Lovely Bones

ECRANS | De Peter Jackson (ÉU, 2h08) avec Saoirse Ronan, Mark Wahlberg, Rachel Weisz…

Christophe Chabert | Mardi 2 février 2010

Stupeur ! Peter Jackson, dont la filmographie était jusque-là immaculée — même son "King-Kong", un peu en-dessous certes, surclassait pas mal de blockbusters — se plante royalement avec "Lovely Bones". On a beau prendre le film par tous les bouts, y retourner pour vérifier, il n'y a rien à faire : le ratage est cuisant. Les chromos familiaux du début, la voix-off niaise de la petite Susie Salmon, la reconstitution 70's : on dirait du Spielberg cheap. Quand Susie est assassinée, on pense que Jackson va se coltiner ce que le grand Steven est incapable de montrer : la mort d'un enfant. Mais le meurtre est grotesque, Stanley Tucci en pédophile à moustache en fait des caisses, et Jackson filme tout cela avec des grosses focales ridicules et des effets indignes de son talent. Et on n'a encore rien vu ! Arrivée dans une sorte de purgatoire new age dont l'horizon est un paradis en forme de logo UMP, Susie tente d'aider post-mortem ses proches à élucider le mystère de sa disparition. Ce qui donne une suite de scènes d'un kitsch invraisemblable, Jackson créant un univers à la laideur inédite qui contamine en effet les vivants : Susan Sarandon fume comme un pompier, Wahlberg se lance dans un suicide capillaire digne de Nicolas Cage. On ne dévoilera pas la fin, mais elle en dit long sur l'impasse de "Lovely bones" : suspense interminable et malsain, conclusion moralisatrice et absurde… Certains mauvais films mettent le spectateur en colère ; "Lovely Bones", signé par un cinéaste admiré, donne surtout envie de pleurer de dépit.

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Reines à l’arène : "Marie Stuart, Reine d'Ecosse"

Drame | De Josie Rourke (É-U-G, 2h04) avec Saoirse Ronan, Margot Robbie, Jack Lowden…

Vincent Raymond | Mardi 26 février 2019

Reines à l’arène :

Son récent veuvage renvoie la jeune reine de France Marie Stuart dans son Écosse natale, où son trône est convoité par sa parente Elizabeth Ière d’Angleterre, laquelle se verrait bien doublement couronnée. Marie lui fait part de ses vues sur Albion. Diplomatie, trahisons et guerre à l’horizon… La Favorite vient récemment de prouver qu’il était possible d’être fidèle à l’esprit d’une époque en adoptant une esthétique décalée et volontairement anachronique. Sur un sujet voisin (grandeurs et misères des monarques britanniques) Marie Stuart offre a contrario l’exemple d’un dévoiement calamiteux de l’Histoire à la limite du révisionnisme, gâchant un bon sujet par des intentions politiquement correctes nuisant à la véracité et à l’authenticité factuelles d’un film semblant, en apparence, soigner le moindre détail au nom de son idée du “réalisme“. Ce n’est pas tant la lecture “fém

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Dames de cœur, à qui l’honneur ? : "La Favorite"

Le Film de la Semaine | Deux intrigantes se disputent les faveurs de la cyclothymique Anne d’Angleterre afin d’avoir la mainmise sur le royaume… Une fable historique perverse, où Olivia Colman donne à cette reine sous influence un terrible pathétique et Lánthimos le meilleur de lui-même.

