : cela demeure l’histoire d’un djeun’s s’extrayant de sa banlieue au prix d’un exploit, faisant mentir conjointement le déterminisme social et les préjugés. Accessoirement, il triomphe aussi de son orgueil et de ses préjugés. Réglé comme du papier à musique, mais Jules Benchetrit a un telle mine de Rod Paradot qu’on y croirait. N’oublions pas Lambert Wilson : en Richard Descoings du Conservatoire, doté d’une faille intime mais résolu à révéler les talents d’où qu’ils proviennent, il est criant de vérité — à croire qu’il

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Les cauchemars d'enfant de Victor Soren

Dessin | La nuit, d'un coup, est tombée. L'espace, soudain, s'est réduit au volume d'une chambre obscure, tapissée d'ombres inquiétantes. L'enfant qui sommeille en (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 novembre 2018

Les cauchemars d'enfant de Victor Soren

La nuit, d'un coup, est tombée. L'espace, soudain, s'est réduit au volume d'une chambre obscure, tapissée d'ombres inquiétantes. L'enfant qui sommeille en nous se réveille alors en hurlant, tentant de s'extirper, en vain, d'un cauchemar qui, d'image en image, ne cesse de revenir... Autour de nous, sur les surfaces dessinées au fusain ou à la pierre noire, les clowns ricanent, les poupées sont éventrées, des jeunes filles lunaires errent solitaires parmi des limbes, les jouets se révoltent dans un retournement sadique, les peluches deviennent des partenaires lubriques... Tous les fantasmes les plus libidineux ou les plus morbides de l'enfance reviennent nous hanter dans de grands ou de plus petits formats, en un implacable théâtre de la cruauté. Il a fallu de nombreuses années au breton Victor Soren (né en 1967) pour montrer et exposer ses premiers dessins. La plupart ont éclot la nuit dans une vieille maison nantaise familiale, où l'artiste s'était cloîtré pour créer autant que pour se couper du monde. Les lignes de ses œuvres sont virtuoses, proches parfois de l'u

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Cinq expos à voir en novembre

Bons Plans | Vues ou pressenties comme intéressantes, voici notre sélection de cinq expositions à voir ce mois-ci.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 8 novembre 2018

Cinq expos à voir en novembre

Dark Matters Attention, l'exposition Dark Matters s'annonce aussi brève (une petite semaine) que passionnante ! Sur le motif du noir, elle nous propose de traverser cinq siècles d'histoire de l'art et réunit de nombreux artistes : de Rembrandt à Tapiès, d'Odilon Redon à Jim Dine, d'Olivier Debré à Baptiste Fompeyrine... Elle est présentée par Céline Moine et Laurent Giros, du 24 novembre au 1er décembre, dans un nouveau lieu situé 3 rue Pleney dans le 1er arrondissement de Lyon (entrée libre du mercredi au samedi de 14h à 19h). Victor Soren Du noir, il est aussi fortement question dans l'exposition de Victor Soren, présentée à la récente galerie Ories. Entre univers fantastique et graphisme approchant celui de la BD parfois, Victor Soren transpose dans toute leur étrangeté et toute leur potentialité angoissante de nos cauchemars et nos peurs d'enfant. Un grand frisson en noir e

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Lara au bal du diable : ""Girl"

Camera d'Or | Le portrait plein de vie d’une adolescente née garçon luttant pour son identité sexuelle et pressée de devenir femme. Une impatience passionnée se fracassant contre la bêtise à visage de réalité, filmée avec tact et transcendée par l’interprétation de l’étonnant·e Victor Polster.

Vincent Raymond | Mardi 9 octobre 2018

Lara au bal du diable :

Jeune ballerine de quinze ans, Lara se bat pour rester dans la prestigieuse école de danse où elle vient d’être admise, mais aussi pour accélérer sa transition de garçon en fille. La compréhension bienveillante de ses proches ne peut hélas en empêcher d’autres d’être blessants. Jusqu’au drame. Girl pose sur des sujets divers un regard neuf, lesquels sont loin de l’être : la danse comme école de souffrance et de vie (on se souvient de la claque Black Swan), la difficulté de mener une transition de genre (voir Transamerica), la vie d’un parent isolé élevant deux enfants. Des thèmes rebattus mais qui, par coagulation et surtout grâce à une approche déconcertante, c’est-à-dire bannissant les situations attendues, trouvent une perspective nouvelle. Ainsi, la question de l’acceptation par la famille du choix intime de la jeune Lara ne se pose même pas ; au contraire bénéficie-t-elle ici d’un accompagnement solide et complice. Quant aux professeurs de danse, ils n’ont rien des tyrans ordinaires martyrisant les

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Aïtal, pour le meilleur

Cirque | Pas de village cirque cette année à Lacroix-Laval car l'espace est occupé par le Cirque Aïtal qui depuis quelques semaines répète in situ sa nouvelle création. Leur duo magnifique s'est agrandi. Explications.

