Sherlock Holmes

ECRANS | De Guy Ritchie (ÉU-Ang, 2h08) avec Robert Downey Jr, Jude Law…

Christophe Chabert | Jeudi 28 janvier 2010

Alléchant sur le papier, décevant à l'arrivée, ce "Sherlock Holmes" relooké par Guy Ritchie souffre, de la première à la dernière image, d'un trop-plein fatigant. Ça ne part pas mal, pourtant, Ritchie ayant la bonne idée de s'inspirer d'"Iron Man" pour construire autour des ambivalences de son acteur (c'est le même : Robert Downey Jr) une vision nouvelle du personnage. C'est l'homosexualité latente et la jalousie patente entre Holmes et le Docteur Watson qui attirent surtout l'attention. Deux vieux garçons qui vivent ensemble, une fille au milieu, et en avant pour un marivaudage sans conséquence mais plutôt bien vu. Problème : le film est aussi un blockbuster et nous embarque dans un scénario compliqué plus que complexe, mélangeant dans un sacré foutoir surnaturel et théories du complot. Ritchie en rajoute dans le montage épileptique, l'action surdécoupée, les explosions massives et les effets spéciaux filmés pour eux-mêmes. Pas de bol : Cameron et son "Avatar" sont passés par là, et ont rappelé que la mise en scène, c'est d'abord de l'espace et de la durée, pas une centrifugeuse à images. Du coup, ce "Sherlock Holmes" paraît déjà un peu daté…

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Robert Downey Jr. : « je suis un homme à chats »

Le Voyage du Dr Dolittle | Avenant mais peu loquace, Robert Downey Jr. est venu brièvement à la rencontre de la presse pour présenter son nouveau personnage, le Dr Dolittle.

Vincent Raymond | Mardi 4 février 2020

Robert Downey Jr. : « je suis un homme à chats »

Qu’est-ce qui vous a poussé vers ce nouveau personnage de scientifique atypique ? Robert Downey Jr. : Cela fait plus de dix ans que je fais des films où les enfants se cachent les yeux lorsqu’apparaissent les aliens. Je me suis dit qu’il était temps que je fasse un film de famille : je n’en avais jamais fait. Et je vois que tout le monde s’y amuse. WC Fields disait qu’il ne fallait jamais jouer avec un enfant ni avec un animal. Or vous partagez l’affiche avec deux jeunes partenaires et un zoo complet. Est-ce que vous aviez envie de relever un défi punk ou de donner tort à Fields ? Oh, Fields ! C’était un dingue — un doux dingue ! Et apparemment, il disait ça aussi des téléphones et de la nourriture, alors… Après avoir côtoyé — par écran interposé — tout ce bestiaire, quel est votre animal préféré ? Je suis un homme à chats. Totalement. Et donc, dans le film, j’aime Barry le tigre, parce qu’il est complètement barré.

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Parle à mon zoo, ma reine est malade : "Le Voyage du Dr Dolittle"

Comédie | Reclus en son domaine depuis la disparition de son épouse bien-aimée, le Dr Dolitlle (qui a le pouvoir de parler aux animaux) est appelé au chevet de la Reine d’Angleterre, gravement malade. Découvrant qu’elle a été empoisonnée, il part en quête d’une plante légendaire pour la sauver…

Vincent Raymond | Mardi 4 février 2020

Parle à mon zoo, ma reine est malade :

Troisième avatar cinématographique du personnage (extravagant par nature) créé par Hugh Lofting, ce Dolittle a été cousu sur mesure pour Robert Downey Jr., puisque le comédien campe un scientifique aussi aventureux qu’auto-destructeur, dont la mélancolie est mâtinée par un goût certain pour la dérision. Le rôle constitue une suite logique (et en redingote) aux aventures de son Iron-Man, dans un décor paradoxalement plus “disneyen“ que celui de la franchise Marvel — la séquence animée qui ouvre le film lui confère d’ailleurs une aura vintage de merveilleux enfantin. Dans ce festival de FX virtuose, où décors et personnages secondaires sont engendrés par numérique, Downey Jr. se trouve en pays de connaissance : devant le fond vert d’un studio. Près de trente ans après le film qui l’a consacré, Chaplin, on sourit en constatant que le comédien a effectué une part non négligeable de sa carrière sous le signe du mime. Ce Voyage n’en est pas moins trépidant et si le conte s’avère plaisan

