Fatal

ECRANS | De et avec Michael Youn (Fr, 1h35) avec Stéphane Rousseau, Fabrice Éboué…

Christophe Chabert | Mercredi 9 juin 2010

Fatal, après Coco et Cyprien, traduit le désarroi du cinéma populaire français quand il tente de gonfler un personnage venu de la scène (ici, du clip) sur grand écran. Le film tient plutôt bien dans ses vingt premières minutes, quand Youn accumule faux clips, fausse émission de télé, fausse cérémonie de récompenses musicales et fausses pubs. Il y a un côté Tonnerre sous les tropiques dans cette entrée en matière qui fait du cinéma sans cinéma, raconte une histoire sans écrire de scénario… C'est justement quand Fatal rentre dans les clous du cinéma mainstream que le film se plante magistralement. Youn se contente de reproduire des schémas archi-éculés, les habillant en piquant à droite à gauche (Talladega nights, Zoolander, ou un épisode de South Park, Le Bruit marron). Du coup, Fatal est un gros pâté graduellement insupportable (mention spéciale au passage dans les Alpes, atroce), dont on ne sait plus s'il se moque des clichés qu'il convoque ou s'il les utilise pour séduire la frange la plus beauf du public.
CC

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Chanteurs/cultes : "Coexister" de Fabrice Eboué

ECRANS | de & avec Fabrice Eboué (Fr, 1h30) avec également Ramzy Bedia, Guillaume De Tonquédec, Audrey Lamy…

Vincent Raymond | Mardi 10 octobre 2017

Chanteurs/cultes :

Directeur de la branche musicale déficitaire d’une multinationale, Nicolas est sommé par sa PDG de produire un succès sous six mois. Au bout du rouleau, il décide de créer un groupe réunissant un prêtre, un rabbin et un (faux) imam chantant le vivre-ensemble et la concorde. Un sacré défi… Alleluia ! À partir de cet improbable argument, qui aurait pu aisément choir dans la comédie flasque et la bienveillance sucrée, Fabrice Eboué a su tirer une authentique satire prenant comme cible non pas les divergences entre les obédiences, mais les hypocrisies — rassemblant fidèles et mécréants. S’appuyant sur un trio excellemment choisi (Tonquédec/Cohen/Bédia, à la fois naturels et caricaturaux), complété par Audrey Lamy convaincante en ingénue-couche-toi-là et Mathilde Seigner plus que réaliste en capitaine d’industrie sans état d’âme, le comédien-réalisateur (dont le personnage ne se donne même plus la peine d’être cynique) repousse les limites de la provocation et du mauvais goût en restant dans les clous — si l’on ose. Jamais blessant, son très plaisant sens du corrosif

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Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

Clubbing | 08.04.16 > LE SUCRE KINK Troisième épisode d'une série à succès : la résidence de Kink au Sucre. Le Bulgare, Strahil Velchev à l'état civil, est l'une des (...)

Sébastien Broquet | Mardi 5 avril 2016

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

08.04.16 > LE SUCRE KINK Troisième épisode d'une série à succès : la résidence de Kink au Sucre. Le Bulgare, Strahil Velchev à l'état civil, est l'une des plus belles apparitions de la scène électronique récente, illustrant le passage à l'Est de la techno. Producteur émérite, il donne des live épatants où son énergie décuple celle des clubbeurs. Encore plus à Lyon, ville où il a beaucoup joué, ayant noué des liens avec la scène régionale et particulièrement le label d'origine stéphanoise Sharivari Records, dont le boss (Mush) partage l'affiche ce soir. Famille. 09.04.16 > TERMINAL PHASE FATALE Dans le cadre de ses soirées Cytochrome, le Terminal poursuit sa quête d'une techno intelligente et différente en conviant le très noir Hayden Payne, guitariste et chanteur du groupe Dream Affair, new-yorkais installé à Berlin où il développe en solo et sous pseudo Phase Fatale un son industriel, noise, jamais déconnecté du dancefloor mais sans concession aucune, que l'on retrouve en plusieurs E

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Le Crocodile du Botswanga

ECRANS | De Lionel Steketee et Fabrice Éboué (Fr, 1h30) avec Thomas Ngijol, Fabrice Éboué…

Christophe Chabert | Mardi 18 février 2014

Le Crocodile du Botswanga

Après Case départ, le tandem Ngijol / Éboué continue son exploration grinçante des rapports entre la France et l’Afrique, cette fois sous un angle contemporain, avec cette dictature dans un pays imaginaire — mais très inspiré de la réalité — tenu d’une main de fer par un président cinglé, Bobo Babimbi. Éboué y incarne un agent de footballeurs sans scrupule qui ramène dans son pays d’origine son petit protégé, que le président aimerait bien voir jouer dans l’équipe nationale du Botswanga. L’entrée en matière est percutante, avec quelques gags vraiment très acides, mais le film se disperse ensuite dans un scénario bordélique où les auteurs semblent vouloir taper sur tout le monde histoire de ne se brouiller avec personne. Du coup, Le Crocodile du Botswanga ne va au bout de rien, peu aidé par une mise en scène qui met très mal en valeur les gags — la chasse au phacochère en est l’exemple le plus criant. Surnage toutefois la prestation, absolument grandiose, de Thomas Ngijol dans le rôle du dictateur. Jusqu’à la dernière image, il s’engage avec une gén