Nadja Pobel | Mardi 26 juin 2018

Aïtal, pour le meilleur

En 2013, quand ils débarquent aux Nuits sous un chapiteau planté sur l'esplanade en contrebas de l'Odéon, ils sont la divine surprise du festival. Deux circassiens tombés du ciel s'inspirent de leur vie pour déployer leur technicité et leur douceur apprises dans l'école phare française du centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne. Elle, Kati Pikkarainen, s'entraîne depuis son enfance en Finlande et a migré ici pour se professionnaliser ; lui, Victor Cathala, a fait foot-étude dans le sud-ouest, intégré le GAEC familial et appris la voltige équestre non loin. De leur rencontre, naîtra un premier spectacle : La Piste là, puis Pour le meilleur et pour le pire et une famille. Ils collaborent aussi avec les géants suisses Martin Zimmermann, ils étaient à l'école ensemble, et Dimitri de Perrot sur Öper Öpis. Saison de cirque est la nouvelle étape de

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De l'usage des mots au TNP avec Lambert Wilson et Isabelle Adjani

Festival | Ode à la langue, à ceux qui l'inventent et la subliment, Les Langagières version 2018 sont de très haute tenue avec, en guest stars au TNP, Lambert Wilson et Isabelle Adjani pour les servir.

Nadja Pobel | Mardi 22 mai 2018

De l'usage des mots au TNP avec Lambert Wilson et Isabelle Adjani

Lambert Wilson et Isabelle Adjani seront au rendez-vous le 1er juin pour incarner Camus et Maria Casarès et donner voix à leur correspondance enflammée, tout juste publiée. Mais ce casting ne doit pas masquer la richesse de ces douze jours qui sont le reflet le plus net qui soit de la politique que mène Christian Schiaretti depuis son accession à la tête du TNP en 2002 et jusqu'à son départ fin 2019 : les mots. Épaulé par les élus de son cercle de création et de transmission (Baptiste Guiton met en scène Je, d'un accident ou d'amour avec Maxime Mansion, lui-même à l'origine du festival En actes) ou d'anciens acolytes de feu sa troupe (Grammaires des mammifères piloté par le toujours très intéressant Philippe Mangenot), il propose une série de spectacles, de lectures voire de récitals (consacré à Aragon, André Velter...) ou encore "séance de spiritisme" (!) autour de Victor Hugo. Toutes les paroles sont réunies

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Viens pas chez moi, j’habite avec une copine : "Ami-ami"

Comédie | Vaste famille ayant donné naissance au meilleur (L’Auberge espagnole) comme au pire (Five), la comédie-de-colocation-entre-potes s’enrichit d’un nouveau (...)

Vincent Raymond | Mercredi 17 janvier 2018

Viens pas chez moi, j’habite avec une copine :

Vaste famille ayant donné naissance au meilleur (L’Auberge espagnole) comme au pire (Five), la comédie-de-colocation-entre-potes s’enrichit d’un nouveau rejeton tentant le vaudeville contemporain sans pour autant recourir à la grivoiserie. Louable effort compensant les maladresses d’usage d’un premier film alternant potacherie classique et audaces scénaristiques. Le cœur brise par son ex-, le “héros” de ce badinage s’installe avec sa meilleure copine, en tout bien tout honneur. Une nouvelle histoire d’amour lui cause un double embarras : il n’ose avouer à sa conquête qu’il “vit“ avec une amie, laquelle se montre plus que jalouse : possessive. Si le côté “Guerre des Rose” avec saccage majuscule de l’appartement sent le réchauffé, reconnaissons que le réalisateur Victor Saint Macary surprend en renversant une situation très convenue : ici, ce n’est plus le mec qui rompt un pacte d’amitié homme-femme et en détruit l’harmonie mais bien l’amie éconduite — sortir du schéma du mâle forcément prédateur a d’ailleurs pour effet de désorienter cert

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Pacte à la guatémaltèque : "Las Marimbas del infierno"

DOCU-FICTION | de Julio Hernández Cordón (Fr-Mex-Guat, 1h14) avec Don Alfonso, El Blacko, Victor Hugo Monterroso…

Vincent Raymond | Mardi 9 janvier 2018

Pacte à la guatémaltèque :

Guatemala, 2010. Sa musique ne faisant plus recette, un joueur de marimba est mis en cheville par son filleul magouilleur avec un métalleux de renom. L'idée ? La fusion entre hard satanique et percussions traditionnelles. Séduisant sur le papier, son projet se heurte à divers obstacles… Long fut le chemin entre le tournage et la sortie française pour ce film empruntant à la réalité ses protagonistes et son contexte tourmenté. Celui d’un pays en rupture, où la modernité et la crise économique condamnent le folklore à une représentation caricaturale pour touristes ; où les bandes rançonnent tranquillement les particuliers. Victime des uns et des autres, Don Alfonso avait ému Julio Hernández Cordón, au point de lui inspirer ce film doux-amer, aussi tragi-comique que crépusculaire sur les soubresauts créatifs du Guatemala. Le musicien est aujourd’hui le héros, et le héraut de cette cause, aux côtés de deux autres sacrés personnages : un toubib ex-sata

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Troquées : "L’Échange des princesses"

ECRANS | de Marc Dugain (Fr, 1h40) avec Lambert Wilson, Olivier Gourmet, Anamaria Vartolomei… (sortie le 27 décembre)

Vincent Raymond | Mardi 19 décembre 2017

Troquées :