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

Dames de cœur, à qui l’honneur ? :

À l’aube du XVIIIe siècle. La Couronne d’Angleterre repose sur la tête d’Anne. Sans héritier malgré dix-sept grossesses, maniaco-dépressive, la souveraine se trouve sous la coupe de Sarah, sa dame de compagnie et amante (par ailleurs épouse de Lord Marlborough, le chef des armées), laquelle en profite pour diriger le royaume par procuration. Lorsque Abigail, cousine désargentée de Sarah arrive à la cour, une lutte pour obtenir les faveurs de la Reine s’engage… Demandez à Shakespeare, Marlowe, Welles, Frears, Hooper… La royauté britannique constitue, plus que tout autre monarchie, une source inépuisable d’inspiration pour la scène et l’écran. Au-delà de la fascination désuète qu’elle exerce sur son peuple et ceux du monde, elle forme en dépit des heurts dynastiques une continuité obvie dans l’Histoire anglaise, lui permettant de s’incarner à chaque époque dans l’une de ses figures, fût-elle fantoche. Telle celle d’Anne (1665-1717). Son humeur fragile la fit ductile, favorisant un jeu d’influences féminin inédit que La Favorite raconte sans trop trahir l’authenticité des faits, dan

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La trilogie du Seigneur des Anneaux pour la Nuit

Festival Lumière | À trois mois du lancement de la 10e édition du Festival Lumière, il va falloir s’habituer aux divulgations choisies de la programmation. Lors de la (...)

Vincent Raymond | Mardi 10 juillet 2018

La trilogie du Seigneur des Anneaux pour la Nuit

À trois mois du lancement de la 10e édition du Festival Lumière, il va falloir s’habituer aux divulgations choisies de la programmation. Lors de la présentation en juin dernier, Thierry Frémaux avait annoncé avoir déjà sélectionné le contenu de la traditionnelle Nuit de la Halle Tony-Garnier ; on en connaît la teneur : elle sera pour la première fois uniforme. C’est en effet la Trilogie de Peter Jackson inspirée de Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, qui sera projetée, dans sa version longue (La Communauté de l’Anneau / Les Deux Tours / Le Retour du Roi). Trois mastodontes de fantasy, qui avaient littéralement régné sur le box office de 2001 à 2003 et valu à Peter Jackson une moisson de récompenses lors de la sortie de l’ultime volet de la saga.

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Au nid soit qui mal y pense : "Lady Bird"

Autobiopic | de Greta Gerwig (E-U, 1h34) avec Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts…

Vincent Raymond | Mardi 27 février 2018

Au nid soit qui mal y pense :

Exigeant d’être appelée Lady Bird par son entourage, Christine ambitionne d’étudier à New York. Pour l’heure lycéenne à Sacramento, elle cache ses origines modestes, tendant à se rapprocher de ses condisciples plus populaires et plus huppées. Quitte à trahir ses amis… ou elle-même. Chronique du tournant du siècle, ce portrait d’une ado aspirant à une vie intellectuellement exaltante, hors d’un ordinaire familial qu’elle toise d’un regard systématiquement dépréciatif, s’inspire du passé de la réalisatrice. Quinze ans après les faits, Greta Gerwig les revisite en effet dans la position de celle qui a franchi les obstacles, figurant aujourd’hui parmi une certaine élite branchée du cinéma. Dans la bande de Noah Baumbach (il partage sa vie) et Wes Anderson (elle partage son producteur), frayant quand ça lui chante avec les studios, la comédienne fait ici ses débuts solo de cinéaste. Qui croirait qu’elle a gravité dans une mouvance alternative, a

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Hallucinations collectives fait du 9 (même avec du vieux)

ECRANS | Pâques vous casse les œufs ? Optez pour une alternative certes moins cacaotée, mais enrichie en sensations filmiques : Hallucinations collectives, un (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Hallucinations collectives fait du 9 (même avec du vieux)

Pâques vous casse les œufs ? Optez pour une alternative certes moins cacaotée, mais enrichie en sensations filmiques : Hallucinations collectives, un festival amoureusement moulé à la louche par les comparses de ZoneBis. Creuset des sous-genres d’hier et des formats divergents d’aujourd’hui, ce rendez-vous désormais incontournable est le seul endroit où peuvent se côtoyer sans hypocrisie du trash, de l’avant-garde, du porno, de la poésie — en gros, cette liberté imprimée sur pellicule ou DCP défrisant tant les congestionnés du slip ces derniers temps, qu’ils se précipitent à la barre pour tenter de lui attirer des verges. L’apoplexie les guette cette année avec un zoom consacré à l’ultra prolifique Jesús “Jess” Franco (trois films dont Crimes dans l’extase et Les Inassouvies), une carte blanche à Lucille Hadzihalilovic (plus la projection de son Innocence de 2004), de grandes reprises : l’angoissant Phase IV du génial Saul Bass, histoire de méditer sur la fragilité humaine face aux insectes ; Créatures célestes, pour se rappeler que Peter Ja

