Blog : Cannes, Jour 11 : This is the end (photos)

ECRANS | "Soleil trompeur 2" de Nikita Mikhalkov. "Ha ha ha" de Hong Sang-Soo. "Film socialisme" de Jean-Luc Godard. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 mai 2010

 Samedi 22 mai, veille de palmarès, veillée d'armes, remise des prix dans les sections parallèles. C'est la fin, donc. Dimanche retour à Lyon, d'où l'on suivra la cérémonie de clôture sur notre petit écran, avec les commentaires des critiques du "Masque et la plume" en fond sonore. On est assez curieux de voir comment Michel Ciment, éminent rédacteur à "Positif" et grand ami de Thierry Frémaux, va se dépatouiller pour trouver de bons côtés à cette compétition foireuse jusqu'au bout (de nos nerfs), puisqu'elle s'est terminée avec la projection de "Soleil trompeur 2" de Mikhalkov — on y revient dans quelques lignes… Un indice : lors de la conférence de presse de Tender son, le pénible film hongrois de la veille, Ciment posa au réalisateur cette question qui nous a laissé pantois : «Qu'est-ce que vous avez voulu dire avec le chromatisme du film ?». Nous ne sommes donc pas les seuls à finir le festival sur les rotules, même le vaillant Ciment semble carbonisé. Carbonisés, c'est ainsi que finissent les décors de Soleil trompeur 2 de Nikita Mikhalkov. Après une heure trente de somnolences (un grand merci au foutoir de la veille à cause du navet "Hors la loi"), on a préféré s'enfuir, quitte à retenter l'expérience lors de la sortie du film. Mais ce qu'on en a vu faisait penser à une sorte de Michael Bay russe, un blockbuster ruineux, où le pognon a visiblement été dépensé pour construire de gigantesques décors (dont un bout de Mer noire, histoire d'y faire flotter une mine avec deux personnages accrochés dessus ; quand on pense qu'il y a vingt-cinq ans, on avait fait un procès à Polanski pour avoir fait la même chose dans son autrement plus sympathique "Pirates"…). Ces décors somptueux, Mikhalkov les fait ensuite péter les uns après les autres, dans une obscène débauche de moyens et d'effets ratés (plans à la grue, plongées vertigineuses). Par contre, le budget "flashbacks" a été allégé : Mikhalkov repasse des séquences entières du premier volet (la comparaison est cruelle : entre temps, sa mise en scène pastorale a viré à l'emphase boursouflée). Ça avait l'odeur du navet, et on l'a tellement respirée cette année qu'on a préféré garder des forces pour la suite. Mais en sortant, une idée nous a traversé l'esprit. Ce film-là a tout du film officiel russe, et pas seulement parce que Mikhalkov est le puissant patron de l'union des cinéastes de son pays et qu'il est par ailleurs un soutien déclaré de Vladimir Poutine. Cette sensation tient aussi à son sujet, son traitement inflationniste, son désir rapace d'aller conquérir le public international après avoir annexé son territoire d'origine… Et on se rendait compte que des films de ce type, il y en a eu des tas dans cette compétition officielle qui, pour le coup, porte bien son nom. Un homme qui crie (film officiel africain), La Nostra Vita (film officiel berlusconien), Montpensier (film officiel français, avec intervention directe du ministre de la Culture pour boucler son budget), Hors la loi (film officiel algérien, même si budgétairement, le film est surtout français…). Que des daubes académiques, conformes à une certaine idée d'un pays ou d'un continent et à une certaine idée de sa culture dans sa version exportable. Quand les festivaliers cherchaient dans leur mémoire une sélection du même mauvais tonneau, l'année 2003 (celle d'Elephant et de Chéreau président du jury) revenait souvent. Mais on peut aussi se demander si 2010 n'est pas