Pour asseoir son pouvoir, le régent Philippe d’Orléans ourdit la double union d’un Louis XV de onze ans avec la malheureuse Infante d’Espagne de quatre ans, et de sa fille avec l’héritier d’Espagne. Mais hélas, aucun des deux mariages ainsi arrangé n’est heureux… Derrière la caméra, ce sont les noces entre le cinéaste-écrivain Marc Dugain et sa coscénariste autrice du roman, Chantal Thomas que l’on célèbre. Et elles sont fécondes : rarement récit historique fut rendu avec autant de finesse, de réalisme et cependant de liberté(s). L’un des derniers à nous avoir immergé aussi exactement dans les bouillonnements du XVIIIe siècle était Benoît Jacquot avec Les Adieux à la Reine, également adapté de… Chantal Thomas. Conte absurde où des enfants sont tout à la fois déifiés et traités comme des marionnettes, L’Échange des princesses montre l’ambition des uns, la bigoterie des autres

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Aime le mot dit : "M"

Et aussi | Elle est bègue ; il n’ose lui avouer qu’il ne sait pas lire. Malgré une foule de barrières, ils vont tenter de s’aimer. Pour sa première réalisation de long-métrage, Sara Forestier opte pour la complexité d’une romance abrupte nourrie de réel, de vécu et de non-dit. De beaux débuts.

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

Aime le mot dit :

Les gens lisses sont sans histoire. Pas les discrets. En dépit de quelques exubérantes spontanéités télévisuelles lors de remises de trophées ou d’une altercation avec un partenaire ayant conduit à son éviction d’un tournage, Sara Forestier appartient sans équivoque à cette seconde catégorie d’individus — rien de commun donc avec ces it-girls précieuses usant de tous les canaux médiatiques pour étaler leur ridicule suffisance. La preuve ? Elle n’a pas converti sa consécration dans le Nom des gens (2010) en un passeport pour les premiers plans (et le tout venant), ralentissant même la cadence pour choisir des rôles parfois plus succincts mais avec du jeu et de l’enjeu (La Tête haute). Mais aussi, on le comprend enfin, pour peaufiner l’écriture et la réalisation de son premier long succédant à trois courts ; démontrant au passage que devenir cinéaste pour elle n’a rien d’une toquade. Un film initial Le changement d’état, de statut, par l’accomplissement artistique est précisément l’un des sujets de

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Côté salles : à l’Est, rien de nouveau

Direction Artistique | À Charlie Chaplin comme au Toboggan, voici venir deux directeurs pas si nouveaux : Mourad Merzouki et Victor Bosch, déjà à la tête d’autres salles. Cette concentration des pouvoirs menace-t-elle la diversité de l’offre ?

Nadja Pobel | Mardi 5 septembre 2017

Côté salles : à l’Est, rien de nouveau

Poussée vers la sortie avec force par la mairie de Décines, Sandrine Mini, qui a eu à cœur de défendre au Toboggan une programmation exigeante, a pris du galon : elle fait sa rentrée à la tête de la scène nationale de Sète. Fin de la belle histoire. Denis Djorkaeff, l’adjoint à la Culture, a fait appel à « une référence, à même de faire une programmation dans un temps record » comme il nous le confiait en mars dernier, en même temps qu’il annonçait la venue de Victor Bosch. Depuis, le directeur du Radiant à Caluire a vu sa mission se préciser. Il est officiellement directeur artistique et programmateur du Toboggan pour une durée de trois ans. Soucieux « de ne rien casser de ce qui a été précédemment fait », il garde sa recette éclectique, tentant de répondre aux besoins de sa nouvelle tutelle de faire un théâtre de proximité avec

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"Dora ou les névroses sexuelles de nos parents" de Stina Werenfels : Dora explore l’amour

ECRANS | de Stina Werenfels (Sui, 1h28) avec Victoria Schulz, Lars Eidinger, Jenny Schily…

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

« Différente », selon sa mère, agissant souvent avec la spontanéité désinhibée d’une enfant, Dora vient de fêter ses 18 ans. Libérée des traitements, elle découvre des pulsions nouvelles. Le hasard place sur sa route un homme trouble qui la viole, mais avec lequel elle va entretenir une relation, jusqu’à se retrouver enceinte. Attention, exception ! Dans le cinéma traitant du handicap, il est hélas rare que le fond et la forme présentent simultanément de l’intérêt. Stina Werenfels accomplit donc un petit miracle de délicatesse avec ce premier long-métrage abordant l’épineuse question (en particulier pour leurs parents) de l’autonomie sexuelle des personnes en situation de handicap mental. Lumineux grâce à une photographie éclatante, son film épouse volontiers la singularité du regard de Dora, à la pureté innocente et inconditionnelle — mais non universel, car elle choisit qui elle aime. Et en dépit de ce contexte de départ atypique, tout (des rivalités générationnelles mère/fille à la proximité père/fille, en passant par l’étendue de la gamme de sentime

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"Un profil pour deux" : Cyrano 2.0

ECRANS | de Stéphane Robelin (Fr-All, , 1h40) avec Pierre Richard, Yaniss Lespert, Fanny Valette…

Vincent Raymond | Mardi 11 avril 2017

Depuis la mort de son épouse, Pierre vit reclus dans sa misanthropie et son appartement. Sa fille le confie aux soins du jeune Alex, afin qu’il l’initie à l’informatique. Le courant passe et bientôt Pierre décroche un rendez-vous sur un site de rencontres en ligne en affichant le portrait d’Alex… Nez en moins, cette transposition du thème de Cyrano de Bergerac est cousue d’un coquet fil blanc, dévidant sa pelote autour de la bobine de l’avenante Fanny Valette que convoitent les deux protagonistes. Malgré son envoûtante présence, le rythme trotte-menu de la bluette a tôt fait de nous entraîner dans une mollesse cotonneuse ; à peine en sort-on quelques instants grâce au lunaire Pierre Richard dont les étincelles poétiques ou les paillettes burlesques arrachent de tendre souvenirs ainsi que de maigres sourires. Gentil, donc.

