Cellule 211

ECRANS | De Daniel Monzón (Esp, 1h45) avec Alberto Amman, Luis Tosar…

Christophe Chabert | Dimanche 11 juillet 2010

La veille de son entrée en fonction dans une prison de haute sécurité, Juan, jeune maton idéaliste, a carrément la scoumoune ! Assommé accidentellement dans la partie en travaux de la prison, il est ensuite pris au milieu d'une émeute de détenus. Comme il est encore en civil, il se fait passer pour un prisonnier et tente de contrôler de l'intérieur l'insurrection en fraternisant avec Malamadre, brute psychopathe ayant pris la tête des émeutiers. Gros succès au box-office espagnol, "Cellule 211", même s'il dénonce au passage les violences carcérales et la corruption étatique, est avant tout une série B à vocation divertissante. Le scénario, bien fichu, rappelle celui d'"Assaut" de John Carpenter, notamment quand Juan finit par faire cause commune avec les détenus contre l'arbitraire de la hiérarchie à l'intérieur de la prison. Le film arrive même à incorporer à sa petite mécanique de thriller quelques notations étonnantes, comme ces terroristes de l'ETA transformés en monnaie d'échange politique auprès du pouvoir. Monzón n'hésite pas à foncer tête baissée dans la violence désespérée, quitte à forcer le trait quand ça l'arrange. Le casting est un festival de gueules cassées, sauf Juan qui a une tronche de jeune premier (ce qui attire quand même quelques soupçons…), et les flashbacks le montrant avec sa copine enceinte en rajoutent dans le sentimentalisme. Qu'importe ce manque de finesse généralisée : en plein été, ce film de prison bourrin et efficace est tout à fait recommandable.
CC

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Reflets du cinéma Ibérique et latino-américain : ¡ Hasta siempre el cine !

Festival | En carence de culture ibérique et sud-américaine ? Dites 33, comme la 33e édition des Reflets du cinéma Ibérique et latino-américain. Un traitement de choc à base de saveurs épicées, à l’horizon sensitif infini.

Julien Homère | Mardi 14 mars 2017

Reflets du cinéma Ibérique et latino-américain : ¡ Hasta siempre el cine !

Jouissant d’œuvres inédites en France et d’avant-premières prestigieuses, le festival millésime 2017 s’ouvrira sur La Colère d’un homme patient, un polar de Raul Arévalo, éclaboussant les premiers chanceux de sa récente pluie de Goya. Dans le même registre, Cent ans de pardon brillera par la présence du prolifique Luis Tosar. Beaucoup de films ne viendront pas seuls : les rencontres constituent en effet l’un des atouts majeurs des Reflets. En guise d’échanges, la brésilienne Eliane Caffé et le chilien Georgi Lazarevski parleront de leurs documentaires respectifs que sont Era o Hotel Cambridge et Zona franca sur le désarroi de la classe ouvrière. Côté fiction, Adrian Saba et Fernando Guzzoni offriront deux drames juvéniles sur fond de critique sociale : le thriller péruvien El sonador et l’anxiogène Jesus. Les sensations cannoises de l’année passée auront une seconde vie, à l’image d’

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"Ma Ma" : un grand rôle pour Penélope Cruz

ECRANS | Avec sa construction sophistiquée et son interprétation épurée, cette chronique d’un combat contre l’injustice de la maladie signe le retour du grand Julio Medem. Elle offre en sus un vrai rôle à Penélope Cruz, qui malgré son abondante filmographie, n’en a guère endossé.

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

Présentée en primeur lors des derniers Reflets du cinéma ibérique et latino-américain, la nouvelle réalisation de l’auteur des Amants du Cercle polaire aborde avec un tact et une grâce remarquables l’un des pires casse-museaux du cinéma : le cancer. Un sujet dont certains s’emparent à des fins d’exorcisme personnel ou de témoignage, dans des tire-larmes indignes où les interprètes se livrent à des simagrées stratosphériques pour contrefaire la maladie. Ce n’est pas le cas de Penélope Cruz qui, dans Ma Ma, apparaît sobre comme on ne l’a plus vue depuis des lustres. Incarnant une femme au chômage, abandonnée par son mari, touchée à un sein, subissant une chimio et ses effets secondaires, une mastectomie, puis une récidive alors qu’elle a retrouvé l’amour — avouez que le tableau est complet —, la comédienne vise autre chose qu’une performance outrancière adossée à une déchéance physique. Magda, son personnage, s

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Eva

ECRANS | De Kike Maíllo (Esp, 1h37) avec Daniel Brühl, Marta Etura, Alberto Ammann...

Jerôme Dittmar | Vendredi 16 mars 2012

Eva

Premier long métrage héroïque et multi-primé de l'Espagnol Kike Maíllo, Eva mise gros. Ambitieux sur le papier, ce court récit de science fiction à la lisière d'AI, Asimov, Dick et Tezuka (Astro), voudrait ressusciter la figure abyssale de l'enfant robot. Dernier héritier en date de Pinocchio transporté dans un futur proche, Eva ne manque pas d'intentions, ni de moyens, afin d'illustrer les tourments d'un Gepetto revenu sur ses terres natales pour créer le bambin idéal. Pourtant la machine coince. À cheval entre onirisme assumé et environnement à la technologie réaliste, le film balise tout, justifiant le moindre détail d'un commentaire intelligent ultra didactique. Tout est trop réfléchi, ou pas assez, et pire, Maíllo évite son sujet en s'égarant longuement sur une banale histoire d'amour à trois. La tragédie sentimentale tente in extremis de rattacher les wagons de la fable futuriste sondeuse d'humanité. Trop tard. Quand on filme avec un manuel, encore faut-il savoir le lire.Jérôme Dittmar

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