un retour aux années 50, où les pays choisissaient les films qui allaient les représenter en compétition… C'est particulièrement frappant concernant La Nostra Vita, car si on peine à trouver des contre-exemples russes, français ou africains dans les autres sélections, il y avait hors compétition le puissant documentaire de Sabina Guzzanti Draquila comme antidote à cette purge inféodée à l'idéologie actuelle du président du Conseil. Il y a plus de cinéma dans le documentaire de Guzzanti que dans la fiction de Luchetti, et un discours nettement moins officiel, au point d'avoir entraîné des protestations du ministre de la Culture italien. L'Asie fait déjà figure de grande gagnante de ce festival. En compétition, les trois meilleurs films venaient de là-bas (Poetry, Oncle Boonmee et The Housemaid), à la Semaine de la critique, un film vietnamien a remporté deux prix tandis qu'un sud-coréen, Bedevilled, a provoqué un gros buzz chez les amateurs de cinéma de genre (on l'a raté, hélas !). Et c'est encore la Corée du Sud qui a triomphé à Un certain regard. Vu le dernier jour du festival, Ha ha ha, le nouveau Hong Sang-Soo, sorte de Rohmer alcoolisé coréen, a remporté le Grand Prix de cette sélection. Si on aurait préféré voir distinguer l'excellent Mardi après noël, ou même un doublé bras d'honneur Godard / De Oliveira, il faut reconnaître que Ha ha ha n'est pas mal du tout. Hong tourne plus vite que son ombre (son dernier film est encore à l'affiche en France…), et il a une fâcheuse tendance à la paresse dans sa réalisation (Ha ha ha n'échappe pas à la règle, entièrement composé de plans fixes agités par quelques zooms hideux en guise de recadrages !). Mais son nouveau bébé est une comédie astucieuse, formidablement écrite et interprétée par le gratin des comédiens coréens, dont Yun Junghee, l'actrice principale de Poetry, favorite maison pour le prix d'interprétation féminine. Deux amis se retrouvent autour d'un verre (ou plutôt de cinquante verres !) et se racontent, entre deux toasts, leur aventure sentimentale respective. Le film donne la parole alternativement à l'un et à l'autre, mais le spectateur se rend compte qu'au cœur de ces deux histoires se trouve la même femme, une guide historique plutôt paumée affectivement dont le cœur balance entre l'un des protagonistes, et le meilleur ami de l'autre. Comme dans certains Woody Allen, Hong tient jusqu'au bout son concept et le quiproquo qui en découle : les deux ne sauront jamais qu'ils parlent en fait de la même personne… Au-delà de ce tour de force scénaristique, le film arrive à faire rire des situations les plus grinçantes — notamment quand il s'agit de parler de la dépression, d'une séparation ou de mettre en scène une dérouillée à coups de gifles en pleine rue. Ha ha ha, le titre, renvoie d'ailleurs autant au rire franc qu'à celui, gêné, qui conclue souvent les dialogues du film et qui devient, par contagion, celui du spectateur. Ha ha ha permet aussi de tirer une jolie perspective sur ce Cannes 2010. Les scènes où les deux personnages se parlent au présent ne sont pas exactement filmées, mais racontées avec des photos en noir et blanc. Ce n'est pas le premier film vu ici à utiliser le procédé : De Oliveira avait lancé le jeu dans son Étrange cas Angelica, où l'image fixe permettait un accès vers un outre-monde fantastique, comme si le cinéma n'avait d'autre solution que de retourner à son origine photographique pour espérer trouver un second souffle. L'appareil photo est ensuite devenu la grande affaire financière du festival, avec deux films tournés avec un Canon numérique mis en mode «motion picture» (autrement dit, pour le prix d'une année de paquets de