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Victor Bosch : « remplir le Toboggan »

Politique Culturelle | Reconduit à la tête du Radiant pour cinq nouvelles années, dépêché par la mairie de Décines pour assurer la programmation du Toboggan après le limogeage de Sandrine Mini, Victor Bosch a longuement pris le temps de nous raconter ses missions. Avec enthousiasme et verve. Digest.

Nadja Pobel | Mardi 4 avril 2017

Victor Bosch : « remplir le Toboggan »

Vous étiez le seul en lice pour briguer cette délégation de service public (753 000€ de subvention de la ville, en légère baisse) du Radiant après votre arrivée en 2012. Quels axes avez-vous mis en avant ? Victor Bosch : La continuation de ce que nous avions fait jusque là : ouvrir à 360 degrés et être très éclectique, car aujourd'hui Lyon a suffisamment de structures nobles (TNP, Maison de la Danse, Célestins, Opéra...) et la ville est fournie en culture de type "élitiste". C'est un terme que je n'aime pas... disons une culture plus en recherche, et je pense que c'est très bien d'avoir des endroits plus fédérateurs et en résonance avec ces institutions. Même si de plus en plus, j'essaye d'élargir à des créations pour amener le public à d'autres découvertes. On se meurt des clivages dans ce milieu. Quant à la subvention, elle se justifie avec les nombreuses actions de terrain que nous faisons. Elle représente 20% des 3 M€ de chiffre d'affaire. Y'a-t-il des tendances entre la répartition concert/spectacle vivant/one man show ? C'est très aléatoire. Il n'y a pas d’algorithme. Le Radiant reflète la société d

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"Corporate" : critique et interview du réalisateur Nicolas Silhol

ECRANS | Responsable des ressources humaines, Émilie se trouve impliquée dans une enquête de l’inspection du travail, suite à un suicide dans son entreprise. Jusqu’où (...)

Julien Homère | Mardi 4 avril 2017

Responsable des ressources humaines, Émilie se trouve impliquée dans une enquête de l’inspection du travail, suite à un suicide dans son entreprise. Jusqu’où restera-t-elle fidèle à sa hiérarchie ? D’une grande rigueur réaliste et peuplé d’un casting hétéroclite venant de la télévision, du théâtre ou du cinéma classique, Corporate dissèque les méthodes de management amorales mais totalement acceptées par nos entreprises modernes. Enveloppant son histoire d’une mise en scène économe, froide et sans éclat, son discours sur l’injustice sociale demeure louable mais aurait été plus audible dans un documentaire. À se demander si le récit ne passe pas à côté de son sujet tant l’inspectrice du travail (justement campée par Violaine Fumeau) et son regard sur cet univers sans pitié placent au second plan une intrigue policière dispensable. Nicolas Silhol : « Je n’avais pas envie de faire un reportage » Les DRH que l’on porte dans le cœur sont rares. Pourtant, c’est bien sur ce métier clivant que le réalisateur Nicolas Silhol a décidé de tourner son premier thriller. Entretien avec le patro

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Des vagues au Toboggan

Politique Culturelle | Arrivée de Victor Bosch, déprogrammation de certains spectacles de fin de saison... la ville de Décines n'en finit pas de secouer le Toboggan après avoir déjà fait le vide dans la masse salariale et s'être séparée de sa directrice, Sandrine Mini. Le point sur la situation.

Nadja Pobel | Mardi 28 mars 2017

Des vagues au Toboggan

Ce pourrait être un épilogue apaisant. Mais il n'en est rien pour l'instant. Victor Bosch arrive au Toboggan comme directeur artistique, réclamé par la municipalité de Décines via l'adjoint à la culture Denis Djorkaeff afin, selon ce dernier, de « faire une programmation en un temps record. » Son type de contrat n'est pas encore connu, mais il devrait être là dans la durée et a été présenté à l'équipe la semaine dernière. Depuis un an, tout converge pour que Sandrine Mini, directrice depuis 2014 (en poste jusqu'au 30 avril) parte : réduction du budget de 27% par la ville (- 220 000€, voté le 2 février 2016), plan de restructuration drastique, débarquement de deux cadres (sur six) et une ambiance pour le moins intenable, selon les personnes concernées. En découle une inquiétude quant au devenir de cette salle âgée de vingt ans, qu'un collectif des amis du Toboggan a décidé de soutenir par une pétition ayant recueilli plus de 2500 signatures au printemp

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"L'Ascension" : plus dure sera la chute

Café-Théâtre | Avec L'Ascension, Antoine Demor et Victor Rossi proposent un spectacle loin des codes habituels du café-théâtre. Drôles et impitoyables, les deux comédiens nous offrent une plongée documentée dans le système politique de notre République. Idéal en période électorale.