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Alan Menken : « il fallait que je maintienne l’intégrité de mon bâtiment »

Aladdin | Compositeur historique des studios Disney, lauréat de huit Oscar — dont deux pour la version animée de Aladdin —, le toujours affable Alan Menken est venu converser (au piano) de son travail au long cours sur ses partitions…

Vincent Raymond | Mardi 21 mai 2019

Alan Menken : « il fallait que je maintienne l’intégrité de mon bâtiment »

Quel a été votre processus d’écriture pour ce film ? S’agit-il d’une “réécriture” ? Alan Menken : Écrire la musique pour un film animé est différent que pour un film en prises de vues réelles : il faut trouver des moments plus intenses et d’autres plus courts, des thèmes musicaux qui reviennent encore et encore… Au début d’Aladdin, j’ai été inspiré par des gens comme Fats Waller. Ensuite, pour la comédie musicale Aladdin — qui est sur scène depuis longtemps à Broadway mais n’a pas encore été jouée à Paris —, c’est encore très différent : j’ai dû écrire davantage de chansons et penser différemment… Enfin, ça a évolué vers cette version en prises de vues réelles, qui a nécessité que je modifie la musique afin qu’elle colle mieux. Écrire trois fois une partition, je l’avais déjà fait pour La Belle et La Bête. La clef pour vraiment y p

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Super calife agile : "Aladdin"

Disney | De Guy Ritchie (É-U, 2h09) avec Mena Massoud, Naomi Scott, Will Smith…

Vincent Raymond | Mardi 21 mai 2019

Super calife agile :

Se livrant à ses activités délictuelles dans la cité d’Agrabah, le jeune tire-laine Aladdin sauve la princesse Jasmine qu’il prend pour une servante et en tombe amoureux. Grâce aux pouvoirs d’une lampe magique (et de son génie), il deviendra prince et sauvera le royaume du félon vizir… Même s’il se montre ici singulièrement calme — oubliez le surmontage rehaussé de ralentis et d’effets de variation de vitesse de défilement dont il est d’habitude si friand — le frénétique Guy Ritchie a d’emblée le mérite de remettre le minaret au centre du village, c’est-à-dire de renvoyer au cimetière du carton-pâte le pitre franchouillard piètre simulacre d’Aladdin en jouant la carte de la superproduction à l’ancienne, avec danseurs par milliers, éléphants et costumes chamarrés pour tout le monde. Bien sûr, il y a du numérique, mais il ne remplace pas les immenses plans d’ensemble où les chorégraphies prennent vie. Will Smith n’étonne guère dans la peau (bleue) du génie : sur le papier, il était évident qu’un showman de sa trempe glisserait aisément ses pieds da

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La fin justifie les grands moyens : "Avengers : Endgame"

Marvel | Les Avengers s’unissent pour défaire l’œuvre destructrice de Thanos. Après un "Infinity War" en mode “demande à la poussière“, ce "Endgame" boucle (quasiment) par un grand spectacle philosophique la troisième phase de l’Univers cinématographique Marvel.

Vincent Raymond | Mercredi 24 avril 2019

La fin justifie les grands moyens :

Après que Thanos a, grâce au gantelet orné des six Pierres d’Infinité, exterminé la moitié des êtres de l’univers, les Avengers survivants tentent de se rassembler. Il faudra attendre cinq ans que Ans-Man sorte accidentellement de l’infiniment petit quantique, pour que Tony Stark accepte de joindre ses forces à leur plan fou : remonter dans le temps afin d’empêcher Thanos de s’emparer des Pierres… Où l’ensemble des fils et arcs narratifs laissés en suspens depuis 21 films et trois phases par les différentes franchises Marvel sont appelés à se boucler. Mais de même qu’« il faut savoir finir une grève » comme disait Thorez, mettre un terme à un cycle ne s’improvise pas. Avengers : Infinity War (2018) avait laissé entrevoir une bienheureuse inflexion dans la série : à la surenchère de combats de colosses numériques entrelardés de punchlines boutonneuses (Captain America Civil War), avait succédé une dimension plus sombre, volontiers introspective grâce à l’intégration de Thanos. Un antagoniste moins manichéen qu’il y semblait, semant