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Brooklyn

ECRANS | de John Crowley & Paul Tsan (Irl/G-B/Can, 1h53) avec Saoirse Ronan, Domhnall Gleeson, Emory Cohen…

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Brooklyn

Avec Une éducation, on avait découvert que le cœur de l’auteur britannique Nick Hornby était plus vaste qu’un stade de foot, et que son âme vibrait à d’autres musiques que sa collection de 33t rock. Brooklyn, dont il est à nouveau scénariste, enfonce le clou : il y raconte le parcours semé d’embûches d’une jeune femme s’affranchissant de toutes les tutelles (parentale, religieuse, culturelle…) pour s’accomplir, quitte à faire le deuil d’une partie de son identité. Portrait de femme moderne — dans l’acception du XXe siècle, mais qui pourrait revenir à la mode eu égard au conservatisme ambiant, d’une migrante qui plus est (un sujet brûlant d’actualité), Brooklyn ne s’écarte pas du classicisme attendu. Saoirse Ronan n’est pas à blâmer : elle s’en tient aux limites de son personnage et de ce film plus anecdotique que définitif. Quant à Hornby, espérons pour lui qu’il s’ouvre à d’autres schémas. VR

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Lost River

ECRANS | Après un petit tour en salle de montage, le premier long de Ryan Gosling arrive sur les écrans dans une version sensiblement plus digeste que celle vue à Cannes. Et s’avère un objet singulier, dont la poésie noire se distille au gré de ses fulgurances visuelles. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 7 avril 2015

Lost River

À Cannes, ce premier long métrage de Ryan Gosling nous était tombé des yeux. Le hiatus entre une narration bordélique et l’envie flagrante de copier ses modèles tel un étudiant d’art passant sa journée au Louvre, donnaient à Lost River une dimension à la fois prétentieuse et vaine. À peine pouvait-on décerner à son chef opérateur, le brillant Benoît Debie, un satisfecit pour avoir créé une matière visuelle parfois fulgurante. Probablement refroidi par l’accueil glacial réservé au film, Gosling est donc retourné en salle de montage pour mettre un peu d’ordre dans ce foutoir et enlever dix-sept minutes qui ne manquent pas, loin de là, à la version définitive. On cerne donc enfin son propos qui, à défaut d’être particulièrement novateur, a maintenant le mérite de la clarté : un adolescent, Bones — référence sans doute au bouquin de Russell Banks — traîne dans les ruines industrielles de Detroit à la recherche de tuyaux en cuivre qu’il revend pour se faire un peu d’argent de poche. Sa mère — la rousse Christina Hendricks, échappée de Mad Men — se voit proposer par un patron de club lubrique de devenir danseuse dans un cabaret macabre e

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How I live now

ECRANS | L’éducation sentimentale d’une jeune Américaine névrosée chez ses cousins anglais en pleine Troisième Guerre mondiale : Kevin MacDonald mixe SF réaliste et romantisme sans jamais dégager de point de vue cinématographique sur ce qu’il raconte. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 13 mars 2014