Gabriel Cnudde | Mardi 21 mars 2017

À quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle, tous les Français ont les yeux rivés sur l'actualité politique. Certains la décortiquent, beaucoup la déplorent mais quelques-uns parviennent toujours à en rire. Parmi les multiples chroniqueurs, imitateurs et autres humoristes qui crèvent l'écran ou monopolisent les ondes, Antoine Demor et Victor Rossi font pourtant figure d'exception. Avec leur spectacle, L'Ascension, ils ne se contentent pas d'envoyer quelques vannes bien senties sur un François Fillon plus Tartuffe encore que s'il était sorti de la plume de Molière. C'est bien là qu'est le tour de force : les deux comédiens font rire avec un spectacle de fond, creusé et réfléchi, qui n'analyse pas simplement l'homme politique, mais le système dans sa globalité. Préparé en amont avec les témoignages d'élus locaux et des chiffres véritables sortis de rapports de la Cour des Comptes, L'Ascension s'inscrit dans une démarche quasiment documentaire sans jamais oublier de faire rire. Requin ou méduse ? Si le spectacle est bien écrit, il est aussi et surtout bien joué.

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L'Amérique du Sud avec Adia Victoria

Garage blues | Fille du Sud des États-Unis et pas près de le quitter, Adia Victoria brasse en profondeur son atmosphère unique et inquiétante, se jouant des démons qui s'y enracinent, à travers un garage blues à se damner qui mêle la rage la plus poisseuse à la grâce la plus pure.

Stéphane Duchêne | Mardi 7 mars 2017

L'Amérique du Sud avec Adia Victoria

L'an dernier, un nanard cosmique à tendance horrifique titré Southbound faisait état d'une malédiction à laquelle il est difficile de ne pas souscrire : on ne s'échappe pas du Sud des États-Unis car toutes les routes non seulement y mènent, mais surtout y ramènent comme une malédiction. Adia Victoria ne chante pas autre chose sur Stuck in the South : « Yeah, I've been thinking about making tracks / But the only road I know/It's going to lay me back / I'm stuck in the South ». Native de la Caroline du Sud, elle n'a jamais vraiment pu quitter le Sud profond des États-Unis. Elle y a surtout tourné en rond. Passée par la Georgie, brièvement par New York et, toute jeune, par Paris – où elle a attrapé le goût des poètes français – la jeune femme a fini par s'installer à Nashville, Tennessee, aka Music City. Le Sud toujours. Mais là où, dans la grande marmite officielle de la country, des centaines de musiciens tentent de faire rissoler leurs ambitions à l'échelle nationale en s'attifant en cow-boy, c'est l'esthétique Southern Gothic chevillée au corps

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"L’Empereur" : l’éternel retour

KIDS | Ni suite, ni remake du film qui avait apporté à Luc Jacquet il y a douze ans une notoriété mondiale, L’Empereur s’avance (en dandinant) comme une (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

Ni suite, ni remake du film qui avait apporté à Luc Jacquet il y a douze ans une notoriété mondiale, L’Empereur s’avance (en dandinant) comme une extension de La Marche de l’Empereur. Suivant littéralement ab ovo le cycle de l’existence de son animal fétiche, ce récit aurait pu se nommer “Une histoire immortelle” — mais il était déjà retenu par Orson Welles — voire “Le Miraculé”, si Mocky n’en avait eu l’idée plus tôt. Car le palmipède du titre va devoir braver mille dangers pour accéder à l’âge adulte. Et chacun des flashbacks constituant ce doc-nature relatera un de ces périls, lui donnant des reflets de film à suspense : comment l’œuf survit au froid ; comment le poussin éclôt, grandit malgré les conditions extrêmes et les prédateurs sur la banquise, avant de rejoindre l’océan guidé par son instinct pour se jeter (ou pas) à l’eau… Riches d’images stupéfiantes, dont certaines combinant intelligence et poésie (les manchots vu à l’envers sous l’eau, semblent voler vers les hauts-fonds) ce voyage antarctique narré par Lambert Wilson se double d’un hymne à la fragilit

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"Primaire" : La maîtresse décolle

ECRANS | de Hélène Angel (Fr, 1h45) avec Sara Forestier, Vincent Elbaz, Patrick d'Assumçao…

Vincent Raymond | Mardi 3 janvier 2017

Fleurant la madeleine, la colle en pot parfum amande et la bonne conscience, Primaire s’inscrit dans la lignée de ces films rendant sporadiquement hommage à des membres du corps enseignant… davantage qu’à l’institution dont ils dépendent. Ici, c’est Sara Forestier qui fait le job, en instit’ surinvestie — trop, sans doute, mais plus que ses collègues. Prête à beaucoup pour sauver un gamin manifestant de graves signes d’abandon, elle s’attire le courroux de son propre fils qui va se sentir délaissé, voire trahi. Hélène Angel actualise l’un des thèmes du film-patchwork de Truffaut, L’Argent de poche (1975), mais en adoptant le point de vue des adultes — ce qui amoindrit considérablement l’intérêt. Sans doute pour éviter la redondance avec Le Maître d’école (1980) de Claude Berri ou Ça commence aujourd’hui (1999) de Tavernier, elle amende son sujet de fanfreluches inutiles, comme une fable sentimentale avec un Vincent Elbaz