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The Grand Budapest Hotel

ECRANS | Avec "The Grand Budapest Hotel", Wes Anderson transporte son cinéma dans l’Europe des années 30, pour un hommage à Stefan Zweig déguisé en comédie euphorique. Un chef-d’œuvre génialement orchestré, aussi allègre qu’empreint d’une sourde inquiétude. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

The Grand Budapest Hotel

The Grand Budapest Hotel, au départ, c’est un livre, lu par une jeune fille blonde sur un banc enneigé de la ville de Lutz, à côté de la statue de son auteur. Ce livre raconte l’histoire du Grand Budapest Hotel telle qu’elle fut rapportée à l’écrivain lors d’un séjour dans ses murs au cours des années 60 par le propriétaire de l’hôtel, Zéro Moustapha. Cette histoire est aussi celle de Mr Gustave, concierge du Grand Budapest du temps de sa splendeur dans les années 30, juste avant le début de la guerre, mentor et ami de Zéro. Le Grand Budapest Hotel était alors un bastion du luxe et du raffinement au cœur de l’Europe, dans la République de Zubrowka. À l’arrivée, The Grand Budapest Hotel est un film de Wes Anderson, autrement dit une pure création : rien de tout cela n’existe, tout a été réinventé par l’imaginaire du cinéaste. Mais ce monde fantaisiste laisse deviner en transparence la véritable Histoire européenne, du temps de ses heures les plus tragiques. Partition virtuose La narration en poupées russes qui lance le film — un récit à l’intérieur d’un récit à l’intérieur d’un récit —, redoublée par les constants changements de raconte

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Iron Man 3

ECRANS | Ce troisième volet des aventures de Tony Stark n’est pas à la hauteur des deux précédents, et l’arrivée de Shane Black derrière la caméra s’avère plutôt contre-productive, partagé entre retrouver son mauvais esprit des années 80 et s’inscrire dans une ligne post-"Avengers". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 25 avril 2013

Iron Man 3

Les deux premiers Iron Man avaient séduit par leur sens du contre-courant : à une époque où les super-héros au cinéma se devaient d’avoir une névrose intime et où le réalisme à la Nolan commençait à faire école, Jon Favreau, pourtant pas le cinéaste le plus fin de la terre, avait fait de Tony Stark un homme sans états d’âme, déconneur et flambeur, œuvrant pour la bonne cause comme un industriel exploiterait un marché juteux. Surtout, Iron Man se confondait avec son acteur, Robert Downey Jr, dont le débit mitraillette et la décontraction affichée avaient dans le fond plus de poids que la lourde armure qui le transformait en justicier. Une sorte de héros cool et pop dont ce troisième volet ne sait plus tellement quoi faire… Shane Black, scénariste culte dans les années 80 et 90, réputé pour son esprit badass et ses vannes provocatrices, par ailleurs auteur d’une très bonne comédie policière déjà avec Downey Jr, Kiss Kiss Bang Bang, a été appelé à la rescousse de la franchise, et se retrouve avec un fardeau à porter : faire le premier film de super-héros

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Effets secondaires

ECRANS | Dans l’étourdissant sprint de sa prétendue fin de carrière, Steven Soderbergh marque le pas avec ce thriller psy qui ne retrouve que partiellement le charme de ses dernières réalisations, un peu écrasé par un script qui ne laisse que peu de place aux expérimentations de la mise en scène. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Dimanche 7 avril 2013

Effets secondaires

Pourquoi, depuis Contagion, le cas Soderbergh s’est-il remis à nous intéresser, au point d’en faire un des cinéastes majeurs de ces dernières années ? Pas seulement parce que le bougre, pas à un paradoxe près, tournait à une vitesse folle des films qui affichaient un appétit de cinéma dément, tout en clamant à qui voulait l’entendre qu’il allait mettre fin à sa carrière. Aussi parce que Soderbergh semblait avoir trouvé ce qu’il cherchait depuis longtemps : une remise systématique sur le métier de son rôle de metteur en scène, cherchant à chaque nouvelle œuvre une forme différente pour enrichir des scripts souvent maigres, répondant à des codes dont il prenait soin de s’écarter. Du flux d’images mondialisées de Contagion au grand écart entre la chronique réaliste et le pur film chorégraphique de Magic Mike, en passant par les combats en temps réel et en plans larges de Piégée, c’était toujou

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360

ECRANS | De Fernando Meirelles (Ang-Fr-Aut-Brésil, 1h50) avec Jude Law, Rachel Weisz, Anthony Hopkins...

