Dernier étage, gauche, gauche

ECRANS | D’Angelo Cianci (Fr, 1h33) avec Hyppolite Girardot, Fellag…

Christophe Chabert | Mercredi 10 novembre 2010

Une barre HLM, un ado qui s'enferme dans un des appartements avec son père et un huissier venu les expulser, des policiers et un préfet tentant de le ramener à la raison ; les ingrédients d'un «drame de la banlieue» pontifiant et naturaliste sont là. Mais Angelo Cianci choisit de prendre tout ça à rebours et lorgne vers la comédie italienne pour offrir un regard différent sur un sujet d'actualité. Comédie italienne, cela veut dire mélange de légèreté et de sérieux, mais aussi ambition formelle, et la mise en scène est largement à la hauteur du challenge : scope judicieusement utilisé, belle photo, énergie constante des acteurs et de la caméra. Seul le scénario peine à suivre : des personnages sont sacrifiés (la femme de l'huissier jouée par Judith Henry ou la fliquette compréhensive), certaines séquences s'étirent ou se répètent un peu trop… Le film semble louper son format, à la fois trop long et trop court, mais témoigne en tout cas d'un talent de cinéaste à suivre.
CC

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Carte blanche à Fellag

Nuits de Fourvière | Actuellement sur la scène du Théâtre antique de Fourvière, Fellag s’octroie une respiration cinématographique au Comœdia où il vient présenter deux films qui (...)

Vincent Raymond | Mardi 27 juin 2017

Carte blanche à Fellag

Actuellement sur la scène du Théâtre antique de Fourvière, Fellag s’octroie une respiration cinématographique au Comœdia où il vient présenter deux films qui lui sont chers. D’abord, Le Gone du Châaba (1998), dans lequel il joua, en présence de l’auteur de ce roman autobiographique, Azouz Begag, ainsi que du réalisateur, l’excellent Christophe “découvreur-de-talents” Ruggia. Ensuite, cet hymne à la salle obscure qu’est Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore, lequel pourrait bien faire le déplacement pour l’occasion. Carte blanche à Fellag Au Comœdia les samedi 1er et dimanche 2 juillet à 11h15 à 19h30

Continuer à lire

"Bled Runner" aux Nuits de Fourvière : Fellag indépendant !

Humour | Avec ce spectacle en forme de florilège des précédents, l'humoriste algérien prouve qu'il n'a rien perdu de sa superbe.

Nadja Pobel | Mardi 20 juin 2017

C'est l'histoire d'un spectacle recomposé à partir d’anciens. Mais ce n'est pas une facilité, plutôt un constat : la réalité accrédite malheureusement ce que Fellag livre depuis plus de vingt ans dans ses seul-en-scène. Dans Bled Runner, il y a cette scène d'un attentat à la valise piégée, écrite pour Petits chocs des civilisations en 2011 : on jurerait que c’est plus récent... En remontant à son enfance dans les années 1950, l'Algérois trace ainsi, l'air de rien, une histoire française sur ce sujet encore si crispant, comme l'attestent les vives réactions ayant fait suite aux propos d'Emmanuel Macron, alors en campagne, qualifiant cette colonisation de crime contre l'humanité. Fellag choisit le terrain du saltimbanque, évoque les femmes « qui sentent l'huile d'olive et la menthe » et se moque du ramadan « qui rend livide et agressif » sans que jamais ce ne soit un potentiel sujet de discorde. Au contraire : il fait œuvre de pacification, grâce à une forme d'humour et surtout de tendresse pour ces deux pays qui sont les siens. La langue est au cœur de son propos. Celles qu'il a app

Continuer à lire

Fellag, invité d'honneur aux Nuits de Fourvière 2017

Nuits de Fourvière | Bilan positif pour les Nuits de Fourvière, malgré une fréquentation en baisse : 136 000 spectateurs se sont déplacés pour cette édition 2016, il est vrai perturbée (...)

Sébastien Broquet | Lundi 15 août 2016

Fellag, invité d'honneur aux Nuits de Fourvière 2017

Bilan positif pour les Nuits de Fourvière, malgré une fréquentation en baisse : 136 000 spectateurs se sont déplacés pour cette édition 2016, il est vrai perturbée plusieurs fois par la pluie (voire le déluge, lors de l'Éclat Final en compagnie de Celso Piña et Danyel Waro). Côté artistique, c'est une réussite : de la création autour de Moondog au cirque débridé des frères Forman, en passant par les émouvants et toujours aussi classe Tindersticks, ou encore la très réussie

Continuer à lire

Aimer, boire et chanter

ECRANS | Pour sa troisième adaptation d’Alan Ayckbourn et, donc, son tout dernier film, Alain Resnais choisit de laisser en sourdine ses ruminations crépusculaires pour une comédie qui célèbre la vie et la vieillesse, les artifices du théâtre et la force du cinéma. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 mars 2014

Aimer, boire et chanter

Dans Aimer, boire et chanter il y a, comme dans tous les films d’Alain Resnais un dispositif formel fort et très visible. Trop ? C’est ce que l’on pense lors des premières séquences, où le choix de toiles peintes découpées en rideaux pour les entrées et sorties est d’un goût contestable. Cette théâtralité, qui renvoie à la pièce d’Alan Ayckbourn que Resnais adapte ici — la troisième après Smoking / No Smoking et Cœurs — est cependant justifiée par le leitmotiv qui lance chacun des actes : Colin (Hyppolite Girardot) et sa femme Kathryn (Sabine Azéma) répètent eux-mêmes une pièce de théâtre, mais n’en dépassent jamais les premières répliques, la vie et le naturel finissant par reprendre le dessus. On ne verra jamais cette pièce à l’écran, tout comme on ne verra jamais son acteur principal, George Riley, dont son médecin Colin révèle la mort prochaine. Alors que ses amis (le couple formidable Caroline Silhol / Michel Vuillermoz), son épouse (Sandrine Kiberlain) et son rival (André Dussollier) s’inquiètent, se lamentent ou se réjouissent de la disparition annoncée de leur collègue, George retrouve une nouvelle jeunesse. Et ce sont plutôt les secret

Continuer à lire

Monsieur Lazhar

ECRANS | De Philippe Falardeau (Canada, 1h35) avec Fellag, Sophie Nélisse…

Christophe Chabert | Mercredi 29 août 2012

Monsieur Lazhar

Première scène : une institutrice se pend dans sa classe, et l’élève qui découvre le corps en sort meurtri. L’onde de choc se propage à toute l’école, jusqu’à ce que débarque un sauveur providentiel, Monsieur Lazhar (Fellag), qui va chercher à exorciser le trauma en imposant ses propres méthodes d’enseignement. Encore une bisounourserie venue du Québec ? Un Cercle des poètes disparus à la mode canadienne ? Oui et non. Falardeau est moins hypocrite que ses collègues et se coltine franchement la dimension mélodramatique de son histoire, qui brasse beaucoup de gros sujets : le principe de précaution appliqué à l’éducation, la parole sacralisée de l’enfant, l’immigration, le droit à la deuxième chance… Ambitieux, mais assez confus, le film s’avère parfois très douteux dans son côté "tout fout le camp, surtout l’autorité" ou "la pédagogie moderne, ça ne fait pas des élèves instruits". Le recours au sempiternel sentimentalisme québécois n’en est que plus gênant, chantage affectif et lacrymal là où l’on voudrait de la dialectique et de la mise en perspective d’un débat complexe présenté ici comme un fait accompli. Et pourtant, comme disait l’autre, «ça se discute».

Continuer à lire