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"L’Odyssée" : aquatique en toc

ECRANS | de Jérôme Salle (Fr, 2h02) avec Lambert Wilson, Pierre Niney, Audrey Tautou…

Vincent Raymond | Mardi 11 octobre 2016

Rien de tel qu’un biopic pour hameçonner public et récompenses. Alors, imaginez-en un consacré à l’icône irénique Jacques-Yves Cousteau… c’est du dragage dans les grandes profondeurs ; de la pêche à la dynamite — pour reprendre ses gaillardes méthodes de recensement des espèces pélagiques. Sauf que “JYC”, comme tout un chacun, n’était pas clair comme de l’eau de roche et Jérôme Salle n’a pas réussi à trancher : hagiographie consensuelle ou étude critique des nombreuses vies du bonhomme ? Faussement âpre pour ne pas paraître (trop) complaisant, son film est pareil à un grand livre privilégiant les belles images en couleurs, arrachant celles qui seraient trop ternes ou gênantes ! Si Salle ménage la dorure de la statue du Commandant, il montre cependant la course perpétuelle après l’argent de cet utopo-égoïste plus imbu de sa propre publicité et de ses aventures que du destin de ses proches ou de celui de la planète. Le vieux cabot de mer s’est mué sur le tard en héraut de l’e

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"Victoria" : Perdita

ECRANS | de Justine Triet (Fr, 1h36) avec Virginie Efira, Vincent Lacoste, Melvil Poupaud…

Vincent Raymond | Mercredi 14 septembre 2016

Une avocate mère célibataire blonde vivant dans une tour, héberge un ancien dealer qu’elle emploie comme nounou, plaide au tribunal avec un chien et un singe… Vous en voulez encore pour faire une comédie française branchouille ? Alors, faites infuser avec une distribution ébouriffante d’originalité : Virginie Efira (“tellement à contre-emploi”, comme à chaque film, alors qu’elle choisit toujours des rôles de mère/femme dépassée demeurant malgré tout impeccable et pimpante), Vincent Lacoste (“tellement avec des lunettes”) et Melvil Poupaud (“tellement revenu en grâce”). On sent bien que Justine Triet lorgne du côté de la comédie cukoro-capro-hawksienne, mais elle n’a pas l’équipage adapté, ni les trépidations du scénario pour rivaliser avec les cavalcades de Cary Grant ou Katharine Hepburn. Factice et convenu, Victoria bénéficie de rares bouffées détonantes grâce au personnage de l’ancien compagnon de l’héroïne, un écrivain pervers lymphatique joué par Laurent Poitrenaux vampirisant dans ses romans la vie de son ex. Pas de quoi s’étra

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"Tout de suite maintenant" : Bonitzer, père et fille

ECRANS | de Pascal Bonitzer (Fr, 1h38) avec Agathe Bonitzer, Vincent Lacoste, Lambert Wilson…

Vincent Raymond | Mardi 21 juin 2016

Intrigante, cette propension qu’a Bonitzer à s’enticher de héros peu sympathiques, et de les sadiser pour faire bonne mesure — cette perversion d’auteur doit certainement revêtir un nom ; elle a en tout cas un public. Ici, il jette son dévolu sur Nora, une Rastignac froide (pour ne pas dire frigide) jouant les Électre dans le monde tortueux de la finance, où tous les coups sont recommandés. Le rôle de cette jeune arriviste, au plan de carrière contrecarré par l’irruption d’affects personnels aussi divers que la possession amoureuse ou le désir de venger son père, il le confie à sa fille à la ville, Agathe — histoire d’ajouter une grille de lecture psychanalytique trouble à son film. Nora n’est pas la seule à être peu aimable : ses aînés sont une bande de socio-traîtres ayant remisé leurs idéaux au profit… du profit, justement, ou bien des névropathes devenus dépressifs, déments ou alcooliques. Bref, personne ou presque ne semble digne d’être sauvé. Disséminant çà et là quelques-unes de ces démonstrations professorales dont il raffole (comme s’amuser à prédire les comportements), Bonitzer confirme surtout son goût de moraliste et s’offre même une envolée fantastique ina

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Kino Parade au Goethe Institut

ECRANS | Germaniquement porté par l’excellent Goethe Institut, Lyola !, le festival du film allemand revient pour sa 5e édition en plein air avec quatre séances (...)

Vincent Raymond | Mardi 21 juin 2016

Kino Parade au Goethe Institut

Germaniquement porté par l’excellent Goethe Institut, Lyola !, le festival du film allemand revient pour sa 5e édition en plein air avec quatre séances de films récents en VOST, précédés de courts-métrages. S’il est impossible de faire l’impasse sur Soul Kitchen (photo), le plus aérien des Fatih Akin (le 28), laissez-vous guidez par la curiosité pour les autres : Victoria, Football Under cover et About a Girl. Notez que tout est pensé pour vous accueillir au mieux : la gratuité des projections, le repli au Goethe en cas de pluie, et le bretzel + bière. À consommer avec modération, à cause des miettes. Sur la place d’Ainay du 27 au 30 juin à 22h

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"Vicky" : une autofiction signée Victoria Bedos