How I live now

Quand l’Américaine Daisy débarque chez ses cousins anglais, c’est d’abord le choc des cultures : d’un côté, une post-ado grunge névrosée — elle entend des voix et souffre d’anorexie — de l’autre, une famille rurale dont la mère, inexplicablement, s’affaire à des questions de politique internationale. Il faut dire que la troisième guerre mondiale menace et que le péril nucléaire plane au-dessus de Londres — Paris, on l’apprend dans un flash télé, a déjà été réduit en cendres. Alors que Daisy s’amourache du solide Eddy et qu’ils folâtrent entre cousins au bord d’une rivière bucolique, le souffle d’une explosion et une pluie de cendres signalent que le conflit a commencé, et que l’heure n’est plus à la rigolade. Ça s’appelle une rupture de ton, et c’est tout le pari d’How I live now : passer presque sans transition du récit d’apprentissage à la SF réaliste, de la romance teen au survival post-apocalyptique. Comment Kevin MacDonald, documentariste brillant — voir son récent Marley — mais cinéaste de fiction balourd — Le Dernier roi d’Écosse, b

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The Grand Budapest Hotel

ECRANS | Avec "The Grand Budapest Hotel", Wes Anderson transporte son cinéma dans l’Europe des années 30, pour un hommage à Stefan Zweig déguisé en comédie euphorique. Un chef-d’œuvre génialement orchestré, aussi allègre qu’empreint d’une sourde inquiétude. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

The Grand Budapest Hotel

The Grand Budapest Hotel, au départ, c’est un livre, lu par une jeune fille blonde sur un banc enneigé de la ville de Lutz, à côté de la statue de son auteur. Ce livre raconte l’histoire du Grand Budapest Hotel telle qu’elle fut rapportée à l’écrivain lors d’un séjour dans ses murs au cours des années 60 par le propriétaire de l’hôtel, Zéro Moustapha. Cette histoire est aussi celle de Mr Gustave, concierge du Grand Budapest du temps de sa splendeur dans les années 30, juste avant le début de la guerre, mentor et ami de Zéro. Le Grand Budapest Hotel était alors un bastion du luxe et du raffinement au cœur de l’Europe, dans la République de Zubrowka. À l’arrivée, The Grand Budapest Hotel est un film de Wes Anderson, autrement dit une pure création : rien de tout cela n’existe, tout a été réinventé par l’imaginaire du cinéaste. Mais ce monde fantaisiste laisse deviner en transparence la véritable Histoire européenne, du temps de ses heures les plus tragiques. Partition virtuose La narration en poupées russes qui lance le film — un récit à l’intérieur d’un récit à l’intérieur d’un récit —, redoublée par les constants changements de raconte

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Le Hobbit : La Désolation de Smaug

ECRANS | Ce deuxième épisode retrouve les défauts d’"Un voyage inattendu", même si Peter Jackson a soigné et densifié en péripéties son spectacle, seul véritable carte dans sa manche pour faire oublier qu’au regard de la première trilogie, ce "Hobbit" fait figure de série télé sur grand écran. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 11 décembre 2013

Le Hobbit : La Désolation de Smaug

Tout d’abord, la sortie de ce deuxième volet du Hobbit donne lieu à une surenchère technologique quant à sa diffusion, si bien qu’entre la 2D, la 3D, l’IMAX, le HFR, le Dolby Atmos et ce truc tellement XXe siècle qu’est la VO, il y a presque autant de versions du film que de cinémas qui le projettent — quoique certains les diffusent toutes, sait-on jamais, faudrait pas perdre un spectateur potentiel et sa carte illimitée.… Cela pourrait être purement anecdotique, mais cela en dit long aussi sur le statut même de cette nouvelle trilogie tirée de Tolkien : elle semble chercher à compenser par de la nouveauté technique son évidente infériorité thématique par rapport au Seigneur des anneaux, comme un petit frère qui voudrait à tout prix se hisser sur les épaules de son aîné. Rien n’y fait pourtant, et même si les efforts de Jackson sont louables pour inverser les carences manifestes d’Un voyage inattendu, La Désolation de Smaug ne tient pas la comparaison avec Les Deux tours, l’opus

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2 guns

ECRANS | De Baltasar Kormákur (ÉU, 1h49) avec Denzel Washington, Mark Wahlberg, Paula Patton…