clopes) : Rubber de Quentin Dupieux et La Casa muda, surprenant rollercoaster horrifique uruguayen façon Blair Witch, un plan séquence de 79 minutes dans une maison isolée où rode un tueur invisible. Le film, sans être génial, a de la gueule car il croit encore en la mise en scène (pas comme Paranormal activity !) et la fiction. Surtout, en cours de récit, l'héroïne plongée dans le noir se saisit d'un antique Polaroïd et utilise son flash pour éclairer la pièce et voir les monstres qui s'y cachent. L'idée est d'autant plus belle que plus tard, c'est un mur de photos instantanées qui révèlera le pourquoi du comment de cette histoire. Le film s'amuse ainsi à mettre en parallèle sa fabrication et son récit, de la technologie disparue à son dernier-cri révolutionnaire. Passionnant, mais pas autant que la manière dont Weerasethakul fait entrer l'art photographique dans son Oncle Boonmee. L'oncle en question a été photographe amateur. Son fils, revenu d'une longue absence transformé en homme-singe, raconte que le jour de sa disparition, il avait emprunté le matériel de son père et, dans la jungle, avait eu accès à un phénomène invisible que seules ses photos avaient pu capter. Plus tard dans le film, Boonmee raconte un rêve, un voyage dans le futur, mais ce sont des photos d'enfants-soldats riant aux côtés d'un homme dans un costume de singe ridicule qui apparaissent à l'écran. Une référence aux événements toujours en cours en Thaïlande, que le cinéaste se plaît à incorporer sous forme de gag incongru, jouant ainsi malicieusement avec le spectateur. Ce recours général à la photo comme outil, objet artistique ou élément scénaristique, est peut-être un moyen de trancher enfin l'interminable question numérique / pellicule, qui occupe les esprits depuis presque dix ans et l'apparition des caméras DV. Car la photo est avant tout une affaire de cadre, d'instants, de présence et de regard, l'insistance à saisir le monde dans son immédiateté fugace. Peu importe, dès lors, que cette photo soit le fruit d'un patient travail de révélateur (Oliveira, Weerasethakul) ou d'instantanéité (La Casa muda, Ha ha ha ou encore Weerasethakul, qui joue sur les deux tableaux). Dans tous les cas, il dit l'importance de revenir à l'essentiel : l'image juste plutôt que le discours surplombant, écueil majeur de bien des mauvais films vus cette année à Cannes. À ce titre, il faut souligner qu'un des événements du festival, était le Film socialisme de Jean-Luc Godard. Une œuvre difficile, d'autant plus difficile qu'elle ne gagnait pas à être prise en sandwich entre les autres films présentés cette année — à moins qu'au contraire, sa singularité ne lui ait permis d'imprimer durablement la rétine, là où les autres films s'effaçaient assez vite. Godard, à la poursuite depuis cinquante ans de l'image juste, l'a sans doute trouvé dans Film socialisme, mais par des moyens inattendus. Plans majestueux sur une mer d'encre ou images volées avec un portable dans une boîte de nuit, citations d'autres films ou tentative de retour vers un certain classicisme narratif (les premiers raccords dans l'axe de Godard depuis, au moins, Sauve qui peut la vie !) : Film socialisme ressemblait à une maison de cinéma ouverte à tous et à tout, dans laquelle on vient penser le monde à travers le prisme de ce socialisme qui disparaît face à la circulation folle de l'argent. Radicale ? Pas tant que ça, en fait, car Godard semble être descendue de la tour d'Ivoire. Réussie ? Pas toujours, la deuxième partie étant un peu faible. Nécessaire ? Évidemment, car s'y déploie un regard unique, visionnaire, inspiré, drôle et émouvant. Film socialisme survivra à ce festival 2010.