ECRANS | de Denis Imbert (Fr, 1h28) avec Victoria Bedos, Chantal Lauby, François Berléand, Benjamin Biolay…

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

En théorie, on devrait éprouver compassion et bienveillance pour Victoria Bedos, la pauvre petite fille riche racontant ici sa difficulté d’avoir pour père un comédien misanthrope et pour frère un monstre d’égoïsme se servant d’elle comme d’un paillasson — de préférence les soirs de pluie. C’est à cause, ou grâce, à ces modèles masculins étouffants qu’elle a voulu se réinventer en devenant chanteuse underground, car elle a du talent, elle aussi… Mais notre empathie, on s’assoira dessus, puisque la comédienne-scénariste affirme qu’il ne faut chercher aucun règlement de compte dans ce film servant sa gloire et fusillant les affreux machos autocentrés de sa parentèle. Elle s’est pourtant donné bien du mal pour accentuer les ressemblances, pour que chacun identifie sans peine les Bedos derrière les Bonhomme. Cela dit, en étant de presque tous les plans dans l’autofiction qu’elle se consacre, Victoria montre

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Le Fils de Joseph

ECRANS | de Eugène Green (Fr/Bel, 1h55) avec Victor Ezenfis, Natacha Régnier, Fabrizio Rongione…

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Le Fils de Joseph

En acclimatant au 7e art son obsession viscérale pour la prononciation baroque, Eugène Green est devenu l’auteur d’une œuvre anticonformiste, unique car identifiable dès la première réplique. Il exige de ses interprètes l’usage de la liaison systématique et appuyée, telle que codifiée par son courant de prédilection — au risque de créer des impressions (fautives) de cuirs en cascades. Inscrite dans un dialogue déclamé d’une voix blanche par des comédiens semblant avoir reçu pour consigne d’adopter le plus désincarné des jeux possibles, cette particularité participe donc d’un ensemble singulier : son style, auquel on peut souscrire comme à une convention ou à un dogme religieux. Un intégrisme bien inoffensif, s’il prête à sourire : à côté d’Eugène Green, le rigoriste Rohmer passerait pour un cuistre barbarisant la langue française ! Tous deux ont cependant en commun la fascination pour les lettres classiques et la jeunesse, ainsi que l’art d’attirer à eux les acteurs — au point d’en faire des apôtres. Déjà convoqués par le passé, Natacha Régnier, Fabrizio Rongione et Mathieu Amalric sont ainsi réunis autour de ce Fils de Joseph. Si le titre lorgne im

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La rentrée café-théâtre 2015/2016

SCENES | Deux festivals, de nouvelles pièces d'auteurs chéris, le retour d'un illustre représentant de la trop lointaine école anglo-saxonne... La saison café-théâtre démarre plutôt fort.

Benjamin Mialot | Mardi 8 septembre 2015

La rentrée café-théâtre 2015/2016

En temps normal, il est presque inconvenant de parler d'une "rentrée" en matière de café-théâtre, les lieux homonymes ne connaissant de pauses que celles qui précèdent les punchlines de leurs invités. Cette saison 2015/2016 n'a cependant rien d'habituel ; pour preuve, elle s'ouvrira, passée la traditionnelle Semaine de l'humour (10€ dans les lieux participants, du 16 au 27 septembre) sur deux festivals. À gauche l'arlésienne Juste pour Lyon, émanation à crinière du célèbre raout canadien Juste pour rire qui, du 28 septembre au 7 octobre, investira en off la plupart des salles de musculation des zygomatiques de la ville. La programmation officielle sera elle délocalisée au casino Le Lyon Vert et verra se succéder les solitaires-en-scène les plus prometteurs du moment : la soundbank humaine Jibé (qui commence à faire son trou chez nos cousins d'Amérique), le chic type survitaminé Vérino (pour une édition spéciale de son inglorious comedy club, en présence notamment du couple star de Bref), la team Jocelyn Flipo (Alex Ramirès, Yann Guillarme, Gérémy Crédeville.

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Au café-théâtre cet été

SCENES | Question : avoir le sens de l'humour est-il toujours un facteur de longévité lorsqu'on le met à l'épreuve dans le cadre asphyxiant d'un café-théâtre (...)

Benjamin Mialot | Mardi 7 juillet 2015

Au café-théâtre cet été

Question : avoir le sens de l'humour est-il toujours un facteur de longévité lorsqu'on le met à l'épreuve dans le cadre asphyxiant d'un café-théâtre empestant la canicule ? Vous avez tout l'été pour vous forger une opinion, à vos risques et périls, surtout si vous le faites à la Comédie-Odéon, où Jocelyn Flipo reprend Couic, un huis clos en trompe-l’œil aussi divertissant qu'anxiogène. Non, en vrai, la plupart des lieux sont équipés d'une climatisation, à l'instar de l'Espace Gerson, qui en fait l'un des principaux arguments en faveur du retour entre ses murs de Victor Rossi, alors que ses grinçantes chroniques de l'absurdité du monde se suffisent à elles-mêmes – et prépareront le terrain pour Camille et Aurel, qui réhabilitent avec une énergie communicative la forme trop délaissée du duo burlesque. Du côté des Tontons Flingueurs aussi, on prend le même et on recommence, à savoir le one-man-show follement chic et intimiste de Jefferey Jordan, tandis qu'on pourra (re)découvrir au Complexe du Rire le faux bellâtre et vrai performer Gérémy Crédeville et la décomplexée Naho. Pour des nouvelles têtes, à moins de vouloir essuyer

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Un Moi(s) de cinéma #7

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous propose ses coups de cœur cinéma des semaines à venir en vidéo.