Christophe Chabert | Mardi 17 septembre 2013

2 guns

Depuis qu’il s’est découvert des vertus comiques au contact de Will Ferrell puis de Seth MacFarlane, Mark Wahlberg semble décider à mettre de la rigolade partout, même lorsqu’il s’agit de jouer les gros durs. Cela fonctionnait plutôt bien dans No pain no gain, renvoyant le personnage à sa bêtise satisfaite ; dans 2 guns, cela conduit le film directement dans un platane, cette comédie d’action adaptée d’une BD se fourvoyant dans les méandres d’un scénario bordélique à souhait, où personne ne prend rien au sérieux, trop occupé à préparer la prochaine punchline. C’est d’autant plus rageant que Wahlberg a fait revenir pour l’occasion son metteur en scène de Contrebande, l’Islandais Balthasar Kormákur, plutôt doué en la matière ou dans d’autres, comme le prouvait son récent Survivre tourné sur ses terres. Ici, il se contente de faire du style, aveuglé par les clichés énormes qu’

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No pain no gain

ECRANS | Le style vulgaire et rutilant de Michael Bay trouve, avec cette farce noire sur trois abrutis bodybuildés engagés dans une crapuleuse révision du rêve américain, un sens nouveau et inattendu. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 4 septembre 2013

No pain no gain

Il y a deux manières de critiquer la connerie au cinéma : la première consiste à se mettre en surplomb pour s’en gausser, en sous-entendant que l’intelligence est évidemment derrière la caméra ; la seconde, plus retorse, cherche à descendre au niveau de cette connerie et d’en épouser la logique, jusqu’à la faire déborder, produisant de fait une distance entre le spectateur et le spectacle. C’est la méthode Verhoeven, dont Harmony Korine a offert une variation remarquable avec son Spring breakers cette année. On n’aurait jamais pensé qu’un jour Michael Bay, ambassadeur du blockbuster décérébré et épileptique, s’inscrirait dans cette lignée-là ; c’est pourtant presque ce qui arrive avec No pain no gain, même si Bay tente aussi, et c’est la limite de son film, de jouer sur les deux tableaux. Inspiré d’un fait-divers à peine croyable, No pain no gain montre comment un pauvre type (Mark Wahlberg), ancien escroc devenu moniteur de body building, va s’associer à deux autres culturistes, u

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Le Monde fantastique d’Oz

ECRANS | La rencontre entre Disney et Sam Raimi autour d’une ingénieuse genèse au "Magicien d’Oz" débouche sur un film schizo, où la déclaration d’amour au cinéma du metteur en scène doit cohabiter avec un discours de croisade post-"Narnia". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 5 mars 2013

Le Monde fantastique d’Oz

En écrivant la semaine dernière que Spring Breakers était une variation autour du Magicien d’Oz où James Franco serait une version gangsta dudit magicien, on ne savait pas encore que celui-ci l’incarnait pour de bon dans cette version signée Sam Raimi. Il faut dire que le titre français est trompeur : il laisse entendre que l’on est face à un remake du classique de Victor Fleming, alors qu’il en écrit en fait la genèse. Il s’agit donc de raconter comment un prestidigitateur minable et très porté sur la gente féminine, qui se rêve en Thomas Edison mais se contente de tours à deux sous dans une roulotte du Kansas, va passer de l’autre côté de l’arc-en-ciel et découvrir le monde d’Oz, ses vilaines sorcières et son chemin de briques jaunes. Sam Raimi rend avant tout un hommage esthétique à l’original : il débute par trente minutes en noir et blanc, son mono et format carré, avant de laisser exploser couleurs, effets sonores et 3D débridée par la suite.

