Chatroom

ECRANS | D’Hideo Nakata (Ang, 1h37) avec Aaron Johnson, Imogen Poots, Hannah Murray…

Christophe Chabert | Mercredi 7 juillet 2010

La fascination du cinéma pour les univers virtuels semble devenir un vrai piège dès que celui-ci se met au défi d'en faire un sujet. C'est l'impasse dans laquelle s'est engouffré Hideo Nakata avec cette production anglaise tournée avec une partie du casting de "Skins". Dès l'ouverture où le cinéaste matérialise à l'écran l'espace virtuel de la discussion on line entre un groupe d'adolescents (la chatroom du titre), ça sent le cramé : entre les poncifs (les ados sont mal dans leur peau, c'est pour ça qu'ils vont sur internet) et la pauvreté du dispositif (l'espace virtuel est coloré, la réalité est toute grise), le film sonne faux. Plus il avance, plus il s'avère en plus incroyablement moralisateur : le web, pour Nakata, n'est qu'un déversoir à pulsions destructrices, perversions, violences en tout genre, et c'est bien sûr en reprenant pied dans le réel que l'on peut retrouver les vraies valeurs humaines. Brice Hortefeux, sors de ce corps immédiatement et rends-nous le réalisateur de "Dark Water" !
CC

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Restez chez vous, finalement : "Vivarium"

Science-Fiction | Un jeune couple pris au piège dans une maison-témoin diabolique doit élever jusqu’à l’âge adulte un bébé tyrannique comme tombé du ciel. Une fable de circonstances, entre "Le Prisonnier", "La Malédiction" et le mythe de Sisyphe. En VOD.

Vincent Raymond | Vendredi 29 mai 2020

Restez chez vous, finalement :

En quête d’une maison, Gemma et Tom suivent un étrange agent immobilier dans un non moins bizarre lotissement, Yonder, fait de résidences identiques et désert. Prisonniers de ce cadre cauchemardesque, ils seront délivrés (leur promet-on) s’ils élèvent un bébé reçu dans un carton… Voici un le parfait film à regarder sur un divan… et à déconseiller aux tourtereaux en âge de convoler ou de concevoir des projets de descendance ! Riche de ses lectures métaphoriques et psychanalytiques évidentes, ce conte fantastique — qu’on aurait bien vu signé par Ben Weathley —, raconte dans un décor empruntant autant à Magritte qu’à Hopper comment l’enfant prend sa place dans un foyer, excluant l’un des parents (bonjour l’Œdipe !), puis finit par remplacer les deux dans la société en les “tuant“, reproduisant ainsi un cycle immuable… La fable est cruelle, l’illustration aussi brillante que plastiquement réussie dans ce qu’elle donne à voir du monde “suburbien“ idéalisée empli de petites maisons identiques — les “Sam Suffit“ ayant fait florès avec les Trente Glorieuses. Un monde de la standardisation aux couleurs pastel écœurantes à fo

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Cellule familiale : "Mobile Homes"

Home/road movie | de Vladimir de Fontenay (Can-Fr, 1h41) avec Imogen Poots, Callum Turner, Callum Keith Rennie…

Vincent Raymond | Mardi 3 avril 2018

Cellule familiale :

Ali partage avec Evan une vie nomade faite de petits trafics, se servant au besoin de Bone son garçonnet. Après un ultime plan foireux, Ali et Bone se réfugient dans un mobile home qui justement est déplacé par Bob, son constructeur. L’espoir pour eux de refaire leur vie ailleurs… En s’attardant sur les coulisses des combines d’Evan (combats de coqs, vente de poudre, effractions, etc…) et en insistant sur la déréliction de Bone, ce premier film prend un peu trop de temps à en venir au fait : l’espoir d’une reconstruction pour la mère et le fils dans un environnement sécurisant et stable — quel paradoxe pour un village de mobile homes. On suppose que Vladimir de Fontenay, qui développe ici la trame d’un de ses courts-métrages, a eu du mal à sacrifier l’ambiance canaille du début : la violence interlope et nocturne s’avère toujours séduisante à l’écran. Mais le cocon blanc des mobile homes, havre en chantier ne manque pas non plus d’atouts. D’autant plus qu’il constitue un apaisant contrepoint visuel. Mention spéciale pour finir

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Green Room : no future

ECRANS | Un groupe punk à la dérive vérifie à ses dépens la réalité du slogan No Future en se produisant devant un public de fachos. S’ensuit un huis clos surprenant, avec larsen et acouphènes modulés par Jeremy Saulnier. Prix du Petit Bulletin lors du dernier festival Hallucinations Collectives.

