Repo men

ECRANS | De Miguel Sapochnik (ÉU, 1h51) avec Jude Law, Forest Whitaker…

Dorotée Aznar | Jeudi 8 juillet 2010

Cherchons, si vous le voulez bien, où se cache l'originalité dans ce pudding commercial indigeste. Dans son pitch (une compagnie spécialisée dans les coûteuses transplantations d'organes récupère l'objet des opérations chez les mauvais payeurs encore vivants) ? Nope, il est honteusement pompé au déjà très mauvais "Repo ! The Genetic Opera". Dans sa représentation d'un futur proche ? Non plus, c'est un mix entre ceux de "Clones" et des "Fils de l'Homme". Dans ses scènes d'action ? Naaaaan, tout vient du cinéma asiatique, en moins bien. Ah, je sais, son twist final ! Ah flute, c'est une copulation forcée des fins de "Brazil" et d'"Ouvre les yeux". La coupe de cheveux de Jude Law ? Putain, ça y est, on a trouvé !
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La Voie de l’ennemi

ECRANS | De Rachid Bouchareb (Fr-ÉU, 1h58) avec Forest Whitaker, Harvey Keitel, Brenda Blethyn…

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

La Voie de l’ennemi

Remake contemporain de Deux hommes dans la ville de José Giovanni, La Voie de l’ennemi remplace la ville française par un désert américain à la frontière mexicaine et ne s’intéresse qu’à un homme sur deux, un prisonnier condamné pour le meurtre d’un marshall qui, à sa libération, tente de retrouver le droit chemin guidé par sa conversion à la religion musulmane. Mais, dans ce sud de l’Amérique frileux, entre lutte contre l’immigration clandestine, économie mafieuse et trauma post-11 septembre où l’Islam est le nouvel ennemi d’une nation en guerre, le criminel repenti devient suspect désigné d’un shérif rancunier. Bouchareb avance donc sa thèse avec une lourdeur éléphantesque et un académisme plombant où chaque scène est annexée au propos développé, laissant de côté toute tension dramatique. Le cinéaste n’a par ailleurs aucun sens du contre-emploi, les acteurs venant faire peu ou prou ce qu’on attend d'eux — Whitaker joue la victime, Keitel le flic obsédé, Blethyn la bonne âme désarçonnée, Guzman le méchant latino… On se croirait face à un vieux téléfilm rempli de clichés et de chromos sur une Amérique que Bouchareb investit pour mieux lui cracher son ve

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The Grand Budapest Hotel

ECRANS | Avec "The Grand Budapest Hotel", Wes Anderson transporte son cinéma dans l’Europe des années 30, pour un hommage à Stefan Zweig déguisé en comédie euphorique. Un chef-d’œuvre génialement orchestré, aussi allègre qu’empreint d’une sourde inquiétude. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

The Grand Budapest Hotel

The Grand Budapest Hotel, au départ, c’est un livre, lu par une jeune fille blonde sur un banc enneigé de la ville de Lutz, à côté de la statue de son auteur. Ce livre raconte l’histoire du Grand Budapest Hotel telle qu’elle fut rapportée à l’écrivain lors d’un séjour dans ses murs au cours des années 60 par le propriétaire de l’hôtel, Zéro Moustapha. Cette histoire est aussi celle de Mr Gustave, concierge du Grand Budapest du temps de sa splendeur dans les années 30, juste avant le début de la guerre, mentor et ami de Zéro. Le Grand Budapest Hotel était alors un bastion du luxe et du raffinement au cœur de l’Europe, dans la République de Zubrowka. À l’arrivée, The Grand Budapest Hotel est un film de Wes Anderson, autrement dit une pure création : rien de tout cela n’existe, tout a été réinventé par l’imaginaire du cinéaste. Mais ce monde fantaisiste laisse deviner en transparence la véritable Histoire européenne, du temps de ses heures les plus tragiques. Partition virtuose La narration en poupées russes qui lance le film — un récit à l’intérieur d’un récit à l’intérieur d’un récit —, redoublée par les constants changements de raconte

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Effets secondaires

ECRANS | Dans l’étourdissant sprint de sa prétendue fin de carrière, Steven Soderbergh marque le pas avec ce thriller psy qui ne retrouve que partiellement le charme de ses dernières réalisations, un peu écrasé par un script qui ne laisse que peu de place aux expérimentations de la mise en scène. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Dimanche 7 avril 2013

Effets secondaires

Pourquoi, depuis Contagion, le cas Soderbergh s’est-il remis à nous intéresser, au point d’en faire un des cinéastes majeurs de ces dernières années ? Pas seulement parce que le bougre, pas à un paradoxe près, tournait à une vitesse folle des films qui affichaient un appétit de cinéma dément, tout en clamant à qui voulait l’entendre qu’il allait mettre fin à sa carrière. Aussi parce que Soderbergh semblait avoir trouvé ce qu’il cherchait depuis longtemps : une remise systématique sur le métier de son rôle de metteur en scène, cherchant à chaque nouvelle œuvre une forme différente pour enrichir des scripts souvent maigres, répondant à des codes dont il prenait soin de s’écarter. Du flux d’images mondialisées de Contagion au grand écart entre la chronique réaliste et le pur film chorégraphique de Magic Mike, en passant par les combats en temps réel et en plans larges de Piégée, c’était toujou

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360

ECRANS | De Fernando Meirelles (Ang-Fr-Aut-Brésil, 1h50) avec Jude Law, Rachel Weisz, Anthony Hopkins...