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Le Hobbit : un voyage inattendu

ECRANS | Premier volet d’une nouvelle trilogie adaptée de Tolkien par Peter Jackson, «Le Hobbit» fait figure de longue exposition délayant un matériau moins passionnant que celui du «Seigneur des Anneaux», sauvée dans sa dernière partie par une mise en scène assez virtuose. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 13 décembre 2012

Le Hobbit : un voyage inattendu

À sa sortie, Le Seigneur des anneaux ressemblait à un pari un peu fou : une trilogie tirée de Tolkien par un cinéaste néo-zélandais jusqu’ici connu pour des films gore potaches, s’attaquant à un monument de la contre-culture et de l’héroïc fantasy dont personne ne savait, à l’époque, s’il était capable de dépasser son cercle de fans. Dix ans plus tard, la donne a bien changé : reconnu à la fois par le public, la critique et même par les oscars, Jackson retourne en Terre du milieu avec une nouvelle trilogie en forme de flashback. Littérairement, Bilbo le Hobbit est une œuvre qui préfigure la mythologie du Seigneur des anneaux, écrite des années auparavant, et qui se retrouve, cinématographiquement parlant, dans la situation inverse : une prequel dont on attend qu’elle s’inscrive dans la lignée d’une saga à la mythologie désormais connue de tous, ou presque. Bilbo et les douze nains C’est évidemment là que le bât blesse : en cherchant à donner la même ampleur à ce récit d’aventure reposant sur les principes basiques de la naissance d’un héros selon Joseph Campbell, Jackson en est fatalement réduit à tirer à la ligne. Pa

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Ted

ECRANS | Dans un glorieux mélange de genres, Seth MacFarlane réinvente la comédie romantique en version politiquement incorrecte, par la grâce d’un ours en peluche qui parle, boit, fume, baise et surtout incarne la résistance des années 80 et de leurs excès. Intelligent et hilarant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Dimanche 7 octobre 2012

Ted

Quand il avait huit ans, au début des années 80, John Benett était un gamin de Boston introverti. Un miracle s’est produit : son ours en peluche a soudain pris vie, lui jurant d’être pour toujours son meilleur ami. Aujourd’hui, John Benett (Mark Wahlberg, en pleine reconversion comique) a 35 ans, une bombe atomique en guise de copine (Mila Kunis, sublime, mais là, on n’est plus critique de cinéma) et toujours le fameux Ted collé à ses basques. Comme lui, il a grandi, et désormais il passe ses journées à fumer de la beuh, picoler et traîner devant la télé — quand il n’organise pas des soirées putes à la maison. Cohabitation explosive évidemment : Lorie ne supporte plus les excès de Ted et somme son amoureux de choisir entre elle et ce meilleur ami encombrant. Si Seth MacFarlane, créateur de la série Les Griffin, prête sa voix à Ted, on comprend vite qu’il s’identifie surtout à Benett lui-même : un ado attardé qui refuse d’accepter les responsabilités de l’âge adulte et préfère se réfugier dans l’âge radieux où il regardait en VHS Flash Gordon et lisait des comics. Face à lui, Ted n’est pas seulement un extraordinaire personnage de comédie, sarcastique,

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Jason Bourne : l’héritage

ECRANS | L’odyssée de Jason Bourne (et la patience de Matt Damon) arrivée à son terme, Tony Gilroy se voit confier la mission de relancer la franchise en inventant un récit parallèle. C’est raté sur toute la ligne : bavard, mal raconté, pauvre en action et parfois ridicule, cet héritage ne vaut pas un kopeck. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 18 septembre 2012

Jason Bourne : l’héritage

En s’emparant de la franchise Jason Bourne, dont Doug Liman avait signé le brouillon plaisant avec La Mémoire dans la peau, Paul Greengrass, jusqu’ici connu pour sa passionnante reconstitution du Bloody Sunday irlandais, avait fixé une nouvelle ligne esthétique au blockbuster hollywoodien : caméra à l’épaule nerveuse et frénétique, action épileptique, hyper-réalisme des combats et des poursuites. Le style était si frappant qu’une partie des yes men hollywoodiens ont tenté de l’imiter, jusqu’à l’absurde (Marc Foster dans Quantum of Solace). Greengrass et son acteur Matt Damon ayant tiré un trait définitif sur le super-agent amnésique, le studio devait trouver une solution pour continuer la franchise. Plutôt que de faire un reboot avec un nouveau comédien, les executives se sont un peu creusés les méninges, et ont propulsé Tony Gilroy, déjà scénariste de l'opus précédent et réalisateur de Michael Clayton (bâillement) et

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360

ECRANS | De Fernando Meirelles (Ang-Fr-Aut-Brésil, 1h50) avec Jude Law, Rachel Weisz, Anthony Hopkins...