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Palmarès

ECRANS | Palme d’orOncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures d’Apichatpong Weerasethakul Grand PrixDes hommes et des Dieux de Xavier (...)

Christophe Chabert | Mercredi 26 mai 2010

Palmarès

Palme d’orOncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures d’Apichatpong Weerasethakul Grand PrixDes hommes et des Dieux de Xavier Beauvois Prix de la mise en scèneMathieu Amalric pour Tournée Prix d’interprétation masculineJavier Bardem pour Biutiful et Elio Germano pour La Nostra Vita Prix d’interprétation féminineJuliette Binoche pour Copie Conforme Prix du juryUn homme qui crie de Mahamat-Saleh Haroun

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Un Oncle, des vieux et quelques clichés…

ECRANS | Festival de Cannes / En couronnant "Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures", le jury du festival de Cannes a conclu un festival terne par une note positive, provoquant quelques remous imbéciles. Dernier bilan en quatre points. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 26 mai 2010

Un Oncle, des vieux et quelques clichés…

On le disait la semaine dernière : "Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures" d’Apichatpong Weerasethakul était une des rares joies de la compétition cannoise. On ne pensait pas alors que Tim Burton et ses camarades du jury auraient le courage de lui attribuer la Palme d’or — on pensait plutôt à "Poetry" dans le meilleur des cas, à "Another year" dans le pire… Du coup, joie immodérée à l’annonce du palmarès. Non seulement ce choix est mille fois justifié, mais il couronne une œuvre appelée à durer et un cinéaste qui n’a cessé de s’ouvrir au spectateur de films en films. À peine rendue publique, cette Palme a déclenché des réactions qui en disent long sur le délabrement actuel de la presse cinéma. Accusation d’élitisme (venant du "Figaro" ou du "Parisien", c’est-à-dire l’aristocratie de la presse française, il y a de quoi se tordre de rire !), procès pour lenteur arrogante et contemplation vaine… Respect Des cinéastes qui se regardent filmer et des films qui prennent le spectateur de haut, cela ne manquait pas à Cannes cette année ; mais pas "Oncle Boonmee" qui ne demande aucun savoir particulier, aucune réf

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Vaches maigres cannoises

ECRANS | Festival de Cannes / La deuxième partie du festival de Cannes n'a pas plus convaincu que la première avec une compétition faiblarde et des sections parallèles pauvres en découvertes. Du coup, deux cinéastes ont emporté l'adhésion : Lee Chang-dong et Apichatpong Weerasethakul. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Samedi 22 mai 2010

Vaches maigres cannoises

2009 était un cru exceptionnel ; 2010 restera une année faible pour le festival de Cannes. À quelques heures du Palmarès — pour cause de lundi férié et de bouclage avancé, nous ne pouvons le commenter ici — le bilan est sans appel : la compétition n'a pas réservé de chocs égalant Le Ruban blanc ou Un prophète l'an dernier, et on peine à trouver des équivalents aux Inglorious basterds ou Fish Tank de 2009. Pire : certains films présentés relevaient du navet pur et dur, comme le terrible La Nostra Vita de Daniele Luchetti, un téléfilm berlusconien nauséabond, ou l'impossible Hors la loi de Rachid Bouchareb, sans doute le blockbuster français le plus académique depuis Germinal de Claude Berri — à côté, Tavernier paraissait presque moderne, c'est dire ! Dans un registre à peine plus glorieux, l'effarant Biutiful d'Alejandro Gonzalez Iñarritu déballait un obscène bazar doloriste, sulpicien, démagogique et complaisant. Au rayon film d'auteur dont seul l'auteur a le mode d'emploi, Mon bonheur de l'Ukrainien Sergei Loznitza nous a envoyé dans le fossé à force de décrochages narratifs et de références crypté

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Blog : Cannes, jour 10 : Désordres

ECRANS | Hors la loi de Rachid Bouchareb. Tender son de Kornel Mundruczo.

Christophe Chabert | Samedi 22 mai 2010

Blog : Cannes, jour 10 : Désordres

À peine débarqué sur la Croisette aux aurores, on a senti que l’ambiance avait changé. Il faut dire que le nez dans le cinéma, on oublie assez vite que l’actualité continue, et qu’elle finit par rejoindre parfois les films présentés ici. On parle bien sûr de l’affaire Hors la loi qui a entraîné un pénible désordre avec hordes de gendarmes, de CRS et de militaires à chaque coin de rue, fouilles particulièrement musclées à chaque entrée dans le palais, provoquant des queues interminables et quelques retards dans le programme. Déjà crevé par dix jours intenses, ce cirque a eu tendance à mettre les nerfs à vif, et on n’était pas mécontent de rentrer à l’hôtel ce soir — pas de bol, un accident nous a fait mariner pendant une heure avant d’y arriver ! Ça s’appelle la poisse… D’autant plus que le film a fait figure de double peine. Car Hors la loi est (encore !) un navet, achevant de plonger dans le ridicule une compétition déjà lassante de médiocrité. Le scandale, car il y en a un, c’est l’académisme insuppor

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Blog : Cannes jour 9 : Mon oncle de Thaïlande

ECRANS | Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures d’Apichatpong Weerasethakul. Fair game de Doug Liman. Route Irish de Ken Loach.