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Hey Jo

MUSIQUES | Ceux qui l'ont connu comme guitariste de ces sacrés showmen pop de Green Olive – irrésistible machine à tubes rangée des bolides en sortie d'une tournée (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2014

Hey Jo

Ceux qui l'ont connu comme guitariste de ces sacrés showmen pop de Green Olive – irrésistible machine à tubes rangée des bolides en sortie d'une tournée américaine et à l'aube de ce qui aurait pu être une jolie petite "carrière" – se souviennent sans doute du premier disque solo de Joseph Merrick, Circus Circus. Où cet Ardéchois, Lyonnais d'adoption, étalait toute sa science de la désinvolture pop et une guirlande d'influences allant d'Elliot Smith à Omar Rodriguez Lopez et John Frusciante.  Rarement on avait entendu type si cool chanter No Cool – preuve sans doute que la désinvolture est parfois le masque de la tension. Dans la foulée, le jeune homme quittait Lyon pour un "vrai métier" à la Capitale – foutue fuite des cerveaux, tiens.  Sauf que le revoilà avec un autre album, Fatalitas, réalisé avec la complicité de Stéphane Garry des excellents Pokett, et qui o

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Thomas Ngijol / Fabrice Éboué

SCENES | Succès surprise sur les écrans de cinéma estivaux, Case départ a montré que Thomas Ngijol et Fabrice Éboué savaient manier avec intelligence l’humour (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 1 septembre 2011

Thomas Ngijol / Fabrice Éboué

Succès surprise sur les écrans de cinéma estivaux, Case départ a montré que Thomas Ngijol et Fabrice Éboué savaient manier avec intelligence l’humour communautaire, y compris pour le retourner contre le communautarisme. Très bons comédiens (tendance stand up), Éboué et Ngijol présenteront cette saison leurs spectacles respectifs (Faites entrer Fabrice Éboué et A block) : drôles, décapants et nécessaires. Fabrice Éboué, mercredi 14 décembre au Transbordeur ; Thomas Ngijol, lundi 12 janvier au Transbordeur

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Case départ

ECRANS | De Thomas Ngijol, Fabrice Eboué et Lionel Steketee (Fr, 1h34) avec Thomas Ngijol, Fabrice Eboué…

Christophe Chabert | Vendredi 1 juillet 2011

Case départ

Avec moins de subtilité mais plus d’efficacité que Joann Sfar, Ngijol et Eboué ont décidé de prendre le racisme à la gorge en s’amusant avec tous les racismes pour en démontrer l’inanité. Case départ raconte comment deux frères que tout oppose (l’un est un modèle d’intégration, l’autre une racaille ratée de banlieue) vont ensemble vivre la situation de leurs ancêtres, esclaves antillais. Le début, pas forcément drôle mais très caustique, est prometteur : les clichés y sont systématiquement retournés sans démagogie, et le film ose faire sans ambage des deux personnages de gros crétins égoïstes. Par la suite, quelques saillies font mouche (les deux scènes avec le marchand juif, quelques réparties de Ngijol et, plus globalement, une prestation convaincante d’Eboué). Mais le film manque sérieusement de rigueur dans son écriture et sa mise en scène, et dès qu’il s’agit de lier les gags entre eux, il n’y a pour ainsi dire plus personne. Dommage, car Case départ avait manifestement l’ambition de sortir du comique franchouillard et éculé. Christophe Chabert

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Lucky Luke

ECRANS | De James Huth (Fr, 1h44) avec Jean Dujardin, Michael Youn, Melvil Poupaud, Alexandra Lamy…

Dorotée Aznar | Vendredi 16 octobre 2009

Lucky Luke

Seule l’Italie a su déterritorialiser le western en préférant le baroque au respect des traditions. Mais on se souviendra que ces relectures transalpines ont aussi méchamment viré à la parodie : ce fût l’heure de gloire des Trinita avec Terence Hill. Ce dernier, justement, signait en 1991 une première adaptation de Lucky Luke. Si James Huth et Dujardin font mine de l’avoir oublié, leur horizon est pourtant semblable. Rien à attendre donc de cette nouvelle version. Par vague fidélité au matériau d’origine, le film ressert une soupe parodique indigeste, hystérique et lourdingue. Acteurs en roue libre, récit chaotique aux enjeux flous, seule la mise en scène dévoile quelques fulgurances. Entre Jan Kounen et Jean-Marie Poiré, ce Lucky Luke tient de l’ovni volant à très basse altitude. JD

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