Christophe Chabert | Mardi 30 juin 2015

Un Moi(s) de cinéma #7

Au sommaire de ce Moi(s) de cinéma, les films à voir absolument en ce mois de juillet : • Victoria de Sebastian Schipper • Microbe et Gasoil de Michel Gondry • Love de Gaspar Noé • While we're young de Noah Baumbach • Sorcerer de William Friedkin (reprise)

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Victoria

ECRANS | En temps réel et en un seul plan séquence de 2h20, Sebastian Schipper passe de la chronique nocturne berlinoise au thriller avec une virtuosité qui laisse pantois, nécessitant une immersion totale dans son dispositif pour en apprécier pleinement l’ivresse. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 1 juillet 2015

Victoria

Bombardée par une lumière stroboscopique et les basses d’un morceau techno, une jeune fille danse au milieu des fêtards dans un club berlinois ; le plan dure, le son est lourd, l’effet de lumière aveuglant ; à peine a-t-on ouvert les yeux sur son film que, déjà, Sebastian Schipper nous demande un abandon complet à cette expérience qu’est Victoria. Celle d’une immersion totale dans sa réalité plutôt que dans son réalisme car, malgré les apparences, tout ici célèbre l’artificialité de la mise en scène cinématographique. En effet, les deux heures vingt à suivre ne connaîtront aucune coupe de montage, proposant un plan-séquence en temps réel où la caméra, toujours en mouvement, va parcourir à vue d’œil quatre bons kilomètres à travers les rues, les immeubles et les hôtels de la capitale allemande. Et pourtant, le film s’abandonnera à toutes les ruptures — de ton, de genre, de vitesse — répondant à un scénario qui jouerait à cache-cache avec le spectateur, très visible dès qu’on prend un peu de distance avec ce qui se passe sur l’écran, indécelable lorsqu’on se laisse absorber par le dispositif. Celle qui nous sert de guide s’appelle Victoria : elle arriv

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La Tête haute

ECRANS | Portrait d’un adolescent en rupture totale avec la société que des âmes attentionnées tentent de remettre dans le droit chemin, le nouveau film d’Emmanuelle Bercot est une œuvre coup de poing sous tension constante, qui multiplie les points de vue et marie avec grâce réalisme et romanesque. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 12 mai 2015

La Tête haute

Malony est sans doute né sous une mauvaise étoile. Cela veut dire qu’en fait il y en a un, de doute, et Emmanuelle Bercot, c’est tout à son honneur, ne cherchera jamais à le dissiper. Il n’a que six ans et le voilà déjà dans le bureau d’une juge pour enfants — lumineuse et passionnée Catherine Deneuve — qui sermonne une mère irresponsable — Sara Forestier, dont la performance archi crédible ne tient pas qu’à ses fausses dents pourries — prête à se débarrasser de cet enfant au visage angélique mais dont elle dit qu’il n’est qu’un petit diable. C’est la première séquence de La Tête haute, et elle donne le "la" du métrage tout entier : on devine que cette famille est socialement maudite, bouffée par la précarité, la violence et l’instabilité. Mais Bercot ne nous donnera jamais ce contrechamp potentiellement rassurant : jusqu’à quel point Malony est seul responsable de son sort, pris entre haine de soi et rancune envers les autres, attendant qu’on le prenne en charge tout en rejetant les mains qu’on lui tend ? Cette scène d’ouverture est aussi emblématique de la mise en scène adoptée par Bercot : la parole y est puissante, tendue, explosive. Elle repose

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Victor Bosch revient à la comédie musicale

ACTUS | Le directeur du Radiant-Bellevue convie Jean Lacornerie au générique de son futur spectacle "Forever Young". Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 4 mai 2015

Victor Bosch revient à la comédie musicale

Déjà producteur de Kirikou et Karaba, du Petit Prince et, surtout, de la success story Notre-Dame de Paris, Victor Bosch reprend du service dans l'univers des comédies musicales. Du 15 octobre au 30 janvier, il présentera sur la scène parisienne de Bobino Forever Young, non sans l'avoir rôdé début octobre au Radiant-Bellevue, à Caluire, qu'il dirige depuis 2012. Forever Young a été créée à Hambourg il y a trois ans et a déjà rencontré un vif succès en Allemagne et en Espagne. La version française qu'il présentera n'aura toutefois, dit-il, "rien à voir avec ce qui a été fait". Ainsi, s'il est question dans les déclinaisons étrangères de six retraités qui, en 2060, se souviennent de leur jeunesse et des tubes qui l'ont rythmée (Bee Gees, Madonna, Daft Punk...), avec ce que cela suppose de gags gériatriques et de démarches branlantes, ici, les comédiens interprèteront des trentenaires projetés dans le futur. Pour mener à bien ce spectacle, Victor Bosch a fait appel à Jean Lacornerie. Le directeur et metteur en scène du Théâtre de la Croix-Rousse, qui a toujours allié théâtre et musique (et s'est récemment

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