Christophe Chabert | Vendredi 21 mai 2010

Blog : Cannes jour 9 : Mon oncle de Thaïlande

C'est donc dans la dernière ligne droite du festival que Thierry Frémaux avait caché les meilleurs films de la compétition. Une manière de tester l'endurance du cinéphile, lui faire d'abord traverser une rivière de boue avant de le récompenser par de beaux trésors justifiant enfin de passer dix à douze heures par jour dans les salles obscures. Après le choc Poetry hier, c'est donc l'étonnant Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul qui a offert un film magnifique, un enchantement de cinéma qui, malgré les ronchonnements qui ne manqueront pas sur son compte, devrait trouver sa juste place au palmarès dimanche soir. Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures est à la fois un conte pour enfants, un film trip et une comédie bizarre ; en tout cas, un geste de cinéma d'une grande force, d'autant plus surprenant qu'il vient d'un metteur en scène inscrivant son œuvre dans le réseau de l’art contemporain au sens large. Depuis Tropical malady, Weerasethakul a fait un pas vers le spectateur, faisant

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Blog : Cannes jour 8 : We love Lee

ECRANS | Poetry de Lee Chang-dong. La Nostra vita de Daniele Luchetti.

Christophe Chabert | Jeudi 20 mai 2010

Blog : Cannes jour 8 : We love Lee

Ouf ! Enfin, la voilà, la claque de la compétition, le film que l'on désespérait de voir durant ce festival, celui qui remet les pendules à l'heure et les points sur les i. Poetry de Lee Chang-dong a eu cet effet-là et on serait très fâché après Monsieur Burton et ses camarades du jury si le film n'obtenait pas au minimum la Palme d'or (le prix d'interprétation féminine et celui du scénario sont en option). Le cinéma de Lee, écrivain et éphémère ministre de la culture sud-coréen, a connu une montée en puissance depuis la découverte de Peppermint candy. Secret sunshine faisait déjà figure d'œuvre majeure, mais Poetry le surpasse encore. Madame Mija est une paisible grand-mère qui élève seule son petit-fils ; en sortant de la clinique après une consultation de routine, elle décide sans réelle raison de suivre des cours de poésie. Cette femme simple, souriante et dévouée traversera ensuite une série de drames qui vont entamer sa joie de vivre, mais lui offrir aussi un accomplissement intime dont le film tait pudiquement s'

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Blog : Cannes, jour 7 : Indépendances américaines

ECRANS | Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois. Mon bonheur de Sergei Loznitza. Two gates of sleep d’Alistair Banks Griffin. The Myth of the Americain sleepover de David Robert Mitchell. Blue Valentine de Derek Cianfrance.

Christophe Chabert | Mardi 22 janvier 2013

Blog : Cannes, jour 7 : Indépendances américaines

Ça devient monotone de le répéter quotidiennement mais ça ne s'arrange pas en compétition. Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, troisième film français à concourir pour la Palme, a fait l'effet d'une douche glacée au réveil. Relatant l'enlèvement puis le massacre des Moines de Tibéhirine dans les montagnes de l'Atlas, le film se calque sur le rythme de la vie monastique, multipliant les plans tableaux, les rituels et les cantiques, Beauvois étant autant fasciné par le religieux que par l’humain, abandonnant tout point de vue sur son histoire au profit d'une contestable quête du sacré et du sacrifice au Christ. Cela passe aussi par de longues scènes de dialogue où chaque moine exprime son sentiment sur la situation, ses doutes et sa foi, jusqu'au vote final pour savoir s'il faut partir ou rester. La dialectique voulue est annulée par le côté panel des personnages qui ressemble à une énorme facilité d'écriture. L'académisme du film éclate lors des intrusions des terroristes et de l'armée algérienne, puisque Beauvoi

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Blog : Cannes, jour 6 : Le spectateur brutalisé

ECRANS | La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier. R U There de David Verbeek. Biutiful d’Alejandro Ganzalez Iñarritu. Outrage de Takeshi Kitano.

