Life during wartime

ECRANS | De Todd Solontz (ÉU, 1h38) avec Allison Janney, Ciaran Hinds…

Dorotée Aznar | Vendredi 23 avril 2010

Conçu par son auteur comme une suite à son glauquissime "Happiness", "Life during wartime" récupère quelques-uns de ses personnages clés (en leur donnant ceci dit d'autres interprètes), et sonde les tréfonds de leur état post-traumatique. Todd Solontz ne recrée pas pour autant l'atmosphère hautement malsaine, quasi complaisante de son précédent opus – il est guidé ici par une autre énergie, toute en confrontations dialoguées. Ce qui donne lieu, en dépit d'une mise en scène en retrait, à bon nombre de séquences brillantes, superbement écrites et encore mieux interprétées par un casting impeccable. Portrait en creux d'une Amérique paumée et fissurée, "Life during wartime" s'impose comme un condensé de la filmographie de Solontz, et témoigne de sa maturité exponentielle : le film recoupe les interrogations sur la fiction qui animaient "Storytelling" et "Palindromes", rend tangible la solitude dévorante de ses personnages, lesquels ne sont plus appréhendés avec la condescendance qui pouvait gêner aux entournures dans "Happiness" ou "Bienvenue dans l'âge ingrat". Un peu comme Gaspar Noé dans "Enter the Void", Todd Solontz sort grandi de ne plus considérer ses anti-héros comme de simples outils démonstratifs...

FC

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Figure libre : "Moi, Tonya"

Biopic | De Craig Gillespie (É-U, 2h) avec Margot Robbie, Allison Janney, Sebastian Stan…

Aurélien Martinez | Mardi 20 février 2018

Figure libre :

L’histoire se souvient de Tonya Harding comme de la première patineuse étasunienne à avoir fait un triple axel en compétition : classe. Mais aussi – plus que tout même – pour avoir été mêlée à un scandale quelques jours avant les Jeux olympiques de 1994 à Lillehammer : l'agression de sa rivale Nancy Kerrigan à coups de barre en métal, dont les images filmées après l’attaque (et les « Why ? Why ? Why ? » de Kerrigan) ont fait le tour du monde : moins classe. Tonya Harding est une de ces figures controversées que les États-Unis adorent produire à la chaîne. Une figure à laquelle le cinéaste australien Craig Gillespie vient de consacrer un biopic passionnant, justement parce que ce n’est pas tant un biopic (même si les acteurs et actrices ressemblent parfaitement aux véritables protagonistes) qu’un film sur le rêve américain et, surtout, l’une de ses faces les plus sombres – les blancs pauvres, appelés "white trash", représentés ici de la pire des manières. Du coup, l’agression comme le patinage ne sont presque que secondaires pour Craig Gillespie : il s’attache principalement à montrer une battante qui fait tout pour s

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