Jerôme Dittmar | Vendredi 13 juillet 2012

360

Pour mémo : songer à laisser La Ronde au passé, et se contenter de l'adaptation d'Ophüls, jamais dépassée depuis. Malgré le bien qu'on peut penser ici de Fernando Meirelles, lui confier une énième version de la pièce de Schnitzler n'était pas forcément une bonne idée. Sur les traces d'Innaritu, en plus aimable avec ses personnages, 360 tient du Babel de l'amour. Film choral mondialisé, ce tour operator du désir, du sexe et des sentiments voudrait être partout, refaire la lutte des classes, parler famille, raconter l'ironie du destin, résumer l'univers à coup de chassés-croisés lelouchiens. Mais il est nulle part, suivant mollement le petit ordre moral du scénario, affaiblissant ses images d'une adéquation balourde entre son montage et son titre (360, la ronde, le monde, etc.). Meirelles découvre le split screen et bricole. C'est fluide, pas moche, le casting international (de Jude Law à Jamel) fait le job. Sauf que tout est publicitaire, pas finaud, survolé et sans enjeux. Jérôme Dittmar

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Contagion

ECRANS | Un virus mortel se répand sur la surface de la planète, provoquant paranoïa, actes de bravoure et moments de lâcheté. Dans une mise en scène à l’objectivité scrupuleuse, Steven Soderbergh signe un thriller inquiétant et implacable. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 3 novembre 2011

Contagion

Contagion commence au «jour 2» de la maladie, par une scène anodine. Une executive woman de retour d’Asie prend un verre dans un aéroport avant de retrouver le foyer familial. Elle est le patient zéro d’un nouveau virus, fulgurant et mortel, et elle l’a déjà répandu à Hong-Kong, en Chine, à Chicago… Steven Soderbergh ne cache rien du désastre à venir : en quelques inserts sur des poignées de portes, des cacahuètes, un verre, il isole déjà tous les vecteurs de la contagion. Et rajoute un détail troublant : la jeune femme est aussi adultère. On craint un temps la concomitance des deux événements : le virus comme une expiation de cette "faute". Fausse piste : dans Contagion, tous les dogmes sont mis à mal par l'effroi qui s’empare des populations. Pour faire ressentir cet effroi, il fallait un vrai coup de force narratif : le patient zéro, pourtant interprété par une actrice célèbre, décède dans les dix premières minutes. Le spectateur sait alors que rien ne viendra le rassurer et sûrement pas les grands principes hollywoodiens. Tous les personnages, à tout moment, peuvent y passer. Un film de peur(s) Fort de cette angoisse-là, Soderberg

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Date limite

ECRANS | De Todd Phillips (ÉU, 1h35) avec Robert Downey Jr, Zach Galifianakis…

Christophe Chabert | Lundi 8 novembre 2010

Date limite

À la fois buddy movie et road movie, "Date limite" est à "Very bad trip" ce que "Funny People" était aux précédents films de Judd Apatow : une variation douce-amère, moins drôle mais plus profonde. Peter, un architecte propre sur lui (Downey Jr, sobre, remarquable) et Ethan, un hurluberlu qui veut devenir acteur à Hollywood (Galifianakis, mélange détonnant de lourdeur et de subtilité) doivent tailler la route ensemble, entre coups de gueule et coups de blues. Détail qui donne tout son sens à cette rencontre de fiction : Peter va devenir père et Ethan promène les cendres du sien dans un paquet de café. Le scénario orchestre des variations autour de ce thème, certaines réussies (les deux gamins turbulents de Juliette Lewis), d’autres avortées (la sous-intrigue avec Jamie Foxx, à la conclusion expéditive). "Date limite" parvient, dans ses meilleurs moments, à faire vaciller la frontière entre le comique et le tragique : une engueulade avec un vétéran de l’Irak, une séquence où Ethan contourne ses piètres talents d’acteur en se laissant déborder par l’émotion… Sans oublier l’ambivalence de son attirance pour Peter : homosexualité ou solitude ? Todd Phillips laisse des points de susp