Jerôme Dittmar | Vendredi 13 juillet 2012

360

Pour mémo : songer à laisser La Ronde au passé, et se contenter de l'adaptation d'Ophüls, jamais dépassée depuis. Malgré le bien qu'on peut penser ici de Fernando Meirelles, lui confier une énième version de la pièce de Schnitzler n'était pas forcément une bonne idée. Sur les traces d'Innaritu, en plus aimable avec ses personnages, 360 tient du Babel de l'amour. Film choral mondialisé, ce tour operator du désir, du sexe et des sentiments voudrait être partout, refaire la lutte des classes, parler famille, raconter l'ironie du destin, résumer l'univers à coup de chassés-croisés lelouchiens. Mais il est nulle part, suivant mollement le petit ordre moral du scénario, affaiblissant ses images d'une adéquation balourde entre son montage et son titre (360, la ronde, le monde, etc.). Meirelles découvre le split screen et bricole. C'est fluide, pas moche, le casting international (de Jude Law à Jamel) fait le job. Sauf que tout est publicitaire, pas finaud, survolé et sans enjeux. Jérôme Dittmar

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Contagion

ECRANS | Un virus mortel se répand sur la surface de la planète, provoquant paranoïa, actes de bravoure et moments de lâcheté. Dans une mise en scène à l’objectivité scrupuleuse, Steven Soderbergh signe un thriller inquiétant et implacable. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 3 novembre 2011

Contagion

Contagion commence au «jour 2» de la maladie, par une scène anodine. Une executive woman de retour d’Asie prend un verre dans un aéroport avant de retrouver le foyer familial. Elle est le patient zéro d’un nouveau virus, fulgurant et mortel, et elle l’a déjà répandu à Hong-Kong, en Chine, à Chicago… Steven Soderbergh ne cache rien du désastre à venir : en quelques inserts sur des poignées de portes, des cacahuètes, un verre, il isole déjà tous les vecteurs de la contagion. Et rajoute un détail troublant : la jeune femme est aussi adultère. On craint un temps la concomitance des deux événements : le virus comme une expiation de cette "faute". Fausse piste : dans Contagion, tous les dogmes sont mis à mal par l'effroi qui s’empare des populations. Pour faire ressentir cet effroi, il fallait un vrai coup de force narratif : le patient zéro, pourtant interprété par une actrice célèbre, décède dans les dix premières minutes. Le spectateur sait alors que rien ne viendra le rassurer et sûrement pas les grands principes hollywoodiens. Tous les personnages, à tout moment, peuvent y passer. Un film de peur(s) Fort de cette angoisse-là, Soderberg

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Sherlock Holmes

ECRANS | De Guy Ritchie (ÉU-Ang, 2h08) avec Robert Downey Jr, Jude Law…

Christophe Chabert | Jeudi 28 janvier 2010

Sherlock Holmes

Alléchant sur le papier, décevant à l’arrivée, ce "Sherlock Holmes" relooké par Guy Ritchie souffre, de la première à la dernière image, d’un trop-plein fatigant. Ça ne part pas mal, pourtant, Ritchie ayant la bonne idée de s’inspirer d’"Iron Man" pour construire autour des ambivalences de son acteur (c’est le même : Robert Downey Jr) une vision nouvelle du personnage. C’est l’homosexualité latente et la jalousie patente entre Holmes et le Docteur Watson qui attirent surtout l’attention. Deux vieux garçons qui vivent ensemble, une fille au milieu, et en avant pour un marivaudage sans conséquence mais plutôt bien vu. Problème : le film est aussi un blockbuster et nous embarque dans un scénario compliqué plus que complexe, mélangeant dans un sacré foutoir surnaturel et théories du complot. Ritchie en rajoute dans le montage épileptique, l’action surdécoupée, les explosions massives et les effets spéciaux filmés pour eux-mêmes. Pas de bol : Cameron et son "Avatar" sont passés par là, et ont rappelé que la mise en scène, c’est d’abord de l’espace et de la durée, pas une centrifugeuse à images. Du coup, ce "Sherlock Holmes" paraît déjà un peu daté… CC

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