Jerôme Dittmar | Vendredi 13 juillet 2012

360

Pour mémo : songer à laisser La Ronde au passé, et se contenter de l'adaptation d'Ophüls, jamais dépassée depuis. Malgré le bien qu'on peut penser ici de Fernando Meirelles, lui confier une énième version de la pièce de Schnitzler n'était pas forcément une bonne idée. Sur les traces d'Innaritu, en plus aimable avec ses personnages, 360 tient du Babel de l'amour. Film choral mondialisé, ce tour operator du désir, du sexe et des sentiments voudrait être partout, refaire la lutte des classes, parler famille, raconter l'ironie du destin, résumer l'univers à coup de chassés-croisés lelouchiens. Mais il est nulle part, suivant mollement le petit ordre moral du scénario, affaiblissant ses images d'une adéquation balourde entre son montage et son titre (360, la ronde, le monde, etc.). Meirelles découvre le split screen et bricole. C'est fluide, pas moche, le casting international (de Jude Law à Jamel) fait le job. Sauf que tout est publicitaire, pas finaud, survolé et sans enjeux. Jérôme Dittmar

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Hanna

ECRANS | De Joe Wright (Ang-All-ÉU, 1h57) avec Saoirse Ronan, Eric Bana…

Dorotée Aznar | Mercredi 29 juin 2011

Hanna

Après une introduction relativement originale, voyant une ado entraînée avec une obstination radicale par son paternel en vue d’une obscure mission, plus Hanna abat ses cartes, et plus cet improbable thriller devient limite gênant, pour devenir franchement grotesque lors de sa grande révélation finale. Pour relever l’intérêt, encore eut-il fallu un réalisateur un minimum investi par son sujet ou doué d’un talent certain ; mais avec aux commandes Joe Wright, réalisateur du pompeux Reviens-moi, il ne fallait pas s’attendre à grand-chose, et c’est effectivement ce que l’on obtient : un film dont le plus grand exploit est d’être arrivé à faire mal jouer Cate Blanchettt. FC

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Fighter

ECRANS | Opération retour en grâce pour David O’Russell avec cette chronique de deux frères boxeurs inséparables et pourtant rivaux : un film qui, malgré quelques beaux moments de cinéma, déçoit par son conformisme. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 4 mars 2011

Fighter

On n’en voudra pas à David O’Russell d’avoir cherché à sortir du bourbier dans lequel le fiasco public et critique de "J’♥ Huckabees" l’avait fourré. Opération réussie : avec quelques oscars et un beau score au box-office américain, le cinéaste s’est visiblement remis en selle — il a déjà fini un autre film depuis. "Fighter", projet longuement porté par Darren Aronofsky, n’est pas sans évoquer "The Wrestler" : son esthétique réaliste, son goût du mélodrame et son contexte sportif (la boxe remplaçant le catch), sans parler de la trajectoire de son personnage secondaire, qui va de la déchéance au rachat. Mais les choses s’arrêtent là. Alors que "The Wrestler" s’inventait au plus près de son acteur et ne quittait pas un parti-pris radical dans sa mise en scène, "Fighter" louvoie entre clichés du film à oscars et rares tentatives pour ramener le sujet vers une matière plus personnelle. Les Atrides font de la boxe O’Russell rate à peu près complètement le double parcours de Micky (Wahlberg, plutôt pas mal), dont la carrière de boxeur va de combats foireux en matchs ratés, et de son frère aîné Dicky (Christian Bale, dans un ca

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