Christophe Chabert | Mardi 18 mai 2010

Blog : Cannes, jour 6 : Le spectateur brutalisé

24 films, ça commence à être suffisant pour faire un début de bilan. Globalement, Cannes 2010, c'est pas ça. La compétition officielle est décevante, Un certain regard en dessous des attentes, et les meilleurs films sont parfois en séance spéciale (Kaboom, Draquila) ou hors compétition (le Woody Allen, rare film à se bonifier avec le temps). En sortant de La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier, cruel exemple, on se disait que les sélectionneurs n'avaient vraiment pas eu grand chose à se mettre sous la dent pour retenir ce film poussiéreux, qui dissimule mal son académisme pantouflard derrière une caméra en mouvement (mais pourquoi ?) et le renfort d'une jeunesse dont il ne sait quoi faire, laissant toutes les bonnes scènes à Michel Vuillermoz et la morale ronflante au personnage de Lambert Wilson. Catastrophe totale ! Niveau rien du tout, R U There du Hollandais David Verbeek n'était pas mal non plus. Sur le thème déjà saccagé par Hideo Nakata des rapports entre les

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Blog : Cannes, jour 5 Impressions cannoises

ECRANS | Photographies prises lors du Festival de Cannes 2010 par Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Lundi 17 mai 2010

Blog : Cannes, jour 5
Impressions cannoises

La Salle Debussy, où s’affiche en grands les cinéastes de la sélection Le Grand Palais lumière au balcon. Le Marché du film : le stand Filmax, où l’on annonce la prequel et la deuxième sequel de Rec. Les cortèges officiels au moment de la montée des marches Les marches du Palais, au pet

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L'ordre moral cannois

ECRANS | Après l'édition très rock'n'roll de l'an dernier, le festival de Cannes 2010 semble avoir choisi la rigueur pour sa sélection. Du coup, ce sont les films fous et les cinéastes faussement sages qui raflent la mise. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 17 mai 2010

L'ordre moral cannois

"Tout fout l'camp, ma bonne dame et quand on entend c'qu'on entend, on a bien raison de penser c'qu'on pense !" Est-ce l'avis fatigué du critique aux neurones grillés à mi-parcours par le marathon cannois ? Non, tout va bien, merci... Il s'agit plutôt de la rengaine qui se dégage de certains films vus cette année au festival. Un relent moralisateur parcourt pour l'instant la sélection et là où l'on attendait des fictions de crise, on assiste au contraire au triomphe de la pensée vieux con, et ce quel que soit l'âge du capitaine-cinéaste. Exemples : Chatroom d'Hideo Nakata ("Un certain regard"), ou comment transformer les clichés réactionnaires d'Hortefeux sur Internet en film pour parents d'élèves angoissés et singulièrement à côté de la plaque. Pas mal non plus, la lourde leçon de Wang Xiaoshuai dans Chongking blues (Compétition). Pendant que les pères se tuent à la tâche, les enfants vont, ô scandale, faire la fête dans des clubs techno, jouent toute la journée au baby-foot sur les toits et s'expriment avec quatre mots de vocabulaire, les p’tits cons ! Pire : ils ont la mauvaise idée de crever en laissant leurs parents pétris de culpabilité. Dans le

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Blog : Cannes, jour 4 : Vive la fin du monde !

ECRANS | Another year de Mike Leigh. You will meet a tall dark stranger de Woody Allen. Kaboom de Greg Araki.

Christophe Chabert | Dimanche 16 mai 2010

Blog : Cannes, jour 4 : Vive la fin du monde !

Au quatrième jour, on peut le dire : la compétition ronronne. En témoigne le très inutile film tchadien de Mahamat-Saleh Haroun, Un homme qui crie, dont l’argument très lâche n’est pas vraiment aidé par une mise en scène inutilement contemplative et surtout une interprétation au bas mot catastrophique. En revanche, il va falloir se préparer à ferrailler autour d’Another year de Mike Leigh, très bien accueilli et que certains n’hésitent pas à qualifier de chef-d’œuvre. J’ai simplement détesté le film, à presque tous les niveaux. Déjà, Leigh a une fâcheuse tendance à clamer du premier au dernier plan qu’il tourne ici sa grande œuvre, alors qu’elle n’est qu’une asphyxiante démonstration de maîtrise écrasant tout sur son passage, à commencer par ses personnages. Si la réalisation est élégante, la mise en scène est la plupart du temps purement théâtrale : tout passe par le texte et Leigh ne garde au montage que les personnages qui parlent, jamais la réaction de ceux à qui ils s’adressent, ce qui en

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Blog : Cannes, jour 3 : Un regard roumain