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Repo men

ECRANS | De Miguel Sapochnik (ÉU, 1h51) avec Jude Law, Forest Whitaker…

Dorotée Aznar | Jeudi 8 juillet 2010

Repo men

Cherchons, si vous le voulez bien, où se cache l’originalité dans ce pudding commercial indigeste. Dans son pitch (une compagnie spécialisée dans les coûteuses transplantations d’organes récupère l’objet des opérations chez les mauvais payeurs encore vivants) ? Nope, il est honteusement pompé au déjà très mauvais "Repo ! The Genetic Opera". Dans sa représentation d’un futur proche ? Non plus, c’est un mix entre ceux de "Clones" et des "Fils de l’Homme". Dans ses scènes d’action ? Naaaaan, tout vient du cinéma asiatique, en moins bien. Ah, je sais, son twist final ! Ah flute, c’est une copulation forcée des fins de "Brazil" et d’"Ouvre les yeux". La coupe de cheveux de Jude Law ? Putain, ça y est, on a trouvé ! FC

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Iron Man 2

ECRANS | Blockbuster ludique, théorique et même politique, "Iron Man 2" confirme la bonne surprise de son premier volet : la naissance d’un super-héros différent dont les aventures sont aussi divertissantes que riches de sens. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 21 avril 2010

Iron Man 2

Le blockbuster de printemps annonce l’arrivée des beaux jours et la promesse d’un été américain, souvent en deçà de ce coup d’éclat inaugural. Évidemment, le Iron Man 2 de 2010 est moins surprenant que le Star Trek de 2009 ou… le Iron Man de 2008 ! Et pourtant, il est encore mieux… Il y a deux ans, on ne misait pas grand-chose sur cette énième adaptation de comics, lassés par trop de sous Spider-man (dont le 3e du nom !) et plutôt flippés par la présence derrière la caméra de Jon Favreau, acteur comique de seconde zone reconverti dans la mise en scène de navets. Contre toute attente, Iron Man nous avait épatés : le film se payait le luxe de repenser la manière de construire un super-héros en affichant, dans une posture aussi ludique que théorique, son "making of" à l’écran. D’abord choisir un acteur ; pas n’importe lequel, le génial Robert Downey Jr, revenu de la came et de l’alcool pour s’établir en comédien ultra-populaire aussi à l’aise chez les grands auteurs — Fincher — les francs-tireurs — Stiller — que dans cette machine moins lourde qu’on ne le pensait. Downey Jr, comme il le disait à la fin du film, est Iron Man : un

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Tonnerre sous les tropiques

ECRANS | Des acteurs égocentriques tournent un film de guerre opportuniste, mais la fiction est dépassée par la réalité. Un jeu de massacre satirique et hilarant signé Ben Stiller. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 10 octobre 2008

Tonnerre sous les tropiques

C’est le genre de folie que s’offre Hollywood de temps en temps. Steven Spielberg et John Mac Tiernan l’avaient fait avec 1941 et Last action hero, et l’avaient payé cher. Beaucoup prédisaient la même chose à Tonnerre sous les tropiques… Non seulement Ben Stiller a sauvé sa peau au box-office mais il va être difficile de faire comme si cette tornade hilarante n’existait pas la prochaine fois qu’on nous refourguera une superproduction débile. Mettre à nu les câbles énormes derrière le cinéma américain pour s’en moquer et moquer, au passage, le pays qui l’abrite : voilà le projet de ce blockbuster parodique. Tonnerre sous les tropiques est l’adaptation d’un livre sur le Viêt Nam retraçant l’expérience de Four-leaves, revenu du merdier avec deux mains en moins. Pour interpréter les membres de son commando, on a réuni un yakayo en perte de vitesse (Stiller), un comique héroïnomane (Jack Black, célèbre grâce à La famille Prout !), un acteur australien adepte de la Méthode (Robert Downey Jr, qui s’est fait dépigmenter la peau pour jouer un sergent noir), une vedette du rap ayant pris comme pseudo Alpa Chino (Brandon Jackson) et un geek pucea

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