Vincent Raymond | Mardi 26 avril 2016

Green Room : no future

On le sait depuis Psychose d’Hitchcock : les films qui bifurquent sans crier gare dans l’hémoglobine méritent toujours qu’on consente un détour en leur direction. Faisant mine de nous emmener dans des contrées connues, ils se plaisent à nous projeter au milieu d’un ailleurs terrifiant confinant parfois au nulle part — cette terra incognita cinématographique qui se réduit comme une peau de chagrin. Green Room appartient à cette race bénie d’œuvres maléfiques se payant même le luxe de changer plusieurs fois de directions. Conservant le spectateur pantelant, dans un état d’incertitude en accord avec l’intranquillité seyant à des personnages de survival. Et ourlant ses massacres de ponts rock (ou plutôt punk) du plus bel effet. Haches tendres et battes de bois Partant d’un chaos dérisoire, de la situation minable d’un groupe tirant le diable par la queue, Green Room semble brandir l’étendard d’une comédie ingénue, laissant entrevoir de fines plaisanteries sur les musiciens à cheveux gras, leur combi pourri ou les parquets en bois norvégien. On s’attend à une succession de mésaventures anecdotiques — tendanc

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Nowhere boy

ECRANS | De Sam Taylor-Wood (Ang, 1h38) avec Aaron Johnson, Kristin Scott-Thomas…

Christophe Chabert | Mercredi 1 décembre 2010

Nowhere boy

Que nous apprend "Nowhere boy" sur la jeunesse de John Lennon ? Rien d’inexact, au demeurant : il découvre que sa mère, qu’il pensait partie vivre très loin, habitait en fait à quelques pas de chez sa tante devenue sa tutrice ; il était rebelle à toute forme d’autorité ; MacCartney, sage et réfléchi, était son antithèse ; et les Beatles sont nés presque par accident, d’une bande de gamins glandant dans le même quartier. Mais, comme dans tout (mauvais) biopic, Sam Taylor-Wood fait de cette collection de faits une petite machine explicative et psychologique qui bannit le hasard, la liberté et in fine, le mystère de la création artistique et de la naissance d’un artiste. Explorer des fêlures, créer de l’identification, sublimer les traumas ; "Nowhere boy" est un travail de psy, pas une œuvre de cinéaste. CC

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Kick-ass

ECRANS | En cherchant à désacraliser la mythologie des super-héros et la fascination qu’elle inspire, Matthew Vaughn s’emmêle les pinceaux entre parodie et sérieux, stylisation fun et violence hard. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 16 avril 2010

Kick-ass

Dave Lisewski est un geek ordinaire : puceau, introverti et rudoyé par les bullies du quartier. Lassé de n’être à peu près rien aux yeux du monde, il se dit qu’après tout, il pourrait devenir un super-héros digne des comics qu’il vénère. Il achète donc un costume grotesque et descend faire régner la justice dans les rues sous le nom de Kick-ass. C’est d’abord un échec cuisant — il finit à l’hosto fracturé de partout — avant que la magie de Youtube et de Myspace (gros placement produit niveau nouvelles technologies !) ne lui permette de devenir une star du web… sur un malentendu bien sûr. Jusqu’ici, "Kick-ass", le nouveau film de Matthew Vaughn, co-scénariste des premiers Guy Ritchie et réalisateur du plaisant "Layer’s cake", s’en tient à son programme de teen movie post-"Apatow". Puis, il fait débarquer dans le récit deux personnages franchement inquiétants : un père (Nicolas Cage, qui prolonge son come-back déjanté amorcé dans "Bad lieutenant") et sa fille de onze ans, adeptes des armes et de la justice personnelle. La première scène montre le papa tirant à bout portant sur sa progéniture pour tester un gilet pare-balles. L’humour très noir de la situation ne cache pas la viole

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