ECRANS | "Mardi, après noël" de Radu Muntean. "Aurora" de Cristi Puiu. CC

Christophe Chabert | Samedi 15 mai 2010

Blog : Cannes, jour 3 : Un regard roumain

Ce vendredi aura été quelque peu décevant, surtout en regard des éclats de la veille. Le Wall Street, Money never sleeps d’Oliver Stone s’est effondré aussi vite que la Bourse de New York lors de la crise mondiale, et ce malgré les performances plutôt amusantes de Michael Douglas et de Josh Brolin, l’un reprenant avec une jouissance manifeste son personnage de Gordon Gecko, l’autre traînant dans son sillage son incarnation de W. Bush dans le précédent Stone, conférant ainsi à son rôle de grand méchant une dimension plutôt troublante. Effondrement aussi du côté d’Hideo Nakata ; le réalisateur du beau Dark Water patauge dans la semoule avec Chatroom, qui enfile comme des perles les clichés réacs sur les ados et internet, avant de les souligner par des truismes visuels dignes d’une médiocre série B (la réalité de Chelsea est filmée avec des teintes ternes, alors que les mondes virtuels vomissent de couleurs criardes). On n’est pas loin du nanar, et on se demande vraiment ce que ce

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Blog : Cannes, jour 2 : Une certaine idée de la politique

ECRANS | "Draquila" de Sabrina Guzzanti. "The Housemaid" de Im Sang-Soo. "L’Étrange cas Angelica" de Manoel de Oliveira. CC

Christophe Chabert | Vendredi 14 mai 2010

Blog : Cannes, jour 2 : Une certaine idée de la politique

Après un oubliable film chinois en compétition, "Chongking Blues", les choses se sont accélérés sur la Croisette avec la présentation en séance spéciale sous haute tension (après protestation officielle de l’État italien) du documentaire choc de Sabina Guzzanti "Draquila", qui revient sur le tremblement de terre de L’Aquila, et sur son instrumentalisation par le pouvoir berlusconien. Guzzanti est une sorte de Michael Moore italienne, qui avait déjà frappé dans Viva Zapatero !. Virée de la télévision publique pour avoir ouvertement critiqué le président du Conseil, elle a développé une rancune tenace qu’elle pratique désormais sur grand écran. Draquila commence comme ça : une charge satirique contre Berlusconi, trop content de trouver dans ce tremblement de terre l’occasion de redorer un blason médiatique terni par les scandales sexuels et judiciaires. Il se rend 25 fois sur les lieux, promet monts et merveilles aux sinistrés, organise des téléthons géants qu’il anime lui-même… C’est ridicule bien sûr, mais jusq

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Blog : Cannes, jour 1. Tournée de bienvenue.

ECRANS | Arrivée à Cannes. "Robin des Bois" de Ridley Scott. Tournée de Mathieu Amalric. CC

Christophe Chabert | Jeudi 13 mai 2010

Blog : Cannes, jour 1. Tournée de bienvenue.

Cette année, plus encore que l’année dernière, on a décidé de ne pas chômer. Arrivée, récupération du badge et direction les salles pour voir des films, des films et encore des films. Manière de se motiver face à une sélection qui, sur le papier, a un peu moins de punch que l’an dernier, même si les Sud-coréens en compétition, les Roumains à "Un certain regard" et quelques noms prestigieux (Kitano, Loach, repêché à la dernière minute, Trapero ou Jia Zhang-Ke) sont des motifs suffisants pour se lever le matin et commencer du bon pied le marathon de la journée. Pour ne brusquer aucun festivalier, Cannes a décidé de démarrer avec un film déjà en salles au moment de sa projection officielle et qui, c’est le moins qu’on puisse dire, n’épuise pas vraiment les neurones. On a souvent défendu Ridley Scott dans nos colonnes, notamment quand il touchait les sommets avec "Gladiator" el La" Chute du faucon noir", mais aussi pour des œuvres plus mineures comme "America

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Festival de Cannes : le blog

ECRANS | Dès jeudi 13 mai, retrouvez chaque jour notre blog en direct du festival de Cannes !

Dorotée Aznar | Mercredi 12 mai 2010

Festival de Cannes : le blog

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